Cf. Scheunert, D. 7. H., 102 et suiv
il rétablit la communication entre l’âme individuelle et la vie de l'univers ! ; l’autre insiste sur l'importance éthique des rapports entre la défante et le survivant et souligne la parfaite concordance de cette inspiration avec celle des premières poésies?; d’autres notent, au contraire, le flottement qui paraît caractériser la pensée de Hebbel à cette époque*. Ce flottement nous paraît être le résultat du conflit qui se poursuivait en lui entre le sentiment encore imprégné de mysticisme chrétien et la raison déjà révoltée et toute bardée de schèmes métaphysiques et esthétiques. Nous retrouvons ici les mêmes hésitations qu'mdiquaient le Zied der Geister et les pièces die Toten et Gott*. De nombreux passages du journal de cette époque ne font que les mettre en évidence”. Le centre des méditations philosophiques de Hebbel paraît bien être déjà le mystère de l’Individu : de même que la mort détruit les formes qui emprisonnent notre esprit, le rêve a, lui aussi, le pouvoir d'abolir le temps et l’espace et de rétablir la communication entre l'individu et l'univers; cette conviction persistera chez Hebbel, fondamentale, sous toutes les fluctuations de ses idées 7.
On ne peut nier que ce substratum philosophique ne soit bien lourd pour une poésie lyrique Ÿ, mais ce dont on ne saurait disconvenir non plus, c'est que la forme dont il s’enveloppe ici est d'une beauté, d'une plénitude et d'une harmonie vraiment classiques ?.
Un Nachklang ferme harmonieusement ce cycle harmonieux :
Ach, zauberische Huldgestalt, Die nie vergessen lässt,
Du hältst mit ewiger Gewalt Mich noch im Tode fest!
Le biographe raconte que Hebbel lui parla de Gretchen Carstens au cours d’une promenade au Prater et que son visage prit alors une expression de profonde tendresse enfantine; il récita avec émotion le Nachklang et ajouta qu'il datait de Wesselburen ‘?.
1. Müller, 14. — 2. Scheunert, D. 7. H., 64-69 et 106. — 3. Tibal, 88, 92 et n. 1; Zincke, 7, 114-117. — 4. Cf. supra, 94, 95, 98 et suiv. — 5. Cf. T., 72, 73, 7H, 7576,.17, 179, 80;:81,783,186,-90. 6. Cf. Scheunert, D. 7. H1., 38.
7. C£. T., 80 (30 juillet 1835) et 2367 (4 juillet 1841). Im Schlaf: « Identität zwischen Vorstellen und Seyn »; cf. encore plus tard, 2889, 3045, 3128.