Cf. T., 388 (16 octobre 1836) pour la variante
9. VII, 132-134; la pièce parut dans le Bote, le 7 janvier 1836, mais elle avait été envoyée à l’éditeur Fischer dans une lettre datée du 17 décembre 1835 et que Bornstein a publiée d’abord dans les Grenzboter (71. Jahrgang, n° 13, p. 620), puis dans son édition du centenaire, Il, 179 et 359; cf. rbid., 342 : Die hier zum letzten Male angewandte Uhlandische Nibelungenstrophe (cf. supra, 78 et 115, Romance, VII, 42, et die Schlacht bei Hemmingstedt), sowie der Klopstock-Anklang im Namen Æothschild, Rœskilde. — Klopstocks Ode
. Rothschilds Gräber) weisen auf Wesselburen, vielleicht auf die Beschäftigung mit nordischer Mythologie im Oktober 1832 zurück. Ich setze das Gedicht an den Anfang der Hamburger Zeit als auf den spätest môglichen Termin. » Bornstein fait allusion ici à la lettre à Gehlsen du 9 octobre 1832 et à la mythologie de Heiberg dont nous avons parlé (cf. supra, 28 et n. 5).
formelle, l'inspiration est complètement indépendante d'Uhland, et non moins de Schiller; il ne s’agit pas ici des dieux de la Grèce mais, après nous avoir montré à. Wesselburen das Abendmahl des Herrn', Hebbel utilise à Hambourg sa connaissance de la mythologie germanique? et s'occupe des rudes figures d'Odin et de Thor. Ils apparaissent, environnés d’éclairs et de coups de tonnerre, enjambent les remparts de la ville, pénètrent par la fenêtre dans la vieille église que leur présence secoue et vident les burettes de l'autel, mais ils ne semblent pas trouver le breuvage de leur goût; après une sombre et muette visite au caveau royal, ils s’entreüennent en uh murmure puissant et confus comme le grondement de la mer et sortent, aux lueurs et au fracas de la foudre. Le spectacle du monde chrétien leur fait pitié et c’est avec un profond soupir qu'ils invoquent Ragnaroke, le crépuscule des dieux*. Le lendemain, les fidèles se sentent après le saint Sacrement « violemment incités à tous les plaisirs de la chair » :
Sie nahmen nicht die Bibeln, die Schwerter in die Hand
Und zogen in die Schenken mit ihrem Festgewand,
Es braus’te wild und glühend von Gôütterkraft und Lust
Aus den geweihten Kannen ein Sturm durch ïihre Brust!
Ne faut-il pas voir là une poésie du genre « naïf » exprimant la prédilection de Hebbel pour l’ancienne et grandiose conception des puissances farouches et libres de la nature‘?
Nous la retrouvons, encore plus explicite, dans la pièce bei einem Gewitter® qui rappelle certains motifs du Lied der Geisterf, de GottT, Proteus$, mais surtout célèbre une véritable apothéose des forces élémentaires et de leur vigueur destructrice. R. M. Werner a très judicieusement rappelé Juduh°, Tibal, rapproché un passage de Werther!"®., Les premières strophes rendent par de très heureuses personnifications le silence, en quelque sorte méditatif, qui précède le déchaînement, puis l'explosion passionnée de l'orage lorsque l'éclair flamboie et que le tonnerre hurle triomphalement. Alors, tandis que, parmi les hommes, les faibles et les timorés se terrent, les forts éprouvent voluptueusement leur parenté profonde avec les éléments :
Auch mir erblasst die heisse Wange, Auch mir durchschauert’s Mark und Bein,
Doch nur, weil ich umsonst verlange, Den Elementen gleich zu sein.
1. VIT, 122; cf. supra, 140 et 141. — 2. Cf. supra, 98, et n. 5.
&- Bornstein (11, 379) signale un rapprochement avec l’ouvrage de Heiberg que nous venons de citer (supra, 263, n. 9) : « Hier findet sich auf S. 55 eine Auseinandersetzung über den jüngsten Tag, « Ragnarokur ».… Damit wächst die Wahrscheinlichkeit, dass dies Gedicht nach Wesselburen und ins Jahr 1832 gehôrt. »
4. Sur la métaphore de l'orage déchainé cf. supra, 63 et n. 6, 7, 8, 9, 10, et encore Gott (VII, 77, début, supra, 102); Proteus, VI, 253, v. 21-24, cf. supra, 254.
5. 73, VII, 124. Modeblätter, 1835, n° 11. — 6. Cf. Scheunert, D. j. H., 293. — 7. Tibal, 91, n. 4. — 8. Jbid., 89, n. 4, et Scheunert, D. 7j. H., 218.
9. Anmerkungen, 415; cf. W., I, 213. — 10. Op. cit., 96, n. 4.
ti [er] ct
Ach! dürft auch ich in einem Blitze Verspritzen, wie’s die Wolken thun,
Was ich an Kraft und Muth besitze, Müsst’ ich auf ewig dann auch ruh’n.
Certains critiques notent le peu de place qu "occupe la pensée dans ce morceau et celle qu'y tient la description”, d’autres insistent, au contraire, sur son interprétation éthique ?. L'essentiel nous paraît être l'expression du sentiment : le sentiment est vigoureux et l'expression remarquable et il en est ainsi dans nombre de pièces de Hebbel qui, par surcroît, offrent d'intéressants LA descriptifs et donnent abondamment à penser.
Le motif du parallélisme entre la vie de la nature et celle de l’homme reparaît encore dans le sonnet Rosenleben* : la rose est comme un message que nous laisse à son départ le doux printemps", et voici comment le poète le déchiffre Ich ahne, was als Leben in Dir waltet, »% Wenn deine Blätter, wie in Wollustÿ, prangen,
Und wenn dein Duft in sehnendem Verlangen Dem Kelch entschwebt, den seine Glut gespaltet.
Et les deux tercets complètent l'explication éthique : la fleur exhale dans son parfum voluptueux le même désir immense qui emporte l'âme vers l'idéal. C’est là un motif de Proteus". Hebbel a pu le rencontrer dans Hoffmann’, mais nulle part il n’exprima avec plus de force cet idéalisme auquel il voua sa destinée même ?. Une différence cependant sépare la rose de l’homme : ce dernier, prisonnier de l’individuation, ne sera rejeté que par la mort dans le grand torrent des résurrections infinies où la fleur se trouve déjà :
Ich aber muss erst welken und vergehen, Wenn Du im Werden selbst schon unaufhaltsam Beginnen darfst ein endlos Auferstehen 10,
C’est toujours cette unité des êtres en apparence les plus divers que symbolise Horn und Flüte dont le rythme et certains motifs rappellent très nettement Heine :
Tief in des Berges Grunde, Da rubhte das Metall