‹ HbgirinChapitre 28 sur 65 · VI. Selon Bdjt · texte numérisé non relu

VI. Selon Bdjt

1297, Nada a trois faces et huit bras ; mais un, Rituel qui lui est consacré, Tt.

1247, rapporte

qu'il tient une , , . . Fig. 38. Bishamon (Plan de Diamant).

dent dans la main

gauche, une lance* à trois pointes dans la droite, es!

de couleur bleu-noir mêlée de rouge, et foule un

rSHAMON

BISHAMON

Yaksinî ; d'après cç Rituel, du reste, Nada n'est pas le fils de Vaisravana mais son petit-fils, plus ment le 3e fils de son 2e fils (lui-même nommé Hanshika ^^jjQ = sk. Pâncika, Hmjr. 813) ; ç'esl un démon terrible qui protège l'Etat et le bouddhisme en réprimant les méchants, auxquels il arrache les yeux et le cœur, brise la tête avec son bâton de Diamant, etc. — Comme on l'a vu dans plusieurs des passages précités, Vaisravana est souvent identifié à Kuvera, le dieu hindou de la richesse ; à ce titre il préside à la richesse (cf. *Kubira). Dans T. 397 lu il est régulièrenent désigné sous le double nom Kuvera -Vaisravana (Kubira-Bishamon $Jf$j$Èi£$?n) ; et tandis que l'Asokâvadâna Tt. 2042 vi l'appelle Bishamon, le passage correspondant de l'Asokasûtra T. 2043 vi le nomme Kubira. — Sa richesse est proverbiale : la fortune d'un maître de maison de Râjagrha est comparée à la sienne T. 703 ; T. 279 lxxvii compare les Amis-de-bien (*zennu) à Vaisravana, la Loi à ses trésors, les Pratiques à sa fortune, ou encore ib. lxxviii l'Esprit d'Eveil à Vaisravana qui supprime la douleur de la pauvreté. Dans T. 190 xii il est appelé "propriétaire d'un grand dépôt de trésors" daikozôshu ^f^f^^r. ; dans Tt. 201 11 (td. Huber 59), Indra et Vaisravana sont cités comme des richards peu généreux. — Dans un conte de T. 202 iv, il apparaît à la laïque Upasenâ (ou Mahâsenâ) au moment où celle-ci récite le Dharmapada sur le toit de sa maison : elle entend une voix dans les airs ; c'est Vaisravana qui se rend chez Virûpaksa, accompagné de ses mille Yaksa ; il dit à Upasenâ : Si je te donnais des joyaux célestes, tu ne saurais qu'en faire ; je vais donc te donner une bonne parole . . . L'Ekottarâgama T. 125 xxvi rapporte l'histoire de Keizu ff|gfj "tête de coq", un brahmane qui, trop pauvre pour offrir de la nourriture au B. et à sa suite invités à Kapilavastu, avait été expulsé de la confrérie locale des brahmanes ; il emprunte de l'argent à un notable de la ville, en promettant de se vendre comme esclave pour payer sa dette ; les brahmanes acceptent son argent, mais refusent de lever l'expulsion prononcée. Sur l'ordre du B., Indra et Vaisravana viennent à son secours. Vaisravana fait chercher dans la Forêt de Santal une grande cuisine de fer où ses cinq cents Yaksa préparent le epas du B. ; il remet au brahmane une barre d'or qui, jetée à terre, se transforme en cent milliers l'onces d'or ; avec cet or, le brahmane achète des nets que cuisent les Yaksa, et peut ainsi offrir un nagnifique festin au B., à ses moines et à tous es Arhat miraculeusement présents. — Dans le Suvarnaprabhâsottamarâjasûtra T. 665 vi (passage nanquant aux autres recensions, T. 663 et 664 ; :'est sur ce texte que repose un sûtra spécial plus ardif, T. 1244), Vaisravana enseigne la "Formule de a Gemme-de-désirs", qui, prononcée selon certains

rites, fait apparaître devant le fidèle le fils de Vaisravana, Zennishi j^U.^ [T. 1244 Shanisa $CflB^?] ; celui-ci demande au fidèle : Pourquoi appelles-tu mon père ? Le fidèle répond : Je désire des richesses pour les offrir aux Trois Joyaux. Vaisravana enjoint alors à son fils d'assurer au fidèle un don quotidien de cent kârsâpana [T. 1244 "pièces d'or"] ; le fidèle devra les dépenser en offrandes aux Trois Joyaux et en aumônes aux pauvres. Puis le Dieu-Roi ajoute : Si le fidèle veut me voir en personne, qu'il peigne l'image du B. [T. 1244: Sâkyamuni prêchant la Loi], avec à sa gauche *Kichijôten (Sri) et moimême à sa droite, et toutes sortes d'assistants des deux sexes. . .Qu'il accomplisse devant cette image certains rites, prononce une longue Formule. . .Alors je lui apparaîtrai sous la forme d'un jeune homme ou d'un vieux Moine mendiant [T. 1244 d'un Laïc], tenant la Gemme-de-désirs [T. 1244 dans ma main droite] et un sac d'or [T. 1244 une boîte d'or dans ma main gauche] ; et j'exaucerai tous ses vœux, et le rendrai riche. . . — Enfin Vaisravana était vénéré en Chine et au Japon comme un dieu de la guerre. Tt. 1248 donne une Formule intitulée "Formule du Dieu-Roi du Nord, Vaisramana, qui suit les armées pour protéger la Loi" : si l'on prononce cette Formule devant une image de Vaisramana,— qui représente le Dieu-Roi sous un aspect terrible, revêtu d'une cuirasse, tenant dans la main gauche une lance et dans la droite, posée sur la hanche, un stûpa qu'il offre au B. Sâkyamuni, et foulant deux Yaksinî noires, — il envoie son troisième fils Nada aux côtés de ceux qui dirigent des troupes pour protéger leur pays ; ou encore, si l'on enduit d'or en poudre la cuirasse de son image et qu'on lui offre des parfums, des fleurs et des mets en prononçant sa Formule cent mille fois, il prend lui-même le commandement de ses troupes célestes et vient seconder son fidèle, auquel il assure la victoire ; ou encore, si on la récite sans arrêt jour et nuit, il délègue son prince héritier Dokken ^|É à la tête des troupes célestes ; ou encore, on peut suspendre son image à une hampe et la porter en guise de bannière à quinze pas devant l'armée, ce qui rendra l'ennemi impuissant.— Un Rituel de même titre Tt. 1247 ("Rituel du Dieu-Roi du Nord, Vaisravana, qui suit les armées pour protéger la Loi"), plus spécialement consacré à Nada (cf. sup.), ajoute en colophon que, lors des "grands troubles des cinq royaumes", on essaya vainement, pendant huit mois, toutes sortes d'autres cérémonies ; seul le rite prescrit dans ce texte s'avéra efficace pour rétablir la paix. — Il s'agit des troubles qui éclatèrent en Asie Centrale à la fin du règne de Gensô (Hiuan-tsong) ^^ sous ^a dynastie des Tô (T'ang) Jg, et par les "cinq royaumes" il faut entendre cinq peuples étrangers qui assiégèrent alors la ville de Ansei (Ngansi) 5£:i5. L'affaire est rapportée en détail dans le "Rituel de

BISHAMON

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Vaisravana" Tt. 1249 ( — Ttt. 2126 n dont le texte est plus correct) : En la ire année Tempo %% (T'ienpao, 742 A.D.), les cinq royaumes de Seiban jS^ (Tibet), Daiseki ^^ (Arabes), Kôko /HU (Sogdiens) et autres, assiégèrent la ville de Ansei. Le 11e jour de la 2e lune, un rapport fut présenté à l'empereur pour demander des troupes de secours. L'empereur dit au maître Ichigyô — ff : Professeur, la ville de Ansei est assiégée par les Arabes et autres, et réclame des troupes ; mais comme elle est située à une distance de 12.000 lieues, il faudrait huit mois pour que mes troupes y arrivent, et je ne sais que faire. Ichigyô répliqua : Pourquoi Votre Majesté n'invoquerait-elle pas à son aide le Dieu-Roi du Nord, Vaisravana, avec ses troupes célestes ? — Comment puis-je l'invoquer ? — Par l'entremise du moine sérindien Daikôchi ^kjfê ^?(Ttt. 2126 [et Std. 1] : Amoghavajra). — L'empereur fit mander ce moine, qui l'invita à se munir d'un brûle-parfum et à le suivre dans le sanctuaire ; le moine prononça vingt-sept fois une Formule [tirée de T. 246, ajoute Ttt. 2126] ; l'empereur vit alors apparaître des centaines de soldats en armes, et le moine lui expliqua que c'étaient les troupes du deuxième fils de Vaisravana, Dokken $§{it, qui venaient prendre congé avant de partir pour Ansei. A la 4e lune, on reçut un rapport de Ansei déclarant que, le jour même de cette cérémonie, on avait vu apparaître au Nord-Est de la ville, enveloppés d'un brouillard obscur, des géants revêtus de cuirasses d'or ; on avait entendu un vacarme de tambours et de cornes, et ressenti un grand tremblement de terre ; les troupes des cinq royaumes, épouvantées, s'étaient retirées dans leurs camps, où des rats d'or avaient rongé les cordes de leurs arcs et de leurs arbalètes ; une voix dans les airs avait ordonné d'épargner les vieillards et les faibles qui ne pouvaient s'enfuir. Puis Vaisravana s'était manifesté en personne sur la porte septentrionale de la ville ; on avait dessiné son image, qui était jointe au rapport adressé à l'empereur. — A la suite de ces événements, continue Ttt. 2126 11, un édit impérial ordonna à tous les fonctionnaires provinciaux de faire placer à l'angle Nord-Ouest des villes des images de Vaisravana et de ses assistants, et à tous les monastères bouddhiques de lui consacrer un édifice spécial ; et depuis lors, ajoute ce texte qui date du Xe siècle, il est d'usage dans les préfectures de faire des offrandes à Vaisravana le premier jour de chaque lune, en exécutant des chants et des danses : c'est ce qu'on appelle "réjouir le Dieu-Roi", rakutennô ^| JOE- — Tt. 1249, citant les paroles du même moine Daikôchi ^JH^?, donne un programme mensuel des faits et gestes de Vaisravana : le Ier jour de chaque lune, il tient une réunion avec les dieux et les démons ; le 11e jour, il prend congé de son deuxième fils Dokken qui part en tournée d'inspection ; le 15e jour, il tient une réunion avec les trois autres

Dieux-Rois ; le 12e jour, il échange un stûpa avec son fils Nada : ce jour-là, il faut lui offrir du riz glutineux avec du lait ou du miel. — Dans le Japon médiéval, Vaisravana était le patron (mamori horizon '!f^.^i) des guerriers, qui recevaient parfois dans leur enfance le surnom de Tamommaru &$ï\$l, comme ce fut le cas d'un célèbre héros du xive siècle, Kusunoki Masashige fp|îE^C- — Dans l'Es., il a pour Germe : vai, pour Formes de Convention le bâton ou le stûpa ; nombreuses sont ses Formules : la plus usuelle paraît être simplement son nom précédé de : Namo. Son Sceau principal est le suivant : les annulaires sont dressés l'un contre l'autre, les index sont recourbés comme des crochets, les autres doigts sont entrecroisés à l'intérieur des paumes T. 1244 ; mais il a plusieurs autres Sceaux. — Iconographie. — Vaisravana est figuré au Japon comme un guerrier cuirassé ; ses attributs sont généralement le bâton (sk. danda) et le stûpa. Ce type est conforme aux textes suivants : T. 1244 Sur la paume de la main gauche il tient un stûpa qu'il regarde, et dans sa main droite un bâton.

Id. Tt. 1293 (couleur bleu-noir, vêtements rouges, cheveux violets) ; id. aussi Tt.

1298, qui ajoute que son corps est doré, qu'il est revêtu de la cuirasse, assis sur deux démons et assisté de deux Déesses lui offrant des fleurs (fig.

Kkzs. vi, 2244) ; et Tt. 908 qui omet les Déesses (fig. Asbs. vi, 2026). C'est ce dernier type que reproduisent les Cercles du Plan de Matrice (porte Nord de la Cour de Diamant extérieure) et du Plan de Diamant (où Vaisravana préside aux Yaksa à l'Ouest) ; toutefois il y a pour siège un lotus au lieu des deux démons, et la cuirasse diffère dans les deux Cercles (Bzss. Fi^- 39- Tobatsu-Bishamon.

fig- 327-328). — Souvent le bâton est remplacé par; une longue lance, généralement à triple pointe et àj banderole: Tt. 1248 II tient dans sa main gauche j une lance, sa droite est posée sur sa hanche ; ilj foule deux Yaksinî noires et offre un stûpa au B. Sâkyamuni. T. 901 xi Sa gauche tient une*lance,

BISHAMON

BISHASHA

sa droite un stûpa (fig. Kkzs. vi, 2242 ; c'est sous cet aspect qu'il est généralement figuré dans la série populaire des sept divinités du bonheur, Shichifukujin 4jjjii|ljji"S ; cf. aussi la statue conservée au Hôryûji fc&iHï'tr"» ou il foule un démon unique [pi. vu]). Tt. 1246 : Il tient dans sa gauche une lance à trois pointes ; sa droite est sur sa hanche (fig. Asbs. vi, 2026 ; ce type s'est conservé au Kuramadera $£JI§^r* près de Kyoto, temple consacré à Vaisravana ; cf. Renondeau, BEFEO XXVI, 259 sq.). Ib. et Tt. 125 1 I mentionnent un type tenant à gauche un stûpa et foulant trois Yaksa, dont le central est soit la déesse de la Terre (*Jiten iJË;?;). s°it Vinâyaka (*Binayaka), les deux autres étant identifiés à *Biramba j^j§jjj3|| et à Niramba /ËH^ (?). Cf. Tt. 1203 : Il est monté sur un démon, porte un stûpa à droite et de sa main

Fig. 40. Sôshin-Bishamon.

» gauche se tient la hanche. — Autres attributs : Tt.

j 1067 stûpa à gauche, épée à droite, cuirasse, face jaune, coiffure de joyaux, aspect courroucé. Tt. 1068 : stûpa à gauche, Diamant [massue] à droite, couleur violette. T. 951 1 : lance à gauche, Diamant à droite. Kkzs. vi, 2241 (fig. ib. 2243) : lotus à gauche, lance à triple pointe à droite, corps doré, cuirasse, sabre ; sur la coiffure, un oiseau rouge. Tt. 926 : Il a le corps vert et tient une fourche. — Dans la tradition lamaïque, Vaisravana tient dans sa main droite une bannière et dans sa gauche un rat crachant des

Joyaux (Grûnwedel, Myth. 181). — En Chine, la coutume moderne, qui lui attribue une bannière et un stûpa, paraît être un compromis entre la tradition ch. classique, attestée par les textes cités ci-dessus et conservée au Japon (cf. aussi BEFEO XXV, 440 sq.), et la tradition lamaïque. — Types aberrants. — Dans la secte Taimitsu (branche es. du Tendai), on célèbre un rite dit: Hûmkhadaya (cf. Tt. 2151), en l'honneur d'un "Vaisravana à double corps" (Sôshin- Bishamon fÇit'lêc^'PI) Qui est une combinaison de Vaisravana et de la déesse *Kichijôten (Srî) Asbs. vi ; les deux personnages sont représentés dos à dos, avec des faces rouges à trois yeux, des vêtements noirs, des cuirasses ; l'un tient un Diamant, l'autre une Roue (fig. Asbs. vi, 2046). Ce type iconographique, connu au Japon dès 1264 A.D. (Asbs. vi, 2047), paraît se rattacher à un texte de T. 665 vi où Vaisravana est associé à Srî (cf. sup.) ; du reste, Vaisravana et Srî figurent fréquemment côte à côte dans les textes es., p. ex. Tt. 1249 init., Tt. 850, etc. Plus tard, les deux personnages furent considérés comme des métamorphoses de Vairocana, d'une part dans le Plan de Matrice, de l'autre dans le Plan de Diamant, leur combinaison symbolisant l'identité des deux Plans Hmjr. 892.— Tobatsu-Bishamon %1& (ou J$) Jg$?f"ï est une forme de Vaisravana qui serait apparue au roi d'un pays de Tobatsu ^^ ou JTopara §[S$£|$ Asbs. vi, 2028-2029 ; on le représente soit sous l'aspect normal de Vaisravana, portant un stûpa sur sa main gauche, debout sur la déesse de la Terre qui soutient ses pieds et est flanquée de deux démons (statue du Tôji ^^p de Kyoto, Bdjt. pi. xcvn ; cf. sup. le texte de Tt. 1246), soit chevauchant un lion et pourvu de quatre têtes et de dix mains dont huit tiennent des sabres (tôhachi J] J\ pour tobatsu JÏÏIS ; fig. Bdji. 3517). — Une autre forme à dix mains est mentionnée Asbs. VI, 2054-5, qui la fait remonter au XIe siècle : la peau est rouge, les vêtements noirs ; deux des dix mains sont jointes, les autres tiennent, à gauche : (1) le stûpa, (2) la clochette, (3) la Roue, (4) la flèche et la corde, et à droite : (1) la faucille, (2) le sabre, (3) l'arc, (4) le Diamant.

BISHARA jg|îil = sk. Visâla ? Nom d'un roi divin qui protégea, pendant la traversée d'Inde en Chine, la statue de santal du B. envoyée par le roi de Srâvastî, en 511, à l'empereur Wou des Leang Ttt. 2035 xxxvn.

BISHARA I$g|l = sk. vicâra "Décision" ; td. *shi fpj Gog. xxili.

BISHASHA M&j§ Tt. 850 11, 851 11, Ttt. 1796 x, Gog. xxi, xxiv, Mvy. 4756, ou bishasha l||~ T. 410 1, Tt. 1558 11, Gog. xxi, bishasha ^ffîtH Gog, xiv, hishasha Jt^il T. 982 11, bishaja M^SÎ T- 279 xlvii, 984 11, Gog. xxi, Eog. n = sk. pisâca, p.

BISHASHA

BISHUKATSUMA

pisâca ; tib. Mvy. 4756 sa za "mangeur de chair". — Nom d'une classe de Trépassés. — Td. T. 984 11 tenki pgf^î, "démons fous", Gog. xxi tenkyôki J^JE }j& id. ; Ttt. 1796 x gokkuso $&£%£ "très douloureux".— Gog. xxi et xxiv Ils sont éminents entre tous les Trépassés. — Tt. 1558 11 ( = K. Lav. I, 52) Leur œil est Contreheurté par l'eau comme par le sec. — Eog. 1 Leur nom signifie "démons qui dévorent les âmes" kanshôki R$J#jf jfë, ; avec les Gandharva, ils relèvent de l'autorité de Dhrtarâstra, roi céleste de l'Est. — Bbkw. 601 Ils forment la dernière des vingt-huit classes d'Etres qui accompagnent Kannon aux mille mains. — Dans l'Es., ils figurent avec leurs conjointes, les Pisâcî (te. bishashi JË^^C, ~/$ï), au Sud de la Cour extérieure de Diamant dans le Cercle du Plan de Matrice ; ils sont représentés comme des démons émaciés qui dévorent des mains humaines, boivent du sang, etc. Le Sceau des Pisâca consiste à entrecroiser les doigts des deux mains recourbés (ainsi que font les chrétiens pour prier), sauf les deux médius qui sont dressés et tendus l'un contre l'autre, comme une aiguille ; pour les Pisâcî, les médius sont arrondis en forme de cercle, au lieu d'être tendus Hmjr. 891. La Formule des Pisâca est : [Namah samantabuddhânâm] pisâ-

Fig. 41. Bishasha (Pisâca).

cagati [svâhâ], et celle des Pisâcî : Pisi pisi (te. hishi hishi Jfcgjfci ou hiji hiji Jfcfôjfcfff) Tt. 850 11. Mais d'après Ttt. 1796 x cette dernière Formule (te. hishi hishi J£i p! Jti Hî ) serait celle des Pisâca ; ib. en donne l'interprétation suivante : pi signifie Sensultime (sk. paramârtha), si signifie extinction (sk. sântâ) ; pisi signifie donc : le Sens-ultime, c'est l'extinction.— Au Japon, dans les couvents des sectes Shingon et Zen, les Pisâca sont devenus les dieux des lieux d'aisance, shishin $f\jjfll : on y inscrit leur nom ou leur Formule.

BISHAYA ^,^-tJÎ Ttt. 1796 x, ou MïW Bzm. = sk. visaya ; td. *kyôgai Jj^^Ç. "Domaine", ou koku [§§ "royaume" qui correspond plutôt au sk. ksetra (cf. *Bukkyô, *Butsudo).

BISHIBA jgïi3£g=sk. visva, nom d'un vent Tt. 1579 xxvn ; cm. Ttt. 1828 td. "ayant toutes sortes d'ornements" (sk. visva "tout"). Ttt. 2128 xlviii donne une td. fuku ^vfô "non pourri" qui semble reposer sur une interprétation fantaisiste : vi, préfixe privatif -f racine svâ "être gonflé" (par la pourriture). — Aussi nom d'un médicament T. 676 ; Gog. xxi td. ushujukunô ^HM^bÊ "ayant toutes sortes de vertus efficaces" (panacée).

BISHIKISHA M$£ii = sk. vieikitsâ Ttt. 1830 vi b ; td. *gi ^ "Scepticisme".

BISHISHA ^f»$; = sk. visesa "Spécification", une des catégories du système Vaisesika Ttt. 1827 1 b. Td. anc. éc. bessô %\\fâ Ttt. 1827 1 b ; nouv. éc. dôi |n)

BISHISHARANASAMPANNA f$ (ou J£) &M iJ/î#$H|8!HJ = sk. vidyâcaranasampanna, td. *myôgyôsoku niîff Je. "pleinement doué des Sciences et des Pratiques" T. 223 Vlll, 614 I [corr. fjjl] en {£], Tt. 1509 11, Gog. m ; 4e des appellations du B., cf. *Butsu.

BISHITABATA JgB§£3g£=sk. vijitavat "ayant vaincu", td. shôsha $?fé ; un des noms du soleil T. 1340 VI.

BISHITTARA MK£|fê=sk. vicitra "bariolé, divers, merveilleux"; td. zen f| "excellent", tangon j^H "orné", etc. Ttt. 1796 1.

BISHUKATSUMA ^MWM T- 25 vu, 202 1, Tt. 1509 IV, ou bishukatsuma ®r$~ T. 694 I, bishitsubakatsuma $êMW~ Tt- T562 XII> abrbishu jg"^" = sk. Visvakarman, p. Vissakamma. Td. shujukugô HHllil "toutes sortes de travaux" Gog. xxv, qui remarque que dans les pays occidentaux les artisans sacrifient à ce Dieu. — Nom de l'architecte et artisan des Dieux dans la mythologie hindoue. Dans le bouddhisme, où il reçoit le titre de Dieu ou de fils-de-Dieu, il accompagne ordinairement Indra, p. ex. T. 202 1 et Tt. 1509 IV où Indra se transforme en faucon et Visvakarman en pigeon afin d'éprouver le roi Sibi, qui fait don de sa chair pour sauver le pigeon. — C'est lui qui, métamorphosé en homme, sculpte une statue du B. pour le roi Udayana T. 694 I, ou aussi pour le roi Prasenajit Ttt. 1912 1 (cf. *Butsuzô) ; c'est lui qui fabrique des | colliers et bracelets de Joyaux pour Indra et les I Dieux Trente-trois T. 25 vu. — ~sammaya ~H$

13ISIIUKATSUMA

BODAI

$ft, nom d'une des formés de Vairocana ; T. 865 11 en fait un Bs., et T. 867 décrit son Sceau; cf. Mvy. 4310.

BISHUSHARANA jtifôljfôlgj!, td. kansha $i# "celui qui regarde", nom du soleil T. 1340 VI (sk. visvacârana "espion universel" ?).

BITAKA M1fiji = sk. vitarka, td. *jin *$ "Délibération" ; cf. Gog. xxiii, qui mentionne une ancienne td. kakkan jfêM-

BODAI |£fë = sk. p. bodhi ; tib. byan chub — Eveil. — Td. anc. éc. dô îff "voie", chi £fl "savoir", chi ^g» "Connaissance", chic ^^- "Sapience" (p. ex. Tt. 1509 xliv) ; nouv. éc. kaku %& "Eveil". — L'emploi du terme dô "Voie", pour traduire bodhi, semble dû à l'influence du vocabulaire taoïque sur les premiers traducteurs. Quand Genjô(Hiuan-tsang) * introduisit un système de traduction plus rigoureux, le mot dô fut réservé pour servir d'équivalent au sk. mârga. L'adoption d'un nouveau terme par Genjô (Hiuan-tsang) provoqua une controverse avec les docteurs taoïstes à l'occasion d'une td.sk. du Dôtokukyô (Tao tô king) jH^J^ exécutée en 647 par ordre impérial pour répondre à une demande du roi de Kâmarûpa, Bhâskaravarman Ttt. 2104 11 ; cf. Pelliot, Autour d'une traduction sanscrite du Tao tô king, T'oung Pao 191 2, 405-407. Kiki ^[JE, le fameux disciple de Genjô (Hiuan-tsang), renouvelle la condamnation portée par son maître contre l'emploi du terme dô, Ttt. 1830 1. Des trois autres termes qui avaient servi à rendre le mot bodhi, deux : chi ^ et chie ^fït, ont été affectés dans l'école nouvelle à la td. respectivement du sk. jnâna "Connaissance" et prajnâ "Sapience". — Aperçu. — Avant de discuter la signification du terme bodai = bodhi, il est nécessaire d'écarter au préalable une conception trop répandue, et néanmoins erronée. On croit communément que la bodhi est la marque caractéristique des B., parce que le premier terme est l'abstrait tiré de la racine verbale qui, au participe — plus exactement un adjectif verbal — , a fourni l'appellation de Buddha (racine budh, bodh "s'éveiller" ; bodh-i "éveil" ; buddha [budh + ta] "éveillé"). Au reste, cette fâcheuse confusion ne date pas des temps modernes ; elle avait cours déjà dans certaines écoles anciennes. Le Kathâvatthu pâli, que la tradition singhalaise prétend rattacher au Concile d'Asoka, et qui passe en revue, pour les condamner, une longue série de propositions suspectes, réfute, assez laborieusement, la thèse que la bodhi fait le B. (iv, 6) ; le cm. nous apprend que l'école des Uttarâpathaka (Septentrionaux), entre autres, admettait cette thèse. Mais, comme le rappelle justement le même cm., il ne faut pas perdre de vue que bodhi, au propre, désigne l'intuition des quatre Chemins (Entrée-dans-le-courant,

Retour-unique, Sans-retour, Arhat) ; s'éveiller, c'est parcourir les stages qui de l'ignorance conduisent au salut ; mais il n'est nullement besoin d'être un Eveillé, un B., pour avoir cet Eveil. On comprend dès lors que le roi Asoka, retraçant les débuts de son évolution spirituelle, écrive : "Autrefois les rois se mettaient en route pour des parties de plaisir. . . Sa Majesté le roi, dans la onzième année après son couronnement, s'est mis en route pour la sambodhi" (ier édit sur roc). Ce passage a exercé l'ingéniosité des interprètes ; la sambodhi, la complète bodhi, n'est que le couronnement normal d'une carrière réglée par la religion. La méthode d'entraînement qui permet de la parcourir de bout en bout distingue trente-sept genres d'exercices, qui ont tous pour objet de purifier l'esprit, d'éliminer les troubles des passions ; le Milinda 33 ( = T. 1670 1) a raison de leur assigner comme base commune les Défenses : c'est une discipline de morale ascétique qui aboutit à la défaite suprême du mal, c'est-à-dire de la douleur. Lorsqu'enfin le postulant peut se dire, dans toute la netteté de sa conscience : J'ai éliminé la Douleur, je n'aurai plus à éliminer la Douleur, il atteint l'Eveil dans l'espace de vingtquatre moments. — Tel est du moins l'Eveil chez les Auditeurs et les B.-pour-soi. Mais chez un B. proprement dit, l'Eveil a une autre nature ; au témoignage du cm. sur le Kathâvatthu déjà mentionné, "la bodhi des B. consiste dans l'intuition universelle, dans l'omniscience". Elle est de l'ordre de la connaissance ; elle est aussi de l'ordre du transcendant, de l'absolu. Le G. V. est tout entier contenu en puissance dans cette opposition entre les deux bodhi, reconnue aussi par le P.V. qui se borne à l'impliquer, tandis que le G. V. la développe à satiété. La bodhi des B., c'est l'Eveil-correct-complet-sans-supérieur ; c'est le Grand-Eveil ; c'est l'Eveil-complet-manifeste, et les multiples désignations qui lui sont appliquées en vertu d'un long usage prennent dans les écoles des valeurs spécifiques. Les raffinements d'une métaphysique subtile qui se plaît à spéculer sur les rapports de l'absolu et du relatif, du transcendant et du contingent, amènent à analyser en plusieurs éléments la bodhi même des B. : on distingue des bodhi particulières pour chacun des Corps (de Métamorphose, de Fruition, d'Essence, etc.) où s'hypostasie le B. — Entre les deux pôles de la bodhi, Auditeurs et B.-pour-soi d'une part, B. de l'autre, et pour les relier par une chaîne continue, vient dès lors se placer une classe d'Etres que le P.V. n'ignore pas, mais que le G.V. multiplie à l'échelle de sa cosmologie, les Bs., "Etres de la bodhi", ou plus justement encore "héros de la bodhi" comme traduisent les interprètes tibétains, incarnations vivantes et frémissantes d'un concept sèchement monastique à son origine. Théoriquement B. en devenir, ils égalent en fait et tendent même à éclipser les B. par

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le prestige de la bodhi toute seule, recherchée ou acquise, dédaigneux de ce Nirvana qui semblait en être le fruit inséparable: chez eux la connaissance de la Douleur, sublimée, s'est transformée en retour à l'action pour sauver les autres ; le sentiment de la Douleur, sublimé, s'est transformé en compassion pour aller à leur secours.— Textes divers.— Abhidharmakoêa Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. VI, 282) : La Connaissance de l'Epuisement (jinchi ^§\ sk. ksayajnâna) et la Connaissance du Sans-Production (mushôchi M!&n> sk- anutpâdajnâna), c'est l'Eveil. . . Par ces deux Connaissances, on abandonne complètement l'Inscience : par la première, on sait en toute vérité que la tâche est accomplie (la Douleur a été reconnue) ; par la seconde, on sait que la tâche ne sera plus à accomplir (la Douleur, une fois reconnue, ne sera plus à éliminer). — Ib. v ( = K. Lav. il, 205) : Le sage conquiert l'Eveil en trente-quatre moments : seize constituent l'attestation des Vérités, dix-huit constituent l'élimination des Passions. — Ib. xxiii ( = K. Lav. VI, 177) : Les B. et les B.pour-soi vont jusqu'à l'Eveil en une . séance, en s 'appuyant sur la quatrième et dernière Extase, parce que cette Extase est une Concentration sans-Portée (*fukyôdô ^fSt&» sk- âninjya) et tout-aiguë (*myôri B^jfl], sk. patu).— Ib. xxv ( = K. Lav. vi, 282) distingue trois Eveils ; cf. inf. — Mahâprajnâpâramitâiâstra Tt. 1509 lxxxv (cm. à cette définition donnée par le B. à Subhûti : On appelle Eveil le Vide, l'Ainsité, l'Essencité, l'Ultime Réalité) : On appelle Eveil la Sapience de Caractère Réel, qui correspond à la Concentration du Vide, et par laquelle sont connues l'Ainsité, l'Essencité, l'Ultime Réalité (jissai ^^, sk. bhûtakoti) ; c'est cette Sapience de Réalité qui est dite Eveil. La Sapience des trois voies de Catéchumènes (Entrés-dans-lecourant, à Retour-unique, Sans-retour) n'est point dite Eveil, car ils n'ont pas tranché les Passions ; on nomme Eveil la Sapience des trois Hors-catéchisme [Arhat, B.-pour-soi, B.] qui ont à jamais épuisé l'Inscience, sans résidu. Et l'on ne peut appliquer le terme d'Eveil correct-complet-sans-supérieur aux deux Hors-catéchisme [Arhat et B.-pour-soi] qui n'ont pas atteint l'Omniscience ni le savoir correct et complet (shôhenchi jFJffl£fl> sk- samyaksambodhi] : la Sapience du B., seul parmi les hommes, est dite Eveil correct-complet-sans-supérieur [anuttarasamyaksambodhi]. "Eveil" a aussi un Sens nominal et formel (*myôsô ^^0), verbal et graphique. Son Sens Réel échappe à l'analyse et à la destruction. Et il est Ainsi, non différent, permanent, sans fausseté ; car chez les Etres la Sapience comporte des supériorités graduelles, mais celle du B. est sans-supérieure. De même les Essences comportent des supériorités graduelles, des antérieures, qui sont fausses, aux ultérieures qui sont vraies et réelles ; mais quand on parvient à l'Eveil il n'y a plus rien qui soit plus

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réel : aussi l'Eveil est-il dit Réalité.. .Selon certains, les Sens de l'Eveil sont innombrables, infinis ; seul un B. peut les connaître tous, les autres hommes n'en ont qu'une connaissance partielle. De même les joyaux accumulés dans le trésor d'un roi Tournant-la-Roue ne sont connus que s'il les distribue : chacun connaît alors ce qu'il reçoit... Ib. lui distingue trois Eveils (cf. inf.), et ajoute : On donne le nom d'Eveil à la Sapience pure et immaculée des Hors-catéchisme. Les Bs. ont une grande Sapience, mais elle ne reçoit pas le nom d'Eveil parce qu'ils n'ont pas épuisé les Imprégnations des Passions. . . Ib. xliv bodhi est traduit par mujôchie M-h*mM> sk. anuttarâ prajnâ. — Ib. ic On dit proches de l'Eveil correct-complet-sans-supérieur ceux qui ont obtenu les Caractères de Corps d'Essence ; on les dit proches, parce qu'ils n'ont pas encore atteint l'Omniscience. — Ib. xc Selon la Vérité Vulgaire, on parle d'atteindre l'Eveil ; mais au Sens-ultime, rien n'existe du Formel jusqu'à l'Eveil y compris. — Ib. lui Cinq Eveils ; cf. inf. — Upâsakaêîlasûtra T. 1488 1 (Vinaya du G.V.) : On appelle B. ceux qui ont obtenu l'Eveil, et Bs. ceux qui ne l'ont pas obtenu . . .Les Etres ne possèdent point [nécessairement] la nature d'Eveil, de même qu'ils ne possèdent point [nécessairement] soit la nature d'hommes ou de Dieux, soit la nature de lions, de loups, de chiens, etc. C'est à cause des Facteurs d'actes bons ou mauvais, accumulés par eux jusqu'à leur existence présente, qu'ils ont telle ou telle nature. De même sont dits Bs. ceux qui, ayant accumulé des Facteurs d'actes bons, ont produit l'Esprit d'Eveil. Il est faux de dire que tous le Etres possèdent la nature d'Eveil, car s'ils la possédaient ils n'auraient pas à cultiver les Facteurs d'actes bons.. .Ils peuvent ne pas la posséder antérieurement, et la posséder ultérieurement ; on ne peut dire qu'ils la possèdent par détermination. — Suit un chapitre sur les trois Eveils ; cf. inf. — VimalakîrtinirdeÉasûtra T. 475 I : Si Maitreya atteint l'Eveil correct-complet-sanssupérieur, tous les Etres doivent aussi l'atteindre. Pourquoi cela ? Tous les Etres ont le Caractère d'Eveil... O Maitreya! Fais donc en sorte que ces fils-de-Dieux abandonnent la Vue d'un Eveil particularisé. Comment cela ? L'Eveil ne peut être atteint ni par le corps ni par l'esprit. L'Eveil est extinction, car tous les Caractères y sont éteints ; non-Inspection, car il est détaché de tous les Facteurs ; sans pratiques pieuses, car il ne comporte pas de mémoire ; élimination, car il est exempt de Vues : détachement, car il est détaché des illusions ; Obstruction, car il n'admet pas de Vœu ; sans accès, car il est étranger à toute convoitise ; conforme, c'est-à-dire conforme à l'Ainsité ; stable, ou stabilisé dans l'Essencité ; arrivé, car il est arrivé à l'Ultime Réalité ; sans-dualité, car il est en dehors des Essences du Mental ; Egal, étant égal au vide ;

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Inopérant, étant sans production ni stabilité ni disparition ; savoir, car il pénètre l'activité de l'Esprit des Etres ; insaisissable, étant sans accès ; non composé, étant exempt des Imprégnations des Passions ; sans lieu, étant sans forme ; il est Dénominationfictive, car son nom est Vide ; pareil à une fantasmagorie, car il est sans prise ni rejet ; non troublé, étant éternellement paisible ; bon apaisement, car il est pur ; sans prise, car il échappe aux Facteurs ; non différent, car il est l'Egalité de toutes les Essences ; incomparable, car rien ne lui est comparable ; subtil, car l'Essence en est inconnaissable. — Ratnakûta T. 310 xxvn Dialogue sur l'Eveil entre Manjusrî et Mâra, qui a pris la forme du B. assis sur un lotus. Manjusrî lui demande s'il a atteint l'Eveil. Mâra répond : Le Bg. lui-même ne peut l'atteindre ; comment le pourrais-je ? L'Eveil a le Caractère de Rétribution ; on ne peut l'atteindre sans Désir, sans Déflexion vers la Libération [et par «conséquent un B. ne peut l'atteindre], etc. Suite de sophismes tendant à prouver l'impossibilité d'atteindre l'Eveil. — Ib. xxxix L'Eveil est sans accès ni issue. . . C'est un autre nom du Vide. Ib. i.x Manjusrî dit : Je ne recherche pas l'Eveil, car il est Impercevable ; le rechercher serait convoitise, xcvin L'Eveil est une Essence sans différences ; à Manjusrî déclarant que tous les Profanes doivent le rechercher, Sumatidhârikâ réplique : Tu admets donc une différence entre l'Eveil et les Profanes ! — Ratnameghasûtra T. 660 ix L'Eveil n'est qu'une Dénominationfictive ; au Sens Ultime il est Impercevable. — Avatamsaka T. 279 lu L'Eveil étant sans Caractères, il n'y a pas de différence à l'accomplir ou non. — T. 464 Sûtra de l'interrogation de Manjusrî sur l'Eveil (titre sk. Gayâéîrsa) : Venant d'atteindre l'Eveil à Gayâsîrsa, le B. entre en Concentration et se demande comment il l'a atteint : par le corps ou par l'Esprit ? Ce ne peut être par le corps, périssable et sans intelligence ; or l'Eveil n'a de nom que selon la Vérité Vulgaire : il est sans forme, sans Formel, sans détermination, sans Caractère, sans direction, sans accès, sans vie ; il dépasse tout langage, transcende les trois Plans ; il est sans vue, sans ouïe, sans perception, sans savoir. . .Si d'autre part il est atteint par l'Esprit, l'Esprit est produit par des Facteurs ; étant produit par des Facteurs, il est vide comme une fantasmagorie, sans lieu, sans Caractères, sans Nature, sans existence.. .Les Essences par lesquelles on atteint l'Eveil correctcomplet-sans-supérieur sont donc toutes vides ; ce ne sont que des noms d'usage vulgaire ; en réalité elles n'ont ni existence, ni base, ni Substantiel, ni Caractère ; il n'y a rien qui puisse être atteint par ces Essences ; il n'y a pas d'Essences utilisables pour atteindre l'Eveil, et par conséquent pas d'Eveil. Pénétrer cela, c'est justement ce qu'on appelle l'Eveil. ...Manjusrî demande alors comment les Laïcs

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peuvent produire l'Esprit d'Eveil. Réponse : Conformément au Caractère de l'Eveil. — Quel est ce Caractère ? — Il transcende les trois Plans, dépasse tout langage. C'est en éteignant toute "production" que l'on "produit" l'Esprit d'Eveil ; la production de l'Eveil est non-production.. .La fin de l'opuscule porte sur la voie des Bs.— Catégories numériques. — Trois Eveils : (I) (a) Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. vi, 282) Eveil des Auditeurs, Eveil des B.-pour-soi, Eveil correct-complet-sans-supérieur. — (b) Tt. 150g lui (cf. sup.) Eveil des Arhat, des B.-pour-soi, des B. — (c) T. 1488 1 chap. sur les trois Eveils, des Auditeurs, des B.-pour-soi, des B. : Si l'on appelle B. ceux qui ont atteint l'Eveil, pourquoi les Auditeurs et les B.-pour-soi ne reçoivent-ils pas le nom de B. ? Si l'on appelle B. ceux qui ont l'intuition (kaku <ffi = Eveil) de TEssencité, pourquoi ne pas donner ce nom aux Auditeurs et aux B.-pour-soi qui ont aussi cette intuition ? Si les Omniscients sont appelés B., pourquoi refuser ce nom aux Auditeurs et aux B.pour-soi qui le sont également ? — Parce qu'il y a trois Eveils. Les Auditeurs atteignent l'Eveil en écoutant ; les B.-pour-soi, en réfléchissant, et ils ne comprennent qu'une partie de la vérité ; les B. l'atteignent par leurs pratiques. Les Tg. comprennent toute chose sans maître, sans écouter, sans méditer, par l'effet de leurs pratiques ; eux seuls sont appelés B. Les deux autres ne connaissent que le Caractère général de TEssencité ; les B. en connaissent les Caractères particuliers. Les Tg. possèdent la connaissance des Facteurs ; les deux autres connaissent les quatre Vérités, mais non les Facteurs. L'eau du Gange étant comparée à la rivière des douze Facteurs, l'Auditeur est pareil au lièvre qui traverse le fleuve sans en connaître la profondeur ; le B.-pour-soi, au cheval qui la connaît aux moments où il touche le fond ; le B. est comme l'éléphant qui en connaît toute la profondeur. Les Auditeurs et les B.-pour-soi ont tranché les Passions, mais non les Imprégnations ; les Tg. ont tout arraché jusqu'à la racine. Ils ont tranché le Doute Passionné, mais non le Doute Indéfini ; les Tg. ont tranché ces deux Doutes. Les Auditeurs ont du dégoût pour l'Erudition, et les B.pour-soi pour la réflexion ; les Tg. n'en ont ni pour l'une ni pour l'autre. C'est comme un objet pur placé dans un récipient pur : chez les Auditeurs et les B.-pour-soi, la Connaissance est pure, mais non le récipient ; chez les Tg., Connaissance et récipient sont purs. Chez ceux-là la Connaissance est pure, non la pratique ; chez ceux-ci tous deux sont purs. — (d) Tt. 1545 cxliii long développement analogue au texte précité. — Cf. aussi Tt. 1585 II. — (II) Trois Eveils correspondant aux trois Corps de B. (sambutsubodai H#î£î§) Tt. 1520 ; Ttt. 1918 ix ; Ttt. 1716 x : (1) Eveil du Corps de Métamorphose (ôgeshimbodai Mb#Ï5r#i) : ex. T. 262 v (-Lotus 188) le Bs. Sâkyamuni qui sort du palais de Kapilavastu et

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qui atteint l'Eveil à Gayâ ; (2) Eveil du B. de Fruition (hôbutsubodai f|x#t£éi) : c'est celui °iui est atteint après la pratique des Dix Terres et le Nirvana : ex. ib. ( = Lotus 192) où le B. déclare qu'il a atteint l'Eveil depuis d'innombrables Périodes ; (3) Eveil du B. d'Essence (hôbutsudai ï&$iJt!ir#§) : c'est l'Eveil permanent, sans disparition ni extinction ; c'est la Nature de Matrice de B., en éternel Nirvana ; tous les Etres y participent : ex. ib. ( = Lotus 193) où le Tg. voit les trois Plans dans leur Ultime Réalité, hors de toute contingence. — Cinq Eveils, Tt. 1509 LUI, mis en correspondance avec les Degrés (cf. *Gojûnii) de la carrière du Bs. : (1) Eveil de la Production d'Esprit (hosshimbodai It'll^îë) : c'est la vertu du Bs. des dix degrés de Foi, qui fait Vœu d'accomplir l'Eveil sans-supérieur ; l'Eveil n'est encore contenu là que comme un effet latent. (2) Eveil de l'Esprit dompté (bukushimbodai i^'L^H) : c'est la vertu du Bs. qui écrase et surmonte ses Passions et son Esprit par l'exercice des Perfections ; il correspond aux dix degrés de Résidence, aux dix de Conduite et aux dix de Déflexion. (3) Eveil de l'Esprit de Science (myôshimbodai Hfl'L^U!)» obtenu par l'Inspection de toutes les Essences des trois Plans, la compréhension de leurs Caractères général et particuliers, et de leur intégrale pureté : il est un Caractère de la Perfection de Sapience et correspond aux dix degrés des Terres. (4) Eveil de sortie et d'arrivée (shuttôbodai fHïlJ^îê) : sortie des trois Plans, arrivée à l'Omniscience ; correspond au degré de l'Eveil Merveilleux. (5) Eveil sans-supérieur (mujôbodai ^h^tê) : c'est l'Eveil des Bs. du 52e et dernier degré, celui de l'Eveil Egal ; il est caractérisé par l'Eveil correct-complet-sans-supérieur, atteint sur la Terrasse de l'Eveil quand toutes les Passions sont tranchées. — Variétés de l'Eveil. — Daibodai % ^5fH!, sk. mahâbodhi. — Grand-Eveil. — L'Eveil des B. par opposition à celui des Auditeurs et des B.-pour-soi. Tt. 1604 11 ( = éd. Lévi p. 14) L'Espriten-travail des Bs. a une grande force de poussée puisqu'il fait surgir le Grand-Eveil ; il a un double Sens, en tant qu'il a pour Objectifs le Grand-Eveil et le profit des Etres. Aussi Tt. 1585 il. — Sambodai H^r$| (ou sambôji S^lflg^ ) = sk. p. sambodhi ; tib. rjogs pa'i byan chub. — Eveil complet. — Td. shôgaku EU, shôtôgaku 3E^^.— Genzentôgaku 3gfi|^$ ["Eveil Actuel et Egal"], sk. abhisambodhi, tib. mnon par rjogs pa'i byan chub. — Eveil complet manifeste. — Tt. 1579 xlvii ( = Bodhisattvabhûmi, vihârapatala, éd. Rahder p. 1) : La Résidence de Tg. dépasse toutes les Résidences de Bs. ; c'est la Résidence de la Grande Bodai d'Eveil complet manifeste (le texte sk. diffère un peu : trayodasas ca tâthâgatavihâro yo'sya bhavaty abhisambodher niruttaro vihârah). Cf. aussi Tt. 1604 1 ( = éd. Lévi P- 3-4) '■> et *Abisambutsuda. — Sammyakusambodai HlêHiïSI (ou sammyakusambôji ~HfôfiÈ) = sk.

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samyaksambodhi, p. sammâsambodhi ; tib. yah dag par rjogs pa'i byan chub. — Eveil complet correct. — Td. anc. éc. shôhenchi jE^I£fl "savoir correct et complet", ou shôshindô .IEjR-jM "voie correcte et vraie" ; nouv. éc. shôtôgaku .TE^p'fS "Eveil correct et égal", ou shôtôshôgaku lE^ÏIl^ "Eveil correct, égal, correct". — Anokutarasammyakusambodai |îi'l|^ £>%k=M=Mfè, abr. anokubodai pm^Vk m anuttarasamyaksambodhi, p. an°sammasanv ; tib. bla na med pa yah dag par rjogs pa'i byan chub. — Eveil correct-complet-sans-supérieur. — Td. anc. éc. mujôshôhenchi 4bê±jE|^£U, ou ~chi ~*g, ou ~dô ~j! ; nouv. éc. mujôshôtôshôgaku M.hlE^fjE^t- Ttt. 1723 11 (de Kiki) analyse ce dernier terme ainsi : mujô = anuttara, shô = sam, tô = myak, shô = sam, gaku = bodhi ; manifestement, dans cette explication, le mot tô %£ "Egal" du chinois rend l'afnxe yak (yanc) du sk. Le même texte distingue de plus quatre sortes d'Eveil : (1) Eveil sans-supérieur, mujô : c'est le terme le plus général pour désigner le Plan d'Essence de l'Eveil. (2) Eveil correct, shô : c'est le terme employé par opposition à l'Eveil pervers des hérétiques ; c'est celui des Arhat. (3) Eveil égal, tô : par opposition à l'Eveil inégal des deux Véhicules — des Auditeurs et des B.-pour-soi qui comprennent seulement le Vide des naissances ; (4) Eveil correct répété, ushô XïE : par opposition à celui des Bs. qui n'est pas complet ; il est propre aux B. — Termes composés.— Bodaibun 3¥|§#- [I], sk. bodhipaksa, p. b° pakkha ; tib. byan chub kyi phyogs. — Ailes de l'Eveil. — Td. anc. éc. bodaibun "parties de l'Eveil"; bodaibunhô ^tUfrfife "Essences des parties de l'Eveil" (sk. bodhipaksikadharma, p. bodhipakkhiyadhamma) ; [dôjhon [£Ë]pq "Rubriques [de la Voie]", ou hongyô nriff, ou encore (p. ex. T. 1670) hongyô tmWL '■> nouv. éc. kakushi J^;£ "branches de l'Eveil", kakubun ^St "parties de l'Eveil". — Groupe de trente-sept Essences considérées comme les auxiliaires de l'Eveil et réparties généralement en sept catégories (shichika -£;$•) : (a) quatre *nenju Ï&.&, sk. smrtyupasthâna, Aide-Mémoire ; (b) quatre *shôdan JEHJf, sk. samyakprahâna, Eliminations Correctes (ou parfois shôgon jEiJÎJ, sk. samyakpradhâna, Efforts Corrects); (c) quatre *jinsoku fliijJjSJËL, sk. rddhipâda, Pieds de Magie ; (d) cinq *kon $H, sk. indriya, Organes ; (e) cinq *riki j) , sk. bala, Forces ; (f) sept bodaibun ^|î§5r (plus communément kakubun %fr ; cf. inf. [II]), sk. bodhyahga, Membres de l'Eveil ; (g) huit *shôdôbun §23li5r, sk. âryamârgâhga, Membres du Chemin Saint [cf. ces divers termes]. — Tt. 1509 xix discute un ensemble de questions posées au sujet des Ailes de l'Eveil : La Prajnâ Pâramitâ dit que les Bs. doivent posséder les trente-sept Ailes de l'Eveil du fait du Sans- Production. Comment l'expliquer? Si on demande pourquoi ces Ailes de l'Eveil sont mentionnées à propos des Bs., alors qu'elles appartiennent en]

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propre à la Voie des Auditeurs et des B.-pour-soi, la réponse est : Les Bs. Grands-Etres doivent étudier toutes les Bonnes Essences, toutes les Voies... Du reste, où est-il dit que les trente-sept soient particulières aux Auditeurs et aux B.-pour-soi ? Dans cette section du G.V. qui est la Prajnâ Pâramitâ, le B. dit que ces Ailes appartiennent aux Trois Corbeilles du G.V., non point qu'elles sont propres au P.V. Par grande Compassion, le B. énonce les trente-sept catégories de la Voie du Nirvana ; c'est selon leurs Vœux et leurs Facteurs que les Etres obtiennent chacun leur Voie : qui fait Vœu d'être Auditeur le devient. . .qui fait Vœu d'être B. le devient. Si la Compassion du B. paraît plus ou moins grande, c'est en raison de la diversité des Vœux des Etres et de leurs Organes plus ou moins aiguisés. De même la pluie versée par le roi-Dragon tombe partout également ; mais les grands arbres en reçoivent davantage en raison de la force de leurs racines. Il

"est exact, répliquera-t-on, que nul texte ne stipule formellement [que les trente-sept Ailes sont réservées aux deux Véhicules inférieurs] ; mais on peut l'inférer par le raisonnement : en effet, les Bs. demeurent longtemps dans les Transmigrations, ils circulent dans les cinq Destinations sans se hâter d'arriver au Nirvana ; or les trente-sept Ailes n'ont rien à faire avec les Perfections, ni avec la grande Compassion ; elles se rapportent exclusivement à l'Essence du Nirvana : donc elles ne relèvent pas de la voie des Bs. Nous répondons : Oui, les Bs. demeurent longtemps dans les Transmigrations, mais ce n'est pas sans connaître et différencier la voie fausse et la vraie, la Mondanité et le Nirvana. Cette connaissance une fois acquise, ils font le grand Vœu de sauver les Etres. . .Ils possèdent bien cette connaissance, qu'ils continuent à étudier ; néanmoins ils ne vont pas jusqu'à l'attester [par le Nirvana], car ils n'ont pas encore les six Perfections au complet... Le B. l'a dit : C'est comme un archer qui tire dans l'espace flèche sur flèche, de sorte que l'une chasse l'autre et l'empêche de tomber à terre ; le Bs. décoche dans l'espace des Trois Libérations [Mvy. 1542- 1544] la flèche de la Perfection de Sapience, et pour l'empêcher de tomber sur le sol du Nirvana, il décoche sur elle la flèche du Moyen (de salut d 'autrui). De

|| plus, si les Bs. restent longtemps dans les Transmigrations, ils doivent y éprouver une multitude de

[tourments de corps et d'esprit ; comment pourraient-

j ils les supporter s'ils n'avaient la connaissance réelle ?

Il C'est pourquoi les Bs., quand ils s'occupent de la

i connaissance réelle [que sont] ces trente-sept Ailes, peuvent, par la force de la Perfection de Sapience, transformer le Mondain en Nirvana de Fruit. En

'effet, le Mondain des trois Plans est produit par Réunion ; ce qui est produit par Réunion n'a pas de j Nature-propre, et est donc Vide ; le Vide ne peut re pris ; or le Nirvana a ce Caractère de ne pouvoir

être pris ; c'est pourquoi il est dit : Les Bs. Grands- Etres. . .doivent posséder les Ailes de l'Eveil du fait du Sans-Production ... Les trente-sept Ailes, c'est la Terre de la Connaissance Réelle. Mais, dira-t-on, si les quatre Aide-Mémoire suffisent pour atteindre la Voie, à quoi bon parler de trente-sept Ailes ? Et si c'est pour abréger que vous parlez de quatre, et que vous parlez de trente-sept par développement, vous avez tort : car au point de vue du développement, il faudrait parler d'Ailes innombrables. Nous répondons : Les quatre suffisent pour atteindre la Voie ; mais il faut aussi parler des autres. En effet, les Etres sont de toutes sortes. . .l'Essence de B. est unique ; et c'est en vue des Etres qu'il fait des explications diverses . . . De même un seul médicament ne suffit pas au médecin pour soigner toutes les maladies.. .Les trente-sept se ramènent en principe à dix Essences : Foi, Défenses, Recherche-mentale, Bonne-volonté, Mémoire, Concentration, Sapience, Détente, Joie, Apathie... Le texte justifie ensuite l'ordre de classement adopté pour les sept catégories : quatre Aide-Mémoire, etc. Pourquoi placer en premier lieu les quatre Aide-Mémoire et en dernier lieu les Membres du Chemin, alors qu'il faut marcher dans un chemin avant d'atteindre le but ? On répond : Les trente-sept sont un procédé d'enseignement pour l'entrée dans le Chemin ; lorsque le Pratiquant vient trouver le Maître, il lui faut d'abord retenir par la mémoire l'Essence de la Voie : c'est le moment des Aide-Mémoire. Puis quand il a retenu [la leçon], il faut qu'il en tire le fruit : c'est alors

l'affaire de la Bonne-volonté ; etc — La question

du groupement des Ailes en Rubriques d'Essences : Foi, Défenses, etc., est débattue ausi par la Vibhâsâ Tt. 1545 xcvi, et le Kosa Tt. 1558 xxv ( = Lav. vi, 284) ; les deux ouvrages présentent de frappantes analogies. Le Kosa donne la répartition suivante : Sapience, Bonne-volonté, Concentration, Foi, Mémoire, Joie, Apathie, Détente, Défenses, Délibération. La Vibhâsâ admet des classements en 11 et en 12 catégories. Tt. 1579 xxix et lvii donne des listes de 9 ou de il. — Ailleurs encore, les Ailes de l'Eveil sont réparties en relation avec les Perfections Ttt. 1912 vu b [secte Tendai]. — Le Kosa loc. cit., et la Vibhâsâ loc. cit., justifient l'ordre de classement des sept catégories, en mentionnant deux traditions divergentes. Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. VI, 190) distingue de plus les catégories de Membres de l'Eveil (f) et de Membres du Chemin (g) qui sont toujours sans-Ecoulement, d'une part, et d'autre part les autres catégories (a-e) qui sont susceptibles d'être sans-Ecoulement ou à-Ecoulement, selon les Terres. Mais d'après Tt. 1579 xxvm, lxxi, lxxii, même les Membres de l'Eveil et les Membres du Chemin sont susceptibles d'être à-Ecoulement s'ils ont pour Nature-propre l'Imagination ; ils ne sont sans- Ecoulement que s'ils ont pour Nature-propre la

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connaissance correcte. Tt. 1545 xcvi et Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. vi, 291) ont enfin une répartition des trente-sept en rapport avec les Terres [de l'ordre de l'Extase ; cf. T. 1558 xxiv = K. Lav. vi, 228, et Mvy. 1478- 1486] : les Ailes ne sont au complet que dans la Terre de la première Extase ; graduellement leur nombre se réduit à 36, 35, 32, et 22 enfin dans les stages extrêmes du Plan du Désir et du Dernier Etage de l'Existence. — Ttt. 191 1 vu a [secte Tendai] enseigne quatre combinaisons des Ailes : (1) tôbun %5ï, lot de convenance : un seul des sept groupes peut suffire ("convenir") pour atteindre la Voie ; p. ex. les quatre Aide-Mémoire, d'après Tt. 1509 xix ; (2) sôshô yfBSi, de contenance mutuelle : chacun des sept groupes contient tous les autres, et réciproquement ; p. ex. les Aide-Mémoire contiennent les autres et y sont contenus, d'après ib. ; (3) taii HH£, d'assignation respective : p. ex. les sept Membres de l'Eveil assignés au Chemin des Exercices, les huit Membres du Chemin assignés au Chemin de la Vue ; (4) sôshô %ÛëE> de production mutuelle : chacun des sept groupes sort du précédent, et le dépasse en profondeur.— Un texte spécial T. 472 : Bodhipaksanirdesasûtra (cf. Mvy. 1382 ; titre sk. inexact dans Nj. 792) traite des trente-sept Ailes ; le B. au Pic du Vautour les définit dans un sermon adressé à Manjusrî. — Outre la liste classique des trente-sept Ailes, il existait sporadiquement des listes aberrantes : p. ex. Tt. 1545 xcvi les Vibhajyavâdin ont une liste de 41 par l'addition des quatre Tiges de Saints [sur lesquelles Tt. 1558 xxn = K. Lav. vi, 146-148] ; une des recensions de T. 1670 donne une liste de 32, en confondant en un seul groupe de cinq les Organes et les Forces (BEFEO XXIV, 109 n. 3), et le texte pâli correspondant, Milinda 33, énumère les sept catégories dans un ordre aberrant : Organes, Forces, Membres de l'Eveil, Membres du Chemin, Aide-Mémoire,

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Efforts Corrects, Pieds de Magie ; autres listes aberrantes dans les textes palis, K. Lav. vi, 281 n. 1. — Bodaibun3£fêfr [II], ou plus généralement kakul bun ||5h sk. bodhyanga, p. bojjhanga ; tib. byan chub kyi yan lag. — Membres de l'Eveil. — Autres td. kakui %£M, "esprit d'Eveil", kakushi jlfc^i "branche de l'Eveil" ; aussi hengakubun î^^^ "parties de l'Eveil complet" ou tôgakushi %?§&&. "branches de l'Eveil Egal", termes qui correspondent au sk. sambodhyanga, p. sambojjhanga. — Une des sept catégories qui constituent les Ailes de l'Eveil, formée elle-même de sept termes, dont l'ordre varie avec chacun des Véhicules. Ordre dans les textes du P. V. (p. ex. T. 604 Sûtra sur les trente-sept Ailes ; T. 26 xxiv ; T. 125 xxxiii) : (1) *nen ;§;, sk. smrti, Mémoire ; (2) *chakuhô ff fë, sk. dharmapravicaya, Sélection des Essences ; (3) *shcjin %n%, sk. vîrya, Bonne-volonté ; (4) *ki 4§£, sk. prîti, Joie ;

(5) *kyôan $g;£, sk. prasrabdhi, Détente ; (6) *jô fë, sk. samâdhi, Concentration ; (7) #sha fê, sk. upeksâ, Apathie [cf. chacun de ces termes]. Le G. V. (p. ex. Tt. 1579 xxix) met en premier lieu la Sélection des Essences et en dernier lieu la Mémoire ; Ttt. 1924 11 b intervertit de plus l'ordre des termes

(6) et (7). Cf. encore Tt. 1545 xcv. — Bodaidôjô ~M. Jj|, sk. bodhimanda. — Terrasse de l'Eveil. — Nom de la terrasse où un B. obtient l'Eveil. La Terrasse de l'Eveil du B. Sâkyamuni est située à Bodhgayâ. — Bodaiju ~f$, sk. bodhidruma. — Arbre d'Eveil. — Autres td. kakuju %\$ ou dôju MÎM- Nom générique de l'arbre sous lequel un B. obtient l'Eveil. Tt. 1521 ni mentionne les noms des 16 espèces de grands arbres qui peuvent être arbres d'Eveil. Les listes des arbres d'Eveil des sept B. passés varient avec les textes, comme il est indiqué dans le tableau suivant (T. 125 xlv donne une liste analogue à T. 330 vin, mais intervertit l'ordre des arbres 4 et 5 et substitue comme 7e l'arbre srî, kichijôju ^jp^-leO :

Noms des 7 B.

du passé

T. I, 1 (-Dîg. Nik. XIV)

Tt. 1521 V

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