PLANCHE IX
BONTEN (BRAHMA).
Peinture du VIIIe siècle (date d'après S. Ômura, Zuzôsftûko, VJ ). Châsse de Kichijoten. consente U l'Ecole des lieaux-Arts. Tokyo.
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est au-dessous est brûlé ; le ciel de Brahmâ, qui est de la première Extase, périt donc par le feu. — Ib. xxviii ( = K. Lav. vin, 182) L'Extase Intermédiaire a pour fruit le Grand Brahmâ ; quiconque pratique au plus haut degré cette Extase renaît en qualité de Grand Brahmâ.— Ib. xxiv ( = K. Lav. vi, 214) Il n'arrive jamais qu'un Saint renaisse parmi les Grands Brahmâ, parce que leur ciel est un lieu d'hérésie, puisqu'on y considère le Grand Brahmâ comme créateur ; en outre, si un Saint y naissait, il y serait supérieur au Grand Brahmâ qui en est le chef. — Ib. xv ( = Lav. IV, 105) La Discipline Sans-Ecoulement existe chez les hommes et chez les dieux de toute classe, sauf chez les dieux de l'Extase Intermédiaire [le ciel des Grands Brahmâ] et chez les dieux Sans-Connotation. — Ib. xxiv (=Lav. vi, 224 sq.) La vraie nature du Moine (srâmanya) est appelée dans le sûtra Nature Brahmique (brâhmanya ; ch. baramonshô ^jJIIP'MÉ), parce qu'elle élimine (bâhana) les Passions. On dit aussi Roue Brahmique (brahmacakra, ch. bonrin ^£$j|, q.v. inf.), parce qu'elle est tournée par le vrai roi Brahmâ. Le B., étant associé à la suprême Nature Brahmique, est Brahmâ. C'est pourquoi le sûtra dit : "Ce B. est aussi appelé Brahmâ" ; c.-à-d. que le B. est calme et apaisé. — Au lieu des trois divisions de la première Extase citées sup. d'après le Kosa (en accord avec la Vibhâsâ Tt. 1545 lie, le Saddharmasmrtyupasthâna T. 721 vm, etc.), la Mvy. 3085-3088 donne une liste de quatre divisions : (1) Ensemble Brahmique, sk. p. brahmakâyika, tib. chaiis ris ; ch. bonshu 3?£îi ttcbonkai J£$i (ou j)\\) % ; autres td. bonshu ^^ "Assemblée Brahmique", bonshin ^^ "Ensemble Brahmique", jôshin :0§k "Ensemble pur" ; le terme d'Ensemble Brahmique s'emploie parfois pour -désigner tous les dieux de la première Extase, ainsi Dîrgha T. 1 xx (132 o, col. 26), Ekottara T. 125 XL init., etc.] ; (2) [3 dans Mvy.] Acolytes Brahmiques, sk. p. brahmapurohita, tib. chaiis pa mdun na 'don, ch. bonfu 3£$H [autres td. jôshi ^S5 "maîtres purs" Tt. 1505 11 ; bonzengyôten ^Mfs'ji. "dieux marchant devant Brahmâ", bonzenyakuten ^jiîljfc^; "dieux se rendant utiles devant Brahmâ" Gog. xvi 11] ; (3) [2 dans Mvy.] Assemblées Brahmiques, sk. brahmapârisadya, p. °pârisajja, tib. chaiis 'khor, ch. bonshu ffîlsfc, bonken 3C^, te. bonharisha $!$£ flj (ou |£) $?, bonhaô &2£||, etc. ; autre td. kenzoku ff/^jj Tt. 1552 ; (4) Grands Brahmanes (sic, alias Brahmâ), sk. Mahâbrâhmana (al. Mahâbrahmâ, aussi p.), ch. daibon X^E etc- — Cette liste est d'accord avec Dîrghâgama T. 1 xx, T. 24 vin, T. 23 IV (textes parallèles), cm. Tt. 1505 11, et Prajnâpâr0 T. 224 11, etc. — Durée de vie et dimensions des dieux Brahmâ. — Vibhâsâ Tt. 1545 ne : Pour l'Ensemble Brahmique, leur vie est d'une demi-Période, leur Corps d'une demi-Lieue ; pour les Acolytes, une Période et une Lieue ; pour les Grands Brahmâ, une
Période et demie, une Lieue et demie. Cependant, d'après le Dîrghâgama T. 1 xx, dans tout l'Ensemble Brahmique la vie ne dépasse pas une Période. — Orgueil de (Mahâ)Brahmâ. — Dîrghâgama T. 1 xxn : Le Brahmâ d'une nouvelle Période, qui a terminé son existence dans le ciel des Resplendissants, renaît dans la résidence vide des Brahmâ et, par son Vœu, d'autres Brahmâ y renaissent aussi. Il pense alors : Je suis le roi Brahmâ, le grand Brahmâ roi des dieux ; je suis incréé, j'existe spontanément, je n'ai rien reçu d'un autre ; dans le Chiliocosme j'ai obtenu tous les Sens excellents de la Souveraineté suprême ; suis riche, puissant, je puis créer tous les Etres par mes métamorphoses ; je suis le père et la mère de tous les Etres. Les autres Brahmâ nés à la suite de son Vœu ont les mêmes pensées au sujet du Grand Brahmâ. Ce Brahmâ roi des dieux a toujours l'apparence d'un jeune homme ; c'est pourquoi il porte l'appellation de dôji jfc-f- (sk. kumâra) "jeune homme" (sur cette appellation, cf. inf. la citation de Kichizô Ttt. 1824 1 b). — Texte parallèle T. 24 1 : Le dieu Brahmâ s'enorgueillit en pensant : Je puis créer, métamorphoser, fabriquer des Duperies ; je suis pareil à un père. Il n'en est pas ainsi du Tg. — Vibhâsâ Tt. 1545 ne Le dieu MahâBrahmâ dit : Je suis Brahmâ, je suis le Grand Brahmâ ; je possède la Souveraineté dans le monde, je puis créer, métamorphoser, produire, donner naissance ; je suis le père de cela . . . Mais en réalité le Grand Brahmâ n'est pas un vrai Grand Brahmâ qui aurait obtenu la Souveraineté intégrale ; il prend une Essence vile pour une Essence supérieure . . . Parmi les Essences, il n'y en a pas de supérieure au Nirvana, ni parmi les Etres, de supérieur au saint B. qui possède la Souveraineté de l'Esprit et celle des Essences. Les Auditeurs et les B.-pour-soi n'ont pas celle des Essences, mais ils ont celle de l'Esprit. Un roi Brahmâ ne possède ni l'une ni l'autre. — Cf. encore Madhyama T. 26 il et Samyukta T. 99 xxxxiv. — Souverain du monde [seshu tft£ (Tt. 1579 lvi 612 c, 3)]. — Son titre le plus ordinaire est sk. Sahâmpati (ou Sahapati), Mvy. 31 16 tib. mi mjed kyi bdag po "maître de Mimjed" (expression glosée par bzod "supporter des souffrances " = sk. sah°) ; le ch. ne traduit que le mot pati (shu £ "souverain") et transcrit saha (shaba §£3|!) ; autres te. shabahatei 3£3|§ $3? T. 25 ix, shakahatei ÉM^^ T. 24 ix, Jsampa H§fc Gog. m. L'élément *shaba (q.v.) = sk. saha est généralement glosé par kannin $$/§» "supporter avec patience", p. ex. Ttt. 1733 IV citant T. 157 : Le roi Brahmâ supporte les péchés des Etres, concupiscence, colère, ignorance ; c'est pourquoi on l'appelle de ce nom. M. Przyluski, J. As. 1924, 11, 1, propose d'interpréter Sahapati comme une déformation prâkrite du sk. Sabhâpati "maître de l'assemblée [des dieux]". — Le Brahmâ Sikhin, qui paraît à côté du Brahmâ Jyotihprabha dans le Lotus T.
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262 1 ( = Burnouf 3) et ensuite seul, avec le titre de Grand Brahmâ ib. m ( = Burnouf 106), a été considéré comme la forme même de Brahmâ souverain ; p. ex. Ttt. 1718 11 b. ou Sikhin est traduit par chôkei HfSf "chignon" et par ka j/c "feu", avec cette explication : Le roi Brahmâ est appelé Sikhin parce qu'il brise les Passions du Plan du Désir au moyen de l'Extase de l'Eclat du Feu. Un autre cm. Ttt. 1723 11 explique Sikhin comme "le sommet (chignon) de l'incendie" (parce que l'incendie cosmique qui termine chaque Période s'arrête après avoir consumé le palais de Brahmâ). Aussi T. 220 dlxx (Prajnâ): Le roi Brahmâ portant un chignon, maître du monde ; et Tt. 1509 1 : Le roi Brahmâ, qui maintient les trois milliers de Grands Chiliocosmes, est appelé Sikhin. — Brahmâ des hérétiques.— Tt. 1640 définit l'attitude de diverses écoles hérétiques au sujet de Brahmâ (cf. Tucci, Un traité d'Âryadeva sur le Nirvana des hérétiques, T'oung Pao 1925-26, p. 21 sq.) : Quels sont les hérétiques qui soutiennent que Brahmâ est la cause du Nirvana? — Les maîtres de l'école du Veda, qui disent : Du nombril de Nârâyana poussa une grande fleur de lotus ; de cette fleur naquit Brahmâ l'Aïeul ; ce Brahmâ a créé toutes choses vivantes ou inanimées. De la bouche de Brahmâ naquirent les brahmanes, de ses deux bras les Ksatriya, de ses cuisses les Vaisya, de ses talons les Sûdra. Toute la grande terre étant un Terrain de Défenses où l'on cultive les Mérites, il fit naître les fleurs et les herbes qui servent à lui rendre hommage. Il créa les bêtes sauvages des monts et des champs, les pourceaux et les brebis qui sont des animaux domestiques ; si on tue ces animaux en guise de sacrifice pour en faire hommage à Brahmâ, on obtient de renaître dans le Lieu de Brahmâ et c'est ce qui slppelle le Nirvana. C'est pourquoi les maîtres de cette école appellent Brahmâ l'Eternel et la cause du Nirvana ... Les maîtres de l'école de Mahesvara disent : Le fruit est un effet dû à Mahesvara ; Brahmâ est la cause ; Mahesvara est un seul Substantiel en trois parties, Brahmâ, Nârâyana et Mahesvara (cf. aussi la citation s.v. *Anda). — Mahâprajfiâpâr°sâstra Tt. 1509 vin : Après l'incendie d'une Période, tout est vide ; puis, par la force des Facteurs de Mérite des Etres, les vents arrivent des dix directions et, se rencontrant et se neutralisant, ils peuvent soutenir les grandes eaux ; de celles-ci naît un homme a mille têtes, avec deux mille bras et deux mille pieds, appelé Ichû :J|i$| = sk. Visnu. De son nombril naît un précieux lotus à mille pétales d'or, dont l'éclat est pareil à celui de dix mille soleils : dans cette fleur est un homme accroupi, lui aussi infiniment lumineux ; c'est Brahmâ roi des dieux. De son cœur naissent huit fils, qui donnent naissance au ciel et à la terre et aux hommes. Ce Brahmâ roi des dieux a éliminé sans résidu toute luxure et toute colère. — Ttt. 1796 11 Pour les maîtres des Veda,
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Brahmâ est comme le B. [pour les bouddhistes], les 4 Veda comme les 12 classes de Sûtra, et les maîtres sont comme la Communauté. — Ttt. 1824 1 b (par Kichizô cfiii&, d'origine iranienne, 549-623), commentant le passage du Madhyamakasâstra Tt. 1564 1 : D'après certains, tous les Etres naissent de Mahesvara, d'après d'autres, de Visnu ... Kichizô dit: Dans la doctrine des Mahesvara, on peut retrouver les Trois Joyaux, à savoir : Les maîtres sont la Communauté, (Mahâ)îsvara est le B., les Etres nés de lui sont la Loi. . .Le Mahâprajnâpâramitâsâstra [Tt. 1509 11] mentionne ensemble trois dieux, Mahesvara et Visnu comme ci-dessus, et de plus Kumâra [l'ouvrage auquel se réfère Kichizô contient de Kumâra la description suivante : "Il tient un coq, une clochette, un étendard rouge, et il a pour monture un paon ; c'est donc bien le Kumâra-Kârttikeya des brahmanes, cf. sup. Aperçu]. Kumâra signifie "jeune homme" ; ce dieu n'est autre que le roi Brahmâ de la première Extase, appelé ainsi parce qu'il a l'aspect d'un jeune homme. [Cf. aussi un texte du Dîr^hâgama T. 1 v ( = Dîg. Nik. II, 200, 220) où Brahmâ se montre sous la forme d'un Garçon éternellement jeune (sk. Sanat-Kumâra) à quintuple chignon (sk. Pancasikha). Dans le brahmanisme Sanat-Kumâra est un des fils de Brahmâ.] On l'appelle aussi Nârâyana, c.-à-d. "racine des êtres" (Gog. xxv donne aussi Nârâyana comme un nom de Brahmâ parce que, d'après ses adeptes, Brahmâ donne naissance à tous les hommes ; id. Kjk. xxvn). Mais pourquoi le Madhyamakasâstra (Tt. 1564 1) et le Satakasâstra (Tt. 1569 1) ne mentionnent-ils que deux, et non pas trois dieux ? Pour deux raisons : (1) Les trois dieux des hérétiques leur tiennent lieu des Trois Corps : îsvara est la racine, comme le Corps d'Essence ; Visnu est la correspondance, comme le Corps de Correspondance ; Brahmâ se produit par métamorphose dans le nombril de Visnu, il est comme le Corps de Métamorphose. Or, le Mahâprajnâpâramitâsâstra enseigne Trois Corps ; c'est pourquoi il mentionne trois dieux. Le Madhyamaka et le Satakasâstra n'enseignent que deux corps, celui de Vérité et celui de Correspondance ; c'est pourquoi ils ne mentionnent que deux dieux. [Mais l'assertion de Kichizô à propos du Mahâprajnâpâramitâsâstra est erronée ; cf. *Busshin, où tous les passages tirés de ce sâstra ne mentionnent que deux corps.] (2) Brahmâ se trouve dans le nombril de Visnu ; il n'y a donc pas lieu de le mentionner à part. — La Trinité brahmanique, Trimûrti, est également identifiée aux Trois Corps de B. et aux Trois Joyaux dans un texte tantrique traduit au VIIIe siècle, Tt. 1003 11. Ce texte décru un Cercle dit de Vajrayaksa où figurent : au centre le Bs. Vainqueur des Mâra ; devant lui, le' roi Mâra ; à sa droite Mahesvara, derrière lui Brahmâ, à sa gauche Nârâyana. Puis vient un autre Cercle dit des trois frères du dieu Madhu-
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kara [td. tib. 'bran rcir byed "faiseur de miel" dans Kandjour, Ses rab vi=T. 243, sûtra dont Tt. 1003 est le commentaire ; Madhukara peut désigner Mâra, en tant que créateur de l'ivresse du printemps et de l'alcool], à savoir le roi Brahmâ, Nârâyana, et Mahesvara ; leurs images y sont disposées en forme d'arc. — Brahmâ inventeur de l'écriture. — Nirvânasûtra T. 374 vin et glose Ttt. 2128 vin : Le sûtra de Brahmâ, ce sont les Aksara [cf. *Akusatsura, *Benzenna], mot qui signifie en chinois "se répandre sans se différencier" [sk. ksar, couler], ou encore "inépuisable", ou encore "éternel" : seul le sanscrit est éternel ; les autres langues sont créées par des saints mineurs et sont réduites à néant quand la Période finit; seule, l'écriture de Brahmâ subsiste à travers les Périodes avec Brahmâ roi des dieux et son sûtra.
— Aussi T. 374 xxvi, glosé ib. : Le dieu qui a inventé l'écriture, c'est Brahmâ, créateur des voyelles du *Shittan. — Ttt. 2053 111 En Inde Genjô (Hiuan tsang) étudia l'écriture brahmique . . . L'origine en est sans commencement, on n'en connaît pas l'auteur ; au début de chaque Période, le roi Brahmâ l'enseigne d'abord aux dieux et aux hommes ; c'est pourquoi
Fig. 57. Brahmâ dans le Plan de Diamant. Cercle du Ninnaji.
Fig. 58. Brahmâ dans le Plan de Matrice Cercle du Ninnaji.
on l'appelle écriture de Brahmâ. — Ttt. 2087 11 L'écriture fut inventée à l'origine par Brahmâ, qui institua 47 lettres comme modèle. — Cf. aussi *Shittan, et sup. *Aô. — Dans la liste des 64 écritures que donne le Lalitavistara (cf. BEFEO IV, 574 sqq.), la première est appelée Brâhmî (ch. Bonsho ffî^Èt) et la dixième Brahmavallî "liane brahmique". — Brahmâ dans la légende du B. — Brahmâ est souvent associé dans les textes comme dans l'iconographie à Sakra (Indra) ; leurs noms sont combinés dans les termes Bonshaku Jfcffî ou Shakubon $f$£ ; l'un représente le Plan du Formel, l'autre celui du Désir. Ce sont eux qui accueillent le B. à sa naissance [p. ex.
Fig. 59. Brahmâ dans le Plan de Matrice. Figure extraite de l' Asabashô, VI.
Lalitavistara T. 187 m; Vin0 Mûlasarv0 T. 145 1 xx, où Brahmâ tient un parasol et Indra un chassemouche], eux aussi qui vont à sa rencontre lorsqu'il redescend du ciel des Trente-trois. Hôken (Fa hien) Ttt. 2085 et Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 iv rapportent comment le B. et les deux grands dieux descendaient sur trois escaliers parallèles, l'un fait d'or au milieu, pour le B., un autre d'argent, à droite, où Brahmâ se tenait, un chasse-mouche blanc à la main, un autre de cuivre ou de cristal, à gauche, où Indra se tenait avec un parasol de Joyaux. Pour les textes ch. sur cet épisode, souvent figuré dans l'art bouddhique, voir les références dans Bbrk. 22-23, 383-386 ; cf. aussi Foucher, Etude sur l'iconographie ] bouddhique de l'Inde, I, 157. — C'est aussi sur la
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requête de Brahmâ que le B. se décide à prêcher la Loi ; c'est le fameux brahmayâcanâ T. 190 xxxm ; T. 1428 xxxi. Un monument marquait encore à l'époque de Hôken (Fa hien) et de Genjô .(Hiuan tsang) l'emplacement de cet épisode. Références aux textes ch. Bbrk. 1 1 . — Brahmâ et Sakra sont souvent associés, dans les textes comme dans l'iconographie, aux quatre Dieux-Rois (*Tennô 3i3iL) '• ils forment ensemble le groupe le plus populaire des dieux protecteurs du bouddhisme. — Iconographie. — Dans l'Es. Brahmâ est le premier des Vingt Dieux convertis par Mahesvara et devenus les protecteurs du bouddhisme. Chacun d'eux a un nom de Diamant et une conjointe. Brahmâ a pour nom de Diamant Vajramuni et sa conjointe Brâhmî a pour nom de Diamant Vajrasânti. Brahmâ est placé dans la section extérieure de chacun des deux Cercles de Diamant et de Matrice. — (1) Cercle de Diamant. Un texte tib. td. Mnkk. 248 sq. le décrit monté sur un char à oies, ayant le corps doré, quatre faces, tenant dans les deux mains droites Diamant et chapelet et dans les deux mains gauches bâton et flacon. D'après Hizk. il tient une fleur épanouie. Cependant l'imagerie courante au Japon le représente avec une seule tête et deux mains dont la droite tient un lotus (fig. 57). — (2) Cercle de Matrice. Ttt. 1796 v décrit ainsi le Grand Brahmâ : Il est coiffé d'un chignon, et assis sur un char à sept oies ; il a quatre faces et
quatre bras ; l'une des mains droites tient un lotus et l'autre un chapelet, l'une des gauches porte un vase et l'autre fait le sceau de la lettre Orh. Hizk. 11 donne une description un peu différente, mais qui concorde avec l'imagerie traditionnelle du Japon (fig. 58-59) : quatre faces à trois yeux chacune ; l'une des mains droites tient une lance, l'autre fait le Sceau du Don de Sécurité ; l'une des mains gauches tient le lotus, et l'autre le flacon. Bzze. 111 donne une image analogue. Pour d'autres textes relatifs à la figuration de Brahmâ dans les Cercles, cf. Bbkw. 467 (Cercle du Lotus) et ib. app. m, p. 56 (Cercles de Diamant et de Matrice). — Brahmâ appartient aussi à la série es. des Douze Dieux (*Jûniten |-~ %), souvent peinte au Japon depuis l'époque de Heian (cf. Bbkw. app. il, p. 105). — On trouve au
Fig. 60. Brahmâ tenant un chasse-mouche. D'après une peinture datée de 755.
Collection du Marquis Inoue, Tôkyô.
Fig. 61. Bontenkô (Brahmî) dans le Plan de Matrice. Cercle du Ninnaji.
Japon, notamment dans les temples de Nara (cf. ib. app. Il, p. 91), de nombreuses images de Brahmâ sculptées ou peintes antérieurement à l'époque de Heian, durant laquelle furent introduits les Cercles et l'iconographie de la secte Shingon ; dans ces images non es., il n'a qu'une tête et deux bras, et il est presque toujours accompagné de Sakra et des quatre Dieux-Rois. Cf. pi. IX-X, et fig. 60. — Bontenkô ffîjljn, conjointe de Brahmâ: Ttt. 1796 11 C'est une déesse adorée dans le monde ; mais dans le bouddhisme Brahmâ, étant sans Désir, n'a pas d'épouse. Elle figure toutefois dans la section extérieure du Cercle de Matrice, à l'ouest (Brahmâ étant à l'est) ; cf. fig. 61. — Formules. — Tt. 1298 (Rituel des Douze Dieux) met Brahmâ au premier rang et le décrit, la main droite fermée sur la hanche droite, et la main gauche dressée au-dessus de l'épaule gauche avec les cinq doigts étendus ; il donne comme la Formule de ce dieu Namah samantabuddhânâm brahmana svâhâ. T. 1300 I ( = Sârdûlakarnâvadâna, Diyâv. p. 63 inf., mais le texte sk. est altéré) donne une formule "sâvitrienne" (parodie de la Sâvitrî ou Gâyatrî, la