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Quelle fut, pendant les trois années de son séjour à Munich, l'histoire de sa vie intérieure et quelles influences dut-il subir ou combattre?

L'art était alors à Munich en pleine floraison sous l'égide du roi de Bavière. C'était une de ces périodes de transition, si intéressantes pour Hebbel et où il croyait pouvoir surprendre les grands mouvements de civilisation, dégager les lois. Il voyait grandir toute une architecture moderne et une cité nouvelle naître à côté des vieux quartiers pittoresques, gardiens des antiques traditions. Louis 1°" avait entrepris d’helléniser la lourde et brumeuse capitale bavaroise : Cornelius et Moritz von Schwind exécutaient ses plans; la frise célèbre de la Pinacothèque annonçait un pendant au chefd'œuvre de Klenze, la Glyptothèque, terminée depuis longtemps. La basilique, la résidence, le palais surgissaient; les églises s’enrichissaient d'œuvres d'art’. Hebbel vit pour la première fois un Raphaël et nous savons quelle impression firent sur lui les collections des musées. Il l'écrit peu avant son départ : «ce sera pour moi à Hambourg une bien grande privation de ne pouvoir y admirer nulle part les belles œuvres de peinture et de sculpture. Quelle jouissance de parcourir les salles splendides, de se plonger dans l'esprit des temps lointains et des vieilles écoles, sans cesser d’avoir le plein sentiment du présent, de sa jeunesse et de sa nouveauté! C’est précisément l’art qui élargit l'existence et qui permet à l'individu borné de se perdre dans les horizons inaccessibles. C'est son effet le plus magnifique‘. » Mais c'est là dithyrambe de néophyte plutôt que propos de connaisseur. Hebbel est trop sincère pour abandonner alors son ancienne conviction et pour se placer devant les chefs-d'œuvre autrement qu'en admirateur novice’. Ses res-

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