Cf. supra, 109 et n
2. Cf. supra, 324 et Tibal, 460; cf. encore Oskar Walzel (Deutsche Rundschau, mars 1913, p. 438).
3. P. 13; VI, 170; Hambourg, 28 août 1841. — 4. P. 135; VI, 176; Hambourg, 15 août 1841
analogies, une héroïne étrangère et un sujet étrange. Un jeune homme, en buvant du vin d'Espagne, évoque les coteaux chargés de vignes et la belle aux yeux de flamme qui exprima le Jus des grappes vermeilles ! :
Trinke alles! Sie soll kommen, Ob sie auch im Grabe ruht!
Eben schläygt die zwülfte Stunde ?, Und er leert das letzte Glas 3
Da, wie aus des Bechers Grunde #, Steigt ein Mädchen ernst und blass.
On peut comparer der Blumen Rache de Freiligrath, de rythme analogue, mais c’est avec Gæœthe que le rapprochement le plus intéressant a été fait’. Le spectre de l’'Espagnole annonce au jeune homme que le vin qu'il vient de boire est un philtre que, pour se venger d'avoir été abandonnée, elle a envoyé à l'infidèle avant de se suicider‘; Doch mein Werk blieb unvollendet, Meinen Wein, der ihn bedräut,
Hat er über’s Meer gesendet, Und du Armer trankst ihn heut7!
La néfaste bouteille cachetée voue l'innocent enthousiaste à une existence de stérile désir : il se consumera en vain pour celle qui depuis longtemps n’est que poussière et ne mourra qu'après avoir vu sa tombe. Compatissante, l'Espagnole lui offre du moins une place à côté d’elle à Séville ÿ et il s'embarque aussitôt.
Tandis, que dans Vater unser, Hebbel se glorifiait de montrer celle sorte de justice immanente, « abaissant » le scélérat au moment même où il croit « s'élever » et ramenant du même cou au bien une créature qui semblait perdue ”, il est bien difficile de voir dans la pièce précédente autre chose que le souverain caprice du hasard. De même, nous avons vu l’auteur répudier sa ballade de Munich der Priester comme n'amenant pas ce « résultat moral », cette « soudaine et imprévue libération de l'esprit moral » qui aurait dû s'ensuivre !. C’est encore pour cette raison qu’il con-
1. Cf. Scheunert, D. 7. I., 153. — 2. Cf. die Polen sollen leben (NI, 171, v. 19 et 20). — 3. Cf. das letsie Glas (VI, 144, supra, 274). — 4, Cf. der Becher (NI, 144; 3° strophe; supra, 294).
5. Fries (43) a rapproché du lied gœthéen Nachtgefühl le treizième quatrain : i
Alle diese Reben blühten, Als er mich zuerst umfing, Und die reifen Trauben glühten, Als er treulos von mir ging.
6. Cf. Scheunert, D. J. H., 95, n. 1, et supra, 57 et 112, Rosa et die Kindesmôürderin.
7. Cf. Môrike (Bamberg, II, 379) : « Ob der Zaubertrank durch einen wundersamen Zufall oder durch Absicht des Ungetreuen (welches letztere nur wahrscheinlich ist), in andere Hände kommt, sollle nicht zweifelhaft bleiben ».
8. Cf. le décor exotique, également espagnol, de la romance das Wiedersehen Cf. SET 122 et n. 6. — 9. Bw., VIII, 9: — 10. Cf: Bw., NII, 8, el supra, 300 eton, 2.
damne sa ballade Räuber und Henker! exprimant l’idée que le bourreau capable de frapper un enfant est pire que le bandit que la société prend sur elle de décapiter et sa romance eine Hinrichtung?, où l’on voit un assassin haranguer éloquemment le public et les exécuteurs hésiter avant de metire sa tête sur le billot. On a pu dire avec raison que, dans ces deux pièces, l’idée a fait violence à la forme *.
Parmi les poésies diverses de cette période, celle qui se rapproche le plus du groupe précédent est Situation *, qu'il ne faut pas confondre avec la pièce du même titre composée à Munich et avec laquelle elle offre une réelle analogie. Le motif reparaît, mais au lieu du jeune chasseur, c’est un enfant qui ici s'endort’; au lieu du braconnier, c’est un brigand qui surviènt et le rythme est tout
à fait différent et merveilleusement adapté à l'effet d'angoisse que le poète veut obtenir :
O künnt ich doch wachen, mir ist so bang!
Es ist mir, wie nie noch mein Leben lang!
4 Die Augen, die fallen ïhr zu!
Hebbel s'attache et excelle à rendre les états mystérieux et oppressés de l’âme : le pressentiment, l’effroi, le rêve. Voici comment il introduit et interpelle le malfaiteur :
Und vor ihr Bette, den Dolch in der Hand, Tritt einer, der längst vor der Thür schon stand 6; Du Düst’rer, was willst denn du?
Il nous semble entendre l'écho tragique de cette voix dans le grand silence que rythme seulement le souffle de l’innocente créature, mais son sommeil est maintenant troublé, un cauchemar agite l'enfant, puis, comme s’il voyait en rêve le danger, il passe la main sur son front couvert de moite sueur, puis sourit et repose de nouveau paisiblement; le poignard se lève (ici rêve et réalité coïncident 7), — il tremble, joint les mains et continue de dormir.
1. P. 215; VII, 181; Hambourg, 1841; cf. Bw., VHI, 8 : « Ohne Anstand abgestossen... steht im Widerspruch mit der reellen Welt; Räuber sind nicht so edel und Henker nicht so schlecht ».
9. P.. 168; VII, 184: Hambourg, 1841; dans la même letire (Bw., V, 223; cf. supra, 300, n. 2), il sacrifie der Priester et vinum sacrum, comme « grelle Phantasiestifcke ohne ticferen Kern », l’auteur ajoute : « Ich füge mit Vergnügen noch eine Hinrichtung und Räuber und Henker, dessen sie nicht erwähnen, hinzu cf. le commentaire d’Oskar Walzel (Deutsche Rundschau, mars 1913, p. 445-447).