‹ HebbelChapitre 319 sur 425 · Cf. p. 48 et supra · texte numérisé non relu

Cf. p. 48 et supra

6. P. 53; cf. supra, 200 ct n.3; 346-347 les sonnets Gæœthe et Kleist;: 557, l’épigramme : Verwunderung und Auflüsung, et 644-645.

7. P. 54 : « denn die dichterische Entwicklang hat nun einmal Stadien, die micht in einer reinen Blüte aufgehen, und die das Individuum dennoch nicht überspringen kann; wer soll sie richtig deuten und würdigen, bevor das Resultat sie erklärte und in’s rechte Licht rückte? »

8. P. 55-56; le passage résume trop bien les points essentiels de l’esthétique lyrique de Hebbel pour ne pas être reproduit ici textuellement : « von der Ballade an bis zum Epigramm herunter ist jede Gattung vertrelen; ein ziemlich weitschichtiges Fragment lenkt sogar ins Drama ein. Aber diese äussere Mannigfaltigkeit ist keineswegs Ausfluss einer hôheren, inneren, und bringt æs deshalb nicht zum lebendigen Reiz; das an sich reichlich genug zustrômende

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c’est encore le sens de l’organicisme qu'il reproche à Feuchtersleben critique de ne point posséder. Il montre le revers de cette belle autonomie, d'origine foncièrement éthique, qui, après lui avoir fait légitimement prendre le parü de Kleist contre Gœthe, le pousse à tort à s’insurger encore contre l'autorité souveraine du prince des poètes à propos de la valeur intrinsèque et des effets mystérieux des diverses formes poétiques!. « Feuchtersleben ne soupçonnait manifestement pas que, comme l'organisme dans la nature, la forme est, dans l’art, la plus pure expression de ce mélange inconcevable, et qu'on dirait Jalousement perpétré, du fortuit et de l'éternel, “mélange d’où sort la vie individuelle et dont, précisément pour cette raison, il ne saurait étre indifférent de remplacer tel ou tel spécimen par tel autre?. » Hebbel déduit de ce vice rédhibitoire de l'esthétique de Feuchtersleben ses erreurs de détail : il lui reproche de ne pas avoir marqué la distinction fondamentale entre Gœthe dans sa Jeunesse et sa maturité et le vieux Gœthe, ou d’avoir fait cette distinction au détriment des chefs-d'œuvre*, il lui reproche de n’apercevoir entre Wieland, Herder et le créateur de Faust qu'une différence de degré et non de nature“. Il explique de la même manière qu'après avoir excellemment formulé la loi du lyrisme, Feuchtersleben s’empresse de la commenter avec bien peu de bonheur par les échantillons qu'il indique. Hebbel s'associe aux jugements de Feuchtersleben sur les arts plastiques, aux éloges de Rahl et de Cornelius et vante ses vues d'ensemble d'histoire de la

Gefühls- und Gedankenelement geht nicht von selbst in diesen Formen auf, es wird mehr nur versuchsweise in sie hineingelegt und nimmt darum auch nicht die geheimnisvolle Rückwirkung von ihnen an, die es erst seines verborgensten Zaubers enthindet (cf. supra, 209-210 et n. 4). Die Balladen, deren Stoffe fast immer mit Glück gewählt sind, haben keine Stimmung, die Lieder keinen Ton und selbst die Epigramme sind in der Regel nur zusammengezogene Aphorismen, die man lieber in anderer Gestalt vor sich sähe ». Après avoir atténué la sévérité de ce jugement par quelques concessions de détail surtout en faveur des épigrammes qui contiennent des impressions pittoresques et des « résultats » vitaux, Hebbel conclut en niant qu'aucune considération extérieure puisse faire victorieusement obstacle au génie véritablement élu et déclare que, dans le cas de Feuchtersleben, les études médicales, loin d’être défavorables an développement poétique, auraient pu au contraire le servir, si précisement les conditions primordiales n'avaient pas fait défaut : « der Grund ist hier wie in allen ähnlichen Fällen, darin zu suchen, dass der treibende Nerv doch eigentlich fehlte, denn was schwanger ist, muss und wird gebären, gleichgültig, ob eine goldene Wiege oder eine Krippe voll Stroh für das Kind bereitsteht »; cf. supra, eën Narr in Folio, 561 et n. 5 et encore 36, 76: Rat ohne Tat, 177, 202, 207-209 et notes, 212, 430, 435, 449-443. 453. On peut ainsi comparer toute la poétique de Hebbel depuis Wesselburen jusqu’à ses dernières années.

1. P. 56-57 et le Gespräch du 25 février 1824, — 92. P. 57-58. — 3. Jbid. : « er ging ja nicht auf den spezifisch-dichterischen sondern nur auf den intellektuellen, allgemein menschlichen Gehalt aus, und dieser fiel ihm aus den weit gestrickten allegorischen Netzen der frostigen AMersproduktionen ganz von selbst in die Hände, während er den Jugendwerken so mühsam abgewonnen werden muss, wie Erde, Feuer, Luft und Wasser, die einfachen Elemente, dem organisierten Menschenleibe »; cf. supra, 199-200 et suiv., 459-465. — 4, Ibid. Hebbel reproche de même à Feuchtersleben de mettre sur la même ligne « l'inestimable Walter Scott, plein de sève débordante » et Salvandy « qui n’est qu’une ombre... ».

littérature et de l’art!. Par contre, il n’admet pas sans réserves ses critiques de détail concernant les modernes et le déclare trop sévère pour Rahel et Bettina pour lesquelles il serait plutôt enclin à l'indulgence*. [l trouve du reste injuste de comparer les modernes à leurs devanciers immédiats et pense qu'il conviendrait bien plutôt de rapprocher cette génération de transition de la période de Klopstock et de Lessing. Il est d'avis qu'alors apparaîtraient sous leur Jour véritable les mérites de ceux qui, après plus ou moins d'efforts et de tâtonnements, sont parvenus à réaliser une œuvre durable, En première ligne, Hebbel fait alors de la poésie de Heine l'éloge que nous venons de citer* et glorifie encore comme représentants du lyrisme Freiligrath et Dingelstedt*. Pour le drame il mentionne : d'Immermann, le Trauerspiel in Tirol, de Gutzkow, l'Urbild des Tartüffe et de Laube, les ÆarlsschülerS. Pour ce qui concerne le roman, il s'intéresse surtout au récit villageois, dont il attribue la paternité à l'auteur de Münchhausen et dont les champions les plus intéressants sônt à ses yeux Berthold Auerbach et Jeremias Gotthelf; quant au genre historique, Gutzkow lui paraît en avoir fourni un modèle dans ses Ritter vom Geist5. Et Hebbel termine cet essai en louant Feuchtersleben surtout comme philosophe vulgarisateur, auteur de l’excellente Diätetik der Seele et en lui assignant Sa place entre Lichtenberg et Novalis. Nous noterons surtout cette définition des talents aphoristiques, définition que, dans une certaine mesure, Hebbel savait certainement convenir à son propre talent :

1. P. 59 et supra; 639. — 2. P, 6); supra, 642; T., 5062 et W., VII, 215 Bettina. — 3. Cf. supra, 643.

4, P. 61. « Freiligrath malte Wüstenbilder, die frisch und energisch genug sind, um ihm für sein unreifes und ideenloses Glaubensbekenninis selbst dann Verzeihung auszuwirken, wenn er das zarteste seiner Gedichte, der Blumen Rache, nicht geschrichen hätte. Und Dingelstedt vollbrachte eine wahre Midasthat, idem er in seinem Nachtwächter die dürre Prosa der einst 50 stark grassierenden politischen Lieder-Dichterei, in das reine Gold echter Poesie verwandelte; durch das einfache Mittel, dass er keine Epigramme zuspitze und keine rhetorischen Pointen ausschliff, sondern mit jener Kraft, die später in dem erschütternden Nachtsliück und im ersten Acte seiner Barneveldi noch siegreicher hervortrat, dramatisch in die Zustände hineingriff und das Allgemeine durch das Besondere, kernhaft in sich Zusammengeschlossene, anschaulich zu machen verstand. » Sur l’art et la politique, cf. supra, 602 et n. 5, ainsi que Bw., IV, 144, 150-151, 306 et les tables de la correspondance et du journal aux noms d’Arndt, Ruge, Freiligrath et Robert Prutz. Avec ce dernier, rédacteur du Museum, Hebbel entretenait des relations amicales; cf. Bamberg, II, 380-382.

5. P. 62 et supra, 642 et 644. Pour les écrivains dramatiques, cf. Kulke, 62, 93et W., XI, 247-265, 277-288, 338-344, 459 et suiv.; XII, 16-22, 28-31, 83-87, 98- 112, 116-119, 127-130, 164-168, 200-210, 220-223, 258-259, 366-367, 371-374, 377, 380, 382.

6. P. 62-63. Sur le roman et la nouvelle et Hebhel membre de jury littéraire, ef. Kulke, 91-93: Kub, Il, 457; Bw., IV, 326, 332; V., 193; W., XI, 371-374, 409- 423, 469, 473-474; XIL, 3-5, 365 ; Literaturbriefe, 112-115, 184-189, 193-197, 213-215, 378-379 : das Komma im rack, 189-193; Literaturbericht, 250-252, 381. Il faudrait ajouter pour compléter ce tableau des lectures et des travaux critiques de Hebbel le Ziteraturbrief n° XI, W., XII, 197-200, 378 ; ses nombreux dépouillements de correspondances célèbres : W., XII, 6-7, 87-88, 120-127, 365, 372-373 (cf. Frankl, 35-36) et ses comptes-rendus des relations de voyages ou des œuvres humoristiques de son ami Bogumil Golz: W., XI, 360-366, 468, finalement sa

« Il est naturel qu'à des esprits qui s'occupent constamment de problèmes poétiques et philosophiques et ne font ainsi que suivre leur penchant inné et irrésistible de culture sans être toutefois véritablement poètes ou philosophes, précisément, cette forme soit si commode, car elle participe à la fois du lyrisme et du drame, s'adapte à l'expression de tous les états d'âme et permet de n'envisager qu'un seul aspect des choses ». Notre poète ne ressemble-t-il pas à ces auteurs qui, ne parvenant pas à achever leurs ouvrages de longuc haleine et pas davantage à édifiér d’harmonieux systèmes philosophiques, « avaient instinctivement recours à l'aphorisme et, croyant peut-être n'y emmagasiner que des matériaux pour l'avenir, y déposaient ce qu'ils avaient de meilleur !? »

Mais cet article sur Feuchtersleben et l'édition que Hebbel entreprend des œuvres de ce poète ne sont point les seuls gages de son attachement à sa nouvelle patrie. Si, d’une part, il y fustige impitoyablement, comme nous venons de le voir, les œuvres qu'il croit sans valeur, d'autre part, il est si peu systématiquement hostile à la jeune Autriche qu'il attend d'elle, au contraire, la régénération de la littérature allemande moderne; le terreau littéraire viennois est encore neuf et plein de sève, le croisement des races y facilite la fécondaüon et une véritable renaissance est possible si les jeunes con-

.sacrent leurs forces intactes à rénover la tradition classique, intangible, de simplicité et de naturel”. Aussi +oyons-nous Hebbel leur prodiguer depuis des années déjà les conseils et les encouragements et il est intéressant de le voir du même coup nous préciser sa propre esthétique. C’est ainsi, par exemple, qu'on ne trouverait nulle part plus explicite son opinion sur la « Grübelei ». que dans la notice qu'il consacre en 1850 à un album de poésies styriennes ?. Il reproche aux auteurs de s'être « plongés, non point dans les beautés de la Styrie, mais dans les abîmes de la spéculation ». « Or, continue-t-il, la poésie ne saurait, sous peine de congélation, se garder assez de l'intimité avec la Pensée absolue; je dis : la Poésie, je ne dis pas : le Poète. Celui-ci, en effet, ne doit pas, pour conserver la naïveté de l'ignorance, fermer les yeux et les oreilles à la science suprême, car il est d’abord lui aussi un homme et à l'homme est nécessaire la connaissance de ses rapports avec l'univers, alors même que le prix en serait de ne plus pouvoir, après l'avoir acquise,

rupture avec lui, cf. les tables de la correspondance et du journal et supra, 612 et n. 13; sur Berthold Auerbach ajouter aux tables : N. Hebbeldok., 53.

1. P. 64-65. Cependant il convient de compléter ce parallèle par cette protestation formelle de Hebbel concernant l’ensemble de sa production : « Systeme werden nicht erträumt, Kunstwerke aber auch nicht errechnet oder, was auf das Nämliche hinaus läuft, da das Denken nur ein hôheres Rechnenist, erdacht. Die künstlerische Phantasie ist eben das Organ, welches diejenigen Tiefen der Welt erschôpft, die den übrigen Facul'äten unzugänglich sind, und meine Anschauungsweise setzt demnach an die Stelle eines falschen Realismus, der den Theil für das Ganze nimmt, nur den wahren, der auch das mit umfasst, was nicht auf der Oberfläche liegt »; cf. supra, 633-640.

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