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CF. Scheunert, D. 7. H., 185 : Forbensymbolik

Doch kommen sie zur rechten Frist,

Um deinen Sarg zu decken, + Und was du warst und was du bist,

Noch einmal zu erwecken!

Die Nelken blühen mir allein Und kôünnen mich nur freuen, Um sie bei hellem Mondenschein Dir auf das Grab zu streuen.

Le 3 décembre 1836, Hebbel composa à Munich la pièce Spuk' en souvenir de Doris et de sa maison?, vide maintenant. Voici cette bluette, qu Uhland loua* et que Heine eût pu louer sans doute aussi,

car elle est tout à fait dans sa manière‘ :

Ich blicke hinab in die Gasse, Dort drüben hat sie gewohnt!

Das üde, verlassene Fenster, Wie hell bescheint’s der Mond.

Es giebt so viel zu beleuchten, O holde Stralen des Lichts, Was webt ihr denn gespenstisch Um jene Stätte des Nichts?

La pièce suivante forme transition entre Spuk dédié à Doris Voss et säûsse Täuschung qu'inspira Gretchen Carstens. Elle peut se rapporter aussi bien à l’une qu’à l’autre, puisque la mort les faucha toutes deux dans la fleur de leur première jeunesse *. Hebbel adresse ici à la chère absente un Nachruff, sonnet assez réussi pour plaire à Mürike”. Comme dans les premières poésies, nous allons rencontrer dans les pièces du recueil de 1842 dont l’origine est Wesselburen de nombreuses allusions aux rapports qu'entretiennent deux amants dont l’un seulement survitf.

Et comme si d’outre-tombe la bien-aimée avait entendu cet appel, elle vient, et ils se promènent ensemble dans le cimetière, comme autrefois. C'est la pièce sässe Tüuschung”, trop belle pour être tronquée :

1. Leipziger Musenalmanach für 1840, hrg. von Fr. Rückert, p. 171. — 2. Cette

maison du Kirchspielschreiber Voss existe encore aujourd’hui à Wesselburen, près de l’église et de l’ancien cimetière. 3. Bamberg, I, 140: Bw., 25125

et 26617, — 4, Comparer les pièces, Am fernen Horizonte (derniers vers et rythme) et So wandP ich wieder den alten Weg. (Heimkehr.) 5. Cf. Kuh, 1, 115 : « An einigen dieser Lieder haben andere als Doris

Augen Anteil gehabt, da aber ein milder Hauch sie ohne Unterschied bewegt, so hat sie der Dichter nicht je nach den blauen oder braunen Augen, denën sie ihr Dasein verdanken, geordnet ». Cf, encore supra 230, n. 3.

6. Cf. le même titre chez Uhland (Sinngedichte). — 7. L'indication ne se trouve pas dans Bamberg, IT, 378 et suiv., mais dans R. M. Werner, Anmerkungen, NII, 274; cf. la critique de Müller (14) : « Hier hat unter der Schwierigkeit der Form die Schlichtheit des Ausdrucks gelitten ».

8. Cf. Scheunert, D. j. H., 102, 103 et notes : Rapport zwischen überlebenden und verstorbenen Licbenden.

9. Morgenblatt, 7 décembre 1835, sous le titre Abendgang (cf. Bw., I, 39). Nous avons déjà indiqué (cf. supra, 230, n. 3) que la pièce date de Wesselburen, 29 septembre 1834. Kuh (1, 115) la range au nombre de celles que n’inspira pas Doris et la présente en ces termes : « Eines der duftigsten teile ich mit »; cf. Lyrik und Lyriker, 592 et Anmerkungen, 274. À propos du nouveau titre, cf. Fischer, 53 et 54 : « Hebbel gibt selbst Winke, die ausgespro-

LA

Oft, wenn ich bei der Sterne Schein Zum Kirchhof meine Schritte lenke, Und mich so tief, so ganz hinein In jene sel’ge Zeit versenke, Wie wir zusammen Hand in Hand Hier wandelten in slillem Wehe 1, Da ist es mir, als ob das Band Noch immer heiter forthestehe 2.

Wir gehen fort und immer fort Und schau’n die Grüber in der Runde, Du hast für jegliches ein Wort Und sprichst es aus mit sanftem Munde, Du sprichst vom frühen Schlafengeh’n Und von der Eitelkeit der Erde Und von dem grossen Wiederseh’n 3, Das Gott uns nicht versagen werde.

Und kommt zuletzt dein eigen Grab,

So rufst du aus : Wir müssen scheiden!

Der Vater # ruft die Tochter ab,

Wir wussten’s längst, und wollen’s leiden!

Und ruhig wandle ich hinaus,

Wie einst aus deines Vaters Garten, Wenn er dich heimrief in das Haus,

Du aber sprachst, ich solle warten. »

Matthisson a fourni à Hebbel le modèle de la description qu'ouvre la pièce suivante, intitulée Nachts :

Die dunkle Nacht hüllt Berg und Thal, Ringsum die liefste Stille;

Die Sterne zittern allzumal In ihrer Wolkenhülle;

Der Mond mit seinem rothen Schein Blickt in den finstern Bach hinein,

Der sich durch Binsen windet,

Heine, par contre, a pu inspirer le quatrain suivant :

Ich schreite in die Nacht hinaus, Entgegen jenem Schimmer,

Der aus dem forstverlornen Haus Sich stiehlt mit schwachem Flimmer 6,

chenen Gedanken problematisch zu fassen. . Am weïitesten aber geht er in süsse Tüuschung, wo er durch die Ueberschrift die in dem Gedicht aufgestellten Ideen direkt verneint. »

1. Cf. Scheunert, D. ;. H., 112, n. ?. — 2. Jbid., 103 et 104. — 3. Jbid., 47 et supra. — 4. Zbid., 49 et 133, — 5. Cf. Das Totenopfer. Fischer, 31 : Die Berge stehn so düster, Von Nebeldunst umflort; Durch banges Rohrgeflüster Rinnt schwach das Büächlein fort; Ein fernes Hirtenfeuer, Am grauen Fichtenhain, Hellt matt der Düimmrung Schleier, Wie Leichenfackelschein.

Nous avons, en traitant des « Premières Poésies », montré l'influence de Matthisson sur les pièces : der Quell, das Lied der Geister et die Toten; cf. supra, 54, 92-95 et 96 et avons rencontré des descriptions analogues au début des pièces die Nacht, Rosa, die Kindesmürderin. 6. Müller (3) le rapproche de la 5° pièce de Heimkehr; cf. v. 5 et 6. Es flimmert fern ein Lichtchen Aus dem eéinsamen Jäügerhaus.

Nous pourrions croire que le poète se rend chez sa bien-aimée, mais il prévient lui-même notre erreur :

Du glaubst, zum Liebchen schleich’ ich mich.

Il nous explique qu'il va au cimetière où elle est enterrée depuis L< S ; ; longtemps! et nous montre tous les endroits familiers qu'elle anima jadis :

Dies aber ist das kleine Haus,

Da ging sie chmals ein und aus In seligen süssen Stunden.

Nun thuts mir wohl, den Weg zu geh’n, Wo ich mich oft entzückte,

Das kleine Fenster anzuseh n,.

Wo ich sie sonst erblickte:

Die Bank zu grüssen, wo sie sass,

Den Busch, von dem sie Beeren las,

Die Blumen, die sie noch pflanzste.

Les critiques ne sont guère d'accord dans l'appréciation de ces vers : l’un y poursuit les traces de mysticisme que nous avons relevées dans de nombreuses poésies de l’adolescent?, un autre loue, par contre, l'absence de toute métaphysique, la sincérité et la pureté de l'inspiration élégiaque”; un troisième‘ insiste surtout (et c'est, à notre avis, le point de vue le plus intéressant) sur la technique. Nous n'entrerons pas dans le détail de sa dissertation sur les rapports des représentations imaginatives (Vorstellungen) et des sentiments (Gefühle), mais nous opposerons, comme lui, le jeune Hebbel à lui-même : tandis que, dans nombre de ses essais de jeunesse”, il se contente de nous présenter les « Vorstellungen » qui sont la cause ou la conséquence des sentiments à évoquer, il se contente, ici, de nous décrire une situation et de laisser les sentiments se dégager d'eux-mêmes. La situation, des détails, pourraient nous rappeler le monologue de Johanna dans la Jungfrau von Orléans et surtout das Schloss Boncourt, mais ce n’est ni à Schiller ni à Chamisso qu'il convient de songer en première ligne, et l’on ne saurait mieux apprécier ces vers qu'en les comparant à ceux du poète plus objectif qui, du reste, les loua expressément : Eduard Môürike'. L'auteur de cette comparaison cite: Früh, wann die Hühne krähn et ajoute que l’on n’a qu'à rapprocher de cette pièce celle de Hebbel pour voir toute la distance qui, même alors qu'il est le plus spontané, sépare encore ce dernier de l’autre. Sans doute! Mais qui, parlant de lyrisme, dit : Mürike, est bien près de dire : Gœthe.

1. Cf. Lyrik und Lyriker, 516 et 517. Aufklärende Darstellung. — 2. Scheupert, D. 7. H., 104 et n. 1, 2, 3. Il pourrait tirer argument de la conclusion que Hebbel indique, le 1° septembre 1838, dans son journal (T., 1291) :

Und wenn das Herz mir schwillt, wie nie, So sey’s ein Zeichen mir, dass sie Als Geist vorübersäuselt.

3. Müller, 13 et 14. — 4. Fischer, 54-56. — 5. Cf. Seknsucht (VIE, 9), Kains Klage (NVIX, 10), die Nacht (NIX, 26) et même Die Jungfrau (NI, 199) 6. Bamberg, Il, 379; cf. Fischer, 55.

La poésie suivante du cycle, Offenbarung!, fut composée à Hambourg sous la bienfaisante influence d’Elise et se rapporte à Doris Voss?. On l’a rapprochée de la pièce Nühe d'Uhland* et d’une pièce de Heine : allnächtlich im Traume*. Mais les ressemblances ne sont que superficielles, et les différences, profondes, l'éditeur critique s'empresse de le reconnaître’. La maturité de l'inspiration a dû aussi être hâtée par la lecture de l’article de Bielenberg sur l’immortalité, article dont Hebbel s’occupa du 28 juillet au 4 août 1835 (Offenbarung date du 11 août) et dont il fit la critiquef. Mais ne perdons pas de vue que le sujet est déjà un leitmotiv de son lyrisme : la « révélation » dont il s’agit ici est celle qui se produit pendant le rêve; l’âme entre alors en communication avec l'au-delà, avec le monde des esprits; or le Lied der Geister, un passage des Æinsame Kinder, la pièce die Toten, la romance der Tans,le sonnet Frage an die Seele, voilà, pour ne citer que les plus marquants, autant de jalons posés déjà’ sur la même voie et nous venons de retrouver le même thème dans Nachruf et süsse Tüuschung, sans parler des similitudes de détail. La première strophe, déjà, pourrait nous en révéler cependant plusieurs : le poète s’assied sur le tombeau de la bien-aimée et s’endort dans le parfum des fleurs, comme autrefois dans ses bras. Et elle lui apparaît en rêve. Toujours le problème des rapports d’un monde à l’autre°, et voici comment Hebbel le résout ici :

Was ich geträumt, ich weiss es nicht, Ich ahn° es nur noch kaum,

Dass du, ein himmlisches Gesicht, Mir nahe warst im Traum.

Doch, was dies flüchtge Wiederseh'n, In meiner Brust geschafft,,

Das kann die Seele wohl versteh’n, Die glüht in neuer Kraft.

Du hast der Dinge Ziel und Grund An Gottes Thron durchschaut,

Und thatest kühn mir wieder kund, Was dir der Tod vertraut.

Und wenn das grosse Losungswort Auch mit dem Traum entschwand,

So wirkt es doch im tiefsten fort, Gewaltig, unerkannt.

À propos de ces vers, la controverse reprend de plus belle entre les critiques; l’un assigne au rêve un rôle purement métaphysique :

1. Morgenblatt, 24 octobre 1835. Offenbarung an Sie; cf. Bw., I. 39 et Bornstein, Il, 345.

2. Cf. Kuh, I, 144 : « die Gestalten der Jugend suchen ihn heim, als ob Elisens Hand sie herangewinkt hâtte; die holdselige Doris kommt, um ihm aus der Welt der Abgeschiedenen den Schauer der Unendlichkeit ins Herzzu flüssen ».

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