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ROME

Hebbel devait passer en Italie toute une année, mais ce séjour, commencé sous les auspices de la maladie et des soucis?, lui fut complètement gâté par le climat malsain et la misère.

La vie n'était cependant pas chère à Rome, et il se soumit complètement, dès son arrivée, au régime italien; par économie encore il s'installa dans une vilaine chambre sombre et humide, dans le voisinage du Corso. Tous ces calculs se retournèrent contre lui. Pour comble d'infortune, il pleuvait fréquemment et jusqu’à son départ le poète ne cessa de déplorer les brusques variations de la température ÿ.

La vue du ciel bleu le consolait parfois et il ne trouvait alors pas d'expressions pour rendre son allégresse devant cette débauche d'azur; quand il fait beau, il parle d'un « temps divin » et sous ce ciel de printemps, les environs de Rome lui paraissent un véritable paradis. « Jamais, écrit-il, je n’ai éprouvé comme ici que je suis tout comme le jour, serein et clair ou bien sombre et nuageux comme lui#, »

Il parle avec une certaine ironie des Romains, note leur patriotisme, mais aussi leurs mœurs étranges et pittoresques. Rome même lui plaît moins que Paris. Sans doute il admire le Colisée, le Panthéon, Saint-Pierre, la Chapelle Sixtine, le Vaticanf, sans doute il contemple les chefs-d'œuvre de Raphaël, de Guido Reni, de Michel-Ange? et s’extasie devant l’Apollon du Belvédère, le groupe du Laocoon et surtout la Juno Ludovisif. Jamais il ne

s’abandonne à un enthousiasme de dilettante, cherchant au con- -

traire à se rendre un compte exact de tout ce qui le frappe, se gardant de toute admiration conventionnelle ?.

1: Pour les détails de ce voyage, voir Reisecindrücke (Ein Diarium), 1850. W., X, 22-45; voir aussi, Bw., Ill, 164-166; Tibal, 682 et Kuh, II, 108-110.

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