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DU DEUXIÈME FASCICULE

La publication de ce fascicule a été retardée par la préparation des tables du Taishô Issaikyô, qui sont à V impression depuis plus d'un an et demi. Elles devaient paraître avant le deuxième fascicule du Hôbôgirin, mais afin d'éviter un trop long délai il a paru préférable de publier ce deuxième fascicule avant les Tables, bien que cette modification risque d'incommoder les lecteurs du Hôbôgirin, privés de la concordance bibliographique qui leur est indispensable. Les Tables du Taishô Issaikyô paraîtront peu après le présent fascicule.

M. Jean Rahder, professeur de sanskrit et de grammaire comparée à l'Université d'Utrecht, chargé par le Gouvernement Français d'une mission spéciale à la Maison Franco-Japonaise, a passé huit mois à Tokyo pour collaborer au Hôbôgirin. Le Gouvernement Hollandais lui a accordé une subvention pour ses frais de voyage. Il a pris une part active à la préparation des fascicules deuxième et troisième ; les articles Bonnô fM'\$i et Butine 5t'$i sont de sa main.

Au Professeur J. TAKAKUSU sont dûs les articles Bugaku %$£ et Busshô #tt. M. E. GAS- PARDONE, membre de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, chargé d'une mission à la Maison Franco-Japonaise pour collaborer au Hôbôgirin, a mis la dernière main à la correction des épreuves du présent fascicule.

La préparation de l'article Bombai ^M a été facilitée par le concours bienveillant des meilleurs spécialistes japonais : le Professeur TANABE Hisao EH£lf£ï£t, de Tokyo, le Rev. TAKI Dônin ^ifËàtS, du Hieizan, les Rev. MIZUHARA Gyôei 7.k!^#Ê^, ÔYAMA Kôjun %W\ £?$ et NAKAGAWA Zenkyô +JI|*tJc, du Kôyasan, et le Rev. ONOZUKA Yochô >VmU $M, de Tokyo.

Pour l'illustration du présent fascicule, des remerciements sont dûs au Bureau de la Musique, du Ministère de la Maison Impériale (Kunaishô Gakubu fj F*3 ^IfêSPj , à l'Ecole des Beaux- Arts de Tokyo, au Daigoji $!!$]#, près de Kyoto, au Yûzûdainembutsuji MMX&ffî^, d'Osaka, à la Bibliothèque du Tôdaiji MX^, de Nara, et enfin à la Toppan Printing Company ûUSÉPlî'Jlltd:, de Tokyo, qui a exécuté toutes les reproductions.

Ont collaboré régulièrement au deuxième fascicule du Hôbôgirin : MM. WADA Tetsujô mBWM,

AKAMATSU Hidekage #fô^, HASUZAWA Jôjun ^f/«, KUNO Hôryû ^if^H, NARITA Shôshin /&ffl^g.

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sent dans l'autre monde ; on voulut les étouffer sous un sac de terre, mais leurs parents invitèrent des moines à faire une cérémonie en leur faveur, et à chaque son de Bai la barre de fer qui fermait le sac se brisa, et les esclaves ressuscitèrent. — Enfin Ttt. 2145 XII cite la table du Hôonshû fé$BJf| de Sôyû (Seng yeou, 445-518 A.D.) ; le sixième chapitre de cet ouvrage (aujourd'hui perdu, cf. BEFEO XXIV, 4, n. 4) était consacré au Bombai. Cette table nous apprend que plusieurs pièces de Bombai avaient été composées par un empereur de la dynastie des Sei (Ts'i) Méridionaux f$|pf (479-502 A.D.), ainsi que que par un prince impérial, patron des lettrés et des moines, Shô Shiryô (Siao Tseu leang) IH^Isi» prince de Kyôryô (King ling) j£|§?:E [nom posthume : Bunsen (Wen siuan) j^CjÉH, qui était le deuxième fils de Butei (Wou ti) jjfc'Tj? (483-493 A.D.) ; l'art de la Psalmodie paraît avoir été particulièrement florissant sous cette dynastie Le Nanseisho (Nan Ts'i chou) ^j^U xl (éd. lith. de Shanghai, 3 b, col. 6), et Ttt. 2035 xxxvi rapportent qu'en 487 A.D. le prince de Kyôryô (King ling) invita chez lui des moines célèbres pour discuter sur le bouddhisme et "élaborer de nouveaux sons pour la Psalmodie (Bai) des textes sacrés" MMMWÎWÈ- — Sur la technique musicale du Bombai en Chine, on ne sait pratiquement rien. Un sûtra es. td. par Vajrabodhi en 733, T. 866 iv (248 a), mentionne les noms de quelques notes ou modes hindous : Pour psalmodier les Hymnes, prescrit ce texte, il faut employer le matin le ton Sharô $fj|g (sk. sâdava, le 5e des 7 râga classiques), à midi le ton moyen, Chûon cIjÇ (sk. madhyama, 4e des 7 notes de la gamme, et nom d'un mode), le soir le ton brisé Haon ^Ç (sk. ?), la nuit le cinquième ton, Daigoohin ^H^^ (sk. pancama, la 5e des 7 notes). — D'autre part, à l'époque des Tô (T'ang), la secte de la Terre-pure paraît avoir fait grand usage de la Psalmodie dans ses cérémonies. Un rituel compilé par Chishô (Tche cheng) *$^vers 730 A.D., Ttt. 1892 (456 ^464 a, 465 a), décrit le rite de l'"éparpillement des fleurs" qui dès cette époque, comme de nos jours au Japon, s'accompagnait de stances chantées ; plusieurs des stances citées par Chishô sont encore en usage au Japon (Ungabai ■eMP^ ; Nyoraimyôshikishin 5H^#ê4' [cf. fig- 47] ; "Puisse ce mérite profiter à tous..."; etc.). — Le rite de l'"éparpillement des fleurs" figure également dans le recueil de Hosshô (Fa tchao) ££gg intitulé

'Rituel et Hymnes de la cérémonie abrégée des cinq assemblées de *Nembutsu de la Terre-pure" Ttt.

1893. Cette cérémonie fut instituée en 766 par Hosshô, un des patriarches de l'"Association du Lotus" Rensha ^jf±, au temple Chikurinji (Tchou lin sseu) 1ttt# qu'il avait fondé au Godaisan (Wou t'ai chan) JZruMJ. Hosshô s'était inspiré du texte suivant du Sukhâvatîvyûha T. 360 1 (271 a) : "Le vent pur [soufflant dans les arbres faits de Joyaux

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qui ornent la Terre-pure] produit sans cesse cinq tons (goonshô HrîliSÉ), et le% tons de prime (kyû ^§f) et de seconde (shô $j) s'harmonisent naturellement de façon subtile et merveilleuse." De ce passage (qui manque aux recensions sk. du Sukhâvatîvyûha), il semble ressortir que les "cinq tons" n'étaient autres, pour les traducteurs de T. 360, que les cinq notes de la gamme chinoise classique. Mais ce n'est pas ainsi que l'entendit Hosshô. A l'imitation des harmonies paradisiaques, il institua "cinq assemblées" (Goe IL'ft, d'où son surnom de Goe Hosshi S'H' ïJ^jîj), c.-à-d. cinq cérémonies au cours desquelles des assemblées de fidèles psalmodiaient le nom d'Amida de cinq façons, sur "cinq tons" différents, à savoir, dit Hosshô dans son rituel Ttt. 1983 (476 b) : (1) d'un ton égal (hyôjô ^p^), puis (2) lentement d'un ton égal-montant (hyôshôjô ^h^f),puis (3) sans lenteur ni hâte, puis (4) en hâtant peu à peu, puis enfin (5) de façon hâtive. En dehors de ces invocations du nom d'Amida, Hosshô cite dans son recueil toutes sortes de stances destinées à la Psalmodie. — L'"éparpillement des fleurs" est encore décrit sous les Sô (Song), en 1015, par Junshiki (Tsouen che) ^^ dans Ttt. 1984 (941 c - 942 a). — Sur le Bombai en Chine vers la fin des Tô (T'ang), on trouve aussi de précieuses informations dans les notes de voyage ou les documents rapportés à cette époque par les pèlerins japonais ; cf. inf. — La Psalmodie au Japon. — Bibliographie. — La Psalmodie n'a pas encore été au Japon l'objet d'un travail scientifique d'ensemble. L'histoire n'en est guère connue que par des listes de filiation qui apportent peu de renseignements positifs sur l'activité des maîtres dont elles énumèrent les noms. Les documents sont loin de manquer, mais ce sont pour la plupart des manuscrits conservés dans les temples, et l'on vient à peine de commencer à les classer et à les mettre en œuvre. La théorie musicale est souvent mal comprise par les praticiens bouddhistes, tandis que les musicographes laïcs ne l 'étudient qu'en passant. La technique vocale, les différents systèmes de notation n'ont jamais été décrits ou codifiés méthodiquement ; ils varient suivant la secte, l'école, le temple et même le maître, et l'enseignement en est resté traditionnel et essentiellement oral. Cet enseignement était du reste encombré de spéculations philosophiques ou religieuses : on établissait des correspondances compliquées entre les cinq tons et les cinq Buddha, les cinq Connaissances, les cinq éléments, les cinq directions, les cinq saisons, les cinq viscères, etc. ; entre les douze degrés chromatiques et les douze mois, les douze caractères cycliques, etc. ; entre le le mode Ryo et le Plan de Diamant, le mode Ritsu et le Plan de Matrice, etc. Toutefois la diffusion de la musique européenne a provoqué récemment un renouveau des études relatives à la Psalmodie. Plusieurs spécialistes, nourris d'une tradition encore

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bien vivante au Japon (en Chine elle paraît s'être moins bien conservée),* s'efforcent d'épurer cette tradition en la soumettant à l'analyse scientifique. Durant l'été de 1928, une grande exposition de documents relatifs à la Psalmodie fut organisée au Kôyasan ; on y réunit plus d'un millier de textes manuscrits et imprimés, couvrant toute l'histoire du Bombai au Japon depuis l'époque de Nara jusqu'à nos jours. Des cours et des conférences furent donnés à cette occasion par des spécialistes des différentes sectes, venus de toutes les parties du pays. — Pour préparer la suite du présent article, on a utilisé les publications des savants modernes, en les complétant à l'aide d'informations inédites dues à leur bienveillant concours. Les principaux ouvrages consultés sont les suivants: — Sur la théorie musicale japonaise en général, les travaux classiques de M. Tanabe Hisao ffl&fô#É : Ongaku no genri -^^0)WM "Les principes de la musique", Tôkyô 1916, 4e éd. augmentée 1924, et Nihon ongaku kôwa 0 ^3 $êj!$a?î "Cours de musique japonaise" (avec un appendice sur la Psalmodie bouddhique), Tôkyô 1926 ; le gros ouvrage de M. Iba Takashi /@*^^, Nihon ongaku

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gairon 0 ifcÇJ

"Traité de musique japonaise",

Tôkyô 1928. — Sur la musique vocale du Japon, Takano Tatsuyuki i^ffgZ, Nihon kayôshi 0 ^Dt f&!È. "Histoire du chant au Japon", Tôkyô 1926. — Sur la Psalmodie dans la secte Shingon, plusieurs articles de MM. ôyama Kôjun ;k|lj&ï$, Mizuhara Gyôei 7jtgC|g3fè, Iwahara Taishin -ggciJHIî et Horizaka Shôzen ^S^MÉ!?, parus dans la revue de l'Université du Kôyasan, Mikkyô kenkyû fâ&ffî'jt, années 1924- 1929 ; un historique publié par M. Ôyama Kôjun dans la collection Nihon shûkyô daikôza 0 ^ %$kXW^M.i v°l- XII> Tôkyô 1929 ; enfin de nombreux manuels et recueils de Psalmodie, imprimés ou manuscrits : les principaux sont, pour l'école Shin," le Gyosan taigaishû ^.UlM^*^ de Chôe S^ (I49°)> souvent réédité avec des modifications (1569, 1649, 1683, 1685, 1711, 1743, 1834, 1892; l'édition la plus récente a été publiée au Kôyasan en 1925), et pour l'école du Shingi-Shômyô (branche Buzan) le Shingi shômyô daiten fr^^BJ^* de M. Uchiyama Shônyo |*3|i|]E#n (1917). — Sur la Psalmodie dans la secte Tendai, un article de M. Taki Dônin ^•f»E^Ë^> dans le volume précité du Nihon shûkyô daikôza, complété verbalement par l'auteur, et divers manuels et recueils dont le principal est le Gyosammokuroku /&M-lB$fe de Shûkai ^^ (1235-1237). — Historique. — La récitation chantée des textes semble avoir été pratiquée déjà à l'époque de Nara. Elle y fut introduite par des moines ch., tels Dôei (Tao jong) jJi^t, arrivé en 719, qui "excellait dans le Bombai" Gkss. xvi, ou Dôsen (Tao-siuan) ÎËÏ#, venu de Chine en 735, qui "lorsqu'il récitait le Brahmajala émouvait tous ses auditeurs par la pureté de sa voix, pareille au son du métal ou de la pierre"

ib. xvi. En 752, lors de la cérémonie solennelle de l'"ouverture des yeux" du grand Buddha de Nara, le "Bai" figure avec trois autres procédés de récitation dans la relation des fêtes (Tdjy. il, 42-43) : 200 chanteurs exécutèrent le Bonnon, 200 le Shakujô, 10 le Bai, et 10 le Sange (sur ces termes désignant des. pièces de l'hymnaire chinois, cf. inf. Les textes psalmodiés). Les mêmes pièces furent aussi exécutées en 795 au Hieizan, lors de l'inauguration du Komponchûdô m^tf^ fondé par Dengyô Daishi (cf. Eigakuyôki WMMîïL h ed- Gunshoruijû HfÇHifé xv). Entre 753 et 809 un moine jap., Jicchô Kashô HL&^Pfpiî. passe pour avoir dirigé annuellement au Tôdaiji ^^C^ de Nara l'exécution d'une pièce de Bombai intitulée Kannon sembô fjJ:fi"||i$È ou Jûichimen kega ^ — 'Ml^j'â Tdjy. iv ; mais cette pièce ne s'est pas conservée. En 783 un édit impérial prescrivit d'améliorer le Bombai Gkss. xxm, ce qui prouve bien qu'à cette époque il était déjà florissant au Japon ib. xxix (335). Le Professeur B. Matsumoto fô^jSCHiP de Kyoto possède dans un ms. de l'époque de Nara une pièce de Bombai intitulée Hokke sembô j£?}\il|Éf࣠; c'est un texte fragmentaire pourvu de notations musicales très simples. — Mais c'est avec l'introduction des deux sectes Shingon et Tendai, au début de l'époque de Heian, que le Bombai se constitua en discipline régulière et continue, discipline qui ne tarda pas à supplanter la tradition de musique vocale des écoles de Nara (où se conserva par contre la tradition ue la musique instrumentale, cf. *Bugaku). C'est dans ces deux sectes, qui dès l'origine attachèrent une importance particulière aux rites pompeux et aux cérémonies qui frappent la vue et l'ouïe des fidèles, que l'art de la Psalmodie s'est transmis jusqu'à nos jours, d'une part, pour la secte Tendai, au Hieizan, de l'autre, pour la secte Shingon, au Kôyasan et dans les grands temples de Kyoto et du Yamato ; et toutes les autres sectes bouddhiques du Japon ont emprunté leur Psalmodie à la secte Tendai. Malgré bien des contacts et des emprunts réciproques, la tradition du Shingon esl restée nettement distincte de celle du Tendai, tanl pour la théorie musicale que pour les procédés techniques du chant et les systèmes de notation, et c'est seulement depuis quelques années que les spécialistes des deux sectes se sont mis à collaborer à l'étude érudite du Bombai. — Secte Shingon. — Dans la secte Shingon, la tradition remonte au fondateur Kûkai Sï& (Kôbô Daishi fjL&jïffî). L'année même de sa mort (835), il obtint la promulgation d'un édit qui prescrivait de désigner chaque annéee trois moines de la secte pour étudier le Shômyô §j£ Sous ce nom, qui traduit originellement le sk. sabdavidyâ, c.-à-d. la grammaire, on comprenait alors l'étude de la langue, de la récitation et de l'écriture sanscrites. Peu à peu le sens du terme Shômyô fut restreint à l'art de la récitation : Shômyô et Bombai

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sont devenus synonymes. Kôbô Daishi avait rapporté de Chine, entre autres mss., un grand nombre d'hymnes en sk. La liste s'en est conservée Tttt. 2161 (p. 1063) : Bonjifugengyôgansan ^-f^f^T \MWt "Hymne au Vœu accompli par Samantabhadra" ; Bonjikikkeisan ^^eifÊÊniîi "Hymne au bienheureux" ; Bonjishichiguteibutsumosan ^t^-b{iy§ f')|' l;itf£ "Hymne aux sept Millions de Mères de B." ; Bonjisempatsumonjuippyakuhachimyôsan ;££ ^ ^ §fc b^^j^ïï A^Iil "Hymne aux 108 noms de Manjusrî aux mille Bols" ; Bonjijûrokudaibosatsusan ^Ê^+ax X ïï-W.Wt "Hymne aux seize grands Bs." ; Bongodaisammayashinjitsuippyakuhachimyôsan ^£§§;JcHB^ft J)tïî!JÏ3 A^affÊ "Hymne aux 108 noms de la grande Réalité de Convention" ; Bonjitenryûhachibusan ^ rî^fiAnftHj "Hymne aux huit classes, Dieux, Dragons, etc." ; Bonjijûichimensan ^£cfr"J'*— 'ïBtjt "Hymne aux onze faces [d'Avalokitesvara]" ; Bonjikongôhôrôkakushingon oyobi ippyakuhachimyôsan ît'ï:mWMmm,nn-ÏÏA%m "Formule du pavil Ion du Pic de Diamant et Hymne aux 108 noms" ; Bonjirengebusan ffi^^iê(èp$Wt "Hymne à la Section de Lotus". Le Kiizokufudoki ^E^^/£l±fS iv mentionne plusieurs cérémonies accomplies par Kôbô Daishi au Kôyasan et qui devaient comporter du Bombai. — Après une tradition continue de près de deux siècles (Shinga Jjt$H 801-879 ["dont la voix, lorsqu'on 848) il récitait à l'empereur Jimmei les noms sk. des trente-sept personnages principaux du Plan de Diamant, était pure et claire comme un collier de perles" Gkss. m], Shinnen j^ffi 804-891, Gennin ggC 818-887, Yakushin g%fë 827-906, Uda Ihôô ^g-fèï^ 864-931, Kankû j|[£ 884-972, Kanchô ^^J 916-998 [dont on rapporte qu'il écrivit des notations musicales pour la Psalmodie du Rishukyô ïMlÈi^, Ardhasatikâ Prajnâpâramitâ)], l'art de la Psalmodie tomba en décadence dans la secte et il se forma un grand nombre d'écoles sans unité. [Au milieu du xne siècle (1 145-1550), le moine Kakushô ^'|^, fils de l'empereur Toba, convoqua au temple de Ninnaji dfP^p, près de Kyoto, quinze spécialistes qui pendant plus de deux mois étudièrent et comparèrent les mélodies transmises dans les diverses écoles ; à la suite de leurs travaux, ils fondèrent les écoles dites de Ninnaji-Sôôin {H^P^MfUtë BciM ou de Hon-Sôôin ^B^^OÎJ (école principale, fondée par Kakushô), de Nakagawa-Daishin cpi'IX pHàît (ou simplement Shin 3j|ôfE, fondée par Shûkan tënDî, nom posthume [Daijshin Shônin [:k]jjt LÀ) et de Daigo g§$jy{£ (fondée par Jôhen fèM)> dont la première se subdivisa en branche ancienne dite de Bodaiin ^|g[$cÔÎÏ, et branche nouvelle, dite de Saihôin ySfîfêciM. Dans l'école Ninnaji-Sôôin, la hauteur des notes vocales était fixée par rapport à celles du luth (koto ^) ; dans les écoles Shin et Daigo (comme dans celle d'Ôhara, secte Tendai), par rapport à celles de la flûte (fue ^ [cf. fig. 44]).— De

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ces trois écoles, la première, celle de Ninnaji-Sôôin, disparut à la fin de l'époque Tokugawa ; dans cette école les recueils de Bombai étaient dénommés Hossokushû ££HlJ;!f|, et l'on continuait à employer, du moins sporadiquement, l'ancien système de notation dit Ko-hakase (cf. inf.). Le Ninnaji a adopté depuis lors la Psalmodie de l'école Shin, mais on y conserve encore de nombreux manuscrits de Bombai dont le plus ancien remonte à l'ère Yôwa (1181), manuscrits dont les notations se rattachent aux systèmes Ko-hakase et Fu-hakase (sur lesquels cf. inf.). — Aux temps modernes ont seules subsisté les deux autres écoles, Shin et Daigo. Le centre de l'école Shin était originellement au Nakawagadera ffjil^p en Yamato, mais au milieu du xme siècle il fut transféré par Shôshin Jj^k au Kôyasan, où cette école s'est perpétuée jusqu'à nos jours à l'exclusion de toute autre. C'est au Kôyasan que vers 1264-1275 Kakui j-tM, dit Shôrembô HÊ^lJi, inventa le système de notation en trois registres de cinq notes, toujours usité depuis lors (cf. inf. ; fig. 47-48, 51-54), que vers l'an 1300 Ryûnen P§?|$ résuma les gammes, modes, systèmes, etc., propres aux différentes pièces de Bombai, en une série de stances mnémoniques (cf. fig. 47-48) qui figurent encore dans les manuels modernes [c'est le plus ancien ms. de Bombai du Kôyasan], qu'en 1496 Chôe ^jg composa le Gyosan taigaishû ^lil^^r-iH [°u simplement Gyosan &UJ, terme qui s'emploie au Japon pour désigner en abrégé les manuels de Bombai], resté jusqu'à nos jours le manuel de Bombai le plus courant dans la secte Shingon, et qu'actuellement encore l'étude du Bombai, aussi bien pratique que théorique et historique, est cultivée par une brillante équipe de spécialistes, dont les travaux sont publiés dans la revue Mikkyô kenkyû ^fScfiFf;^, organe de l'Université du Kôyasan. Quant à l'école Daigo, qui était tombée en décadence peu après sa fondation, la tradition en fut reprise à la fin du xme siècle, avec des innovations empruntées à l'école Shin, par Raiyu lÉfJifc, qui avait inauguré au Daidembôin ^-{lÉféc&c de Negoro #|2|S (au sud du Kôyasan) le mouvement connu sous le nom de "Shingon réformé", Shingi-Shingon M^èBrW- Elle est cultivée de nos jours (sous le nom de Shingi-Shômyô $?iê§f:B$) au Chishakuin ^fgi; de Kyoto et au Hasedera Jç^lHr* en Yamato, sièges respectifs des branches du "Shingon réformé "connues sous le nom de Chizan ^(Ij-^ et de Buzan HHUiBt, ainsi que dans les temples qui en dépendent. La Psalmodie usitée dans cette école remonte, sous sa forme actuelle, à Raishô fjfjE dit Sennombô 'Sf.^ffj, qui la fixa à la fin du xvine siècle et en compila un manuel (1682 ; éd. révisées 1683, 1685, 171 1). Un nouveau manuel, très répandu aujourd'hui, a été publié en 1917 sous le titre de Shingi shômyô daiten %ft$£%£RMX J&. — Secte Tendai. — Dans la secte Tendai on fait remonter la tradition

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du Bombai à Ennin HC (Jikaku Daishi J&j&%ffî), qui étudia la récitation chantée auprès de dix maîtres chinois au cours de son voyage en Chine de 838 à 847 Gkss. xxix. Dans son journal de route Ngjg. 1, il décrit une cérémonie accomplie en 838 dans un monastère chinois ; on y récita plusieurs pièces de Bombai, notamment la stance qui commence par ces mots : "Inépuisable est le Formel du Tg." (cf. inf.). Ennin mentionne ailleurs plusieurs autres pièces encore chantées de nos jours au Japon (Ungabai SMng î Gobai fâM ; Sange fk^i ; hymne commençant par ces mots : "A lui qui réside dans le monde. . .' ; etc. — cf. inf.) ; il décrit aussi la façon de psalmodier des moines coréens, et note que le Bombai de Chine était analogue à celui du Japon. Ses descriptions concordent dans l'ensemble avec les procédés encore suivis au Japon ; c'est donc probablement sous son influence que se constitua le rituel des récitations sacrées dans le Tendai japonais. Après son retour, en 851, il exécuta dans le temple qu'il avait fondé au Hieizan une cérémonie comportant du Bombai, dite Injô nembutsu ^IS^j'fô, qu'il avait apprise en Chine, au Chikurinji (Tchou lin sseu) it^# du Godaisan (Wou t'ai chan) 5p Ul» où cette cérémonie avait été instituée par Hosshô (Fa tchao) fèftft (cf. sup.). D'autre part, c'est à lui que sont attribués les premiers Hymnes composés pour la Psalmodie en langue japonaise (Wasan $]jj$j, cf. inf.), notamment un "Hymne à la Relique", Shari sandan ^flj^^l, qui se transmit par ses disciples et successeurs. Après lui, les maîtres du Tendai qui se spécialisèrent dans le Bombai furent Enchin Qg 814-891, Sôô fàm 831-918, Jôzô ^W, 891-964, Ryôgen gjff (alias Jie 3|i£) 912-985 fauteur d'un texte de Bombai intitulé Daishinijûrokujôshiki ^Sfin+Ai^], Genshin $>{g 942-1017 [auteur de Rokudôkôshiki A^ti^fS), recueil de Bombai encore en usage de nos jours], Kakki :fg|fi, Ekû ^g^, Kansei %%£, et Ryônin &j& 1072-1132 [cf. Gkss. xxix]. Ce dernier donna un nouvel essor au Bombai dans la secte Tendai et en fixa définitivement la tradition ; c'est lui qui inventa le système de notation dit Meyasu-hakase @5fe|f± (cf. inf.), ainsi que l'atteste un ms. de sa main, daté de 1131, que conserve le Yûzûdainembutsuji f$i:M.%1&$i>~^f a Ôsaka [temple principal de la secte Yûzûnembutsu, secte dont le fondateur n'est autre que Ryônin] (fig. 42). Son école porte le nom d'Ôhara jïfiji, faubourg de Kyoto situé au pied du Hieizan, où Ryônin s'établit en 1094 et fonda en 11 09 le Raikôin ?£?âî$c î c'est en ce lieu, surnommé Gyosan $&ll| par allusion à la montagne où le prince chinois Sôshoku (Ts'ao Tche) avait entendu des voix surnaturelles, que se perpétua principalement l'étude de la Psalmodie dans la secte Tendai, aux temples Raikôin 2&ffi£c (fondé par Ryônin), Shôrinin BM^c (fondé par Jakugen jja^ en 1013, un siècle avant l'époque

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de Ryônin), et Sanzenin H^l^c (transféré un peu plus tard du Hieizan à ôhara). — Parmi les successeurs de Ryônin, on peut mentionner son disciple Kakan %.*%, qui enseigna le Bombai à l'empereur Goshirakawa fê[ÊîJI| après son abdication en 1158, et eut pour élèves Chôkô ^&, fondateur d'une école de Bombai au Myôonin ^^fêt, et Chishun ^/$?, lui-même maître de Tanchi ^$^ dit Rennyûbô HÀ;J£ et de Jôshin :&>i> dit Renkaibô H^LJ^. On doit à Tanchi (qui connaissait également la musique instrumentale) un catalogue des pièces de Shômyô et un ouvrage (ms.) intitulé Shômyôyôjinshû §?flJ3H'L^j|l, où il attribue au mode Ryo une origine chinoise, au mode Ritsu une origine japonaise et au mode Chûkyoku une origine indienne (sur ces trois modes usités dans le Bombai, cf. inf.). Un de ses élèves, Shûkai Sn^, compila le Gyosammokuroku $j]J0f& (1235-1237), répertoire des pièces de Bombai usitées dans l'école d'Ôhara ; il y indiqua pour chaque pièce le système conventionnel de notation, la hauteur de l'initiale, le mode (Ryo g, Ritsu ^, etc.), le ton (Chôshi pl^f) et la position de la voix (Kayô ÇtH ou Otsuyô &$£)• Son élève Kien g$3 dit Enjubô É$kM-, auteur du Shômyôzuimonchû WtWiïRffifà. où il parle du Hennon g£||\ c.-à-d. des pièces au cours desquelles on change de mode, alla s'installer au Kôyasan ; sa succession fut assurée à Ôhara par Kakuen §g$3> Puis Par Keien |?$3. Ensuite l'école d'Ôhara tomba en décadence, mais vers le début du xve siècle elle fut restaurée par un maître du Hieizan, Ryôyû $£&$■> auteur du Shôsôkuketsuyôki g?&P?&$â5, et jusqu'à nos jours Ôhara est resté le centre du Bombai dans la secte Tendai ; un des derniers résidents du Sanzenin fut le Rév. Taki Dônin £fcE?lS>, éminent spécialiste auquel est due une large part de la documentation mise en œuvre dans le présent article. — Le Bombai de la secte Tendai (école d'Ôhara) a exercé une influence considérable sur les autres sectes bouddhiques du Japon. A Nara, les sectes Hossô et Kegon lui ont emprunté la notation dite Meyasu (cf. un ms. de Gyônen |gg£ [secte Kegon, 1 240-1 321] intitulé Ubaribai 4£$ggfÉPJt, à la bibliothèque du Tôdaiji de Nara ; fig. 23), qu'elles ont quelque peu modifié depuis lors ; la notation actuellement usitée dans la secte Hossô est dite Fu-hakase Mt#±. Dans la secte Jôdo, les deux principaux centres de Bombai sont le Chionin £HJi#£ de Kyoto et le Zôjôji Jt±"# de Tôkyô ; dans ce dernier temple la tradition du Bombai remonte à Ryûe PU?", un maître d'Ôhara qui y fut invité au milieu du XVIIe siècle. — Dans la secte Shin jjt^, la branche du Nishi-Honganji (Ryûkokuha fi^fôÊ) adopta fort tardivement, vers 1830- 1843, le Bombai du Tendai ; à cette époque deux maîtres d'Ôhara, Shûyû ^W. et Kakushû jtt^;, compilèrent à l'usage de cette branche un manuel en 2 vol. intitulé Ryûkokubaisaku fjt^PH^t

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qui en l'ère Meiji fut simplifié et refondu sous le titre de Bombaishû ^Pf^H, en 3, 5 ou 7 vol. suivant les éditions ; la notation se rattache au système Meyasu. Dans la branche du Higashi-Honganji (ôtaniha :X4?M)> le Bombai se chante avec accompagnement instrumental et la notation, qui n'est pas bien ancienne, se rapproche de celles de la guitare (biwa ^eâ) et des chants du théâtre de marionnettes (jôruri ffîïn?^)- [Du reste ces dernières notations furent également inventées par des maîtres d'ôhara, et de façon générale le Bombai joua un rôle capital dans le développement de la musique, surtout vocale, au Japon.] — Dans la secte Zen, le Bombai s'utilise surtout dans les cérémonies dites Kôshiki fH^ ; la technique est celle d'Ôhara, mais (particulièrement dans les branches Rinzai et ôbaku) avec des modifications introduites directement de Chine. — La secte de Nichiren a également adopté le Bombai du Tendai ; les principaux centres où il est cultivé sont le temple de Minobu %^ au pied du Mont Fuji et, à Kyoto, le Honryûji ^l^t^F et Ie Hongokuji ;<fcil3^r* > dans ce dernier temple on conserve un système archaïque de notation d'ôhara. — Enfin la secte Yûzûnembutsu $b:M&$P^i fondée vers l'an 1100 par Ryônin lui-même à Ôhara, n'a pas conservé le Bombai de l'école d'Ôhara ; elle utilise actuellement un manuel compilé par Shûen zj?$li vers 181 8-1 830 et intitulé Daigenzan shômyôshû ~XW.\hW^M- — Les textes psalmodiés. — Les principaux textes qui se psalmodient selon les procédés du Bombai peuvent être classés en trois catégories : (I) Bonsan ^^, Hymnes sanscrits ; (II) Kansan $£fj|, Hymnes chinois ; (III) Wasan $l=j§£, Hymnes japonais. — (I) Bonsan ^^, Hymnes sk. transcrits en ch. Le Canon ch. en contient un bon nombre, tous transcrits à l'époque des Sô (Song), vers la fin du Xe siècle, Tt. 1055, 1107, 1131, 1196, 1197, 1677, 1682, 1683, 1684, etc. Au Japon, le recueil de la secte Tendai intitulé ôhara gyosan kemmitsu shômyôshû XMfa\l\M%îWBM$k (titre abr. Rokkanjô /A^Ëfô) en donne la liste suivante : Shicchisan -b^f^ "Hymne aux quatre Connaissances" ; Dainichisan ^C 0 fj| "Hymne à Vairocana" ; Bussan ^f^ "Hymne au B." ; Hyakujisan W^H: "Hymne en cent lettres" ; Shotensan j^f;£fj$ "Hymne aux Dieux" ; Kikkeisan îo££|^ "Hymne au bienheureux" ; Shinryakusan t(s B&fi£ "Hymne résumé" ; Fugensan ^^^ "Hymne à Samantabhadra" ; Amidasan (foJ^liP'ÉnÉj "Hymne à Amida", etc. Pour la secte Shingon, le Gyosantaigaishû fa\l}WffiM ajoute Fudôsan ïfiW)Wt "Hymne à Acala" ; Shiharamitsu [S^UlU "les quatre Perfections" ; Kongôsatta <feçéj[$fii "l'Etre de Diamant", Kongôhô ^H]!Jî|f "le Joyau de Diamant", Kongôgô ^IèJiJII "les Actes de Diamant", etc. Ces textes ne se psalmodient que dans les cérémonies Esotériques. On les répartit en Hymnes antérieurs (Zensan MM) et Hymnes postérieurs (Gosan âtfft),

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selon le moment auquel ils se chantent au cours des cérémonies, et aussi en Hymnes généraux (Sôsan fâln*) et Hymnes particuliers (Bessan #1];^), suivant qu'ils portent sur un ensemble de personnages ou de doctrines, ou sur un personnage déterminé. Le programme d'une cérémonie, dans la secte Shingon, comprendra p. ex. : (1) Hymnes antérieurs : (a) Hymnes généraux : Hymne aux quatre Connaissances et Hymne résumé ; (b) Hymne particulier : Hymne à Acala ; (2) Hymnes postérieurs : (a) Hymnes généraux : les mêmes que sup., mais en td. ch. ; (b) Hymne particulier : Hymne au B. — A titre de spécimen, nous citerons l'Hymne aux quatre Connaissances (Shichisan E^1^ ; cf. fig. 42) ; texte sk. te. Tt. 876 et Tt. 957 : Om vajrasattvasarhgrahâd vajraratnam anuttaram vajradharmagâyanaih vajrakarmakaro bhava ; td. ch. T. 866 iv ad fin. ; sens : Om ! Captés par l'Etre de Diamant, [nous obtenons] le Joyau de Diamant sans supérieur ! De par nos chants de Loi de Diamant, mets-toi à accomplir des Actes de Diamant ! — (II) Kansan $tjjf£, Hymnes traduits ou composés en ch. On en distingue quatre catégories, dites Shikahôyô P9|!jfï£lc "les quatre parties essentielles de la Loi" : (1) Bai Pj| ou Bombai ffîflft "la Psalmodie" proprement dite ; (2) Sange ifc§l "l'éparpillement des fleurs" ; (3) *Bonnon ^^ "la voix brahmique"; (4) *Shakujô ^tt "le Sistre". Les Kansan se chantent dans toutes sortes de cérémonies, Esotériques aussi bien qu'Exotériques. — (1) Bai Pj| ou Bombai ^£Pj|, ou encore Sanju i^Sfï. Les Hymnes appelés Bombai (au sens étroit) se divisent en trois catégories, dites respectivement antérieure, moyenne et postérieure ; ils se chantent toujours dans le même ordre : (a) Hymne antérieur (Shobai ^Pjl, Bombai proprement dit) : dans les cérémonies Exotériques c'est le Nyoraibai #P?|ÇPj| [cf. fig. 47], stance extraite du Srîmâlâsûtra T. 353, dont le sens est : Le merveilleux Corps de Formel du Tathâgata est sans égal au monde ; il est incomparable, inconcevable ; c'est pourquoi nous lui rendons hommage ! Dans les cérémonies Esotériques on emploie le Ungabai 2X 'fnJPH, stance tirée du Nirvânasûtra T. 374 ni : Comment a-t-il obtenu la longévité et un corps de Diamant infrangible ? Et par quel Facteur a-t-il acquis une force irrésistible ? (b) Hymne moyen (Chûbai cpPJt) : pour toutes les cérémonies c'est une stance du Srîmâlâsûtra qui fait suite au Nyoraibai sup. ; le sens en est : Le Formel du Tathâgata est inépuisable, et il en est de même de sa Sapience ; toutes ses Essences sont permanentes ; c'est pourquoi nous lui rendons hommage ! (c) Hymne postérieur (Gobai f&PJt), stance extraite de T. 638 1 : A lui qui réside dans le Monde comme dans l'Espace, pareil à un lotus qui ne toucherait pas l'eau, à lui dont la pureté d'Esprit surpasse tout, au Saint suprême, révérence et hommage ! — Toutes ces stances se psalmodiaient déjà en Chine à l'époque des Tô (T'ang) ; cf. sup.

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— (2) Sange ffciïjpl "l'éparpillement des fleurs". Stances psalmodiées par les officiants pendant qu'ils éparpillent des pétales de fleurs, soit réels (pétales de lotus ou de chrysanthèmes, ou encore feuilles de badiane), soit de papier colorié. Comme on l'a vu plus haut, cette cérémonie était bien connue en Chine à l'époque des Tô (T'ang). Elle se fonde sur des textes canoniques comme le suivant, extrait de la Prajnâpâramitâ en 25.000 stances T. 223 [dont toute une section, k. vm (277-279), est intitulée Sange] : "Les hommes ou les femmes excellents qui éparpillent dans l'air ne fût-ce que [les pétales d']une seule fleur, en pensant au B., seront délivrés de la Douleur et obtiendront une Félicité inépuisable,"— ou encore sur ce passage du Sukhâvatîvyûha T. 360 11 (272 b) : "Ils font Vœu de naître en ce royaume [d'Amida] par la Déflexion des Mérites qui consistent à suspendre des étoffes, à allumer des lampes, à éparpiller des fleurs ou à brûler de l'encens." La première et la troisième des trois stances qui constituent le texte du Sange sont toujours les mêmes ; la seconde varie suivant le B. auquel est consacrée la cérémonie : Sâkyamuni, Amida, Vairocana, Bhaisajyaguru, etc. Ie stance [cf. fig. 56, et la transcription p. ni] : Nous voulons, sur la Terrasse d'Eveil, faire offrande au B. de fleurs odorantes ! 2e stance (pour Sâkyamuni) : A celui qui n'a pas d'égal dans les dix directions, ni chez les dieux ni chez les hommes, ni en ce monde dans les cellules des Erudits, ni dans les palais stellaires ni dans les cieux ; au Mâle, au Taureau, au grand Moine, sans pareil sur la terre entière, sur les monts et dans les forêts ! 3e stance : Puisse ce Mérite [que nous sommes en train d'acquérir] profiter à tous ! Puissions-nous tous, nous et les Etres, accomplir la Voie de B. ! Au B. cette offrande de fleurs odorantes ! — (3) *Bonnon ^^ "la voix brahmique". Ce sont les stances suivantes, extraites de l'Avatamsakasûtra T. 279 : Les plus belles fleurs des dix directions, nous les avons éparpillées dans les dix directions, en offrande au vénérable Sâkya et à tous les Tg. ! Des fleurs de lotus précieuses, supramondaines, innombrables, ayant toutes de merveilleuses couleurs, nous les avons offertes aux Sûtra du G.V. et à tous les Bs. ! — (4) *Shakujô Hg$; "le Sistre". Longues stances divisées en neuf (ou trois) sections ; à la fin de chaque section, les officiants agitent le Sistre en mesure pour en faire sonner les anneaux métalliques. Le début des stances est tiré de l'Avatamsakasûtra T. 279 xiv ; le reste paraît dû à un auteur ch. ou jap. inconnu. Voici la td. des trois premières sections : (a) Le Sistre en main, nous souhaitons que les Etres instituent de grandes assemblées d'aumône, afin de révéler la Voie conforme à la Réalité et de rendre hommage aux trois Joyaux (bis) ! (b) D'un Esprit pur, rendons hommage aux trois Joyaux ! Produisant un Esprit pur, rendons hommage aux

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trois Joyaux ! Puissions-nous rendre hommage aux trois Joyaux, avec un Esprit pur! (c) Les Bs. des trois temps, sistre en main, rendirent hommage aux trois Joyaux ; c'est pourquoi, prosternés, nous leur rendons hommage aussi ! — (III) Wasan fflfff , Hymnes en langue japonaise. On en distingue trois genres :

(1) les Wasan proprement dits, qui sont en vers ;

(2) les Kyôke f&jb "prédications", soit en vers plus ou moins libres soit en prose ; (3) les Kunkada p| ÎWÊ "stances (chinoises) lues à la japonaise". A l'époque de Heian, le Wasan fut surtout cultivé dans la secte Tendai, plus particulièrement par les maîtres de la branche Sammon HP^'M (p- ex. Genshin ^fs) Qui furent les précurseurs de la secte Jôdo .C'est dans cette dernière secte qu'à l'époque de Kamakura le Wasan trouva ses plus célèbres poètes, notamment Shinran §ftH (1 173-1262), le grand réformateur qui fonda la secte Shin j^.^>", et Ippen — jjjjï (1239- 1289), fondateur de la secte Ji P$^j. Les Hymnes de Shinran (dont l'authenticité n'est du reste pas toujours certaine) sont restés jusqu'à nos jours populaires entre tous. — Voici des spécimens de chacun des genres de Wasan: — (1) Wasan proprement dit : Sharisan ^f ljf|f de Ennin (Jikaku Daishi, secte Tendai), psalmodié pour la première fois en 860 ; c'est le plus ancien Wasan connu. Nous n'en citerons que le début : \% S fp&^lpï. i§ y 3

> t*. &M ? vl$** -v • ffî± - /¥- 9 êL»* * -v • • • Te. Hotoke no o-shari \va, ô koto katashi ya, uyamô koto katashi ya ; hitotabi mo aite, magokoro ni orogameba, akushu wo zo hanaruru ya, jôdo ni zo hayaku umaruru ya... — Td. Hymne aux Reliques. Il est difficile de rencontrer des Reliques du B., difficile de les vénérer. Mais si l'on en rencontre, ne fût-ce qu'une fois, et qu'on les adore d'un cœur sincère, on quittera les Destinations mauvaises et l'on renaîtra bientôt en Terre-pure, etc. — (2) Kyôke de Kakuban "f^tU (1095-1143, secte Shingon) : H icssfà^i- i) -jri) . -f \r*,m%ï*i- yD-'y -t. Kl? yfayr^K. #n#J5$É# * v vx. * j ^ y

7 y jr is, — Te. Ryûnyo wa hotoke ni nari ni keri, nado ka warera mo narazaramu ? Goshô no kumo koso atsukutomo, nyorai gachirin kakusarenu, mono koso arikere. — Td. La fille du Dragon [Sâgara] est bien devenue B. ; pourquoi donc ne le deviendrions-nous pas aussi ? Epais sont les nuages des cinq Obstructions ; mais le disque de la Lune du Tg. n'en est point obscurci. — (3) Kunkada (de tradition au Hôryûji fëH#): m$m±' HCP'J'V »^ïk^/

-. %mmm?*m. mïï?mx) 5M»-&*--tc.j

Gokuraku jôdo no tômon wa, Naniwa no umi nizo j mukaetaru ; tembôrinjo no seimon ni, nembutsu ! suru hito mairetate. Yuki tsuki kôri tokuru hi, keichô \ wo tomo natte hôon wo tsutae ; tsukinokori tsuyu :

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musubu ashita, rika wo otte bukkai ni gusu. — Td. La porte orientale du Paradis fait face à la mer de Naniwa [ôsaka] ; à la porte occidentale de la salle de prédication se rendent les fidèles pratiquant le •Nembutsu. Aux jours où fond la neige et où la glace se dissout, même par le chant des coqs se transmettent des sons de Loi ; aux matins où sous les derniers rayons de la lune se forme la rosée, on cueille les fleurs des haies pour en faire offrande aux Terrains de B. — En dehors des textes précités, on en psalmodie encore d'autres variétés dans les cérémonies des différentes sectes et écoles : Sûtra, Formules, prières, etc. ; il est impossible d'entrer ici dans le détail de toute cette littérature. — Théorie musicale. — La théorie musicale du Bombai est entièrement dérivée de celle de la musique chinoise classique, et n'a aucun rapport avec celle de l'Inde. On sait que sous les Six Dynasties et les Tô (T'ang) la musique chinoise a subi de fortes influences occidentales, et principalement sérindiennes. C'est par ces influences que devront sans doute s'expliquer les quelques analogies qui pourront être constatées entre la Psalmodie des bouddhistes de civilisation chinoise et celle qui est usitée dans les autres Eglises bouddhiques, ou même dans les Eglises chrétiennes ; du reste ces analogies ne semblent porter que sur certains procédés de la technique vocale, et sur l'allure générale du chant. De toute façon, au Japon, le chant bouddhique est adapté au système musical chinois, et les théories sur lesquelles il repose ne sont que des théories chinoises plus ou moins modifiées ou dégénérées. Ces théories se sont mieux conservées dans la musique classique dite "Musique Noble" (Gagaku ïf|$|), c.-à-d. dans le musique de cour dont un des genres est le *Bugaku (q.v.). Avant d'aborder les principes du Bombai, on exposera donc sommairement la théorie classique de la Musique Noble. — La hauteur absolue des notes est fixée d'après une échelle chromatique de douze degrés (Jûniritsu -f-Zlflï), comme dans la musique chinoise ; mais la nomenclature des degrés est toute différente au Japon, probablement par suite de confusions japonaises entre les noms chinois des degrés et ceux des "systèmes" (Chôshi M-f)- Cette échelle n'est pas tempérée ; au Japon comme en Chine, les théoriciens ont connu de haute date le tempérament, mais il n'a jamais été appliqué en pratique ; les notes de la gamme européenne tempérée, qui sont indiquées ci-dessous, ne correspondent donc qu'approximativement aux notes japonaises. Pour la hauteur exacte de ces dernières, calculée par un savant anglais en 1873 d'après des diapasons conservés aujourd'hui au Conservatoire de Tôkyô, cf. Tanabe, Principes, p. 363 sq.

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Les douze degrés (Jûniritsu -\-J$).

Noms japonais.

Ichikotsu ^fg

Tangin Bfi^ (ou ~l£)

Hyôjô ^1

Shôsetsu J$$g

Shimomu f$S

Sôjô

Fushô .j|>£g

Ôshiki $fë|

Rankei $£#

Notés japonaises.

Noms chinois.

Kôshô

Tairyo ±B

Taisô -XW:

Kyôshô ?l$g|

Ufc:

Banshiki |g-gfc

Shinsen jjjffdj

Kamimu h$R

Kosen ftîgfe

Chûryo <4>g

Suihin ||§î

Rinshô $$|

Isoku ^HlJ

Nanryo ]§g

Bueki &jft

Oshô

La gamme mélodique ou diatonique (kin iêj, onkai ÇP^), au Japon comme en Chine, est à cinq tons (on ^, shô gj£), ou à sept tons si l'on introduit deux demi-tons supplémentaires soit par augmentation (ei ^, abr. ^, ou yô |J§, abr. ^, dièze) soit par diminution (hen fH, abr. 2j£, bémol). Les cinq tons peuvent être assimilés à ce que nous appelons degrés de prime, de seconde, de tierce [ou quarte], de quinte et de sixte. Ils portent les noms suivants :

Prime Seconde

Tierce [ou quarte] Quinte Sixte Chacun des degrés

Kyû 'g* (abr. r>).

Shô $j (abr. 7^).

Kaku fâ (abr. n).

Chi m (abr. 1U). U M (abr. 3).

de la gamme pentatonique peut être pris comme fondamentale d'une échelle. On obtient ainsi cinq modes, ou échelles de cinq fou sept) tons séparés par des intervalles dont la disposition varie comme suit :

Mode de prime : ime 2de 3ce 5te 6te# Mode de seconde : 2de-3ce~5te -6te -8ve.

5. Mode de tittfWk* mm. Vkyoku H A; KrOdnie) g=hôC2d«!g Ei»h5C2<le»iigmJ tRiuuJcikuM") Cbi(6«) [UÛ8(*5| EiuCBMinRmi.

Dans la Musique Noble du Japon, les seul modes usités sont, en théorie, les modes de prime et de sixte ; mais en pratique le mode de prime, qui est celui de la "musique exacte" (shôgaku jE$|, conforme aux normes théoriques), est remplacé par celui de seconde (Tanabe, Cours, p. 268 ; Iba, Traité, p. 71). Le mode de seconde est dénommé "échelle de Ryo", Ryosen SSÈ> et Ie mode de sixte "échelle de Ritsu", Ritsusen ^J£ ; aussi la quarte, qui est la caractéristique essentielle du mode Ritsu auquel la tierce manque, est-elle désignée par le terme Ritsukaku fê.f$ "tierce de Ritsu". — Dans le tableau ci-dessus on a donné comme exemples, pour la commodité du lecteur occidental, les cinq modes de la gamme de dos, note qui est en dehors de l'échelle chromatique sino-japonaise. Mais chacun des douze degrés de cette échelle peut devenir la tonique d'une gamme, et chacune de ces douze gammes comporte cinq modes, suivant que la fondamentale est prise comme prime, comme seconde, comme tierce, comme quinte ou comme sixte. On aboutit donc à un total théorique de 60 "systèmes" (Chôshi MT), c.-à-d. de 60 échelles mélodiques différant à la fois par la hauteur absolue de leur initiale et par la disposition de leurs intervalles. En pratique, dans la Musique Noble du Japon, on n'utilise que six de ces "systèmes", dont chacun porte un nom. Dans les trois premiers, les intervalles sont ceux du mode de seconde (Ryo) ; dans les trois derniers, du mode de sixte (Ritsu)

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Mode de tierce : 3ce ~5te -6te -8ve -ome. Mode de quarte : 5te -6te -8ve -Qme I0me Mode de sixte : 6te -8ve-9me-iome-i2me. En ramenant ces cinq modes, par exemple, à la note Shinsen (dos) prise comme fondamentale ou tonique de cinq gammes, on obtiendra le tableau suivant [les notes entre crochets sont les deux tons supplémentaires de la gamme heptatonique] :

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