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Cf. supra, 23 et suiv., et Kub, I, 114 et

idylle dont toutes les secrètes douceurs restaient innocentes. C'est l’image de Doris que Hebbel a idéalisée :

O süsses, süsses Jungfraunbild !

In Engelfrieden hingegossen!

Noch Kind, und doch so gôüttlich abgeschlossen! Demütig, sicher, stolz und mild!!

Image idéalisée et généralisée assez pour paraître l'apothéose classique de la jeune fille. R. W. Werner compare de Heine la pièce du lyrisches Intermezzo :

Dein Angesicht so lieb und schôün, Das hab ich jüngst im Traum gesehn.

Es ist so mildund engelgleich, etc. ?.

Mais nous songeons aussi à Du bist wie eine Blume : « Mir ist's als obich die Hände.. » : -

O Jungfraunbild, dich môücht ich nicht — Es wär’ mir, wie ein Raub — umfangen, Ich müchte vor dir niederknie’n und hangen An deinem Himmelsangesicht. :

On voit, que même si Heine avait fourni le modèle, la pièce de Hebbel soutiendrait la comparaison. Sans récit, ni explication, en deux quatrains de simple et bellé venue, la bien-aimée et celui qui l'aime sont opposés et nous intéressent. Puis l’action se précise (car déjà les personnages ont une tendance à se présenter à la façon du drame) :

Dann läg” ich stumm in heil’ger Scheu,

Du aber würdest fromm erglühn

Und still und kindlich bei mir niederknieen Und sinnen, wo die Heïl’ge sei.

Les critiques sont unanimes à louer la perfection de ce poème*. Un seul chicane Hebbel à propos d'une variante‘. Nous admirerons sans réserves. ;

1. Nous avons noté la prédilection de Hebbel pour les doux visages de vierges (cf. supra, 23), -et, dans ses premières poésies, plusieurs fois l’épithète d’ « ange » qu’il attribue volontiers à la « Jungfrau » (cf. supra, 49, n. 1). Pour le commentaire de tous les autres attributs cf. der junge Hebbel, 95 : « Unbewusstheit der Jungfrau », et 96.

2, Lyrik und Lyriker, 486. Werner rapproche également une autre pièce de Heine du cycle Romanzen : « Mit Brünetten hat’s ein Ende », etc., et différencie les trois techniques : Erzählung. Aufklärung, Darstellung; cbid., 487 et 488.

3. R. M. Werner, Monographie, 33: Lyrik und Lyriker, loc. cit. — Scheunert, D. j. H., 95-96. — Fischer, 68 et 77. — Engelhard, 32. ;

4. Müller (13) présente ainsi la troisième strophe dont le dernier vers était dans le recueil de 1842 : und glauben, dass Gott nahe sey : « Der Dichter fragt nun, was die Geliebte tun würde. Die Reflexion stellt sich also ein, aber sie stôrt hier nicht. Sie dient dazu,das Bild des Mädchens zu ergänzen. Die Unschuldige würde nicht die Liebe, nur die Frômmigkeit sehen und

gleichfalls niederknieen, Gott anzubeten.... Charakteristisch ist, dass Hebbel später (1856) die Schlusszeile änderte : « Und sinnen wo die Heilge sei ». Dadurch erscheint das Gedicht epigrammatisch zugespitzt : « Du bist die Heilige, die ich anbete und weisst es nicht ». Aber was hat das für einen Sinn,

dass das Mädchen nun auch nach einer Heiligen sucht, die es anbeten kônnte? » Il serait plus judicieux peut-être de se demander comment Hebbel fut amené

Quelles seront les héroïnes des autres pièces du cycle? Y verronsnous reparaître Wiebken Elvers, la mutine, dont Hebbel avait fait sa « dame » à Wesselburen et envers laquelle il se montrait si galant à tous les bals et dans ces sortes de petites cours d'amour qu'il avait organisées chez le charpentier Elvers et chez le marchand Wiese? Non, la rieuse enfant ne succédera point dans ses souvenirs à la madone doucement pensive et elle devra se contenter du Widmungsgedicht que nous connaissons!. Mais la sœur de Doris Voss, cette Emilie qui a inspiré à l'enfant une passion si précoce et profonde?, aura-t-elle, pour solde de tout compte, le grave Stammbuchblatt déjà mentionné? Hebbel nous dit que cette tendresse ne cessa de grandir jusqu’à sa dix-septième année, mais se refroidit pour toujours lorsqu'il apprit qu'Emilie s'était éprise d’un tailleur. Doris acheva alors de détrôner l’idole au cœur de. l'adolescent‘. 3

Les 2°, 3°, 4° et 5° pièces du cycle n’ont cependant pas été composées à sa mémoire, mais évoquent le souvenir de Gretchen Carstiens, que Hebbel avait aimée ainsi que sa sœur Louise”. C’est à ces quatre poésies qu'il fait allusion lorsqu'il inscrit aux recettes de l’année 1856 « de vrais morceaux lyriques du meilleur aloi qu’il se croyait aussi incapable de produire, que les derniers jours d'été de faire éclore une violette ». Elles ont été très vraisemblablement provoquées par un rêve que le poète eut, en septembre 1856, pendant un séjour dans l'antique château de Bertholdstein : « La nuit je revis en rêve Gretchen Carstens, que j'aimais à Wesselburen si passionnément et qu'on enterra il y a bien des jours! nous ne nous étions pas revus depuis longtemps, nous nous sommes donné la main et tendrement embrassés,... ce fut là, du reste, le premier baiser que je reçus d’elle, car de son vivant je n'allais jamais si loin, mais me contentais le soir de suivre du regard son ombre sur le rideau de la fenêtre ou de soulever le loquet de la porte’ ».

Dans le recueil de 1842, ïl fallait faire un bond un peu surprenant pour passer de la pièce précédente, célébrant l’amour naissant, à la suivante : Spuk, où la bien-aimée était déjà morte. Les quatre poésies de 1856 vinrent combler très heureusement la lacune. Inspirées par le souvenir de Gretchen Carstens, il est vraisemblable que Hebbel y a enfermé (hineingeheimnisst) d’autres significations qu'il faut déchiffrer comme les messages « à l'encre sympathique » et

à sa variante et pourquoi il s’y décida. Ne serait-ce pas parce qu’il voulut écarter avec le terme « Gott » un tiers personnage et renforcer l’unité de ce petit drame en ramenant l’attention au centre, qui est l’état d'âme... du poète et non pas celui de la jeune fille? 11 n’est pas nécessaire de se la représenter

« cherchant la sainte ». On peut fort bien décomposer le vers ainsi : und sinnen — (elle se demande pourquoi l'expression d’adoration dans les yeux de son ami?) wo die Heil’ge sei (elle ne voit pas la sainte que lui adore).

1. Cf. supra, 129. — 2. Cf. supra, 14, 22, 23. 3. CF. supra, 139. ;

4, T., 2520, 2867; Bw., II, 334 et note; cf. Kuh, I, 114. Sur la mort d’'Emilie cf. l’article de Bamberg (Algemeine deutsche Biographie, XI, 178).

5. Cf. supra, 23, nous lui avons vu dédier des vers à cette dernière; cf, supra, 45 et 50, note 3; cf. Werner, 20.

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