EMILE SENART
AVERTISSEMENT
L'immense littérature du bouddhisme indien n'existe plus, pour la plus grande partie, dans sa rédaction originale, mais les collections canoniques de la Chine nous ont conservé plus d'un millier de ces textes traduits en langue chinoise. En outre, l'étude des doctrines, de la discipline monastique, du rituel, de l'iconographie, a donné naissance, en Chine et dans les pays adjacents, à toute une littérature d'exégèse qui prolonge la tradition de l'Inde. Les pèlerins et les missionnaires qui pendant de longs siècles n'ont cessé de circuler entre l'Extrême-Orient et l'Inde, en passant soit par l'Asie Centrale, soit par les Mers du Sud, nous ont laissé des informations de haute valeur pour l'histoire du monde bouddhique tout entier. Enfin c'est en Extrême-Orient que le bouddhisme du Grand Véhicule, éliminé de l'Inde dès le dixième siècle de notre ère, s'est perpétué jusqu'à nos jours, avec ses croyances, ses rites, ses arts savants ou populaires ; et les nombreux ouvrages qui en retracent les destinées en Chine, en Corée, au Japon, ou même dans l'Indochine annamite, intéressent au premier chef tous ceux qui cherchent à pénétrer la civilisation de ces divers pays.
Les Sociétés Asiatiques réunies en Assemblés fédérales à Londres en içiç, à Paris en IÇ20, à Bruxelles en iÇ2i ont, par un vœu unanime et régulièrement renouvelé, invité les spécialistes de l'Extrême-Orient à préparer dans une des grandes langues internationales de la science un Dictionnaire du Bouddhisme fondé sur les documents chinois et japonais.
C'est pour répondre à cet appel que le Hôbôgirin a été entrepris. La libéralité de M. OTANI Sonyu X®&&, du Nishi-Honganji de Kyoto, et de M. WADA Kyûzaemon JfiJffl:X£JSjH> d'ôsaka, a assuré les fonds requis pour le recrutement d'une équipe de collaborateurs. La Maison Franco-Japonaise, créée à Tokyo en IÇ2Ô, a fourni le foyer nécessaire à la collaboration de l'Orient et de l'Occident. L'Académie Impériale du Japon a pris l'œuvre sous son haut patronage , et le regretté président de la Société Asiatique de France, Emile SENART, membre de l'Institut, qui dès l'abord s'y était intéressé tout particulièrement, avait accepté que son nom fût inscrit en tête du premier fascicule.
Afin de concentrer l'effort initial sur la partie la plus neuve et la plus difficile de l'œuvre, il a paru opportun de s'en tenir tout d'abord aux termes techniques et aux noms propres d'ordre surnaturel. On a laissé de côté : (i) les noms de personnages d'ordre humain, historiques ou semihistoriques, et notamment des personnages que la tradition associe au Buddha Sâkyamuni ou qui appartiennent à l'histoire de l'Eglise : moines, princes, lettrés, etc.; (2) les noms de lieux ; (3) les titres d'ouvrages, tant canoniques que littéraires. Ces trois sections sont réservées pour une seconde partie qui pourra être entreprise ultérieurement.
Comme l'indique son sous-titre, le Hôbôgirin est fondé, en principe, exclusivement sur les sources chinoises et japonaises. Les documents sanskrits, palis, tibétains, ainsi que les travaux des orientalistes européens, ne sont utilisés que sporadiquement et dans la mesure où ils peuvent éclairer les textes chinois et japonais. On s'est efforcé toutefois de restituer les correspondants sanskrits, palis et tibétains de tous les termes sino- japonais qui font l'objet d'articles spéciaux dans le Hôbôgirin. A chacun de ces termes est affectée une traduction française déterminée ; les mots français servant ainsi d'équivalents à des termes techniques du bouddhisme sont signalés au lecteur par l'emploi de Majuscules initiales.
Pour ce qui touche à V iconographie, les textes chinois et japonais, et en particulier les documents littéraires du tantrisme, ont été dépouillés aussi complètement que possible. Quant aux images ellesmêmes, il n'a été tenu compte que des matériaux japonais ; toutes les illustrations reproduisent des originaux conservés au Japon.
Les auteurs du Hôbôgirin ont pris pour point de départ les principaux dictionnaires du bouddhisme publiés au Japon. Le Bukkyô Daijiten de T. Oda (içiy), le Bukkyô Daijii préparé par les soins du Nishi-Honganji de Kyoto (1914-1922), le Dictionnaire du Tantrisme de K. Tomita {Himitsujirin, 191 1), le Dictionnaire des transcriptions sino-japonaises de termes sanskrits, de Ekô (Kikitsuekidoshû, IJ '16), V Index du Canon Bouddhique, de M. K. Kawakami (Daizôkyôsakuin, 1927-1928), ont été dépouillés de façon méthodique, et l'on espère n'avoir omis aucun des renseignements qu'ils fournissent, sauf toutefois en ce qui concerne les systèmes de scolastique développés par certaines sectes d'origine proprement chinoise ou japonaise, notamment par les sectes Kegon (Houayen), Tendai (T'ien-t'ai) et Shin. Ces systèmes peuvent en effet être considérés, dans l'ensemble du bouddhisme, comme des innovations locales ; les dictionnaires japonais, rédigés, pour une part du moins, à l'usage des fidèles de ces sectes, y consacrent une documentation détaillée qu'il n'a pas paru nécessaire de reproduire intégralement. On s'est contenté d'en indiquer les grandes lignes et les termes principaux, et seule la scolastique se rattachant directement à la tradition de l'Inde a été traitée à fond.
Le Hôbôgirin n'est pas seulement une mise au point des travaux antérieurs ; on s'est imposé de remonter aux sources, de les contrôler, et de procéder, partout où il y avait lieu, à des recherches originales. D'autre part la présentation des matériaux, ainsi remaniés et complétés, a été modifiée à l'usage du lecteur occidental, dont le point de vue est souvent différent de celui du lecteur bouddhiste. Tout en laissant, autant qu'on l'a pu, directement la parole aux textes, qu'on les ait traduits ou analysés, on les a groupés, dans chaque article, suivant un plan déterminé ; un aperçu placé en tête des articles les plus importants résume brièvement les conclusions qui se dégagent des textes cités au cours de ces articles. On a cherché à éviter un morcellement excessif des matériaux, légitime dans un dictionnaire japonais qui doit servir de répertoire pour les détails à un public averti des ensembles, mais incommode pour des profanes auxquels les associations d'idées doctrinales et les thèmes traditionnels ne sont pas familiers .
Par un retour constant aux Ecritures canoniques, base nécessaire de toute étude approfondie, et grâce à une collaboration harmonieuse de la science française et japonaise, les auteurs du Hôbôgirin se sont donc efforcés de réaliser une œuvre véritablement nouvelle, où la parole de la Bonne Loi et les interprétations des docteurs hindous, chinois et japonais de tous les âges, fussent mises à la portée de l'esprit occidental.
Les caractères chinois sont transcrits selon leur lecture japonaise, qui a paru offrir sur la lecture chinoise l'avantage d'être garantie par une tradition stable, encore vivante de nos jours dans les écoles bouddhiques. La prononciation traditionnelle de ces écoles a été suivie fidèlement, même lorsqu'elle s'écarte des lectures sino-japonaises normales, soit en élidant les syllabes finales (-tsu,-chi) dans les termes composés de plusieurs mots, soit en introduisant des essais de restitution des originaux sanskrits (Daruma pour Datsuma), etc. ; ces lectures aberrantes sont marquées d'un signe spécial. Un index indiquera aux sinologues les prononciations japonaises de tous les caractères
importants. D'autre part, pour un certain nombre de noms propres déjà familiers au public occidental sous leur forme chinoise mandarine, celle-ci a été ajoutée entre parenthèses à la suite de la prononciation japonaise : p. ex. Genjô {Hiuan-tsang), Gijô {Yi-tsing), etc.
La transcription française des mots sino-japonais est conforme au système du Dictionnaire japonais-anglais de J. Inoue {Inouye's Comprehensive Japanese-English Dictionary, Tokyo, 1920), le plus communément usité de nos jours. Toutefois il a semblé inutile d'emprunter à ce système jusqu'aux incohérences qu'il présente dans sa façon de rendre l'assimilation des finales, qu'il s'agisse soit de la nasale -n devant une labiale, soit des finales -tsu, -chi, -fu devant ch- ; on a donc transcrit d'une part emma pour en-ma, bombai pour bon-bai, et de l'autre shicchi {de shitsu-chï) au lieu de shitchi, icchu {de ichi-chu) au lieu de itchu, par analogie régulière avec busshô {de butsu-shô), ikken {de ichi-ken), etc.
Le Hôbôgirin sera complété par une série d'index, comportant notamment : (j) une liste des termes techniques rendus en français dans le Dictionnaire, avec leurs équivalents sino-japonais et sanskrits-palis ; (2) inversement, une liste des termes techniques sanskrits-palis avec leurs équivalents sino-japonais et français ; {3) une liste détaillée des termes sino-japonais expliqués dans le Hôbôgirin, en caractères chinois rangés par nombre de traits puis dans l'ordre des clés, et accompagnés d'une double transcription, japonaise et mandarine ; {4) une liste des sigles bibliographiques utilisés pour désigner les ouvrages qui ne figurent pas dans le Taishô Issaikyô ; (5) une liste des abréviations et des signes conventionnels. Ces index paraîtront après l'achèvement du Dictionnaire. '
Afin de permettre au lecteur de s'orienter dans le Hôbôgirin sans attendre la publication de ces index définitifs, on a inséré dans le premier fascicule des listes provisoires : (j) des termes techniques traduits en français, avec leurs équivalents sino-japonais et sanskrits-palis ; (2) des sigles bibliographiques ; (3) des abréviations et des signes conventionnels. Des listes analogues seront insérées de même, s'il y a lieu, dans chacun des fascicules suivants.
Le présent avertissement est lui-même provisoire ; une préface générale paraîtra avec le dernier fascicule.
Un fascicule annexe, intitulé "Tables du Taishô Issaikyô", contiendra la liste complète des ouvrages compris dans la dernière édition japonaise du Canon Bouddhique de langue chinoise, le Taishô Issaikyô, avec les numéros d'ordre qui leur ont été attribués dans cette édition et qui sont régulièrement employés dans les références du Hôbôgirin ; on y trouvera de plus la concordance de ces numéros avec le classement suivi dans les éditions japonaises de Tokyo et de Kyoto et dans le catalogue de B. Nanjô {qui suit l'édition chinoise des Ming). Les titres y seront figurés en caractères chinois et en double transcription, japonaise et mandarine, et accompagnés de leurs correspondants sanskrits {ou palis) dans tous les cas où la correspondance est garantie, des noms des auteurs et traducteurs, etc. Ce fascicule, indispensable tant aux lecteurs du Hôbôgirin qu'à ceux du Taishô Issaikyô, sera de même format que le Hôbôgirin et que le Taishô Issaikyô lui-même. Il est actuellement sous presse et paraîtra immédiatement à la suite du premier fascicule du Hôbôgirin.
Des remerciements tout particuliers sont dûs à M. Henri MASPERO, Professeur au Collège de France, actuellement en mission à la Maison Franco-Japonaise, qui depuis son arrivée à Tokyo a pris une part active à la correction des épreuves et à l'organisation définitive du travail ; à M,
ONO Gemmyô /]\J£f'£ji&, Editeur en Chef du Taishô Issaikyô et auteur de nombreux ouvrages sur Vart et l'iconographie bouddhiques, qui a bien voulu mettre sa vaste érudition au service du Hôbôgirin, notamment pour le choix des illustrations ; à M. MIAO Tchouan %%%&, Professeur à l'Université d'Amoy, qui a fourni un relevé complet des sens mystiques attribués dans les textes chinois à chacune des lettres du syllabaire sanskrit ; au Rév. TA Kl Dônin &fàLiÈ&, abbé du Gochiin jî^fên; au Hieizan près de Kyoto, dont le concours hautement compétent a été précieux pour la préparation de V article sur la psalmodie bouddhique, publié en partie dans le présent fascicule ; à MM. MASAKI Naohiko j&fciË,^, Directeur de V Ecole des Beaux- Arts de Tokyo, et KUME Keiichirô fk%fê.-~ 115, Professeur à la même Ecole, qui ont autorisé et facilité la reproduction de documents conservés à V Ecole des Beaux- Arts ; au Gokokuin ^13^ d'Ueno, à Tokyo, temple auquel appartient l'original d'une des planches en couleurs ; enfin à M. ITÔ Chôzô fflMfkM,, Directeur de la Grolier Society, à Kôbe, dont l'empressement et la bonne volonté ne se sont jamais démentis au cours du difficile travail de l'impression.
Ont collaboré régulièrement au premier fascicule du Hôbôgirin :
MM. WADA Tetsujô îftlfflfêtK,
AKAMATSU Hidekage #tô^j;!;, HASUZAWA Jôjun gSW$, YAMADA Ryûjô UlQMtt, KUNO Hôryû ^U^H, NARITA Shôshin jaffllfê.
HÔBÔGIRIN
Fig. i. La lettre a (graphie attribuée à Kôbô Daishi).
A [ÎPf = sk.
a Q, la première des 12 voyelles et des 50 lettres du *Shittan.
Te m MM,
Aperçu. —
Les lettres, c'est-à-d ire les sons écrits, et les sons, c'est-àdire les lettres prononcées, ont servi d'aliment à toutes les mystiques. La mystique de l'Inde a cultivé avec passion ce genre d'exercice, en y appliquant les dons d'observation et d'analyse phonétique qui caractérisent le génie grammatical de l'Inde. Le bouddhisme a recueilli cette tradition, l'a perpétuée, et l'a propagée dans toute l'Asie Orientale. Entre tous les sons, l'a a un rang et un rôle privilégiés ; il ouvre l'alphabet (cf. Je suis l'Alpha et l'Oméga) en sk. comme dans nos langues ; il est l'articulation la plus élémentaire, formée au plus profond de la cavité buccale ; en outre, dans les écritures de l'Inde, il est inhérent à toutes les consonnes : k se lit ka, g se lit ga, etc. Il est le début, donc le principe de tous les sons ; le début, le principe s'exprime en sk. par le mot âdi, dont la première lettre est justement un a (long). Mais de plus, a est en sk. la particule négative (comme en grec : p. ex. atome, amorphe, aseptique, etc.) ; il symbolise donc aussi la négation fondamentale, celle qui porte sur la Production des Essences, qui ne naissent pas par génération spontanée, mais résultent seulement du jeu des causes ; de manière générale, il symbolise toutes les négations qui limitent le fini par rapport à l'absolu (anitya "impermanent", etc.). A est la syllabe par excellence, et la syllabe se dit en sk. aksara " sans écoulement"; ce sera donc aussi le symbole du permanent. Combiné avec les articulations secon-
daires qui modifient la voyelle (allongement, nasalisation, souffle sifflé), le système de l'a devient un microcosme où un jeu savant de correspondances retrouve l'évolution universelle, dans l'ordre ascendant ou l'ordre descendant. Enfin la mystique voisine de près avec l'érotisme, et l'a doit se prêter à des interprétations d'ordre sexuel. Tous ces développements, qui ont été transportés à l'étranger par les missionnaires du bouddhisme, sont originaires de l'Inde même ; leurs équivalents s'y retrouvent aujourd'hui encore, à peine modifiés, dans les écoles du Tantrisme hindou, particulièrement florissantes au Bengale et dans le Sud de l'Inde. Le bouddhisme tibétain a, lui aussi, accordé une large place à ce type de spéculations. — Ajigi PU^fi. Sens de la lettre a. — Classifications numériques.— 3 Sens : Existence, Vide, Sans-Production ; Ttt. 1796 vu : (1) La lettre sk. a est le phonème originel ; ayant une origine, c'est une Essence d'Enchaînement-causal ; c'est pourquoi on lui donne le nom d'Existence. (2) La lettre a a le sens de Sans-Production, car, comme elle dépend de Facteurs, elle n'a pas de Nature-propre ; c'est pourquoi on l'appelle Vide. (3) Le Sans-Production est le Domaine de la Réalité unique ; c'est la Voie du Milieu. (Dans ce dernier Sens, "Sans-Production" s'interprète comme une abréviation de "Sans- Production et Sans-Barrage".) — 7 Sens : Esprit d'Eveil, Rubrique d'Essence, Non-dualité, Plan d'Essence, Essencité, Souveraineté, Corps d'Essence ; T. 997 ix. — 10 Sens, série dressée par Kakuban fg Il (1095-1143), Ajhs. — 65 Sens, T. 310 lxviii. — 100 Sens, T. 997 11 : Les Essences ne sont pas futures, pas passées, pas Opérantes, pas stables, n'ont pas de Nature-propre originelle,pas de Racine, etc. — Sens dans les textes exote'riques . — Négation (sk. a, an), Sans-Production originel (sk. âdyanutpâda, ch. aji hompushô M^p$lsfi£i, cf. *Adaianokuhana), commencement (âdi), Impermanence (anitya), Trois Joyaux, etc. — T. 223 v La Rubrique de la lettre a, c'est le Sans-Production initial de toutes les Essences. Id. T. 220 lui, 221 iv, 222 vu. — Tt. 1509 xlviii Le Bs., en entendant dans tout langage la lettre a, se conforme aussitôt à son Sens, qui est que toutes les Essences ont dès le commencement le caractère
de Sans-Production. En langue des Shin (Tsin) âdi signifie commencement, et anutpâda Sans-Production.— Tt. 1019 En entendant la lettre a, le Bs., par la force de ses Mérites, obtient d'entrer dans la Rubrique de la Perfection de Sapience du Domaine de rindiversifié, car il comprend le Sans-Production originel de toutes les Essences. Id. T. 279 lxxvi, 293 xxxi. — T. 468 1, 469 Lorsqu'on prononce la lettre a, c'est le son de l' Impermanence. — T. 187 iv En prononçant l'a, on produit le son de l'Impermanence de tous les Opérants. — T. 397 x La lettre a est la Rubrique de toutes les Essences, car elle signifie la négation, et toutes les Essences sont impermanentes. — T. 376 v L'a bref a un Sens faste, à savoir le Sens de Trois Joyaux. — T. 375 vin L'a bref a le Sens de Trois Joyaux, parce qu'il est indestructible, comme le Diamant ; puis le Sens de Tg., parce qu'il ne s'écoule pas, comme le Tg. qui ne coule pas par les neuf Orifices, n'ayant point les neuf Orifices, ou encore parce que ce qui ne coule pas est permanent, et que le Tg. est permanent, car il n'agit point ; puis le Sens de Mérites, car les Mérites, ce sont les Trois Joyaux. — Les auteurs ch. ont souvent recours à l'a, symbole à la fois du commencement et du Sans-Production, pour illustrer leurs doctrines. Ainsi Eshi tt & (Sjs.) établit une correspondance entre les 42 lettres du syllabaire (*Shijûnijimon) et les 42 degrés de la carrière des Bs. (10 Résidences, 10 Conduites, 10 Déflexions, 10 Terres, Eveil Egal et Eveil Merveilleux ; cf. *Gojûnii), et les auteurs de la secte Tendai, fondée par son disciple Chiki ^0, utilisent cette correspondance pour montrer que la Production de l'Esprit d'Eveil, qui marque le commencement de la carrière des Bs., est identique à l'Eveil Merveilleux qui en est l'aboutissement : de même que l'a est présent dans toutes les lettres et les contient toutes, en tant qu'il en est le principe, ainsi tous les degrés de la carrière sont contenus dans le premier, car "l'un est le tout et le tout est l'un". Ttt. 1716 v a : Dès la Production d'Esprit, le Bs. de la Doctrine Complète obtient le Caractère réel des Essences et possède toutes les Essences de B. ; c'est ce qu'on appelle la lettre a. Parvenu à la Terre de l'Eveil Merveilleux, il pénètre le fond de toutes les Essences ; c'est ce qu'on appelle la lettre dha [dernière des 42 lettres dans le classement commençant par a-ra-pa-ca-na ; cf. *Arahashana, et *Shijûnijimon]. — Kichizô ^jigÊ, fondateur de la secte Sanron, illustre par l'a sa doctrine du Vide : Ttt. 1853 1 Les Essences sont dès l'origine Sans-Production, car elles ont pour origine la lettre a et se ramènent toutes à la lettre a, qui est une Rubrique Sans-Production. C'est pourquoi le sûtra dit : Les 42 lettres se ramènent toutes à l'a. — Sens dans les textes e'sotériquts . — T. 848 11 et VI et T. 880 : La Rubrique de la lettre a, c'est le Sans-
Production originel de toutes les Essences. — Ttt. 1796 vil : La lettre a est l'origine de l'enseignement de toutes les Essences. Dès qu'on ouvre la bouche, c'est le son a qui se produit ; sans le son a, aucun langage n'est possible ; c'est pourquoi on l'appelle la mère de tous les phonèmes. — Ib. xii : La lettre a est le Germe de toutes les lettres. — Ib. vu : Le Sens du Caractère réel de la Rubrique de la lettre a pénètre le Sens de toutes les Essences. Comment cela ? Toutes les Essences sont produites par des Facteurs. Tout ce qui est produit par un Facteur a un commencement, une origine ; mais si l'on Inspecte ce Facteur producteur, il est lui-même produit par des Facteurs ; et si l'on suit ces Facteurs dans leur Transformation-par-action-réciproque, quelle en est l'origine ? En Inspectant cela, on connaît l'Extrémité du Sans- Production originel. Telle est l'origine de toutes les Essences. De même qu'entendre tous les mots c'est comme entendre le son a, ainsi voir la Production de toutes les Essences c'est en voir l'Extrémité qui est le Sans-Production originel. Voir cela, c'est connaître véritablement le cœur propre des Essences ; c'est la Sapience des Sapiences. — Sjms., Kkkd. : A se glose par toutes les formes de la négation.— A est le Germe de Vairocana dans le Plan de Matrice, et le Germe-commun de tous les personnages des deux Plans (cf. Ttt. 1796 vu). Il a pour Idéal le Corps d'Essence d'Idéal de Vairocana, et la Connaissance par laquelle on le connaît est le Corps d'Essence de Connaissance de Vairocana ; le premier de ces Corps appartenant au Plan de Matrice et le second au Plan de Diamant, l'a implique la Non-dualité des deux Plans. — L'a est dit aussi "Germe de la Roue de lune" (aji gachirin shi ji Pf¥B%afÈ-f) ou "Germe de la lune de la Connaissance", parce que dans l'Inspection des trois Esotériques (cf. *Sammitsu) on fait de l'a une Roue de lune, et que par l'Inspection de l'a on acquiert la Connaissance du Sans-Production originel de toutes les Essences. — Cf. aussi T. 310 xxv : "Quelle est la Rubrique d'Essence appelée Sceau de l'a (ajiin [fôj ^EP) ? L'a est le Sceau qui marque que toutes les Essences sont créées par l'Inscience. Lorsque les Pratiques sont pleinement accomplies, c'est la lettre a qu'on atteint tout d'abord ; et l'Inscience est éteinte, car on sait qu' il n'y a rien de créé." — D'après la tradition orale, des interprétations erotiques de l'a ont eu cours dans les deux écoles es. du Japon, Tômitsu J$$$ et Taimitsu £?$£ ; cf. Tdjs. 21b. Dans la première (branche dite de Tachikawa jJJMÔfE), on le faisait correspondre aux deux principes sexuels, in PIS et y° le!- Dans la seconde on se figurait l'a comme l'état du Substantiel où le Formel et l'Esprit se confondent, au "point unique" de l'acte sexuel, et l'on identifiait la "respiration" des organes pendant l'acte au souffle de l'Eveil originel sans commence-
ment.— Ajikan Wr-£Wl, Inspection de la lettre a (et autres pratiques tantriques se rattachant à l'a). — L'Inspection de l'a est la pratique fondamentale du tantrisme. Elle a été enseignée par la plupart des maîtres du tantrisme ch. et jap., à commencer par Zemmui ifMJâ (Subhakarasirhha), auquel se rattache la section du Plan de Matrice (dans ses ouvrages Ttt. 1796 et Ttt. 917). — Tt. 1665 : Un lotus blanc à huit pétales, dans un espace d'une coudée, sur lequel apparaît éclatante une lettre a de couleur claire. Introduire les deux pouces sous les huit autres doigts croisés, et faire pénétrer en soi la Sapience apaisée du Tg. — Ttt. 1796 x : La lettre a, étant la première, est l'Esprit d'Eveil. Si l'on pratique l'Application en Inspectant cette lettre, on s'identifie au Substantiel du Corps d'Essence de Vairocana. En Inspectant la Roue de cette lettre, pareille à la roue éclatante d'une queue de paon, le pratiquant s'y installe et s'installe ainsi dans l'Essence de B. — Ib. IV : On Inspecte son propre Esprit et on l'identifie au lotus à huit pétales. Le Maître dit : Le Cœur (sk. hrdaya) est pareil à une fleur de lotus non épanouie ; ses muscles octuples sont contractés en une masse compacte, dirigée vers le haut chez l'homme, vers le bas chez la femme. Lorsqu'on commence à Inspecter ce lotus, il s'épanouit et devient une base [un socle] de lotus blanc à huit pétales. On Inspecte sur cette plateforme la lettre a ayant les [cinq] couleurs du Diamant. Puis on place dans sa tête le Roi des Cent Lumières Universelles [autrement dit Vairocana], et on l'Inspecte avec l'œil sans souillure. — Ttt. 917 : Pour entrer dans l'Inspection, le débutant doit interrompre tous les Facteurs et cesser toute occupation. Qu'il s'assoie seul en un lieu tranquille, en croisant les jambes à moitié, puis tienne ses mains fermement en position de Sceau ... La tête droite et le regard horizontal, qu'il n'ouvre pas trop les yeux ni ne les ferme trop ; car en les ouvrant trop il risquerait d'être distrait, et en les fermant trop de tomber dans la torpeur.. . — Les détails de la méthode d'Inspection varient suivant les écoles et les maîtres. Dans la section du Plan de Diamant, on dessine la lettre a (dorée), au-dessus d'un lotus blanc à huit pétales, à l'intérieur d'une Roue de pleine lune (cercle clair sur fond foncé) ayant une coudée de diamètre (1 pied 6 pouces). Dans la section du Plan de Matrice, la Roue contenant l'a est placée sur le lotus. On suspend cette image au mur et l'on s'assied en face d'elle à une distance de 4 pieds, les jambes croisées soit à moitié (hankaza ^fcîj}!];5!*), soit complètement (zenkaza jtffl!l*!!É.) ■ On accomplit un rite de protection du corps (*goshimbô), on récite diverses Formules, on forme un ou plusieurs Sceaux, puis on entre dans l'Inspection. Celle-ci se divise en trois parties : (1) Inspection du son : on prononce l'a à chaque expiration et inspiration
Fig. 2. Inspection de la lettre a.
(d'après Ttt. 1796 xi et Enos. xxxix, on Inspecte dans l'inspiration la Non-Production et dans l'expiration le Non-Barrage). (2) Inspection de la lettre, c'est-à-dire, dans l'ordre de la section du Plan de Matrice : (a) Inspection du lotus, Forme de Convention correspondant au Cœur (hrdaya) du pratiquant et à l'Idéal du Plan de Matrice ; (b) Inspection de la Roue de lune, Forme de Convention correspondant à l'Esprit (citta) du pratiquant et au Corps d'Essence de Connaissance du Plan de Diamant ; (c) Inspection de la lettre a, Germe de Vairocana en qui Idéal et Connaissance ne sont point différenciés. Dans l'école du Plan de Diamant, l'ordre est : Roue, lotus, lettre a. (3) Inspection du Caractère réel, c'est-à-dire du Sans- Production originel. — Les débutants restent devant l'image jour et nuit, matin et soir, jusqu'à ce qu'elle soit présente à leur esprit sans cesse, soit qu'ils ouvrent soit qu'ils ferment les yeux. Peu à peu elle leur apparaît de plus en plus grande, éclatante, immense ; la lune de lotus de l'a du Plan d'Essence de tout l'Espace s'identifie à la lune de lotus de l'a dans leur propre poitrine. C'est ce qu'on appelle l'état d'Application de l'a (ajiyuga W^rlftM) ou d'Atteinte de l'a (ajishicchi pH^^ÉÈ). Les pratiquants experts n'ont pas besoin d'image ; ils Inspectent l'a dans leur poitrine. — La méthode ci-dessus décrite est dite Inspection abrégée (ryakkan B§ fg). On peut également Inspecter l'a en tout temps et en tout lieu, soit qu'on marche ou qu'on se tienne debout, assis, couché, etc.. . .; c'est ce qui s'appelle Inspection développée (kôkan |Sff@). — L'a comme Formule. — L'a est dit "Formule unilittère de Vairocana" Ttt. 1796 vu : prononcer l'a, c'est prononcer la plus simple Formule de Vairocana.—
Il est dit également "Roi des Formules", parce qu'il peut remplacer toutes les Formules. — L'a est le Cœur de toutes les Formules ; quand il s'étale dans le Cœur du pratiquant (ajifushin PnJtfvftpC,»), on dit que le Cœur devient le Cœur, ou en abrégé le Cœur du Cœur. — Quatre utilités de l'a (Ajigushiyû pï'^^Hffl), Ttt. 1796 vu : Dans les Formules de Tg., chaque mot, chaque nom, chaque Caractère établi réalisent pleinement l'avantage du Sens afférent. D'après la Formule de Convention : (1) L'a, qui est le premier de tous les sons, ayant le Sens de Sans-Production, a l'avantage d'apaiser les fléaux.
(2) Du fait de ce Sens, il possède au complet tous les mérites sans lacune ; il a donc l'avantage d'accroître positivement. (3) Pour la même raison, il détruit d'innombrables péchés ; il a donc l'avantage de maîtriser. (4) Comme il n'y a pas une seule Essence qui soit en dehors du Sans-Production, il a l'avantage de totaliser. — Sept phrases sur les mérites de la Rubrique de l'a (Ajimon kudoku shichiku fSj'-j'-'P'J Xhiê-kbl) : T. 848 m Dans la Rubrique des Formules, pour ce qui concerne les Pratiques des Bs., si un Bs. désire (1) voir un B., (2) lui faire offrande,
(3) attester la Production de l'Esprit d'Eveil, (4) prendre part aux assemblées de Bs., (5) être utile aux Etres, (6) rechercher l'Atteinte, (7) rechercher l'Omniscience, il doit s'exercer avec zèle à cette lettre a qui est le Cœur de tous les B. — Enos. établit une correspondance entre ces sept phrases et les mérites des cinq Révolutions (cf. inf. Ajigoten), comme suit : ire phrase, Production d'Esprit ; 2e, Pratique ; 3e, Attestation d'Eveil ; 4e, Attestation interne du Nirvana ; 5e, Utilisation externe du
Nirvana ; 6e, Moyen du Corps ; 7e, Moyen de l'Esprit. — Ajigoten W^fiM-, Cinq Révolutions de la lettre a [pour ce qui suit on a suivi principalement Bdji. 27-29]. — On appelle "a à cinq points" (Goten no aji K^OM^) la lettre a pourvue des signes de la longue, de l'anusvâra et du visarga (ârhh $§)', toutefois d'après Ttt. 1796 xiv (722 c) le "cinquième point" est âh, et non le groupe artificiel ârhh qui est imprononçable. — T. 848 m Un seul son se répand dans les quatre lieux et pénètre tous les Plans d'Essence, omniprésent comme l'Espace ; la Formule dit : a, â, am, ah. — Ttt. 1796 xi La lettre a produit trois lettres ; soit au total quatre lettres. Ces quatre n'en forment qu'une qui est omniprésente. — Ces cinq Révolutions de l'a sont mises en correspondance avec les degrés de l'ascension de l'Esprit d'Eveil, à partir de la cause jusqu'à l'effet : au icr des cinq Points, a, correspond la Production d'Esprit ; au 2e, â, la Pratique ; au 3e, am, l'Eveil ; au 4e, ah, le Nirvana ; au 5e, ârhh (ou âh), l'Aboutissement du Moyen. Cf. Ttt. 1796 1 : (1) L'Esprit produit l'Eveil, (2) se munit de toutes les Pratiques, (3) voit le Correct Eveil Complet, (4) atteste le grand Nirvana, (5) produit le Moyen. C'est ainsi que l'Esprit orne et purifie le Terrain de B. ; de la cause à l'effet, on ne s'attache qu'à l'Esprit. — D'autre part, on fait correspondre ces cinq Révolutions de l'Esprit aux "trois phrases" de T. 848 1 (cf. *Sanku), comme suit: Production d 'Esprit = Cause; Pratique = Racine; Eveil, Nirvana et Moyen = Aboutissement. — Enfin l'on trouve chez Amoghavajra et chez Subhakarasimha les systèmes de correspondances suivants [Bdji. 27-29] :
Système d'Amoghavajra.
Points
Révolutions
Orients
Bouddhas
Eléments
(liste indienne]
Eléments . (liste chinoise)
Organes
(liste indienne)
Viscères
(liste indienne)
Saisons
Couleurs
Formes
Notations
Cause (Production d'Esprit)
Centre
Vairocana
Terre
Terre
Corps
Rate
Canicule
Jaune
Pratique
Est
Aksobhya
Vide
Bois
Oeil
Foie
Printemps
Bleu
ath
Attestation d'Eveil
Sud
Ratnasambhava
Feu
Feu
Oreille
Cœur
Eté
Rouge
ab
Entrée (dans le Nirvana)
Ouest
Amitâyus
Vent
Métal
Nez
Poumons
Automne
Noir
ârhb
Moyen
Nord
Amoghasiddhi
Eau
Eau
Langue
Reins
Hiver
Blanc
Système de Subhakarasimha.
Cause
Est
Aksobhya
Terre
Carré
Tréfonds
Pratique
Sud
Ratnasambhava
Feu
Triangle
Mental Passionné
am
Attestation
Ouest
Amkla
Eau
Cercle
Mental
ab
Entrée
Nord
Amoghasiddhi
Vent
Demicercle
Cinq premières
Notations
âmb
Moyen (Substantiel des Plans d'Essence)
Centre
Vairocana
Vide
Sphère
Immaculée
ABANRANKANKEN
Le système d'Amoghavajra fait partir les Révolutions du centre du Cercle, occupé par Vairocana qu'il établit ainsi comme principe de la Production d'Esprit, cause de toutes les Révolutions. Il se base donc sur la doctrine de "l'Immanence immédiate de la Vérité" [dans les Etres] (sokujinishin 6Pfl*ÏÏDJ)t)> de "l'Eveil originel" (hongaku if.ft> cf. *Kaku $8), ^es Révolutions étant considérées dans le sens descendant (hongakugeten >js:^Tff)> de B. à Profanes. Le symbolisme des correspondances est expliqué comme suit [Bdji. 27-29] : Le B. central, Vairocana, correspond à l'élément Terre, parce que le Vajrasattva immanent dans tous les Etres (et dont procède la Production d'Esprit) est la Nature Substantielle qui produit les B., de même que la terre est la base qui soutient et maintient le Substantiel propre de tous les Etres. (2) Aksobhya correspond à la Pratique, parce que chaque Pratique de Cercle (mandala) est l'Absolu, toutes les Pratiques étant fournies dans une seule Pratique et cette immanence de l'Absolu étant signifiée par le nom d 'Aksobhya "l'Immobile." Aksobhya correspond au Vide parce que, comme l'espace, il contient tous les Etres. On l'appelle aussi [c'est-à-dire qu'on l'identifie au B. du Plan de Matrice nommé] Hampe de Joyau (Hôdô ^Ifm., sk. Ratnaketu), parce que toutes les Pratiques sont fermement plantées dans l'Absolu, comme des hampes. (3) Ratnasambhava, qui représente l'Attestation d'Eveil, correspond au Feu, parce que la Connaissance de la Nature Egale et Absolue des Essences brûle, comme le feu, l'erreur de la différenciation des choses et de l'Esprit. On l'appelle aussi Roi de la Fleur épanouie (Kaifukeô f/f)!$(3{Ê:E> sk. Samkusumitapusparâja), l'Eveil étant comparé à une fleur épanouie. (4) La correspondance d'Amitâyus à l'Entrée dans le Nirvana et au Vent s'explique par allusion à sa voix enseignant l'Essence, qui, pareille au vent, renverse les Passions et produit l'Atteinte de l'Eveil. (5) Amoghasiddhi correspond à l'accomplissement du Moyen et à l'Eau, parce qu'il préside à la section des Actes (sk. Karma, cf. *Gobu Soft) du Plan de Diamant, et que la Connaissance productrice d'Actes (cf. *Chi ^g1), ou Plénitude de la Connaissance du Moyen, est pareille à l'eau qui épouse la forme, carrée ou ronde, du récipient. Son nom, "Atteinte du Non-Vide", implique que la Connaissance du Moyen, permettant d'enseigner l'Essence pour le bénéfice des Etres, n'est point vide ou vaine. On l'appelle aussi Son de Tonnerre du Tambour céleste (Tenkuraion Xl&ff^» s^» Divyadundubhimeghanirghosa) [sur les cinq B. des deux Plans, cf. *Butsu]. — Dans le système de Subhakarasimha, les Révolutions partent d'Aksobhya à l'Est pour remonter au Vairocana central, qui représente non la Production initiale mais le Moyen final. Contrairement à celui d'Amoghavajra, ce système s'inspire donc de la doctrine de "l'Eveil initial pro-
duit par la Pratique" (shikaku jfëfj, cf. *Kaku $£), les Révolutions étant considérées dans le sens ascendant, de Profanes à B. Le symbolisme des correspondances diffère aussi de celui d'Amoghavajra : (1) la Terre correspond à l'Est qui est l'orientation du Printemps, parce que cette saison est la première, comme la Révolution de Production d'Esprit ; (2) le Feu, à la Pratique, parce que toutes les Pratiques innombrables doivent être claires et distinctes comme le feu ; (3) l'Eau à l'Attestation, parce que grâce à celleci l'Esprit devient pur comme l'eau ; (4) le Vent à l'Entrée, parce qu'il est destructeur et extincteur comme le Nirvana ; (5) le Vide, au Centre, à l'accomplissement du Moyen, parce que le centre participe des quatre orients sans tomber d'un côté unique — comme le Moyen. — Ajitaidai |ÎRlcf:f§^;, la lettre a comme Elément de Substantiel de toutes les Essences, doctrine de l'école Taimitsu, opposée à la doctrine de l'école Tômitsu dite Rokudaitaidai 7\^Ciê^C, les six Eléments comme Elément de Substantiel de toutes les Essences ; cette dernière doctrine, élaborée par Kôbô Daishi, ne paraît pas s'accorder avec les données des textes canoniques du tantrisme ch. Cf. *Dai ;£. — Ajinaigeshô |foj -?l*3^fl!£, son interne et externe de l'a, le second étant une manifestation du premier. Ttt. 1796 xvn : A est interne et externe ; même s'il n'y a pas de son externe, on ne peut être sans le son interne de l'a. Ce son interne est appelé l'a dans la gorge.
A psj = sk. â J£, une des 12 voyelles et des 50 lettres du *Shittan ; second des "cinq Points de l'a", (cf. *A, Ajigoten), appelé "a long," chôa J||$pJ. — Interprétations : T. 880 L'a est l'apaisement de toutes les Essences (sk. âranya, d'après Meikaku fjQ <f|i, savant jap. du XIe siècle, cité Bdji. 2). — T. 468 1, 469 En prononçant l'a, on expulse le Soi (sk. âtman). — T. 187 iv En prononçant l'a, on est utile à soi et aux autres (sk. âtmaparahita ?). — Ttt. 1796 x L'a est le second phonème ; il a le Sens de Vide, parce qu'il est Sans-Production comme le Vide (sk. âkâsa ?). — T. 376 v, 375 vin (Mahâparinirvânasûtra) donnent les interprétations suivantes : Saint (shôja §ï:ff, sk. ârya), Maître (ajari PBjfU3&, sk. âcârya), Conduite réglée (seido ftjj)i$[, sk. âcâra), d'après un Saint (eshônin -fôlEÀ» sk. ârya-âsraya ?), enseignement (kyôkai $fc|f§). — Ttt. 1796 x La seconde lettre, qui est longue, c'est la Concentration de Diamant.
ABAN (JBf^=sk. avarh. Une des principales Formules mystiques, qui contient le Germe de Vairocana dans le Plan de Matrice (a) et dans le Plan de Diamant (vam) Hizk. — Cf. *Ban tff.
ABANRANKANKEN ffl&3Etë& = ak. avamrarhhamkham. Formule employée par toutes les branches de la secte Shingon dans les occasions les
ABANRANKANKEN
ABIDATSUMA
plus solennelles. C'est une des trois Formules de Vairocana sous son aspect de Corps d'Essence. Elle contient les Germes propres des cinq Eléments (cf. *Abarakakya) qui forment le Substantiel de Vairocana. Elle se rencontre dans Tt. 906, Tt. 853 I, etc. Suivant Tt. 906 il y a trois classes d'Atteintes mystiques, et cette formule en est la plus élevée; les deux autres sont *Abiraunken = sk. avirahûmkham et *Arahashana = sk. arapacana.
ABARAKAKYA pf WmM l£=sk. avarahakha.
Formule qui réunit les Germes propres des cinq Eléments : a= terre, va = eau, ra=feu, ha = vent, kha = espace Ttt. 1796 I. La tradition jap. en fait une des Formules de Vairocana Hmjr. 23.
ABATSUDOROSHAKUNA |&JM^fô#tf = sk.?
— Tt. 1505 1 td. fuyôgo^JJIg "mots indésirables"; ce terme est appliqué aux "paroles inopportunes, sans vérité, dépourvues de sens". (Peut-être sk. aprayojana ?)
ABATSUMARA pl%kBB> ou ahamara MWB H (T. 410 1 ; cf. Ttt. 2128 xix qui corrige en Abasamara psj#£^ [corr. pour ba 3g£] J|S$g et td. "démon cruel"), abamara H^!ISI$É> T. 374Xi = sk. apasmâra, p. apamâra ; tib. brjed byed "faire oublier". Td. samô fàfë, "faire oublier" Mvy. 4762 (démon), et koiiun #j|t: "coup de sang, vertige" Mvy. 9508 (maladie). Ttt. 2128 xxvi l'interprète par mukeman M^fê^iL "sans guirlande de fleurs" qui suppose une forme erronée apamâla (cf. p. apamâra), mais le traduit par "fou, folie". Le sens réel du mot est "épilepsie" ; apasmâra est à la fois la maladie et le démon qui la cause. Cf. T. 262 vu ; cm. Ttt. 1718 donne à ce démon la couleur bleue ; un autre cm. Ttt. 1721 xn lui attribue l'apparence d'une ombre (cf. Mvy. 4763 châyâ "ombre" à la suite d'apasmâra) et mentionne aussi une td. mugai $$0. "sans cuirasse" née sans doute d'une te. invertie abatsurama, rétablie en sk. avarma ; mais il traduit lui-même le nom par tenkinki $$.$jfa "démon qui tord les tendons". Le Lankâvatârasûtra (éd. Nanjô 262) nomme aussi la femelle : Apasmârî.
ABATTARA TO£H = sk. avatâra. Ttt. 1789 1 td. mujô ^teÈ h "sans supérieur" et nyû A "entrer" : confusion évidente de sk. anuttara et avatâra.
ABAYÔKARA m^^MB = ^- Abhayamkara. Td. rifui ^J$g "sans peur". Nom d'un Tg. ; T. 1312 II préside, avec d'autres Tg., à la distribution de nourriture en faveur des Trépassés, rite fondé sur ce texte même ; dans ce rite il siège au Nord où il occupe la place de Sâkyamuni.
ABI PSJ^L, abishi pei^g =sk. p. Avîci ; tib. mnar
med. — Td. muken ^ffaj "sans intervalle", i.e. sans intermission. — L'enfer type, situé au plus profond du monde infernal. Tt. 1558 XI ( = K. Lav. ni, 148) donne deux explications du nom : (1) Il n'y a pas dans cet enfer intermission (vîci) de la souffrance, qui s'interrompt dans les autres enfers ; (2) il ne s'y trouve pas d'état agréable (vîci), alors que dans les autres enfers on admet des sensations agréables de Coulée. — Pour la géographie de l'Avîci, cf. Saddharmasmrtyupasthânasûtra cité ap. Siksâsamuccaya 70. — La véritable étymologie du nom semble être avîcî (sous-entendu dis "la région vers en bas", avec l'idée de la tête en avant, latin praeceps), féminin de l'adjectif avânc "dirigé vers en bas", formé sur l'analogie de pratîcî "région vers l'Ouest", masc. pratyanc, de udîcî "région d'en haut", i.e. du Nord, masc. udanc ; — la forme grammaticale est avâcî. Quant aux sens assignés à vîci par les interprètes bouddhistes, "état agréable" et "intermission", ils ne sont constatés jusqu'ici que dans les lexiques (respect, sukha et avakâsa). — Cf *Abô et *Jigoku.
ABIBACCHI |BIfëi$ifc Ttt. 2128 xv, ou pi Jfc Tt. 1509 xxvn, LXXin = sk. avivarti (?) "Sans- Régression". Autre te. ayuiocchi P6jf|£j(SSt T. 310 exil, Tt. 1521 IV. — Td. *Futai ^iH, q. v.
ABIDATSUMA (JpJM (ou ~#) mB (anc. éc.
abidon [5pJ^#, abr. bidon Jg^|, cf. Ttt. 1851 1) = sk. abhidharma, p. abhidhamma ; tib. cos mnon pa "loi manifestée." — Td. anc. éc. : shôhô Wf&i "loi suprême," daihô ;£££ "grande loi" (Ttt. 2145 x, Tt. 1507), muhihô ^HÊltifë "loi incomparable" (Tt. 1507, Ttt. 1851 I qui interprète : a négation+bhi "comparer" + dharma "loi") ; nouv. éc. : taihô !$•££ "loi en face". — 7 interprétations Ttt. 1733 I : (1) taihô H^féc "loi en face" (gloses taikô §^[ê] "dirigeant vers le Nirvana," taikan MWl "en face du N. par Inspection"), (2) sûhô jgfcfé; "loi par énumérations", (3) bukuhô -{£££ "loi de subjugation", (4) tsûhô îîlfé? "loi de pénétration" (par approfondissement), (5) muhihô Mïfc&i " loi incomparable", (6) daihô %fè "grande loi", (7) shakuhô fffë "loi explicative". Références scripturales pour chacun de ces sens. — 4 interprétations Ttt. 2122 11 = supra (i)-(4). — 36 interprétations dans cm. au Kosa de Jintai jjiij^ Krs. I ; cf. aussi cm. sk. de Yasomitra, p. 12. — Définition Tt. 1558 1 ( = K. Lav. 1, 3-4): L'Abhidharma, c'est la Sapience immaculée, avec son escorte. . .et c'est encore toute Sapience, et tout traité qui mène à la Sapience immaculée. — L'enseignement du B. s'établit à trois points de vue : Défenses [moralité] (adhisîlam), Esprit (adhicittam) et Sapience (adhiprajnam) ; ce dernier est le plus élevé, c'est celui où se place l 'Abhidharma. — Le corps de doctrines compris sous ce nom et les problèmes qui se posent à son sujet seront traités
ABIDATSUMA
ABÔ
dans une partie ultérieure du dictionnaire, à propos des livres qui l'exposent et qui sont désignés sous le même nom.
ABIMOKUTEI POÉSIE, te. d'un mot sk. hypothétique qui serait abhimukti, et qui est td. par shinge <f=f#£ "conviction" Ttt. 1796 III. Il n'est pas douteux qu'il s'agit d'une lecture fautive du sk. adhimukti.
JABIMOKYA ou abimokukya p^it (ou ~g) ÈH£> te. du sk. abhimukha (°î) "Droit-en-face", 6e des 10 Terres de Bs. — Td. genzen %]&%] "actuelle". —Cf. *Ji "Terre".— Nom d'un Sceau T. 848 iv.
ABIRAUNKEN WfemWA Tt. 861, ou M^m
&'x t. 848 m, Ttt. 1796 xi, mmm-m t. 1273,
H^H^X Hizk. = sk. avirahûrhkham. Une des grandes Formules de la secte Shingon. Proprement c'est une des Formules de Vairocana dans le Plan de Matrice, mais on l'emploie aussi comme Charme de tous les B. Dans T. 848 III Vairocana enseigne cette Formule en vue de subjuguer les quatre Mâra et de sortir des six Destinations ; mais la première syllabe dans ce texte est âh au lieu de a : c'est d'après la tradition de Kôbô Daishi que la substitution d'un a initial a été admise au Japon. Ttt. 1796 ad loc. donne l'interprétation de chacune de ces syllabes. D'autre part Ssjg. de Kôbô Daishi les met en rapport avec les cinq Eléments, les cinq Sapiences et les cinq B. — Cf. *Abanrankanken, *Arahashana.
ABISAMBUTSUDA |5BJj£HWÊ, ou abr. abisambutsu psjJUrî'felii Tt. 1509 xxxvm, ou ayuisambutsu HfjÉH'flî T. 221 =sk. abhisambuddha ; tib. mnon par rjogs par sans rgyas. Gog. m td. gentôgaku ï^^^ "qui a l'Eveil actuel et Egal" et observe que ce terme a pour synonyme celui de jôshibutsu J&3z$l» "B. accompli et parfait" employé dans T. 226.— Cf. *Bodai.
abisha pmm (ou mmwî, m%&, mua.
HiÊï^) = sk. âvesa. Td. hennyû j||A "entrée". — C'est l'entrée d'un dieu ou d'un démon dans un médium, autrement dit la possession. Plusieurs textes es. décrivent en détail ce phénomène, notamment T. 1277 spécialement consacré à l 'âvesa : "Méthode d'âvesa enseignée par le dieu Mahesvara et de prompte efficacité." Mahesvara s'adresse à Nârâyana : "Si l'on veut connaître les choses de l'avenir, il faut choisir quatre ou cinq garçonnets (dônan jgj$, sk. batu) ou fillettes (dônyo jl^G sk. kumârî) âgés de sept à huit ans, sans cicatrice ni marque au visage, ayant l'oreille fine et l'intelligence éveillée. On les soumet à une diète frugale pendant trois jours au moins ou une semaine ; puis, quand un jour propice a été choisi pour la céré-
monie, Pusya, Abhijit etc., on les baigne, on les enduit d'encens, on leur passe des vêtements purs, on leur met du camphre dans la bouche. Devant le récitant chargé des Formules, assis face à l'Est, on place l'enfant debout sur un petit autel de santal blanc enduit d'encens, d'une coudée environ, et on répand des fleurs. Le récitant brûle de l'encens de Parthie dans un chaudron à eau lustrale, il prononce la Formule du grand Sceau en accomplissant sept fois la Bénédiction. On fait monter la vapeur d'encens vers les mains de la fillette, qui s'en couvre le visage, pendant que le récitant accomplit encore sept fois la Bénédiction avec des fleurs rouges ... Bientôt l'enfant se met à trembler; c'est la marque de la possession. Il faut alors se hâter de l'interroger sur les bonheurs ou les malheurs futurs" — et aussi du passé et du présent, d'après les autres textes : T. 867 11, Tt. 1199, Tt. 1202, Tt. 895 11 (qui appelle cette cérémonie hashina &fcf£$$ = sk. prasna "interrogation" ?). Ttt. 2061 1 rapporte que Vajrabodhi, au palais impérial de Chine, "lia par ses Charmes deux fillettes de sept ans qui se trouvèrent possédées par des princesses défuntes." Des pratiques analogues sont encore très répandues en Chine et en Annam ; les médiums, quel que soit leur âge, continuent à être désignés comme "le garçonnet" et "la fillette". Au Japon, les médiums sont appelés yorimashi ffjA», ou miko 7JÂ~£c, ou kuchiyose P^.
ABISHARA psil&îiH = sk. abhicara (ou °câra). Td. shitsugyô $|ff "rapide". T. 721 xvi : C'est la quinzième des trente-six classes de Trépassés qui habitent le monde des Trépassés (l'autre catégorie habite le monde des hommes). Cf. *Gaki.
ABISHAROKA PBlM)lPt}$9 T. 893, Tt. 1056 et 1216, ou psjJëfàlM T. 952, ^jgffiPi^ T. 951, abisharaka W&MWiM T. 849, abisara pmkM Tt. ii94 = sk. abhicaruka (ou °câruka) ; tib. drag chul spyod "pratique terrible". Td. gôbuku P£tJc, jôbuku |§t^ "dompter". — Exorcisme. — Nom d'une classe d'exorcismes et de libations destinés à subjuguer les Etres. — Cf. *Goma.
ABISHIDO |5iJMH^=sk. abhijit; Mvy. 3207 tib. byi bzin, ch. nyo iç. Nom d'une mansion lunaire. T. 1300 11 Quand on naît au temps où la lune quitte la mansion nyo, on a beaucoup d'honneurs. La te. n'est donnée que par Sgsk. 11. — Cf. *Shuku.
ABÔ pjjfg, ou |5pJ$7, fflttj. Geôliers infernaux. Leur nom a l'apparence d'une transcription, mais l'original n'en est pas connu. On peut suggérer le sk. avânc, avâk "la tête en bas", position qui est celle des êtres infernaux ; cf. le nom de l'enfer Avîci. Td. fugun ^^ "pas foule", fondée sans doute sur
ABÔ 8
une fausse étymologie avarga. Le nom est parfois réduit à bô jg, p. ex. T. 42. On le trouve aussi, mais seulement dans la littérature jap., combiné avec le mot Râksasa en Abôrasetsu PSJES^^IJ ; la forme Bôra ffr|§ ^ se Ht dans un sûtra apocryphe Jizôbosatsuhosshininnenjûôkyô i&ffî^îMïi % ®%k -\~3LW£ semble en être une abréviation. Le terme Abô paraît déjà dans le Vinaya des Mahîsâsaka T. 1421 xxvm : "tous les ministres de l'enfer, Abô en tête". D'après T. 741 ils ont une tête et des pieds de- bœuf, sont forts à renverser des montagnes, et portent des fourches d'acier; c'est eux qui amènent les damnés devant Yama. D'après Ttt. 21 21 xlix citant un sûtra perdu, ils sont au nombre d'un million, soumis à l'autorité de Vaisravana, et ils portent deux cornes. T. 202 xm : Abô à têtes de mouton, de cerf, de lièvre, et d'autres animaux ; Ttt. 2122 lxxxiv : Abô à tête de bœuf. —Cf. *Abi.
JABOKYA |5nli^flin = sk. amogha, td. fukû ^S "non vide" (au sens de "non vain"). Epithète qui figure en composition dans un grand nombre de noms de divinités es., p. ex. Amoghapâsa, Amoghasiddhi (*Fukûkensaku ^H^, *Fukûjôju ^ S^gfc» Q- v.). Elle est associée au nom de Vairocana dans la célèbre Formule dite Kômyôshingon ^^ytH" T. 1002 (cf. T. 1092 xxvn) : Om Amogha Vairocana mahâmudra manipadma jvâla pravartaya hûrh. — Autre te. amokukya |5pJ g flfl] dans le nom du fameux traducteur Amoghavajra.
ABUDA mmt (ou Sg&Pfc, &&PÊ), ou abudon HStfH (j&à^oft) = sk. arbuda, p. abbuda ; tib. chu bur can "qui a une maladie éruptive". Td. hô K, shumotsu fljHIÎJ "tumeur, cloque". Nom d'un Enfer. T. 24 IV et 25 iv : C'est le premier des dix Enfers ; on l'appelle abuda parce que les corps des habitants de ces Enfers sont comme des bulles. T. 1 xix (le Dîrghâgama auquel se rattachent les deux textes précités) donne aussi une liste de 10 Enfers ; le premier y est appelé kôun JjLfÈ "épais nuages", parce que le corps des Etres y est pareil à d'épais nuages (cette interprétation ramène sans doute la te. abuda au sk. ambuda "nuage"). Tt. 1505 11 le nomme comme un des 3 Enfers froids et le traduit par sokki 4^36 "produit soudainement". Tt. 1509 xvi en fait un des 8 Enfers froids : Il y souffle un vent empoisonné et glacial qui fend la peau des damnés, fait tomber leurs cheveux, déchire leurs tendons et leurs chairs, brûle leurs os et consume leur moelle. Tt. 1558 xi en fait aussi le premier des 8 Enfers froids ; cm. Ttt. 1821 xi dit qu'on l'appelle "cloque" parce que le froid produit des cloques sur le corps des damnés. Id. Ttt. 1579 iv. En jap. le mot abata, altération du sk. arbuda, désigne un visage marqué de petite vérole. — Cf.