FES
permet de jeter qu’un regard bien imprécis dans ce « jardin » où « forme » et « esprit » ont leur origine et se confondaient avant le dualisme terrestre !; en 1830, l'Ælegie am Grabe eines Jünglings se contente d’une rapide allusion à un « plan » divin?; en 1832, la pièce die drei grossen Tage nous offre une synthèse bien confuse d'éléments chrétiens et de conceptions hétérodoxes et ne nous éclaire guère, ni sur la genèse, ni sur les destinées de l’homme et de l’univers?; dans le Zied der Geister, de la même année, s’est manifesté le même flottement, mais sous l'influence de Hoffmann le romantisme de Hebbel a fait un nouveau pas vers le matérialisme *; un passage de la poésie die Toten nous en est un gage et le symbolisme des pièces im Garten et Gott pose le problème des rapports de l’homme et de la nature, qui va désormais passer au premier plan. Les deux quatrains de 1833 intitulés das Leben et les deux poésies de 1834 Morgen und Abend et der Schäfer s'en tiennent à la constatation du parallélisme entre la vie de la nature et celle du cœur humain et sont, nous l'avons montré, entièrement sous l'influence d'Uhland'; par contre, Nachruf et sässe Täuchung de 1834 ainsi que le sonnet Frage an die Seele de 1835 abandonnent en quelque sorte la surface du problème et creusent jusqu à la solution de Offenbarung (24 octobre 1835 $). Les trois premières pièces, en date, de notre cycle précédent Offenbarung : der Mensch 1833 ; Proteus (15 juin 1834); Gott über der Welt (début de 1835); les deux autres : das Sein et Erleuchtung sont de 1836.
Nous nous souvenons de fa controverse engagée à propos du fameux poème Naturalismus et y avons fait allusion déjà à propos du Zied der Geister°. Le point de vue que nous avons adopté alors, concernant l'influence de Schelling sur Hebbel, nous ne pouvons que le reprendre pour la genèse de la pièce der Mensch ! : admettons, avec Zincke‘!, que les développements de Neumann‘? soientsujets à caution et que des rapprochements de textes ne puissent être établis; mais n'écartons pas a priori l'influence indirecte des idées du philosophe et n'acceptons que sous bénéfice d'inventaire la thèse positive du critique, retrouvant chez Schiller "* la
1. Cf. supra, 55. — 2, Cf. supra, 42, et n'oublions pas cetle même année l'étape qui marque la nouvelle des Greises Traum (cf. supra, 94, n.3).
3. Cf. supra, 89 et suiv. — 4. Cf. supra, 92-96. 5. Cf. supra, 96. — 6. Cf. supra, 97, 98 et suiv. — 7. Cf. supra, 243, 245, 249,
8. Cf. supra, 130, 234, 235, 237. — 9. Cf. supra, 92-96, et encore, 174-5 et note 1; cf. Bornstein, 357 et 367. — 10. P. 92-94; VII, 107, 109. Bornstein (I, 367) date le poème du printemps de 1833.
11. Op. cit., 2, 3, 6, 8, 46-62. Bornstein (I, 367), commentant la lettre de
Hebbel à Ruge du 15 septembre 1852 déclare : « doch steckt das « Schelling-
sche Prinzip » eben nicht darin. Uebrigens bezichtigte auf Grund von der Mensch Wolfgang Menzel im Cottaischen Literaturblatt, N°18 (17. Februar 1845), in seiner Kritik von « Ged. 42 », Hebbel gar des jungdeutschen Hegelianismus. S. Brief an Hermann Hauff vom 8. Juli 1843. » (Bw., IL, 278.)
120 per;
13. Cf. les protestations d'autonomie de Hebbel à propos du même poème par rapport à Hegel et Schelling. Bw., Il, 278; V, 42-45 et supra, 174-175.