Heine : Atta Troll, XXIV, cf. Bw., V, 28), supra
6. Cf. W., X,-415-419, 446-447 et aussi X, 42) : Fragment (1841), cf. supra, 68, 103, 185-186, 275, 270-271. À
7. Cf. en particulier : Bamberg, 1, 393-306 (1848) et les lettres de Heine à Meyerbeer récemment découvertes (Matin du 8 septembre 1912).
disparates, expression d’un monde en proie aux convulsions, se heurtent violemment pour s’adoucir ensuite en murmures de ravissante musique; son Buch der Lieder me rappelle le fabuleux taureau d’airain de Phalaris qui, dit la légende, était organisé de telle sorte que les cris de désespoir de l’esclave agonisant dans ses flancs ardents s’exhalaient en harmonie séduisante aux oreilles charmées du roi, et cet enchantement est, dans le cas de Heine. d'autant plus légitime que tortionnaire et torturé ne sont qu'une seule et même personne!. » L'année suivante, Hebbel reprend textuellement ce jugement en conclusion d’un article sur lequel nous aurons à revenir, où il revendique pour Heine la couronne que d’autres voudraient attribuer à Lenau et proclame le poète du Buch der Lieder et du Romancero « le plus grand lyrique des temps modernes? ». C’est à cet article qu'il fait allusion dans sa lettre à Heine du 18 décembre 1855 en même temps qu'il lui demande de dire à Paris un mot favorable sur son Gyges und sein Ring et lui rappelle que jadis il lui a dit sur sa Judith en une heure d'entretien plus de choses profondes que tous les critiques allemands réunis”. Hebbel n’en demeure pas moins étranger comme par le passé à l'ironie de Heine et à son « Weltschmerz » et les appréciations qu'il émet en 1858 et en 1862 montrent son enthousiasme sensiblement refroidi *.
Les représentants anciens ou modernes. du romantisme ne se le concilient pas davantage. Ni le plaisir qu'il éprouve à lire les légendes indiennes de Holtzmann, ni sa satisfaction des éloges de Rückert ne le font modifier sensiblement ses idées sur les champions de l’orientalisme en Allemagne *. Il ne fait plus qu’une allusion insignifiante à Novalis bien qu'on puisse rapprocher un aphorisme du journal et un passage de Æerodes und Mariamne de l’idéalisme des Hymnen an die Nachtf, X lit la correspondance de Brentano mais n'y trouve qu'un intérêt de curiosité et considère ce document « d’orgueil humain » comme ïl regarderait un coquillage bizarre‘. Ses lettres consacrent quelques mots de sympathie à A. von Arnim, mais d’autres passages raillent le romantisme unter den Zelten et l'hétérogénéité de la confrérie romantiquef. Et si, pour ne point insister sur des poètes de second ordre, comme Zacharias
1. Cf. W., XII, 61 et Heïine : « Ich hab” mit dem Tod in der eignen Brust mit mir gespielt die Komôdie » (die Heimkehr, 46), ef. T., 3453 (Rome, 20 avril 1845).