‹ HebbelChapitre 196 sur 425 · PRE · texte numérisé non relu

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méditation au point de ne plus voir qu’elle!. Nous reculerons, cependant, devant la trop systématique antithèse que voici : « Uhland montre l'objet dans ses rapports avec le sujet, Hebbel montre le sujet à l'occasion de l’objet. l’un apporte des symboles, lPautre des lois? ». Il y a dans ce jugement une grande part de vérité, à condition de ne pas pousser les choses à l'extrême, et l'extrême nous paraît être Schiller. Les mêmes critiques® qui n'hésitent pas à prononcer l'assimilation s'accordent à reconnaître pourtant un fait qui sépare Hebbel de Schiller : c’est que le premier part de la réalité pour y découvrir l’idée, tandis que le second part de l’idée pour en découvrir la manifestation dans la réalité. Or il y a là justement toute la différence entre le faux et le vrai poète, la remarque émane de Gœtheÿ, et M. Tibal semble plus loin s’y rallier tout à faitf. [l termine toutefois par cette citation de R. M. Werner : « Hebbel médite, Schiller fait de l’allégorie..…. Mais Schiller et Hebbel se distinguent des autres poètes en ce qu'ils mettent en lumière certaines grandes idées, normes et lois, en ce qu'ils se reportent à un univers qui est caché derrière les phénomènes; dans leur poésie lyrique, ils expriment l'éternel". » Encore le critique français omet-il une partie, compromettante pour ses propres conclusions, du passage qu'il choisit. R. M. Werner continue en effet, à la place du pointillé de la citation précédente : « Bei Hebbel Gefühls- und Gedankenerlebnis, bei Schiller Gedankenerlebniss ». Cette déclaration nous paraît atténuer sensiblement, et très Judicieusement, l'affirmation que, chez Hebbel, « l'intelligence l'emportait toujours sur le cœur et la réflexion sur le sentiment ».

Nous venons de voir comment à la contemplation émue succède la méditation, mais nous avions inversement remarqué” que chez Hebbel la spéculation philosophique ne prime pas l'intuition poé-

1. Cf. T., 1702 et 1702, a, b,.c, d. — 2. Lyrik und Lyriker, 290.

3. R. M. Werner : « Von Hebbel hat Scherer leider nicht sprechen kônnen.…, aber wir dürfen nicht zweifeln, dass er Hebbels Lyrik der subjektiven, inneren Form beigezählt hätte ». (Zyrtk und Lyriker, 289); cf. Tibal, 260 : « Il suit de là que bien plus qu'à Gœthe ou à Uhland, Hebbel ressemble à Schiller dont il a dit tant de mal et la « réflexion » dont il ne se lassaït pas d’énumérer les méfaits dans la poésie lyrique s’est vengée en infectant ses propres productions »; cf. la longue dissertation esthétique moins limpide que sa solide monographie et que son admirable édilion par laquelle R. M. Werner essaie de préciser (cf. Lyrik und Lyriker, toute la seconde moitié de la p. 289) et Fischer : T'heorie der Hebbelschen Gedankenlyrik, 45-51,

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