VI, 294 et suiv
3. Cf. à part la poésie die Rosen déja mentionnée, les cycles : Gott-Mensch- Natur, dem Schmerz sein Recht et la pièce Requiem; supra, 250 et suiv., 282 et suiv., 331. R. M. Werner se montre, à notre avis, très indulgent dans l’appréciation de la pièce, cf. Lyrik und Lyriker, 63 : « In diesem gedankenschweren,. aber nicht ganz glücklichen Werke, vereinigen sich nun Hebbels Grübeleien, der letzten Jahre »; cf. les jugements beaucoup plus sévères de Kuh, II, 56-57 : «- Mystisch-pantheistische Pfropfreiser auf Schellingschem Stamm. Ausdrücklich nennt Schelling einmal die Natur : gefrornen Geist (cf. v. 67). Nie war Hebbel kälter als diesmal, wo er recht warm zu sein glaubte, nie abstrakter, als bei diesem Anlass konkretesten Leids », et Tibal, 693 : « Hebbel n’a rien écrit de poétiquement plus atroce ». Au sujet de la forme, cf. Hebbel, T., 2944: « Ich habe mich darin zum ersten Mal in der Terzinen-Form versucht und diese Form sehr lieb gewonnen, sie ist wie eine Glocke, die freilich nur von einem Mann, nie von einem Kinde in Bewegung gesetzt werden kann », cf. cependant encore Bw., IV, 86 où l’auteur confesse l’infériorité, au moins relative, de ces tercets. Müller (7 et note) les oppose à ceux de la Genoreva de Tieck qui admettent des rimes masculines et féminines et les rapproche de ceux de Gœthe : ün ernsten Beinhaus (Bet Betrachtung von Schillers Schädel) qui n’ont que des féminines.
4, 10, 12 et 18 tercets.
5. Scheunert (D. ;. 1., 31 et n. 1) rapproche l’expression das Wort der Worte au v. 18 de das abgeschiedene Kind et au v. 17 du Kôünigssohn, supra, 309.
6. Cf. Bürger : Lenore : « mit Gott im Himmel had'’re nicht » et supra, 374 et n, 8.
franchi pour jouir enfin de la liberté. Mais le prisonnier anxieux préfère rester blotti dans le cachot qui menace ruine. Il ne comprend pas plus la béatitude suprême de l'initié que celui-ci ne peut ensuite concevoir la douleur des survivants. Une fois dépouillée de la forme! misérable, l'âme ne saurait plus s’asservir à aucune et accepter encore un vil compromis avec la poussière®. Et la troisième partie développe un aphorisme du Journal du
5 janvier 1843 déjà mis en vers et le reprend dans la formule suivante, qui est comme le centre du poème :
Denn alles Leben ist gefror’ne Liebe,
Vereis’ter Gotteshauch 3.
Ce souffle anime l’infinie variété des formes contingentes et, de cercle en cercle, s'éloigne de plus en plus du noumène pour arriver en quelque sorte au centre phénoménal, mais là il ne lui reste qu’à s'évader et à s'unir à nouveau au grand souffle d’où il émane. Le départ entre les méchants et les bons sera précisément que les premiers, dans leur médiocrité stupide, voudraient, pour échapper à la loi, se fixer et s’éterniser en un déchet, tandis que ceux-ci, con-
scients de leur origine et de leur destinée, s'empressent au-devant
du Créateur et collaborent avec lui :
O dass sich, die noch leben, hieran mahnten, Und so, durch eigne Kraft heraus sich schälend . Den Weg zur Welt- und Selbsterlüsung bahnten #.
Suit un passage à propos duquel Hebbel conclut une sorte de compromis avec Uechtritz tandis qu’il accuse Ruge de sectarisme , Ce n’est qu'après que le dernier des individus aura fourni l'effort cosmique que le seuil des mystères sera franchi :
Auch wird uns erst der Uebergang erklären,
Wozu im Ewig-Einen dies Zerspliltern 6; Etait-ce la voie nécessaire à la défaite du mal, définitivement confondu devant sa propre impuissance? — ou bien Dieu voulut-il simplement prendre conscience de lui-même en s'objectivant? Les antinomies terrestres n'indiqueraient alors point une faute humaine, mais correspondraient à ce besoin de la divinité de créer, « selon des plans mystiques », un dualisme initial de tous les autres, qui seraient alors tous réduits et résolus d’un seul coup en même temps que Dieu rentrerait en lui-même’. Nous redeviendrions alors ce