‹ HbgirinChapitre 46 sur 65 · SR~I · texte numérisé non relu

SR~I

BOMBU Ji^, litt. "homme du commun", sk. prthagjana. — Profane. — Bombu, pris au sens litt. [bon Xi peut s'interpréter soit par "vulgaire, vil" Ttt. 1851 vi (590 a), soit par "commun, ordinaire" Ttt. 1912 I c (179 a), 1964 (105 a)], correspond exactement au sk. prthagjana ; toutefois ce dernier terme est rendu dans la n. éc. par des td. étymologiques signifiant "né a part", besshô jj}l]^Ë, ishô J^^fe, etc. ; et bombu sert parfois d'équivalent au composé sk. bâla-prthagjana "Profane Puéril" (cf. *Bara, *Gufu).— Cf. *Ishô.

BON ^£=sk. p. brahman, brahmâ ; tib. chahs. — La te. bon ^ est une abréviation de bomma J£Iff. Autres te. bonramma ^ffCif, baragama ^H^jg (Ttt. 2128 xxvi), Jmoragomma SiH^Hf, Jmorakamma :&$$MB, îbaramma W&W (Eoë- ")> Iboramma fjj»fj^ (Ttt. 1736 xvin), etc.— Td. shôjô fffïf, shôketsu fjf ifpj "pur" ; riyoku iH$C "détaché du Désir" ; jakujô 3xjt? "calme et apaisé". — Le dieu Brahmâ porte dans les textes ch. les titres de Bonten ^CX "le dieu Brahmâ", Bonnô ffîî. "le roi Brahmâ", Bontennô ^^ï "Brahmâ roi des dieux". Précédés de l'épithète dai ^ "grand" (Daibonten, Daibonnô, Daibontennô), ces titres ne s'appliquent en principe qu'à Mahâbrahmâ, le plus élevé des dieux de la première Extase. Mais ces divers termes désignent parfois tous les dieux Brahmâ de la première Extase, ou même par extension tous les dieux du Plan du Formel. — Aperçu. — Le terme bon ^, dans le bouddhisme ch. et jap., a réuni, au préjudice de la logique et de la clarté, deux notions que le brahmanisme distingue avec soin : le brahman neutre, et le Brahman (nomin. Brahmâ) masculin. Le brahman neutre est l'idée du sacré, impersonnelle et transcendante ; il est la plénitude de l'être, dégagée de tous les conditionnements. Brahmâ n'est qu'un dieu, puissance temporaire, quelle qu'en soit l'énorme durée ; il est le principe de la vie phénoménale en tant qu'il "émet" toutes choses après chacune des destructions périodiques de l'univers. Son rôle s'arrête là ; la fonction de maintenir est réservée à Visnu, celle d'anéantir à Siva. Il est l'ancêtre (pitâmaha), le grand aïeul (prapitâmaha) ; à ce titre il a droit au respect, mais il n'intéresse pas le culte. Pratiquement, il n'a pas de temple ; on en trouve difficilement deux ou

trois à travers toute l'Inde qui lui soient dédiés. Créateur par émission (srsti), il est l'incarnation du désir ; les Brâhmana, ouvrages des temps védiques, ont à foison cette formule : "Brahmâ eut un désir (akâmayata) . . . " Bonten, le dieu Brahmâ, perpétue ce trait fondamental ; installé au bas du Plan ou Monde du Formel, il passe son temps à penser qu'il a créé, qu'i 'est le créateur, et la cour qui l'entoure, Grands Brahmâ, Acolytes Brahmiques, Assemblées Brahmiques, Ensembles Brahmiques, n'ont qu'une pensée, c'est que Brahmâ est leur créateur ; aussi le ciel de Brahmâ est-il l'asile de l'hérésie. A la fin de chaque Période, les flammes de l'incendie mondial vont détruire ce ciel ; d'autres dieux, déchus des stages supérieurs et ramenés au niveau de la première Extase, viennent ensuite le repeupler et reprendre la besogne brahmique. — Cependant le Brahmâ du brahmanisme, ce "souverain des créatures" (Prajâpati) qui s'était souillé même par l'inceste, s'est en partie purifié dans le bouddhisme ; il est situé juste en dehors et au-dessus du Monde, du Plan du Désir où dominent Mâra et ses acolytes, Sakra et les dieux mineurs ; il représente dans les textes tous les dieux du Plan du Formel. Il est au niveau de la Première Extase, l'étape initiale dans le développement de la vie mystique. La confusion entre le Brahman et Brahmâ a même valu à ce dernier de recueillir la qualité essentielle qui s'attachait à l'autre : le Brahman symbolisait dans l'ordre brahmanique la vie pure, et par excellence la continence, la chasteté ; l'étudiant brahmanique (brahmacârin, ch. bonshi), au cours de ses études sacrées, y était tenu sans réserve. Le bouddhisme a étendu cette prescription à la vie entière du clergé, moines ou nonnes ; la "conduite brahmique" (brahmacaryâ, ch. bongyô) est devenue une règle absolue et permanente. On en est venu à interpréter Brahmâ, par une étymologie fantaisiste mais expressive, comme "l'expulsion" (bâhana) des Passions. C'est en se détachant du Désir que l'on peut renaître dans son ciel. — C'est cette notion de pureté sacrée qui s'attache au nom de Brahmâ dans la plupart des composés où il entre : Voix brahmique (*bonnon), Roue brahmique (bonrin), Stations brahmiques (bonju), Voie brahmique (bondô), Véhicule brahmique (bonjô), Gemme brahmique (bommani) . . . La langue sacrée, le sanscrit, devient la langue brahmique ; le syllabaire qui sert à l'écrire devient l'écriture brahmique. L'ascension de Brahmâ atteint son apogée dans les formules qui proclament que l'essence de Brahmâ, brâhmanya, est l'essence de la vie monastique, srâmanya (deux termes qui traditionnellement, les Grecs mêmes en sont témoins, étaient opposés l'un à l'autre), et que Brahmâ est le Buddha. En Chine, sous l'influence du bouddhisme, le nom de Brahmâ (ch. Fan=jap. Bon) devient le symbole de l'Inde, berceau du B. et terre-sainte de la religion : on

BON

BON

l'appelle terre ou pays brahmique (bondo, bonkoku) ; le missionnaire qui en vient est dit moine brahmique (bonsô), et la même épithète s'applique aux manuscrits ou aux livres qu'il importe (bonkyô, bonten), ainsi qu'aux couvents bouddhiques (bonsetsu, bonkaku), à leurs cellules (bonshitsu), à leurs cloches (bonshô). — Le bouddhisme associe au nom de Brahmâ le titre énigmatique de Sahâmpati (ch. Shabashu) ; il lui garde aussi, du moins dans l'Es , ses attributs brahmaniques, sa monture (une oie), ses quatre visages ; il conte sa naissance dans le lotus issu du nombril de Visnu ; on le trouve même dans le bouddhisme chinois, dès le vie siècle, chez un moine, il est vrai, d'origine iranienne, groupé en Trinité (Trimûrti) avec Visnu et Siva comme une sorte de contrefaçon des Trois Corps de B. Parfois on lui donne un aspect inattendu : une jeunesse qui ne se fane pas, un paon comme monture, le titre de Kumâra ("jeune homme" et "prince") ; ce sont les traits fondamentaux de Kârttikeya, le fils de Siva, si populaire dans le Sud de l'Inde sous le nom de Subrahmanya "le Bon Brahmique" ; et cette appellation d'origine obscure mène sur le chemin d'une confusion entre les deux dieux. — Brahmâ était du fait de son nom l'incarnation de la caste brahmanique ; le bouddhisme ne pouvait résister au malin plaisir de l'embrigader au service du B. ; il en est résulté cette conséquence piquante que Brahmâ est beaucoup plus populaire dans le bouddhisme que dans le brahmanisme hindouiste. C'est à sa demande, amusante ironie, que le B. se décide à prêcher la Loi, à tourner la Roue de la Loi, appelée aussi Roue brahmique. Plus tard, quand le bouddhisme par le Tantra fusionne avec le sivaïsme, c'est à Siva-Mahesvara qu'on attribue l'honneur d'avoir converti Brahmâ, embrigadé comme le Sage de Diamant dans le panthéon tantrique. — Dans les récits bouddhiques, Brahmâ a pour compagnon ordinaire Sakra, l'Indra védique, resté le premier des dieux mineurs de l'hindouisme ; tous deux sont les protecteurs attitrés du B. — Brahmâ dans la cosmologie bouddhique. — On peut tirer du Kosa les éléments d'une petite monographie de Brahmâ. Tt. 1558 vm ( = K. Lav. ni, 2) : Le monde de la première Extase comporte trois Terres : Ensemble Brahmique, Acolytes Brahmiques, et Grand(s) Brahmâ... Les Cachemiriens disent que le Plan du Formel ne comporte que seize divisions [cm. C'est l'opinion correcte des Sarvâstivâdin, qui n'accordent que deux divisions au ciel de la première Extase, les Grands Brahmâ n'y étant pas comptés à part ; les "Occidentaux" (du Gandhâra) reconnaissent dix-sept divisions, dont trois pour la première Extase, en comptant les Grands Brahmâ à part]. Dans le ciel des Acolytes Brahmiques s'élève, disent-ils, un haut pavillon appelé ciel de Grandfs] Brahmâ, habité par un seul souverain, et qui ne constitue pas une terre séparée. — Ib. ( = K.

Lav. in, 17) Tous les dieux de l'Ensemble Brahmique [c.-à-d. ici tous les dieux de la Première Extase], qui sont Actualisés les premiers quand commence une Période, ont — à la différence des Etres du Formel qui sont divers tant de corps que de Connotation — diversité de corps, mais Connotation identique (cf. Ekottara T. 125 XL init.). Ils forment tous, en effet, Connotation d'une seule et même cause qui serait Brahmâ : au commencement d'une Période, ils produisent cette Connotation : "Nous sommes créés par le Grand Brahmâ," et le Grand Brahmâ produit cette Connotation : "Ces Acolytes sont créés par moi." Toutefois ils diffèrent de corps, car autre est le Grand Brahmâ, autres sont ses Acolytes, par la hauteur, la largeur, l'aspect, le langage, l'éclat, les vêtements, etc. Le sûtra dit : Les Acolytes de Brahmâ se souviennent ainsi : "Autrefois nous avons vu cet Etre de longue vie qui dure si longtemps . . . etc. . . .jusqu'à : Et Brahmâ fit ce vœu : Puissent d'autres Etres naître dans ma compagnie ! Et au moment où il a formé ce Vœu nous sommes nés dans sa compagnie."— Autre question : Où se trouvaient les Acolytes quand ils ont vu Brahmâ antérieurement ? . . .Trois réponses : Ils étaient dans le ciel des dieux Resplendissants ; ou ils étaient dans l'existence intermédiaire qui a précédé leur naissance au ciel de Brahmâ ; ou encore, c'était dans le monde même de Brahmâ [la Vibhâsà Tt. 1545 11c ajoute deux autres réponses]. — Ib. ( = K. Lav. m, 20) cite un sûtra, le Saptasûryavyâkarana (Ang. Nik vu 62 = T. 125 xxx ; aussi Dîrghâgama T. 1 xxi, T. 26 11) : Les Etres qui sont nés depuis peu de temps dans le ciel des Resplendissants s'effraient en voyant la flamme monter et détruire les palais du monde de Brahmâ [au-dessous d'eux], lors de la destruction de l'univers par le feu ; mais les autres, qui connaissent les révolutions cosmiques, les rassurent en disant : N'ayez pas peur, amis ! Déjà auparavant cette flamme, ayant consumé le palais de Brahmâ, a disparu. — Ib. xii ( = K. Lav. m, 183 sq.) A la destruction finale de chaque Période, les dieux disparaissent peu à peu de leurs mondes pour entrer dans un monde supérieur ; ainsi les dieux du monde de Brahmâ entrent dans la deuxième Extase et renaissent après leur mort dans le ciel des Resplendissants. Et lorsqu'il ne reste plus un seul Etre dans le monde de Brahmâ, la disparition des Etres est achevée ... le Monde-Réceptacle est alors entièrement consumé jusqu'au Meru. De ce Monde ainsi embrasé la flamme conduite par le vent va brûler les palais du monde de Brahmâ. . .Lors de la création d'une Période, au bout de vingt Périodes intermédiaires pendant lesquelles le Monde avait disparu, c'est dans les palais vides de Brahmâ que renaissent les premiers Etres, préalablement morts dans le ciel des Resplendissants.— Ib. ( = K. Lav. ni, 215) La deuxième Extase ' est la limite de la destruction par le feu ; tout ce qui

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