‹ HebbelChapitre 310 sur 425 · Cf. Winckelmann, Antikes · texte numérisé non relu

Cf. Winckelmann, Antikes

8. Cf.isupra, 629; Bw., IV, 145, 153; V, 203; VIII, 394; N. Hebbeldok., 71 : Bamberg, 1, 414 et T., 4022, 4035, 4038, 4650, 5434, 5650, 5697, 5727. L'influence gœthéenne demeure, sous ce rapport, visible; cf. T., 5341 et l'idée du Prolos

Quant aux définitions esthétiques qu'il donne du Beau, il faut y consacrer une attention particulière, car elles rendent parfaitement compte de son art à lui. De même qu'il disait en 1840 : « L’allégorie naît de l'erreur d’une intelligence qui s’imagine à tort posséder de l'imagination », il déclare en 1863 : « Le Beau est créé dès qu'à l'imagination s'allie l'intelligence! ». Et la sensibilité n’est théoriquement pas plus oubliée que l'imagination puisque, Jusqu'à la dernière heure, Hebbel répète sans cesse que, pour la réalisation de l'œuvre d'art harmonieuse, le caractère est inséparable du talent et le cœur, de l'esprit ?.

Aucune formule ne nous paraît mieux rendre compte tour à tour des deux aspects de cette entité unique que la synthèse à laquelle nous venons de faire allusion ?, de l'apollinien et du dionysiaque. On n'en saurait établir complètement la genèse dans l'esthétique de Hebbel sans mentionner ses points de contact avec les arts plasques et la musique. Le commerce d'amis comme Gurlitt et Kolbenheyer, de maîtres tels que Rahl et Cornelius ne pouvait que contribuer à développer en lui le sens de la ligne et de la couleur et fortifier son admiration pour la Madone de Raphaël, le Christ du Titien, l'Apollon du Belvédère *. Mais c’est avec la musique surtout que ses rapports se précisèrent et s’enrichirent, De même que, chez Otto Ludwig, la création poétique commençait par un état d'âme musical, Hebbel nous dit qu'une mélodie accompagnait la naissance des pièces et des scènes qui l'émouvaient et ses biographes nous confirment qu'il donnait un soin tout spécial à la phonétique*. La correspondance avec Schumann continue jusqu’en 1853; Hebbel noue à Weimar et entretient de Vienne avec Liszt des relations amicales, compose pour Rubinstein un libretto, reçoit fréquemment chez lui Peter Cornelius et fait, en 1861, la connaissance personnelle de \Vagner'. L'année précédente, il lui avait rendu visite à Paris, mais Wagner souffrant n'ayant pu le recevoir, Hebbel s'était senti froissé. Kulke raconte qu'un jour les deux maîtres se croisèrent au Prater sans se saluer, mais que, le lendemain, il décida Wagner à rendre visite à Hebbel. Ils eurent deux heures de conversation très animée, mais ne devaient plus se revoir. Hebbel, du reste, loin de se ranger au nombre des admirateurs de Wagner, eut à s’efforcer de im Himmel; ef. T., 4707, 5209 et les vers de Gœthe : « die Sterne, die begehrt man nicht, man freut sich ihrer Pracht ». (Trost in Thränen.)

1. Cf. T., 2002 et 6301 ; cf. encore : T., 4417 l'analyse de l'intuition poétique et supra, 633 et n. 8.

2. Cf. supra, 636 et suiv.; T., 6346 et letzte Brieftasche; T., IN, p. xx : « das Schôüne : harmonische Wirkung von Geist und Herz ».

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