‹ HebbelChapitre 160 sur 425 · Tibal, 258, n · texte numérisé non relu

Tibal, 258, n

6, P. 100, titre der junge Jäger; Morgenblatt du 17 septembre 1839, même titre ; VI, 224; cf. Bw., IV, 398, et supra, 178, n.&4.

7. T., 1231 (22 juin 1838); cf. W., VII, 418 ( Vorwort déjà cité supra, 293, n.5).

Ringsum Stille, durch das Summen Eines Käfers kaum geslôrt,

Tief genug, dass man des Schläfers Leise Athemzüge hôrt,

Dans le recueil de 1842, la pièce ne comprenait pas moins de vingt quatrains. Le remaniement ultérieur est des plus heureux qui n'hésite pas à supprimer les huit dernières strophes !, à simplifier ainsi l'intrigue et à conclure par cette image, toute grosse de mystère; le dénouement reste en suspens ; au lecteur de l'ajouter au gré de sa rêverie, de ses combinaisons personnelles, de cette collaboration poétique qu'aux yeux de Hebbel ne manque pas de provoquer tout vrai chef-d'œuvre bien vivant. L'intérêt dramatique du sujet, l'objectivité de la forme, telles sont, nous nous le rappelons, les qualités essentielles qu'il demandait au genre dont Uhland lui fournissait le modèle ?. L'importance qu'il attribuait à la puissance suggestive, évocatrice de l’image, le poète la souligne plus tard en incorporant cette ballade au groupe des Waldbilder* dont les trois autres poésies appartiennent à un recueil ultérieur et que nous étudierons dans leur ensemble.

A ces sept ballades viennent s'ajouter quatre romances. Hebbel envoie à Elise le 23 novembre 1837 der blinde Orgelspieler * pour remplacer, dit-il, der blinde Musikant : « si tu compares ces deux compositions, nées de la même idée, tu auras là une occasion d'apprendre quelque chose sur la nature de la composition poétique”. » Il nous est impossible de faire ce rapprochement instructif, ne possédant pas der blinde Musikant®. La romance qui nous est parvenue traduit une impression profonde, une réminiscence, sans doute, de « ces vieux airs qu'on entend à douze ans ? » :

In andächtiger Stille Steh’n wir, Dein frommes Spiel

Weckt in unendlicher Fülle Uns das tiefste Gefühl.

Aussi la forme est-elle d’une pureté surprenante : écouter le joueur d'orgue aveugle, c’est prier, sans doute. L'élément mystique, le problème ne laisse ici aucun résidu métaphysique, mais est complètement assimilé par le sentiment :

Ist Gott Dir aufgegangen In der ewigen Nacht?

Ward Dir darum verhangen Dunkel der Erde Pracht S ?

Sentiment du personnage de la romance, sentiment du poète, sentiment du lecteur, telle est bien, conforme aux intentions techniques

1. Cf. Anmerkungen, 282. La pièce fut récitée devant le roi de Bavière qui se fit présenter l’auteur ; cf. Bw., I, 398.

2. Cf. supra, 192, 193,. 209-213. — 3. VI, 221-226. — 4, P, 149: VIT, 154: Munich, 23 novembre 1837. Modeblätter, 1838, n° 13. — 5. Bw., I, 239, 240. ;

6. Cf. Anmerkungen, 422; une autre romance, également sur une orgue, est perdue aussi : die Teufelsorgel; cf. Bw., I, 183 (14 mars 1837).

7. Cf. supra, 2, et Kuh, I, 59; cf. aussi supra 104 et 140, les pièces die Musik et auf eine Violine. — Cf. supra, 267 et note 1,

de Hebbel!, la triple source qui paraît jaillir au fond de cette vasque d'émotion : 4 Eine der Thränen doch, Eine, Lasse der Herr Dich seh'n, Die in himmlischem Scheine Jetzt im Auge uns steh’n,

La strophe du Goldschmieds Tüchterlein reparaît dans das Bettelmädchen ? : 7

5 Das Bettelmädchen lauscht am Thor, Es friert sie gar zu sehr; Der junge Ritter tritt hervor, Er wirft ihr hin den Mantel Und spricht : « Was willst du mehr? »

La jeune mendiante reste muette :

Dann geht sie stolz und glühend 3 fort, Und lässt den Mantel liegen Und spricht : « Ich will nichis mehr ».

Le refrain pourrait avoir été inspiré par Heine‘; ce qui reste de bien hebbélien, c’est l'intensité passionnée et sombre du sentiment. Le caractère dramatique de la romance est encore plus accusé dans Versühnung, composée peut-être le 14 décembre 1836, à ce concert matinal de l’Avent que Hebbel entendit à l'église cathotique Ist nicht heute Aller-Seelen ?

Ja, ich will zur Kirche geh'n, Und was Menschen mir versagen Von dem Himmel mir erfteh'n.

C’est le thème de la jeune fille séduite, tel que nous le trouvons dans Gœthe. C’est la prière de Gretchen dans Faust et la ballade vor Gericht que rappelle du même coup le quatrain suivant :

Milde Mutter, Gnadenmutter, Neige dich und sprich sie los; Ihr Versühner und ihr Mittler Ist das Kind in ihrem Schooss 6,

On voit le sérieux profond, disons le mot, la réligiosité avec laquelle Hebbel considère comme par le passé les problèmes de l’amour et de la maternité’. C’est le même sujet que traite encore la pièce auf eine Verlassene® :

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