‹ HebbelChapitre 286 sur 425 · T., 4844 (Vienne, 8 janvier · texte numérisé non relu

T., 4844 (Vienne, 8 janvier

7. Ein Garten, 164; NI, 371; cf. Bw., III, 141 et Julia, W., IT, 185, ligne 22 et suiv. Fries (44) croit discerner dans ce groupe d’épigrammes l'influence des vier Jahreszeiten de Gæœthe. Nous aurons à revenir sur ce rapprochement à propos d’autres épigrammes du recueil de 1857 où figurent également des fleurs; cf. encore Patzak, 30, 84-85,

sénateurs un tombeau sous le dôme, a suffi à assurer l’immortalité à un illustre inconnu!. Puis c’est une anecdote de Hambourg consignée au journal du 3 septembre 1842 : Hebbel ayant demandé au jeune Ebeling, qui lui présentait ses poésies, s’il les trouvait bonnes, le poétereau répondit incontinent que, s’il ne les avait pas trouvées bonnes, il les aurait faites meilleures?. Dans l’épigramme suivante c'est le Panthéon romain qui nous est décrit, œuvre majestueuse et unique, témoignant de l'apogée de l’art le plus sublime’. Du séjour à Naples il convient de dater les distiques que le poète adresse an einen Winzer bei Pompejit, où il lui conseille de ne point se hâter de détacher une grappe que le soleil n’a pas achevé de mürir et qui gâterait son vin, tandis qu’en automne elle rafraichira le passant et lui fera bénir la main oublieuse.

Dans l'épigramme 7raum und Poesieÿ, qui se présente ensuite, on aurait peine, n'était le titre, à reconnaître sous sa forme définitive la pièce des Neue Gedichte : des huit distiques de 1848, seuls les quatre derniers, remaniés du reste eux aussi, ont été conservés et le poète résume en un seul les quatre autres. La genèse n’est parfaitement mise en lumière que si l’on se reporte, cette fois, au texte du premier recueil; on peut alors la poursuivre depuis l’époque de Heidelberg jusqu’au séjour à Paris et découvrir à Vienne comme son prolongementf, De même que d’autres documents’ nous ont démontré quelle importance Hebbel attachait au rêve comme intermédiaire entre le Réel et l’Idéal, entre la vie terrestre et l’au-delà, la genèse de cette épigramme établit qu'elle n’est point le fruit d’une inspiration passagère, mais bien de longues et fréquentes méditations sur les rapports de la Poésie et du Rêve : Poésie et Rêve sont parents, non uniquement selon l’âme, maïs selon l'univers, au sein duquel dorment, comme des chrysalides au cocon, tant d’autres formes :

1.171, ein Napoleonischer Senator im Pariser Pantheon; NI, 371 : eën Napolecnischer Senator im Pantheon; cf. Bw., II, 300 (Paris, 3 octobre 1843), cf. T., 2794, 2891 et Patzak, 25.

2, 159, ein Wort sonder Gleichen; NI, 371: eine Antwort sonder Gleichen; cf. T., 2588 et Patzak, 22. Sur Ebeling, voir bibliographie.

3. Das rümische Pantheon, 182, VI, 372: cf. la lettre de Paris du 3 octobre 1843 (Bw., IT, 300) et celle de Rome que Patzak (32) cite d’après Bamberg (1, 351); en réalité le passage visé n’est point du 14 octobre mais du 21 octobre 1844 (Bw., III, 169), cf. encore Tibal, 684 et 698 et Patzak, 76.

L, ne VI, 372; cf. supra, 409 et n. 6; Tibal, 698; Fries, 44 et supra, 575 et n. ?.

5, 175; VI, 372; cf. Patzak, 95-96; Scheunert, Pantraz., 99-100; Lyrik und Lyriker, 241-242 (R. M. Werner rapproche de l'idée de Hebbel la poésie d'Uhland : der Mohn); ibid., 258-259, Tibal, 595, Kubh, IL, 413.

6. Cf. au vers 2 de la pièce des Neue Gedichte; T., 223 (Heidelberg, 1° juillet 1836), T., 668 et 1329 (Munich, 3 avril 1837 et 23 novembre 1838); au v.3, T., 1466 (Munich, 2 février 1839); au v. 4, T., 1015 (Munich, 7 mars 1838); au v. 5, T., 1052 (Munich, 24 mars 1838); au v. 7, T., 2822 (Paris, 6 novembre 1843); cf. encore T., 1585 (Hambourg, 13 mai 1839), 4188 (Vienne, 3 juin 1847) et W., X, 204 (Reisebriefe, III, 1853); cf. encore Patzak, 7-8 et supra, 18 et n. 6.

- Cf. supra, 236 et 308 : Offenbarung (NI, 205) et Leber und Traum (NII,

. der Schlaf wickelt sie wieder heraus,. - Sei es der dunkle der Nacht, der alle Menschen bewältigt, Sei es der helle des Tags, der nur den Dichter befällt.

ainsi, en substitutions insensibles et souverainement ingénieuses, l'univers épuise par le médium de l'esprit humain ses possibilités de combinaison. Cette profession de foi où métaphysique, esthétique et mysticisme s’allient si étrangement nous est un nouveau témoignage qu’en 1848 le « Grübler » n’est pas mort en Hebbel et le fait qu’il élabore encore ultérieurement à cette date des développements analogues prouve combien ces convictions et ces tendances étaient profondément enracinées. È

Un distique, composé pendant ou après le séjour à Rome, traite de folie, odieuse déjà dans une race, mais plus encore chez tel ou tel peuple, le sentiment d’orgueil qu'inspire le souvenir des aïeux!. Puis c’est un conseil à un jeune homme qui voudrait être riche pour exercer largement sa générosité :

Wirb um Kenntniss und Weisheit, so kannst du Alle, die darben, Reicher machen und wirst selber nicht ärmer dadurch 2.

Dans vergeblicher Wunsch*, le poète trouve affreux que le rythme de la vie n’aille pas sans cesse crescendo, qu'à des moments d’exaltation succèdent des moments de dépression“, et que tous les hommes ne meurent pas de joie, transfigurés ainsi et rajeunis. Dans Originalität®, il déplore que les âmes des hommes ne soient point aussi diverses que leurs visages et que la folie même ne les différencie guère. La dernière épigramme de ce groupe est d'inspiration

-biblique :

Nicht verbinde das Maul dem Ochsen, wenn er dir drischet!

Also sagte der Herr, da er auf Sinaï stand 6.

Aber missbraucht er die Freiïheit, erfrecht er sich, Aehren zu fressen, Gieb ihm einen darauf! Also erläutert’s der Mensch 7.

Les cinq épigrammes du dernier groupe qu’il nous reste à présenter avaient été groupées en appendice à la suite des Neue Gedichte*; deux seulement furent reprises sous la rubrique de

1. Ahnenstolz der Vôlker, 138, NI, 373; cf. Bw., VI, 269 (Orth bei Gmunden, 25 juillet 1859); Patzak, 37. |

2. An einen Jünglinge, 149, VI, 373, Patzak, 90; cf. supra, 128, le sonnet du même titre, 337, la pièce de Hambourg : An die Jünglinge et T., 4891 (Penzing, 28 mai 1851).

3. 184; VI, 373; cf. T., 825 (Munich, 14 juillet 1837); 2463 (Hambourg, 2 février 1842); 2869 et 3248 (Paris, 17 au 20 novembre 1843; 18 octobre 1844), Patzak, 13, 21, 95. L. Cf. supra, 570 et n. 1.

5. 201; VI, 374. Patzak, 29-30 et 96. Ce critique indique comme sources les aphorismes de Paris, du 25 juin 1844 et de Vienne, du 12 avril 1846. (T., 3167, 3559). R. M. Werner (Anmerkungen, 368) estime : « gesucht behandelt. »

6. 5° livre de Moïse, XXV, 4: « du sollst dem Ochsen, der da drischet, nicht das Maul verbinden. — 7. T'ext und Commentar, 189; VI, 375. — 8, 205 et suiv., Anhang zu den Epigrammen. ;

Gereimte en 1857, les trois autres ne se retrouvent qu’au volume VII de l'édition critique. Ÿ

Un aphorisme de Rome du 21 février 1845 est repris en rimes plates et devient l'épigramme Parabel! qui, en 1848, était intitulée Prolog zu diesen Gedichien : an homme se révèle successivement sourd, muet, aveugle; suprême recours, on le pince; s'il ne réagit pas, c’est qu'il est mort. La seconde pièce rimée, en vers ïambiques à quatre temps forts comme la précédente, reprend un aphorisme de Paris du 11 janvier 1844 auquel nous avons fait allusion et où Hebbel s'élève contre les licences poétiques et les interdit en raison même des difficultés qu’elles peuvent présenter : indulgent aux mauvaises rimes dans la chanson, où un débutant pourrait les éviter, il les proscrit rigoureusement dans le sonnet, où l’art du maître devra se jouer de l’obstacle?. Cet art peut se manifester tout entier dans une miniature,

Drum geb’ ich denn mit Gœthe nicht Für den Gedanken alle Reime,

Ich ford’re Beides vom Gedicht, Denn Beides wächs’t aus einem Keime.

Il est à noter que Hebbel désavoue ici le maïtre pour son trop grand libéralisme, alors que nous allons le voir l’invoquer et s’en réclamer dès qu’on lui reprochera à lui-même d'en avoir pris trop à son aise avec les règles *.

Dans trois quatrains rejetés en 1857, Hebbel reprend l’idée que, sans arriver Jamais à rivaliser avec la musique, la poésie peut s’efforcer de ne pas être discordante ‘. Mais cela ne suffit pas : assez de plaintes! plus de lamentations! trêve de jérémiades! chacun a suffisamment de sa propre douleur, tandis que, dans tout cœur humain, il reste toujours de la place pour un sentiment de Joie à partager :

Drum singe, wenn die Lust dich treibt.

On peut mesurer les progrès de l’optimisme de Hebbel depuis le cycle dem Schmerz sein Recht jusqu’à ce Motto für die Zukunft.

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