T., 2999; Zinkernagel, loc. cit
6. Cf. supra, 178; et Dr. Albert MalteWagner : Das Drama Friedrich Hebbels, op. cit, p. 469-479, Hebbels ethische Persônlichkeit im Rahmen seiner Zeit und als Voraussetzung séiner Kunst.
7. Cf. Adolf Grote, Hebbels Schatten, op. cit., 98 : « In diesem seinen Grundmotiv, dieser von Anfang an die ästhetischen Erwägungen Hebhbels leitenden Tendenz, in dieser Richtung auf die Rechtfertigung des Wertes der Kunst, liegt der klassische Charakter des Hebbelschen Denkens », etc., cf. cbid., 1,
8. Cf, VIT, 53 (22 juillet 1831) et Bw., IL, 255 (29 juillet 1845).
9. Bamberg dans son article de l’al{gemeine deutsche Biographie, p. 85 se contente d’effleurer ce dernier point, mais à propos des rapports de la poésie et de la vie du poète, il pose et discute quelques pages plus haut (ibid., 180)
ce point en étudiant le lyrisme de Hebbel de 1842 à 1848. Bornonsnous pour l'instant, après avoir aperçu la tendance essentielle de son esthétique, à en établir la genèse et à en décrire la structure.
EETS
D'abord on ne saurait trop insister sur la défiance de Hebbel à l'endroit de la philosophie. Pas un instant elle ne se dément pendant cette période de 1842 à 1848 et sa conviction directrice semble bien être que le « pourquoi » des choses nous échappe et qu’il faut nous résigner à n’en connaître que le « comment ! ». Le dernier mot sera donc aux poètes. Des philosophes de l'antiquité, Platon paraît l'intéresser avant tous les autres. Il connaît un peu les modernes : Hamann et Jacobi, Strauss et Bruno Bauer, &Feuerbach dont il mentionne l'exposé de la philosophie de Leibniz et l’histoire de la philosophie, Arnold Ruge et Jacob Bühme?. Mais ce sont surtout les grands champions de la philosophie allemande qui sollicitent sa curiosité : Kant et Hegel’. Hebbel estime Kant autant qu'il méprise ses successeurs, parce qu'il considère le maitre comme un virtuose de la pensée et ses disciples comme des dilettantes ‘. Il s'occupe sans cesse de Hegel, admire fort sa dialectique et s’enorgueillit d’être d'accord avec lui sur tel ou tel point d'esthétique, mais il critique son mauvais style, sa conception d’une nature inconsciente et surtout réfute âprement ses théories concernant les rapports de la philosophie et de l’art. Si Kant, lui aussi, est finalement rejeté, c'est du même point de vue. Les questions méthaphysiques sont loin de laisser Hebbel
l’intéressante question que voici : « Hier. entsteht nun aber die Frage, ob die absolute Zusammengehôrigkeit des wirklichen Lebens mit der Kunst, wie sie bei Hebbel zum Vorschein kommt, dem Hervorbringen wirklich geläuterter Kunstwerke fôrderlich ist odef nicht ». Il se déclare, à ce propos, de l'opinion de Heine (cf. encore Bamberg, I, 269 et note) : « ich bedaure heute noch, dass der Umgang mit Heinrich Heine, der mir wiederholt versicherte, dass das innere Leben des Dichters mit seiner Poesie durchaus nichts zu schaflen hat, mich zur Vernichtung dieser Jugendschrift, der die gegenteilige These zu Grunde lag, veranlasste ». On pourrait lui objecter la conception gœthéenne de Wahrheit und Dichtung et rapprocher la prédilection de Gœthe pour le « hineingeheimnisst » de celle de Hebbel; cf. Paul Bastigr, ésotérisme, op. cit. À propos des rapports du lyrisme et du drame, Tibal (645, n. 3) rapproche l'esthétique de Hebbel de celle de Hegel.
1. Cf. T., 2569 (30 juin 1842) « nicht das Welträtsel lässt sich entziffern, aber es lässt sich vielleicht noch beweisen, warum dies nicht môglich ist; et T., 886 (3 septembre 1837); cf. W., XI, 29 et les autres passages des dissertations citées plus haut. Voir subdivision 1 de ce chapitre; cf. enfin la condamnation de Hegel, W., XI, 165 (1848-1849).
2, T., 2635, 2938, 3250, 3323, ligne 72 et suiv., 3780, 3951, 3960, 4315; Bw., II, 167, 178, 179. — 3, Le journal ne consacre à Spinoza qu’un aphorisme insignifiant (T., 4321).
h. T., 3037, 3050, 3886, 3888, 3898, 3927, 4119; cf. Adolf Grote, Hebbels Schatten, p.21. — 5. Bw., Il, 144; III, 27, 315; T., 3088, 3137, 3290, 3321, 3391, 3674, 3943, ligne 115 et suiv., 3378, 4066; cf. Kulke, 75 et suiv.
6. Cf. T., 3725; Hebhbel paraît avoir connu Kant d’abord par l'intermédiaire des collégiens de Hambourg, cf. Krilik zu Kuhnhardts Aufsatz über die Ein-
indifférent, mais sur ce terrain, il ne s’avance guère : « la seule vérité que la vie m'ait apprise, c’est que l'homme ne parvient jamais à une conviction immuable et que tous ses jugements ne sont jamais que des décisions, des résolutions de voir la chose sous tel ou tel aspect ». N
Quelles sont donc ses « résolutions » à lui? Son éthique est fondée tout entière sur sa conception des rapports de l'individu et de l'univers. Le problème de l'individuation demeure à ses yeux le mystère unique et la loi suprême imposée à la nature ellemême? « La vie tout.entière est vain effort de l'individu pour acquérir une forme’. » D’autres passages rappellent le titanisme de Faust, sa soif de vie intense et de connaissance profonde, et cette ardeur s’apaise, comme chez Gœthe, jusqu’à la modération de l’utilitarisme #. À Copenhague et à Hambourg, ce sont plus que jamais les limites de l'individu qui apparaissent à Hebbel et son panthéisme évolue dans la direction où nous l'avons vu engagé en 18425, « Ma philosophie d’à présent, écrit-il, pendant l'hiver de l’année 1843, la voici : il n’y a qu’une nécessité, c’est que le monde existe; comment s’y trouvent les individus, cela n’a aucune importance. » « Les hommes sont comme les feuilles », chantait l’aède grec. « L'arbre, s’écrie le poète allemand, surabonde de feuilles et l’univers d'hommes‘. » Hebbel se rencontre ici avec Gœthe et Schopenhauer’, mais il franchit toute la distance qui sépare Homère de Nietzsche, lorsqu'à la mort de Max il écrit à Elise éplorée : « cet être fut de toute éternité, car tout est originel, rien ne devient, seules les formes changent, donc il sera aussi éternellement et tu le retrouveras d’une façon ou de l’autre, avec ou sans conscience, peu importe“ ». Les deux pôles de sa conception de la vie sont donc toujours un véritable mysticisme panthéistique * et, d’autre part, l’'obsession, on ne peut pas dire avant la lettre — puisque Gœthe a déjà fourni la chose et le mot — du surhomme {°. L'üBors est dans ce pantragisme la faute tragique; la teilung der Geistesvermügen et zu Bielenbergs Aufsatz über Unsterblichkeit (W., IX, 26, 60); T., 74, 80 et Bornstein® Il, 341. 1. T., 3718; cf. T., 2618 et 3759 ; Hebbel préférait Solger à Hegel et à Schelling parce qu’il accordait dans son esthétique une plus grande importance à l'art qu’à la philosophie pure; cf. à ce sujet Tibal, op. cit., chapitre des
influences (633-668) et en particulier la page 638; cf. aussi Grote, Hebbels Schatten, p. 20.
2. T., 2651, 2691. — 3. T., 2756 (18 août 1843); cf. supra, 341 : Ich rang mit der Natur.……. S
4. T., 2760, 2:61, 2770. — 5. Cf. supra, 163-166 et T., 2664, 2697, 2700, 2716, 2731-2782, 2759, 2768, 2784. — 6. T., 2828: Bw., II, 329.
7. Cf. Harpf, Phil, Monatshefte, VIII, 473 et suiv.; et Kuike, 47 : « Hebbel, der sich sonst von den abstracten Darstellungen der Philosophie mehr ab-
gestossen als angezogen fühlte, fand bei Schopenhauer eine Quelle innigen Genusses ». Cf. T., 2881 et 4333.
8. Bw., II, 340-341; cf. encore T., 3192 et 3989, — 9. T., 2803, 2894, 2949, 2969, 2975, 3004, 3041, 3042, 3077, 3094, 3107, 3108, 3110, 3139, 3148.
10. Cf. supra, 181-182 et T., 2982, 2992, 3063, 3130, 3226, 3264; cf. encore Tibal, 517 et Paul Bastier, l’ésotérisme de Hebbel, 51-52. Si Hebbhel, à cette époque encore, ne s'écarte guère des conceptions du monde et de l'art gœthéennes on peut dire que dans la moitié de son éthique concernant l’in-
liberté humaine n'est point anéantie par la nécessité cosmique, mais ne figure que comme force dans un système de forces!.
En Italie, la pensée de Hebbel paraît s'attacher davantage à l’Individu et moins au Cosmos. L'artiste comprend le monde et s’égale aux rois ?. Enfin nous avons vu à Vienne l’homme « considérer le navire sur lequel il se trouve, au lieu de l’océan qui le porte ». Christine achève l’œuvre de la Muse et après que les voyages ont enseigné que « la maison n’est point l’univers », elle démontre que « l'univers n’est point la maison? ». En un mot, l’individualisme de Hebbel se concrétise et l’on peut suivre cette évolution au fil du journal. Le destin conçu comme loi abstraite fait place à un hasard très élargi; les hypothèses concernant la notion de Dieu évoluent dans le sens du spiritualisme ; la voie déterministe apparaît à l'artiste de moins en moins simple et commode, pleine d’écueils ÿ. Il semble bien que, pour la préciser, Hebbel restreigne le champ de ses investigations et qu'après avoir conçu autour de l'individu une série de concentriques, son attention se porte moins à la périphérie et explore de préférence les cercles intérieurs. C’est ainsi que l’antagonisme de l'individu et de l’univers est maintenant aperçu dans le conflit que chacun de nous doit soutenir contre la société. À égale distance d’un optimisme béat et d’un pessimisme aveuli, Hebbel considère son énergie pour apprécier sa liberté et ses limites pour estimer sa responsabilité 5.
dividu il force à présent la note presque jusqu’à Nietzsche : non seulement il répudie toute fausse modestie, tout hypocrite modérantisme (T., 2764, 2765, 3563, 3727); non seulement il affirme crânement son point de vue égoïste (T., 2637, 2975, 3098); non seulement il s’élève contre le « mal du siècle », prône la joie de vivre et pousse très loin les préoccupations hygiéniques (T., 3030; 3768, 4300, 4328; Bw., III, 55); mais il combat les masques sociaux et les mœurs à la mode, conçoit la précocité des conventionnelles vertus et se met en quête d’un « nouveau monde moral » (Bw., IN, 160; T., 2652, 2977, 3032, 3063, 3833). Mais d’autre part nous savons quels instincts et quelles circonstances firent contrepoids à cet élan individualiste. Comme Hebbel possède à un haut degré le sens des limites, il oppose « Ja majesté de l’homme » à l’abjection de l’animal (T., 4036); il ne se débarrasse pas du préjugé de la justice qu’il met au-dessus de l'existence (T., 3933), il identifie bien la Force et la Vie, mais il s’écrie ailleurs : « le Travail, c’est tout ». (T., 3948 et 3985.) Et sa modestie est encore plus grande que celle de Nietzsche en ce qu'il n’excommunie point la femme : « L'homme dispose de tout, sauf de son cœur. Il ne peut pas aimer quand il veut » (T., 4046). Sous l’influence de la vie bourgeoise, de son mariage, de l’amélioration de sa fortune, ce Zara- ,thustra in spe finira en père de famille en somme satisfait, opposant les douceurs du foyer aux attraits de l’océan, s’abandonnant davantage à l’amitié et à l'amour et les considérant comme un refuge contre la solitude (T., 2708, 2735, 3702, 3812 a). ; - 1. Cf. T., 3158, 3258 et Collin, Grenzboten du 18 janvier 189%, p. 149 : « dem Gesetz bleibt die Menschheiïit unterworfen, aber im Menschen selbst wohnt ein Recht, das ebenso wenig verletzt werden darf ».
2, T., 3466, 3518; cf. plus tard, 3584, 4258, 5761, 6206, etc. — 3. T., 3572, 3810 a et supra, 419.
4, Cf. T., 3689, 3691, 3694, 3736, 3750, 3752, 3774, 3794, 3842, 3850, 3852, 3914, 3988-3990, 4005, 4019 a, 4039, 4079, 4083, 4111, 4137, 4lk1, 4166.
5. F., 2759, 2784, 3739, 8865, 3931, 4285; cf. le spiritualisme de T., 3751 et le matérialisme de T., 4043.
La caducité des individus lui est une marque de la fécondité souveraine du monde, mais il lui paraît y avoir différence de nature entre la pullulante vermine et le lion rare. Raison de plus, du reste, pour démasquer le faux héroïsme et dénoncer les mensonges conventionnels {.
Un flottement se produit à cette époque dans les dispositions religieuses de Hebbel. Sa négation est bien moins âpre que pendant la période malheureuse de Munich ?. Sans doute, il combat toujours l'hypocrisie et n’épargne guère les Tartuffes de l’orthodoxie?, il met les juifs et les chrétiens au même niveau et s’efforce d'établir leurs rapports de parenté et de ressemblance“, son aversion pour la « prêtraille » (die Pfaffen) est restée la même et il raille sans ménagement les cérémonies du culte catholique. Mais il se garde d'oublier que l’apologue de la besace définit une vérité aussi humaine que catholique et il ajoute : « à quoi bon tant de paroles, à propos de simagrées qui se trouvent aussi bien chez les protestants que chez les catholiques, seulement sous des formes plus guindées l? » Certaines légendes mahométanes l’intéressent au même point de vue’. Il lit la Bible, mais l'interprète tantôt avec respect, tantôt irrévérencieusement$. À l’anthropocentrisme, il oppose le « téniacentrisme » et n'hésite pas à déclarer que l’homme n’est qu'une bête. Cependant nous venons de relever des velléités de spiritualisme et pouvons y ajouter des ébauches de définitions de Dieu et de ses attributs à l’image de l’homme, Hebbel avouant bien qu'un Christ ne saurait être représenté, mais déclarant ensuite que l'union de tous les hommes réaliserait la divinité !°. Au fond, ce-qui demeure fixe et ferme dans sa religiosité, ce sont les deux tendances fondamentales qui lui étaient innées : la recherche des causes dernières et d’une justice logique et le « besoin d'admirer et de vénérer »; plus que les insignes pontificaux, les cheveux blancs du pape « qu’on ne voit pas sous la tiare » le frappent de respect, comme tout ce qui est humain, tandis que les singeries sacrées le faissent froid."
La nature, elle aussi, ne semble guère intéresser Hebbel qu'au point de vue humain et si nous ne possédions que son journal et ses lettres, l'initiation de Heïdelberg nous paraîtrait avoir manqué son but. À peine trouvons-nous çà et là un aphorisme où se manifeste l’étonnement de l'artiste devant la fécondité prodigieuse et la maestria souveraine de la nature, où perce une pointe de curiosité scientifique !”. Ce ne sont à Paris que variations métaphysiques sur les thèmes : durée — immortalité, conscient — inconscient 1, à Rome
1. T., 4263, 4265, 4298, 4313, 4316. — 9, Cf. supra, 176 et suiv. — 3. T., 3396, 3399, 3333, 3334.
k. CE. T., 2,06, 3250, 3271, 4041, 4161; ef. Werner, 202; nous avons vu plus haut comment Bamberg le réconcilia avec les Juifs; cf. supra, 397.
5. T:,138680;:Bw., 111, 216, 253 GT 2077:1B vw. Il, 217. 17. CFA, 4042 et L. À. Frankl, Arabische Legenden. Ges. poet. Werke, Wien, 1880.
8. T., 3013, 3115, 3303, 3756; Bw., III, 97. —"9. T., 2678, 2679, 3764. — 10. T., 3420, 3756, 3760, 4048 et supra, 439, n. 5. — 11. T., 3442, 3448; Bw., II, 215, 217. — 12, T., 2866; 3167, 3198. — 13. T., 2869, 2888, 2911, 2920, 3036,
et à Vienne que répétitions du leitmotiv : « Art : Nature concentrée; Nature : Art élargi ! ». Il se demande maintenant : « Comment se fait-il que dans la seconde moitié de la vie on se sente plus attiré par la nature (ce qui est le cas pour moi) et dans la première plutôt vers l’art? » Et il y fait la réponse : « Sans doute parce que par l’image concentrée on s’est acquis la faculté de recevoir en soi le grand Tout lui-même? ». Ce qui le sollicite irrésistiblement, c'est l'interprétation philosophique de la nature’. Il ne se fait pas faute, après avoir répudié le mysticisme chrétien ‘, de donner lui-même de temps en temps dans un très mystique impressionnisme; tous les états du subconscient et de l'hyperconscient, le sommeil, le rêve, la folie, l'excitation ou la dépression psychologiques, les préliminaires du suicide, la mort, etc. retiennent plus que jamais sa méditation, La pensée de Hebbel connaît toute la gymnastique romantique, depuis la claire, lucide, parfois même banale analyse, jus-
u'à la rêverie sensuelle, la torpeur alanguie d’où émanent les visions de l’androgyne 7. En même temps que son individualisme s'affirme, se déclarent aussi toutes les tendances qui caractérisent le « Grübler » quelquefois las, jamais satisfait, plus excentrique et original que méthodique, ami des voies détournées et des recoins sombres. À la fin comme au début de cette période, l'imagination du poète travaille sur le réel, mais pour n'y puiser toujours que les éléments de son pansymbolismef. Le 30 janvier 1847, Hebbel affirme encore une fois que « sa mission vitale est de représenter l’état actuel du monde tel qu'il est d’après son évolution” ». S'il n’a pu se résigner au feuilletonisme, c’est que le temps et l’espace ne sauraient emprisonner sa fantaisie protéique !’ et de même qu'exté- ‘rieurement le monde et l'éternité restent son domaine, l’introspection lui révèlera les profondeurs infinies de l’âme, elle répond au même besoin et a le même rôle !!; Son sort ne saurait donc être lié au sort de telle ou telle nationalité. L’art vrai, celui qui survit à tous les changements, est précisément celui qui exprime les transformations fondamentales et les états essentiels de l'humanité. Sans doute, l'œuvre émane, doit émaner d’un individu qui l'anime, lui communique sa vie organique, maïs l'artiste doit bien se garder de rien donner de lui-même qui soit accidentel ou contingent et ne
3140, 3141, 3155, etc. — 1. Cf. d'une part T., 3003, 3039, 3140 et supra, 428. — 2! T., 3913 (19 janvier 1847). — 3. Cf. T., 3401, 3435, 3483, 3627, 3648, 3767, 3790, 4066, 4140, ete. — 4. Cf. T., 3711: Bw., III, 70-71. -
5. Il faudrait citer une centaine d’aphorismes; voir les tables du journal ot de la correspondance de 1842 à 1848 aux rubriques en question.
6. T:, 3625, 3626, 3685, 3725, et encore 3299, 3307, 3312, 3378, 3422, 3494, 4069, 4070, 4095. :
7. Cf. T., 3395, 3393, 3441, 8443, 3446, 8449, 3475, 3519, 3554, 3557, 3609, 3624, 3635, 3879, 4139, 4149. ; . es
8. Cf. encore T., 3666, 3732, 3757, 3766, 3808, 3903, 3945, 3959, 1026, 4027, 4117, 4157, 4213, 4943 et Lyrik und Lyriker, 279-280.
9, Cf. T., 3943, ligne 90 et suiv.; Bw., IV, 7 et supra, 427. — 10, Bw., INT, 114; T., 2958, 3831, 3881, 4094.
11. Bw., II, 118; T., 3047, 3191; cf. Victor Hehn : Gedanken über Gæthe. Naturformen des Menschenlebens, 244 et encore über Gleichnisse, T., 3669.
pas perdre de vue que sa tâche consiste à « représenter les modifications de la nature humaine dans leurs rapports nécessaires de façon à ce que sa production se présente comme toute cristallisation physique qui dépend de certaines conditions données !, » « Il est très regrettable, déclare Hebbel à Rome, qu’en disant une chose on ne puisse pas. en même temps, dire l’autre. Des hommes qui auraient autant de bouches qu'ils ont de pores ne seraient cependant point à même de tenir compte de tous les aspects du moindre objet de façon à ne faire tort à aucun?. » Et à Vienne il s’écrie : « Là où toutes les limites se coupent, où toutes les antinomies se rencontrent, là est le point d’où jaillitla vie*». S | L'art demeure donc, en même temps que « la valeur » suprême, le moyen de réalisation le plus efficace. Il est une religion. Aussi Hebbel se montre-t-il l'ennemi de tous les êtres médiocres, des philistins épais et des pédants ennuyeux, mais surtout des faux talents, poètes de pacotille et d'intrigue, dilettantes de tout acabit'. Il s'élève contre la barbarie de l'Allemagne moderne, non point qu'il conseille au poète de se désintéresser de son pays et de son temps, mais parce qu'il lui semble que la grande masse de ses compatriotes ne demande pas de profondeur, mais des productions vastes et superficielles (nicht Tiefe, sondern Breite) et que l’art en faveur ne coïncide pas avec l’art véritable ÿ. Il n’est pas sans avoir réfléchi sur
la critique et déclare même qu'il faut savoir tirer part des reproches
d'autrui. Aussi préfère-t-il, nous l’avons vu, un blâme net de Rôtscher et de Vischer à tous les éloges sans compétence et sans sincérité ©. Mais la plupart des critiques modernes sont des envieux. Du reste, Hebbel a une tendance à mépriser la gent critique en général et demande à être jugé par ses pairs. C’est que, tandis que les censeurs s’en tiennent d'ordinaire à leurs considérations négatives et ne goûtent point « la chair de la prune », préoccupés qu'ils sont d’en extraire l'acide prussique, le poète, au contraire, s'attache à suivre l’évolution de ce qu’il examine et à reconstituer dans sa totalité la personnalité qu'il veut soumettre à un jugement.
Les principes de l'esthétique que nous avons déjà définie en 1842 prennent donc encore plus de netteté et de force. Hebbel demande avant tout à l’art et à la poésie d’être vrais, sincères, vécus. La naïveté du poète doit le faire participer à la fois d’une ingénuité comparable à celle de l'enfant et d’une souveraineté plus réelle que celle des rois ?. Il ne poursuit ni l'intérêt, ni la gloire, ni le succès purement extérieur; le propre de l’art véritable est d’être
1. Cf. Bw., IV, 69; W., XII, 61, ligne 14; T., 2873, 2901, 3211, 3453,-3865, 4132, 4150. — 2. T., 8305.
3. T., 3732; pour d’autres exemples de Grübelei, cf. T., 3927 et Lyrik und Lyriker, 287, 288, 351. — 4. T., 2948, 2949, 3301, 3318, 3331, 3341, 3509, 3657, 3770, 3792; W., XI, 61. — 5. Bw., III, 348-349; T., 3039, 3927, 3030.
6. T., 3697, 3698, 3865, 3964; sur Rôtscher, cf. Tibal, 641-642, 652-658; sur Vischer, cf. Kuh, IT, 80-85. — 7. Bw., III, 167,221, 337: IV, 47; ID, 2683, 3394 3692, 3943, ligne 120 et suiv., 4029, 4118, 4258. Î
8. Bw., II, 210; III, 98-99; T., 2786, 3003, 3039, 3714, 4040, 4133, 4140, 49492.