LES CINQ MODES
1. Mode dr frime (A,/ûehô K M , Kyûtyoku %S M). Kjrû'jmO Pho<2'l«) Kaku<3«) [HenchiW "> dim)] Cbi<Ms) t'C6te) [H«nkjûCff»e rtimj]
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LES SiX SYSTÈMES DE LA MUSIQUE NOBLE.
t Syttème Ichiloltv il tt Ktoniqite lekikottu.riflmode Ryo,2de) KyKtwn Kli«2<IO [K»ku(3«!j| [Rit«i,]k»kii(4te) CliKSU» (LT<6t*i) Eiu(61fnifm.)
2 Synème SOjn 5 M (tonique Sôjô. tel,-, mode Ryo. a*).
Kyrifluieï S|,ni2de) [K »ki,(3iO| (R,>.>,1]k.kiiC4l°' OI.K6>«) JjGiKj Eiu'6t' wgmj Q LA O
3 Syl'-ne Ta->hiki-fi1t(r,H-k^/l„ninu' Hyôjd.mi4, mode Ryo, »*% KjûCIi»"') »1AÎ*1 pUkuUrq [R,i»i<k«ku(4i«l C1.K5t« [U(6t^ Eiu(8»Mgm)
4 Synteme /l yôj S ai gi {tonique tiyàjô,ml„ mode Ritt«,gle\
K,vùt|m«)|sliôe''e') EUIinCideungm.) [RuinkrinUttl ChiCfite) (tlMKJI Kiu (fit? .ugm.)
6 Syetème Otkiki X » (lon%que Ôlhiti.U,, mode Ri Cm. gley K<i(IW (ShôCS^ Ei«hô(2<l«»u|tm.)[Rit.iiJktku(4Kl rhi(5l«) |U(«'«>] Eiu ffiie nugm.)
Telle est en résumé la théorie classique de la musique japonaise. Dans la Psalmodie bouddhique, on retrouve des modes de Ryo et de Ritsu, avec l'addition d un troisième mode dit Chûkyoku cpft "mode moyen" (auquel Tanchi attribuait, mais sans aucun fondement, une origine hindoue, cf. sup.). Toutefois dans le Bombai les termes Ryo et Ritsu ne désignent pas les mêmes modes que dans la Musique Noble ; et d'autre part ces modes diffèrent dans les sectes Shingon et Tendai
Les trois modes de la secte Shingon
Ryo : mode de prime (heptatonique).
Ritsu : mode de sixte (heptatonique).
Chûkyokyu : mode de tierce (heptatonique)
Les trois modes de la secte Tendai.
Ryo : mode de prime (heptatonique).
Ritsu : mode de seconde (pentatonique).
Chûkyoku : mode de sixte (heptatonique). En outre certaines pièces sont composées dans le mode dit Hennon ^^ "tonalité changeante", qui n'est qu'une combinaison des autres c.-à-d. qu'au cours même de ces pièces on passe de l'un à l'autre des trois modes indiqués ci-dessus. — Les musiciens bouddhistes assignent aux modes Ryo et Ritsu certaines caractéristiques d'ordre subjectif qui rappel- , lent en quelque sorte celles que notre sensibilité attribue aux modes majeur et mineur (majeur gai, i mineur triste, etc.). Ryo reçoit les épithètes de "in i Pi*, féminin, rude, exotérique, léger, superficiel"; on i l'assimile à la prédication de Vairocana dans le Plan, de Matrice. Ritsu est "yô [y|, mâle, doux, ésotérique, !' lourd, profond", comme la prédication de Vairocana , dans le Plan de Diamant. Mais à vrai dire ces caractéristiques sont loin de correspondre, dans la pensée ! de ceux qui les formulent, aux deux modes con- |i sidérés comme de simples échelles tonales ; il semble ]
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que la tonalité proprement dite soit souvent, parfois même entièrement perdue de vue, et jusqu'au récent renouveau des études de Bombai, c'était par certains procédés de la technique vocale que se définissaient plutôt les deux (ou trois) modes. On aboutissait ainsi à des formules comme la suivante : "Ryo se chante en faisant sortir la voix vers l'extérieur, Ritsu en la faisant entrer vers l'intérieur ; dans le mode Chûkyoku on utilise l'un et l'autre de ces procédés, de même que certaines pièces de flûte se jouent à la fois en aspirant et en expirant." Cette définition s'éclaire par d'autres épithètes appliquées aux deux modes principaux : Ryo se chante "en avant, en surface" fomote ^), Ritsu "en arrière" (ura jf|). Il semble que de façon générale, en Ryo, le chant soit plus lent, plus uni, plus coulant, plus riche en longues notes tremblées ou glissées, tandis que Ritsu est plus rapide, plus rythmé, avec des intervalles mieux marqués ; quant à la position de la voix, elle reste en principe normale dans l'un comme dans l'autre mode, et même en Ritsu, la voix "en arrière' n'est pas ^sauf exceptions) une voix de tête. Du reste les procédés techniques qui distinguent les modes sont fixés par des règles précises relatives aux ornements ou groupes mélodiques que nous appellerons "formules vocales" (Kyokusetsu ftfffj, cf. inf.). Certaines de ces formules vocales sont particulières à l'un ou à l'autre des trois modes. Ainsi dans le Tendai, la formule dite Asa-ori "descente légère" est propre au Ryo, le Kada-ori "descente de Gâthâ" au Chûkyoku ; l'Atari "son qui frappe juste" ne s'emploie que dans le Ritsu et le Chûkyoku, le Moro-ori "descente faible" dans le Ryo et le Ritsu seuls, etc. D'autres sont communes aux trois modes, mais s'exécutent différemment selon le mode ; tel est le cas du son "tremblé", Yuri, la plus fréquemment usitée de toutes ces formules : le Yuri du Ryo, dit "grand Yuri", ô-yuri, se chante tout autrement que celui du Ritsu et du Chûkyoku, dit "petit Yuri", Ko-yuri (cf. inf.). La secte Shingon institue des règles analogues, mais qui sont loin d'être exactement les mêmes. D'autre part, certaines de ces formules vocales s'attachent à des degrés déterminés de la gamme, et ces degrés varient suivant le mode ; ainsi pour le Tendai le Yuri, dans les modes Ryo et Chûkyoku, se chante sur les degrés de ime et de 5te, tandis que dans le mode Ritsu il ne se chante que sur celui de 5te iet occasionnellement de 2de) ; le Sugu, "tout droit", est propre aux degrés de 3ce et de 4te dans le Ryo et le Chûkyoku, mais en Ritsu il peut aussi se chanter sur le degré de ime, etc. Enfin les modes sont répartis en deux "genres", genre A et genre B (Kayô EpHI, Otsuyô ZJÊù, suivant que la note dominante (au sens du plain-chant, c.-à-d. la note qui figure le plus souvent dans une pièce) est la ime (tonique) ou la 5te (dominante au sens moderne). Telles sont quelques-unes
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des particularités fort complexes qui caractérisent un mode dans la Psalmodie bouddhique. — Quant aux "systèmes" (Chôshi fH-f"), ce terme en désigne pas dans le Bombai, comme dans la Musique Noble, des échelles définies à la fois par leur hauteur absolue et par leur mode. Un Chôshi bouddhique est uniquement défini par la hauteur absolue de sa fondamentale ; c'est ce que nous appelons un ton, et pour chaque pièce le mode (Ryo, Ritsu, etc.) est toujours indiqué à part, quel que soit le Chôshi. Aussi ces systèmes portent-ils simplement le nom de leur fondamentale : le système d'ôshiki, ôshikichô ^HIQ, est celui qui a pour fondamentale ou tonique la note ôshiki, la3 ; c'est le ton de la, la gamme de la, et en principe cette gamme peut être disposée selon les intervalles de n'importe lequel des trois modes, Ryo, Ritsu ou Chûkyoku. Toutefois dans la pratique on n'utilise dans la secte Shingon que cinq de ces gammes, deux en Ryo, deux en Ritsu, une en Chûkyoku, et onze dans la secte Tendai, trois en Ryo, quatre en Ritsu, et quatre en Chûkyoku.