‹ HbgirinChapitre 29 sur 65 · Sâkyamuni · texte numérisé non relu

Sâkyamuni

asvattha (p. asattha)

aévattha

pippala

asvattha

Pippala et asvattha sont l'un et l'autre des appellations du banyan, Ficus Religiosa des botanistes ; cf. *Asetta. — Hôken £feHî Ttt. 2085 emploie pour désigner l'arbre d'Eveil de Sâkyamuni le terme *baita J|^=sk. pattra "feuille". D'après une tradition chinoise erronée, bai ^ signifierait "feuille" (sk. pattra), et ta ^ serait pour tara ^j|| "palmier" (sk.

tara), d'où par confusion avec sk. tara " traversée. I Libération" l'emploi du terme baita pour désigneii l'arbre de l'Eveil ou de la Libération (Bdjt. 1441) ; cf. Ttt. 21 31 ni qui donne tara ^§^; comme une te. du nom sk. du palmier (tara), tout en le] traduisant par an ^ "rive" (autre rive, traversée sk. tara) ; et Ttt. 1811 1 qui mentionne *baita j^,£

comme te. de l'original sk. du ch. bodaiju. — T. 220 dlxx : Par le Moyen de la Perfection de Sapience, l'arbre d'Eveil apparaît aux Etres sous des formes diverses : soit comme un pippala, soit comme un arbre ayant les couleurs de la voûte céleste (?) tennensaiju XM&tH, ou fait de Joyaux, ou haut comme sept palmiers, ou mesurant 94.000 Lieues. — Tt. 1509 l: Sa racine est d'or, son tronc a pour matière les sept Joyaux, ses rameaux et son feuillage sont lumineux. — T. 279 xxv, lxviii, lxx décrit les arbres d Eveil de divers B. peu connus, p. ex. xxv celui du B. Gattôô /§$£3E (sk. Candrapradîparâja ?) dont la racine est de corail, le tronc de cristal, les rameaux d'or et les feuilles d'agate. — L'arbre d'Eveil du B. futur Maitreya est le nâgapuspa, td. ryûge fppf-, T. 125 xliv, 159 vu, 453.— En Chine (du moins dans le Nord) et au Japon, le nom "d'arbre d'Eveil", bodaiju, est donné à une variété de tilleul (Tilia Miqueliana), dont l'aspect 'rappelle celui du banyan (Ficus Religiosa), et dont les fruits servent à faire des chapelets. Cet arbre fut importé au Japon par Eisei Zenji «SfètSjpîîfîïlJ à l'époque des Sô 7J5 ; on l'y trouve fréquemment auprès des temples ou des monastères bouddhiques. — Bodaijushin ~tlj/pil, divinité de l'arbre d'Eveil. Tt. 1545 xli Un roi Tournant-la-Roue se promène dans les airs ; soudain le Joyau de la Roue cesse de fonctionner; le roi prend peur, s'entend appeler par la divinité d'un arbre d'Eveil et atterrit auprès de l'arbre, auquel il rend hommage en se repentant. Ib. cxxv Cette même divinité, nommée ici Taigo fe§ "Parole de Vérité", se transforme en belle femme pour séduire le roi Pusyamitra, ennemi du bouddhisme ; elle protège ainsi l'arbre d'Eveil et permet aux génies défenseurs de la Loi de vaincre et de tuer le roi. — Tt. 1509 ni Lorsque le B. atteignit l'Eveil, cette divinité alla en porter la nouvelle à son père Suddhodana. — T. 665 x Le B. conte à cette divinité la vie antérieure de Jalavâhana. — Bodaisatta ~PH3§ = sk. bodhisattva ; abr. •Bosatsu. — Bodaishi ~-J-, espèce de graines dont on faisait des chapelets, mentionnés T. 787 et 788 ; on les identifie généralement aux graines du tilleul (bodaiju). Cf. tib. bo-de, nom d'un arbre dont les fruits servent à faire des chapelets (Csoma). — Bodaishin ~<|>, sk. p. bodhicitta, tib. byah chub kyi sems. — Esprit d'Eveil, l'acte spitituel qui inaugure la carrière du Bs. — Tt. 1509 xli : L'Esprit d'Eveil, c'est la Production d'Esprit initiale, quand le Bs. pense à la Voie sans-supérieure et se dit : Je deviendrai B. ; l'effort qu'il accomplit ensuite pour parfaire les six Perfections est appelé l'Esprit égal-sans-égal (mutôdô M^^f, cf. *Ashamashama).— T. 657 11 : O Ajita, sache que tous les Mérites des B. se trouvent inclus dans l'Esprit dompteur (jôbukushin ffî\k>b) produit initialement ; car il est difficile de rencontrer un Bs., difficile de rencontrer un B. dans le monde.

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O Ajita ! il n'y a pas de crème de lait sans vache ; il n'y a pas non plus de Germe de B. sans Production de l'Esprit d'Eveil. Mais, s'il y a une vache, il y a de la crème de lait, et de même s'il y a un Bs. qui produit l'Esprit d'Eveil, le Germe de B. n'a pas d'interruption. O Ajita ! s'il y a germe, il y a fleur et fruit ; et de même, s'il y a un Bs. qui produit l'Esprit d'Eveil, le Germe de B. n'a pas d'interruption. Ainsi, sache-le bien, Ajita, c'est la Production de l'Esprit qui est ce qu'il y a de plus difficile ; la mise en branle de l'Esprit d'Eveil est difficile ; il est difficile de devenir un B. O Ajita ! il est bien rare de trouver dans l'océan un trésor de valeur inappréciable, mais des autres trésors il y en a beaucoup. De même il y a peu d'Etres qui peuvent produire l'Esprit d'Eveil, mais il y en a beaucoup qui produisent l'Esprit d'Auditeurs ou de B.-pour-soi. Sache-le donc bien, Ajita, l'Esprit de Bs. est ce qui se trouve le plus rarement, tout comme la fleur d'udumbara qui ne se montre qu'un seul moment ; aussi cet Esprit est-il précieux, d'une valeur inestimable. Et cet Esprit est immense comme le mont Sumeru, il est indestructible comme l'Espace, il est insondable comme l'océan ; il est incomparable, il surpasse en valeur toutes les Gemmes des Trois mille Grands Chiliocosmes. — T. 310 xxxvi : C'est parce que le Bs. Grand-Etre accomplit l'Esprit d'Eveil qu'on l'appelle Bodhisattva ("Eveil-Etre"), Mahâsattva ("Grand-Etre"), Etre merveilleux, Etre qui surpasse les trois Plans. — T. 278 lix : L'Esprit d'Eveil est appelé le Germe de tous les B., car c'est lui qui donne naissance à toutes les Essences de B. ; c'est un bon Terrain, car il fait pousser les Essences Blanches et pures ; il est la terre, en tant qu'il porte le monde entier ; il est l'eau, en tant qu'il nettoie toutes les souillures des Passions ; il est le vent, en tant que rien ne peut l'arrêter ; il est le feu, en tant qu'il consume toutes les mauvaises Vues ; il est le soleil, en tant qu'il brille sur toutes les espèces d'Etres ; il est la lune, en tant que toutes le Essences Blanches et pures y sont au plein ; il est la lampe, en tant qu'il éclaire tous les Plans des Essences ; il est l'œil, car il voit le mauvais Chemin et aussi le bon. — Deux espèces d'Esprit d'Eveil dans la secte Tendai [Bdjt. 163 1]: (1) Enjibodaishin fân^^Vk'b , l'Esprit d'Eveil "pratique", qui consiste en quatre Grands Voeux (shiguzeigan [jy^ Çj§|), à savoir : (a) Shujômuhenseigando ^4M*É S ÏÏÂ^. : tout innombrable que soit la multitude des Etres, on fait vœu de lui assurer le salut : c'est là les Défenses de Captation des Etres (nyôyakuujôkai flif^ftpr^; cf. *Bosatsukai), le profit d'autrui (rita flJftJi), la Nature de B. comme Facteur (enninbusshô $3c[iS|$,j,|É ; cf. *Busshô), et la cause de l'Eveil du Corps de Métamorphose (kebutsubodai 'fb'W^flë ! cf- SUP- Bodai) ; (b) Bonnômuhenseigandan J$t$^§^ îffJSIMlf : tout innombrables que soient les Passions, on fait vœu de les trancher : c'est là

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les Défenses de Restriction (shôritsugikai JH^fl^), le Mérite qui vient de l'Elimination (dandoku IHfîS), la Nature de B. comme cause proprement dite (shôimbusshô jEBMïfô'IÊ). et la cause de l'Eveil du Corps d'Essence (hôbutsubodai &#|£$É ; (c) Hômommujinseiganchi fèP^Ms&ïfJIBH] '• tout inépuisables que soient les Rubriques d'Essences, on fait vœu de les connaître : c'est là les Défenses de Captation des bonnes Essences (shôzembôkai îlÊf?ï£3$). le Mérite qui vient de la Connaissance (chitoku ^^), la Nature de B. comme cause de compréhension (ryôimbusshô TH^tt). et la cause de l'Eveil du Corps de Fruition (hôbutsubodai 8*$jj3£#l) ; (d) Mujôbodaiseiganshô M±.¥ï~$kWM%£ • le Vœu d'attester l'Eveil sanssupérieur : c'est là la Nature de B. comme Fruit du Fruit (kakabusshô ^^^tÊ)» et la cause de l'Eveil du Fruit de B. (bukkabodai #^:^t|). On peut obtenir l'Eveil des Trois Corps en accomplissant intégralement les trois derniers Grands Vœux, et on peut ensuite se rendre utile aux autres Etres ; ces trois Vœux constituent donc proprement le profit personnel (jiri |=jflj), mais ils mènent au profit d'autrui (rita ^iJfÊ) 5 ainsi s'explique l'expression d'Esprit d'Eveil "pratique" (enjibodaishin) appliquée à ces Vœux. (2) Enribodaishin ^SË^IH'll*» l'Esprit d'Eveil "d'Idéal" (théorique, rationnel) : les Essences sont originellement apaisées et inactives ; celui qui recherche l'Eveil, vers le haut pour lui-même et vers le bas pour autrui, en comprenant le véritable Caractère delà Voie du Milieu, pratique la Production d'Esprit d'Eveil la plus haute (cf. Ojys. I b.) — Trois espèces d'Esprit d'Eveil, dans la doctrine es. [Bdjt. 163 1, Bdji. 4180] : L'école Shingon définit ainsi le Bodaishin Ttt. 1796 : C'est l'Esprit de Foi pur. . . c'est la recherche exclusive de l'Omniscience. — Chacun des cinq B. du Shingon a sa vertu propre (shutoku ifiQ, et la Connaissance de Miroir (daienkyôchi ;fcllltt^a, sk. âdarsajnâna) du B. Aksobhya, qui préside à l'Est, a pour vertu propre de faire surgir l'Esprit d'Eveil (cf. *Ashuku, et *A). Aussi est-ce vers l'Est qu'on s'incline quand on reçoit les Défenses dites de Convention (sammayakai H5K^P5S), Défenses dont le Substantiel est formé par les trois Bodaishin qui sont : (a) Gyôganbodaishin flM^lê'lls Esprit d'Eveil de Pratique du Vœu, sk. pranidhânacaryâbodhicitta : gan, le Vœu, c'est le vœu de sauver tous les Etres par la doctrine merveilleuse du G.V., puisqu'on sait que tous les Etres ont au fond de leur nature la nature de Matrice de B. et sont capables par conséquent d'arriver à l'Eveil sans-supérieur ; gyô, "pratiquer", c'est la pratique des quatre Grands Vœux (guzeigan ^ffH, cf- SUP) î (b) Shôgibodaishin iHIH^Cs Esprit d'Eveil au Sens-ultime, sk. paramârthabodhicitta : le Sens-ultime, c'est éliminer toutes les Essences inférieures, méditer sur les Essences supérieures et les exalter ; il y a deux procédés pour avancer en connaissance : étudier la

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doctrine et Inspecter la vérité ; étudier la doctrine, c'est. parcourir graduellement les dix stages d'Esprit (*jûshin 'tË'lls q-v.) ; Inspecter, c'est approfondir le Sans-Nature-propre des choses : dès lors toute illusion disparaît, et l'on réside dans l'Ainsité; des lors on possède toutes les vertus ; (c) Sammajibodaishin HfJpitË^tS'Cs Esprit d'Eveil de Concentration : la Concentration (sammaji — sk. samâdhi), c'est l'Egalité de possession (tôji ^ffâ, sk. samâdâna), de pensée (tônen ^f&, sk. samâsmrti), d'arrivée (tôshi *Ç-^, sk. samâgati). Si un ascète atteint la Terre de Conviction (shingeji j|fj$?ftiî, sk. adhimuktibhûmi ; cf. *Ji) et qu'il se plonge dans la méditation ésotérique des Cinq Sections (*Gobu £pff5)> il possède alors en commun avec les B. la vertu de pratique personnelle et de conversion d'autrui (jigyôketatoku ÊlT'ffc'fliif*) > il a comme les B. la pensée de protéger les Etres une fois qu'il est revenu dans le Plan des Etres ; enfin cette pensée, il n'est pas d'endroit qui lui soit inaccessible.— De ces trois Bodaishin du Shingon, deux appartiennent à la doctrine ex. aussi bien qu'es. ; le troisième terme est spécial à la doctrine es. Aussi est-il dit Tt. 1665 : Seul le Shingon enseigne la doctrine pour devenir B. dans son propre corps (sokushinjôbutsu |p|p $£-{&) ; seul il traite du Sammajibodaishin ; les autres écoles ne s'en occupent pas. — La secte Jôdo présente quelques traits particuliers [Bdji. 4181]. T. 360 I divise en trois classes ceux qui veulent aller à la Terre Pure, et enseigne qu'ils doivent tous produire l'Esprit d'Eveil sans-supérieur ; T. 365 rapporte l'histoire des cinq cents filles Vaidehî qui, en écoutant le B., produisirent l'Esprit d'Eveil correct-complet-sans-supérieur, et firent Vœu d'aller naître à Sukhâvatî. Donran^^, Ttt. 18 19, commente ces deux textes : sans doute, dit-il, il y a bien trois classes d'Etres parmi les aspirants à la Terre Pure, comme enseigne le Sukhâvatî vyûha T. 360 1 ; mais tous ont également produit l'Esprit d'Eveil sanssupérieur. Cet Esprit d'Eveil, c'est le Vœu de devenir B. (gansabusshin JH'fëlilî'l» qui est, autrement dit, le Vœu de sauver les Etres et de les faire naître dans le Terrain de B.— Dôshaku MW, dans Ttt- *958 | traitant de l'Esprit par lequel on fait Vœu de devenir B., dit : Cet Esprit est vaste, immense ; il emplit tout le Plan des Essences, étant identique à l'Espace, j éternel, sans obstacle ; il abat l'obstacle des deuxi V. Si on fait le Vœu de devenir B., il faut commencer j par produire l'Esprit d'Eveil. — La doctrine du Jôdoj identifie l'Esprit d'Eveil avec l'Esprit de foi (dansjj l'efficacité d'un autre) et avec le Vœu de renaître dans la Terre Pure ; ces trois Esprits sont appelés Bodaishin, Esprit d'Eveil. C'est là le trait propre au Jôdo.jj — La secte Shin (Bdji. 4182) a donné une valeur spéciale au terme Daibodaishin ^^H'il» qui géné-jj ralement ne fait qu'ajouter à l'idée de Bodaishin j la valeur de supériorité (dai — sk. mahâ "grand" ;| daibodaishin = sk. mahâbodhicitta) que lui confère

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la doctrine du G.V. D'après Kgss. de Shinran fflffî, le Daibodaishin est un quatrième Esprit d'Eveil qui se superpose aux trois autres : il consiste dans la croyance à la Déflexion de la puissance du Vœu d'Amida (ganrikiekô M^JfcHfà) ; cette croyance, c'est l'Esprit de Diamant (kongôshin -fèfUlR») du Passage Transversal (*ôchô $fàg) ; ainsi Bodaishin, dans la secte Shin, ne désigne que les trois classes inférieures.

BOMBAI ;££PjL ou plus simplement Bai flj|. — Psalmodie : récitation psalmodiée ou chantée des textes sacrés. — Syn. shômyô ^B^, baisan Pjljfjf, baiju |lj$!, *bonnon j^if. bonsan ffî$£, bompô $£J&, etc. Dans les textes ch., le terme le plus courant est Bombai "Bai brahmique" (cf. *Bon). Mais au Japon on emploie surtout le terme Shômyô, qui correspond en principe au sk. sabdavidyâ "science des sons" (grammaire) ; à l'époque actuelle, c'est seulement dans la secte du Nishi-Honganji que les termes Bon ou Bombai désignent de façon générale la Psalmodie: dans les autres sectes ces termes, pris au sens étroit, s'appliquent à une des quatre catégories entre lesquelles on répartit les Hymnes rédigés en langue ch.; cf. inf., La Psalmodie au Japon. — A côté de bai Pj|, caractère phonétique forgé par les bouddhistes ch., on trouve d'autres te. : bachoku 3g$^ Ttt. 1723 iv b (p. 727 b), bashi 3g(5fi Gog. vu et xv, bainoku P^jg T. 1428 m (p. 582 b col. 17), Ttt. 1719 v b, 1723 IV b, 2131 iv, Gog. vu et xv. D'après le Shutsuyôritsugi éBH^Iî (ouvrage en xx chapitres de Hôshô [Pao-tch'ang] f|P|l des Ryô [Leang] $£ [début du VIe siècle], auquel était joint un glossaire de termes sk. en ni chapitres ; cet ouvrage est perdu, cf. Ttt. 2122 c, 2149 iv et x) cité Ttt. 1804 1 d et 2131 vi et xi, le mot bainoku PKfg appartiendrait à la langue du pays de Uppi ff $f- (Uruvilvâ ? prâkrit local ?) et signifierait "arrêter, réprimer" ; les récitations psalmodiées par où s'ouvrent les cérémonies bouddhiques auraient pour but de "réprimer " les Facteurs externes et ainsi d'apaiser 'esprit, préambule indispensable à l'accomplissement du rite. — Les originaux sk. des te. précitées sont difficiles à restituer ; le terme le plus comnunément appliqué à la récitation en sk. p. est le verbe bhan "dire", p. ex. sk. dharmabhânaka (bainoku PHfH = bhânaka ?) et p. sarabhanna (cf. inf. e texte du Vinaya des Mûlasarvâstivâdin, T. 1435 Utxvn, où bai RU correspond manifestement au 3. bhaiïna). Au Japon, la restitution généralement idmise est pâthaka ; elle semble peu appropriée et :orrespond mal aux te. Sans doute celles-ci recouvrent-elles des formes prâkrites dérivées de la racine ^han. — La Psalmodie en Inde. — Sur la récitation les textes sacrés du bouddhisme dans l'Inde, cf. Lévi, J. As. 191 5, 1, 401-447. Le texte fondamental ;st l'épisode de Srona Kotikarna qui passa une nuit

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avec le B., dans sa cellule, et lui récita une série de textes, spécifiés, avec 1" 'intonation" (sk. svara, p. sara ; T. 1425 xxm et 1435 xxv td. saishô $B§!? "sons subtils") : Vinaya p., Mahâvagga v, 13 ; Udâna (p.) v, 6 ; T. 1425 xxm, 1428 xxxix, 1435 xxv [td. Chavannes, Cinq cents contes, 11, 262], 1447 1 [ = Divyâv. 20] (et cf. T. 125 xm, p. 612 b : avant d'entrer en religion, Srpna Kotikarna était joueur de luth). — La nature de V "intonation" (sk. svara) est précisée par un autre passage de la Discipline (Vinaya p., Cullavagga v, 3) qui autorise la psalmodie (p. sarabhanna, sk. svarabhânya), mais interdit les intonations prolongées en manière de chant (p. âyataka gîtassara, sk. â° gîtasvara) ; ces dernières ont en effet cinq défauts : on se laisse prendre soi-même à son intonation ; les autres s'y laissent prendre ; les maîtres de maison sont agacés ; en se passionnant pour son propre timbre, on brise sa méditation ; les gens d'après en viennent à suivre l'exemple. — Dans les textes ch. parallèles, cette liste se retrouve avec de légères variantes. T. 1435 xxxvn (Sarvâstivâdin) : Un chant (ka ffi, sk. p. gîta) pareil à celui des laïcs a cinq défauts : le chanteur conçoit lui-même de l'attachement pour son chant ; il en fait concevoir aux autres ; s'il est seul, il a toutes les chances de se livrer àl a Délibération et à la Décision [qui empêchent la Concentration] ; l'Attraction obscurcit son esprit ; les laïcs calomnient les moines en déclarant que le chant des moines ne diffère pas du leur (ou encore, d'après une seconde liste : les jeunes moines qui écoutent le chanteur l'imitent, et par suite conçoivent de l'Attraction et contreviennent aux Défenses). Mais, ajoute ce texte, une psalmodie (bai Pj| = p. bhanna) faite avec de bonnes intonations (shô j|£, p. sara ; shôbai l?rPÎ| = p. sarabhanna), comme celle du Moine JBadai iè&|H <iui est le premier pour le Bai [cf. inf.], a d'autre part cinq avantages : le corps ne s'épuise pas ; la mémoire n'a pas de perte ; l'esprit ne se fatigue pas ; les intonations ne se gâtent pas ; le texte est facile à comprendre (ou encore, d'après une seconde liste : les Dieux à l'entendre ont la joie au cœur). — T. 1463 11 (Sarvâstivâdin) : Le B. interdit de réciter les Défenses en élevant la voix ; une récitation chantée a en effet cinq défauts : on conçoit de l'attachement pour sa propre intonation ; on indispose les gens du monde ; on ne se distingue pas des gens du monde ; cela empêche de cultiver la Voie ; cela gêne l'entrée en Concentration. Ib. VI : Il y a cinq défauts à réciter en élevant la voix et en chantant comme les hérétiques : (ire liste ut. sup. ;) 2e liste : on n'a pas la réputation d'être maître de soi ; on n'est pas ce qu'il faut pour les auditeurs ; on ne réjouit pas les Dieux ; le langage devient incorrect et difficile à comprendre ; le langage n'est pas soigné et le sens n'est pas saisissable. — T. 1428 xxxv (Dharmagupta) : Une récitation chantée avec de trop grands écarts de

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voix, comme font les gens du monde, a cinq défauts : le chanteur conçoit de l'attachement pour ses propres intonations ; il en inspire aux auditeurs ; ceux-ci étudient à sa suite ; les maîtres de maison calomnient les moines et s'enorgueillissent de les entendre chanter comme eux ; dans la méditation solitaire, l'attention est distraite par les sons, et la Concentration Extatique est troublée. — Contrairement aux textes précités, T. 145 1 iv (Mûlasarvâstivâdin) autorise les intonations poussées au chant, mais seulement pour les Hymnes au B. et pour le Sûtra Tripartite (Sankeikyô H^^)- — Ce sûtra était une composition d'ASvaghosa, qui introduisit le chant musical dans la liturgie ; Gijô (Yi-tsing, 671-695), qui l'a traduit T. 801, l'avait entendu exécuter au couvent de Tâmralipti (Bouches du Gange) ; il rapporte Ttt. 2125 iv que dans ce monastère, conformément à la Discipline des Mûlasarvâstivâdin, les cérémonies comportaient la récitation chantée d'Hymnes au B. [p. ex. les cent cinquante stances de Mâtrceta, dont de nombreux fragments ont été retrouvés en Asie Centrale, et qui furent td. en ch. par Gijô (Yi-tsing) lui-même Tt. 1680 ; ces stances avaient été développées en Hymnes de trois cents et de quatre cent cinquante stances par Jina et par Sâkyadeva] et du Sûtra Tripartite [sûtra composé de : dix vers sur les Trois Joyaux ; un petit sûtra ; des vers sur la Déflexion des Mérites et la Production du Vœu]. Gijô (Yi-tsing) décrit aussi le rôle du chant dans les cérémonies de Nâlandâ ; il indique que si la note est prolongée à l'excès, le sens devient difficile à saisir : c'est sans doute cet inconvénient qui avait déjà provoqué la condamnation du chant par la Discipline. Tt. 2058 v exalte les talents d'Asvaghosa comme musicien et chanteur au service de la Doctrine : "Spontanément il battit la cloche et le tambour ; il accorda le luth et la guitare ; le son modérait la douleur, redressait le courbe ; ses accords faisaient aussitôt régner l'harmonie. Il proclamait les Essences, la Douleur, le Vide, l'absence de Soi. . . " — La Discipline condamne encore un autre procédé de récitation chantée, la récitation mot par mot (kuku -fcJ^J, sk. padasah), un de ceux que les brahmanes emploient régulièrement dans la récitation des Veda, et qu'ils appellent padapâtha, récitation où chaque mot (pada) est détaché du contexte et énoncé à part sans subir aucune des modifications que l'euphonie grammaticale (sandhi) impose à l'intérieur de la phrase : T. 142 1 vi ; 1428 xi (comme les brahmanes récitent les intonations de leurs livres) ; 1435 X (comme les brahmanes lisent les Veda) ; 1442 xxvi (comme les brahmanes récitent les traités hérétiques) ; 1425 xxm (un temps en élevant la voix, un temps en l'abaissant, un temps en l'arrêtant court). — Enfin la Discipline proscrit l'usage du senda flfllî'g ( = sk. chandas) dans la récitation des textes. Dans la littérature p., p. ex. cm. ad Cullavagga v, 33, ce

terme est interprété ainsi : Le sanskrit, comme dans les Veda. T. 1428 lu (Dharmagupta) glose : Le beau parler des gens du monde ( = le sanskrit). T. 1421 xxvi (Mahîsâsaka) : Les règles rigoureuses de la grammaire. Mais les Sarvâstivâdin T. 1435 xxvi et xxxvm, et les Mûlasarvâstivâdin T. 145 1 vi, expliquent : "Les intonations chantées à la manière des Veda" et Gijô (Yi-tsing) ib. annote : "Le mot chandas signifie la méthode de psalmodier des brahmanes : on allonge les intonations et, avec la main, on frappe l'air pour marquer la mesure ; le maître chante d'abord, et les autres le suivent." On voit que, pour les écoles de langue sanskrite, la proscription du chandas portait sur l'intonation et les accents de hauteur à la manière védique, tandis que pour les écoles de langue prakrite, elle portait sur l'emploi du sanskrit. — Divers règlements concernant le Bai se trouvent encore dans les textes de la Discipline concernant l'institution des réunions Sabbatiques (sk. posadha, p. uposatha). C'est sur l'instigation du roi Bimbisâra que le B. institua ces réunions, imitées de celles des brahmanes ; les moines y récitaient le Bai. T. 1441 vi (Mûlasarvâstivâdin) : Le B. permet aux moines de suivre l'exemple des hérétiques, qui au cours de leurs réunions trimensuelles psalmodiaient le Bai et attiraient ainsi une multitude de fidèles. Il les autorise à psalmodier non d'une voix ordinaire, mais "avec de beaux sons" (i.e. sk. svarabhânya), et en se mettant debout afin d'être mieux entendus ; et à réciter ainsi des textes abrégés ou résumés, au lieu de sûtra complets. Il stipule par contre qu'il y a Méfait à chanter des demi-Bai [c.-à-d. des demi-stances], ou à chanter le Bai à deux : en effet lorsque deux moines psalmodient ensemble, cela trouble l'assemblée. — T. 1435 lvii (Sarvâstivâdin) suit de près la texte précité, mais interdit en outre de réciter le Bai en vue de profit matériel [cf. dans le Vinaya des Mahâsânghika, T. 1425 xxxvi, l'histoire d'une nonne habile à chanter le Bai, qui se fait inviter partout et offrir des cadeaux par ses auditeurs, excitant ainsi la jalousie des autres nonnes], et aussi de choisir pour le réciter soit des infirmes : borgnes, hermaphrodites, goitreux, manchots, bossus, qui provoquent les railleries des profanes, soit des moines immoraux ou inexpérimentés. — T. 1463 j VI (Sarvâstivâdin) : Le B. institue des récitations : Sabbatiques et dit aux moines : Je vous permets le j Bai ; le Bai, ce sont des textes récités. Ils avaient l'autorisation de réciter, mais ne savaient quelles ' Essences réciter. Le B. dit : Des Sûtra jusqu'aux Upadesa, tout ce qui vous plaira des douze classes de textes sacrés ... Il leur permet aussi de réciter des résumés ou des abrégés, afin d'éviter des longueurs lassantes. . .Mais il interdit à deux moines de réciter I ensemble le même texte ; et il proscrit la psalmodie poussée au chant, qui a cinq défauts. . .(cf. sup.). — 1 T. 1428 xxxv (Dharmagupta) : Ici ce sont les Sûtra

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que le B. prescrit comme textes à réciter ; il permet du reste de ne pas les réciter intégralement. Il interdit à deux moines de réciter ensemble sur un même siège ; d'entrer en concurrence ; de se critiquer mutuellement ; de psalmodier le Bai en chœur. Il autorise l'intonation chantée, mais condamne les trop grands écarts de voix, qui ont cinq défauts. . . (cf. sup.). — T. 1421 xviii (Mahîsâsaka) : Lors des réunions Sabbatiques les moines sont autorisés à célébrer par des Hymnes (santan ff£i&) les Trois Jo yaux, les Aide-Mémoire, les Eliminations-correctes, les Pieds-de-Magie, les Organes, les Forces [cf. Bodaibun, s. v. *Bodai], l'Eveil, et tous les Dieux ... Il leur est interdit de psalmodier ces Hymnes en chœur : un seul moine doit être choisi, pour psalmodier, parmi ceux qui ont bien étudié les Défenses. . .11 doit être sans infirmité, connaître la Grammaire et posséder les Âgama. . .Lorsqu'il est fatigué, d'autres doivent lui succéder tour à tour. . .La psalmodie poussée au chant est proscrite. — En dehors de la Discipline, les textes canoniques mentionnent à maintes reprises des récitations du type Bai. L'Ekottarâgama T. 125 xxm conte comment Mandgalyâyana et Ânanda voulurent se mesurer dans un concours de Bai ; le B. les en blâma en disant : Dans ma Loi il n'y a pas de compétitions ; ce n'est pas comme chez les brahmanes. Et il condamna dans des stances l'usage excessif de la Psalmodie.— T. 202 xi conte l'histoire d'un moine affreusement laid, mais qui chante si bien le Bai que, au cours d'une expédition contre Angulimâla, le roi Prasenajit et son armée font halte pour l'écouter au Jetavana ; les éléphants et les chevaux refusent d'avancer. Le roi demande à voir le moine pour lui offrir 100.000 pièces de monnaie ; mais il le trouve si laid qu'il ne les lui donne pas. Le B. rapporte alors l'existence antérieure de ce moine. La même histoire est contée T. 145 1 iv, où le moine est nommé Zenwa §$], par allusion au nom de son père Daizen ^C^, un notable de Kausâmbî, et à sa voix harmonieuse, wa %U ; mais ici c'est un vêtement, au lieu d'argent, que veut lui offrir le roi Prasenajit. — Ce texte ajoute que le B. considérait ce moine comme le premier, parmi ses disciples, pour la beauté de la voix ; lorsqu'il psalmodiait les sûtra, on l'entendait jusqu'au ciel de Brahmâ. Cf. Ekottarâgama T. 125 m : [Parmi les "premiers disciples" du B.,] celui dont la voix pure et claire atteint le ciel de Brahmâ, c'est le moine Rabana-Badai ffik^ffiljgfê [le texte p. parallèle, Ang. Nik. I, xiv, 1, donne : "le nain Bhaddiya" ; la te. Badai répond donc au p. Bhaddiya, et Rabana au sk. p. Ravana "crieur, chanteur"]. Dans T. 1435 XXXVli [cf. sup.], le nom du moine qui est "le premier pour le Bai" est te. J Badai g£$g ; dans Tt. 1509 xxm (229 c, 29), Rabana-JBadai ffl3gffi$fâ— D'après une tradition es. rapportée Ttt. 1798 1, un Vénérable [i.e. Nâgârjuna] s'était rendu dans l'Inde du Sud

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pour obtenir le grand Vajrasekharasûtra (T. 865) enfermé dans un stûpa de fer ; il prononça un Charme de Vairocana, et jeta sept graines de moutarde contre la porte ; mais les dieux occupant le stûpa l'empêchèrent d'y entrer, et il ne put qu'entrevoir les encensoirs et les baldaquins qui en décoraient l'intérieur ; il y entendit aussi des voix chantant un Hymne au Vajrasekharasûtra. C'est à cet Hymne que la secte Shingon fait remonter l'origine du Bai. — Enfin nous réunissons ici quelques références au sujet d'un personnage énigmatique, Hansha jKfjlls, dont il sera question au début du paragraphe suivant (Historique de la Psalmodie en Chine). D'après T. 185 11, qui l'appelle "l'artiste Hansha, le musicien des Dieux" 3^$tj|3$8j{£, ce personnage fut envoyé par Brahmâ, avec Indra, auprès du B. en Extase ; il lui chanta des stances en s 'accompagnant de son luth, l'éveilla de son Extase et l'empêcha ainsi d'entrer dans le Nirvana avant d'avoir prêché la Loi. Dans l 'Ekottarâgama T. 125 VI, c'est pour tirer d'Extase Subhûti, malade sur le Pic du Vautour, que le même personnage, ici nommé Hashajun $£j||1îj, descend du Ciel des Trente-trois, avec Indra et 500 Dieux, et chante des stances aux sons d'un luth de vaidûrya ; Subhûti sort d'Extase et prêche sur sa guérison. Dans un autre passage du même Agama, T. 125 xxn ( = Sumatîsûtra T. 128, p. 841 b), qui écrit Hanshajun JΣj|§çl0\ ce personnage reparaît dans l'escorte qui accompagne le B. chez Sumatî ; il vient après Brahmâ, Indra, Guhyaka-Vajrapâni ; toujours muni de son luth de vaidûrya, il célèbre les Mérites du Tg. Dans le Suratasûtra T. 328 (p. 55 c), il reçoit l'épithète de "Dieu ailé" (?), ikiten H^ ; accompagné de ses 500 "anges" %\, qui accordent leurs luths, il chante des stances en l'honneur du B. et de Surata. Dans un autre passage (ib. p. 53 a, col. 19), il est question de son "épouse ailée (?) aux nombreux luths" Hfc^SSIfiflf ; Indra la charge, avec sa femme et ses courtisanes, d'aller tenter Surata. D'après une glose étrange de Ttt. 2128 IX ( = Gog. m), Hanshajun j|3$i1[J correspondrait au sk. pancâbhijnâh "les cinq Supersavoirs". C'est la même interprétation que donne Ttt. 213 1 xm, mais pour Hanshaujun Jîx'^Ë^flU» forme suspecte qui se retrouve dans Hsh. v (Z. I, xliv, I, 56 a), où elle est confondue avec hanshaushitsu jj$i!|ç~F*^*; : cette dernière te. correspond au sk. pancavarsa, qui désigne les grandes assemblées quinquennales instituées par le roi Asoka ; mais dans Ttt. 1718 11 b (p. 25 a ; aussi glose Hssk. il, éd. Dnbz. p. 70 b) elle est employée, sans doute par erreur, pour désigner la musique des Dieux. — Historique de la Psalmodie en Chine. — Ttt. 2059 xiii contient la biographie des onze premiers maîtres du Bombai en Chine, tous qualifiés de kyôshi ^ftjî "maîtres des sûtra" : les trois premiers sont, par leurs origines, un Koutchéen, un Scythe, un Sogdien, Haku Hokkyô (Po Fa-k'iao) ffJfêfêq

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(fvers 350 ; origine étrangère pas certaine), Shi Toriyaku (Tche T'an-yo) £#É (fvers 400), Ko Hôbyô (K'ang Fa-p'ing) jÉfë2? (fvers 450). Cet ouvrage ajoute un historique du Bombai en Inde et en Chine, et marque la difficulté que le Bombai présentait pour le bouddhisme chinois : on ne pouvait réciter le chinois, monosyllabique, avec les intonations du sanskrit, polysyllabique, ni le sanskrit sur les mélopées chinoises. C'est, dit Ttt. 2059 xm, un prince impérial de la dynastie Gi (Wei) f5 des Trois Royaumes, Sô Shoku (Ts'ao Tche) ffH, [titre posthume :] prince de Chinshi (Tch'en-sseu) |Sft,J.E [192-232 A.D.], qui fut le premier à s'occuper du Bombai ; épris de chant et de musique, il avait étudié "les sons admirables de Hansha" jfâ^ttïïaW1 [cfsup.] ; il reçut une inspiration au Gyosan (Yu chan) &UJ [aussi écrit £fcUj ; dans l'actuel Chan-tong, a 8 lieues ch. à l'ouest de la sous-préfecture de Tong-a ^HH» préfecture de T'ai-ngan ^5^^f] et adapta au Bai des extraits de la biographie du B. (T. 185) pour servir de modèle aux étudiants ; il composa ainsi quarante-deux pièces [dont six étaient encore connues au VIIe siècle, d'après Ttt. 2122 xxxvi]. Plus tard, Haku Hokkyô (Po Fa-k'iao) et Shi Tonyaku (Tche T'an-yo) continuèrent et développèrent son enseignement ... Dans l'ère Kenchû (Kientchong) Çgtp de Sekiroku (Che-lô) 7â^&) [nom d'un usurpateur barbare ; au lieu de Kenchû il faut probablement lire Kembyô (Kien-p'ing) ^^P, nom d'une des ères qu'il institua, 330-332 A.D.], un esprit céleste descendit dans un bâtiment administratif à Ahyû (Ngan-yi) 5J t», [dans l'actuel Chan-si] et y chanta des sûtra pendant sept jours. . .puis la tradition fut interrompue . . . Sous les Sô (Song) ^ et les Sei (Ts'i) ^ (420-501), Donsen (T'an-ts'ien) ÉfâË [d'origine scythique], Sôben (Seng-pien) fê^f, Bunsen (Wen-siuan) >C!Él et d'autres rétablirent un système de psalmodie uniforme. . .qui peu à peu tomba, lui aussi, dans l'oubli.. . .Dans l'Inde, continue Ttt. 2059 xm, toute récitation chantée des paroles de la Loi est appelée Bai ; mais en Chine, la récitation des sûtra est appelée *tendoku $$lfï (Q-v.) "lire en parcourant" ; le nom de Bombai est réservé au chant des Hymnes (san fjf). Primitivement, dans l'Inde, le chant des Hymnes était accompagné par des instruments à cordes et à vent ; mais depuis que les cinq Assemblées [*Shu, constituant le clergé] se sont séparées des Laïcs, c'est la musique vocale qui doit être tenue en honneur ... Le même ouvrage traite ensuite de quelques pièces considérées comme des types classiques de Bai. Les premières furent composées par le prince Sô Shoku (Ts'ao Tche), puis le Scythe Shiken (Tche K'ien) £|§j [mort en 253] introduisit trois pièces de Bombai, qui se perdirent après lui. . .Le Bombai du Nirvana, dû à Ko Sôgai (K'ang Seng-houei) JlfèftHi" [d'origine sodgienne, mort en 280], était tiré du Nirvânasûtra en deux

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chapitres, et on l'appelait Naiombai ifts'/HllH [°f- Tta

2122 xxxvi, 2123 iv]. Sous les Shin (Tsin) ^ (265- 420), le maître de la Loi Kôza (Kao-tso) ïjUJ (var. Shô [Sheng] <) transmit à Myakuryaku (Mi-li) jg /§ une méthode qui est celle de l'actuel Gyôchiimmon ^T#ÉP>C [?]• On récite encore aujourd'hui [c.-à-d. sous les Ryô $£ (Leang), en 519 A.D.] la pièce en vers de six mots, commençant par Daijiaimin ^C^ ^SL>» qui fut composée par Shi Toiiyaku (Tche T'anyo) [ces vers sont extraits de T. 638 1 ; le sens en est : "Au Grand Compatissant qui prend pitié de tous les Etres, tous ceux qu'aveugle l'Obstruction des Masses, à lui qui donne la vue à ceux qui n'ont pas d'yeux, à lui qui par la clarté de la Voie convertit les ignorants, à lui qui réside dans le monde comme dans l'espace, pareil à un lotus qui ne touche pas l'eau, à lui dont la pureté d'Esprit surpasse tout, au Saint suprême, révérence et hommage !"]. . .Ces mélodies ont toutes été composées par de grands artistes ; les imitations postérieures sont défectueuses... — La tradition plus ou moins authentique relative au prince Sô Shoku (Ts'ao Tche) se retrouve dans un grand nombre de textes : Ttt. 2104 1 se référant au Hôonshû îfê$i% de Sôyû (Seng-Yeou) fôjjifi [cf. inf.] ; Ttt. 1723 iv, 2035 xxxv, 2036 vi, 2122 xxxvi,

2123 IV, 21 31 xi ; Ttt. 1719 v b et Gog. vu se référant au Sengenki ^|||2 des Ryô (Leang) ; Ien H$î de Ryu Keishiku (Lieou King-chou) fflj§fcfêt des Sô (Song, Ve siècle), etc.. . .11 aurait reproduit dans ses mélodies du Gyosan des voix surnaturelles qui provenaient soit des rochers, soit du Dieu Brahmâ lui-même ; le Bombai est appelé quelquefois (p. ex. Ttt. 1723 IV b) Gyobon fa (ou %&) ^£ en souvenir de cette origine. — Un autre historique du Bombai en Chine se rencontre dans deux compilations du VIIe siècle, dont la seconde copie la première, Ttt. 2123 IV et 2122 xxxvi ; elles citent quatre stances qui se chantaient à l'époque des Tô (T'ang) dans les cérémonies religieuses : la première est extraite du Lalitavistara T. 186 Vin et commence ainsi : Goshitenshûten ^S^tf^ "Notre maître, le Dieu des Dieux..."; la seconde, commençant par les mots Ungatokuchôju 5Mî#il# "Comment obtenir longue vie...", est tirée du Mahâparinirvânasûtra ! T. 374 m ; la troisième, commençant par les mots Nyoraimyôshikishin jfll^^felp "Le merveilleux; Corps de Formel du Tg. . . . ", est tirée du Srîmâlâ-j sûtra T. 353 ; la quatrième commence par les mots! Shosekainyokokû ^tW#tl__2£ "H réside dans le\ monde comme dans l'espace. . ." ; c'est la seconde! moitié de la double stance de T. 638 1 citée plus! haut. Les trois dernières de ces quatre stances sont encore aujourd'hui chantées au Japon ; cf. inf. i — Ttt. 2122 xxxvi rapporte en outre une curieuse! anecdote sur des esclaves qu'un richard des Ho-I kusei (Pei Ts'i, 550-577 A.D.) avait ordonné dej; tuer lorsqu'il mourrait, afin qu'ils l'accompagnas-

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