Cf, T., 4781, 5036; Bw., IV, 338-339 et notes
7. Bw., IV, 344, Hebbel est fier surtout de ses Gedichte; du recueil des neue Gedichte, il ne mentionne guère que les épigrammes et Liebeszauber (cf. Bw., VIII, 35-36, 71); cf. encore T., 5086 et Bw., V, 99-100.
alie Haus, mais aucune pièce nouvelle !. L'automne apporte cependant le Æerbstbild et la ballade die heilige Drei?. L'auteur ne demande à l’année suivante que de ressembler à celle qui vient de s’écouler et se fait gloire d’avoir conquis l'approbation du difficile Rückert qui s'est associé au verdict élogieux de Gervinus*. Le 10 février 1853, Hebbel envoic à Pichler 8 nouvelles épigrammes pour le Phünix et lui confie, en même temps que son désir plus ardent que jamais de mettre sur pied une édition d'ensemble, ses plaintes au sujet de ious les obstacles matériels qui s’opposent à l'enthousiasme du poète *. Déjà le 18 août de l’année précédente, il disait au même ami son habitude « de ne point escompter lesuccès au jour le jour, mais d'établir toujours son bilan en gros »; l'édition d'ensemble seule peut répondre à ce besoin et depuis longtemps sont engagés à ce sujet des pourparlers avec Weber. Ces négociations n'aboutissent pas. Rares sont les apports de 1853 : Hebbel se voit dans l'impossibilité de rien envoyer à Schad pour son deutscher Musenalmanach, fermé au début du mois de mai; la courte floraison printanière arrive trop tard, puis c’est la longue stérilité de l'été’. Le 11 août, le poète porte chez Campe les offres d'abord faites à Weber, et spécifie que le premier volume de l'édition nouvelle contiendrait les poésies des deux premiers recueils auxquelles viendrait s'ajouter une petite collection de pièces nouvelles, entre autres cent épigrammes $. Au 31 décembre, il constate : « Travail : néant, sauf quelques poésies °® ». Plus pauvre encore est l’année suivante, bien qu’elle marque, nous l'avons vu, l'apogée de la course vitale ; le printemps, l’été, l'automne se passent sans autres résultats que, çà et là, une courte pièce, quelque aphorisme !°, Hebbel, poète lyrique, semble vivre maintenant de son passé. « Mes poésies, écrit-il le 3 novembre 1854, beaucoup de gens les préfèrent aux drames, et moi-même je ne sais guère de quel côté faire pencher la balance. Malheureusement elles ont paru en deux recueils différents et sont ainsi comme les deux moitiés d'une silhouette qu'on aurait fendue. L'un des recueils est presque épuisé, l’autre non, et voici que je ne puis me décider à rééditer le premier seul'!. » Le 14 décembre cependant, il déclare qu’il n'aurait pas de suppressions importantes à faire à l’un et à l’autre, mais qu'il aurait, par contre, beaucoup à y ajouter et ne veut pourtant, pour rien au monde, faire paraître un troisième recueil. « Sans doute, complète-t-il, je n'ai
plus guère à offrir de productions purement Jyriques, mais les 1. Bw., IV, 371, 407, 409, 417. — 2. Bw., V, 73 et T., 5047.
3. T., 5047, ligne 44 et suiv. : « Er ist ein ursprünglicher, Dichter wie Gœthe. Er macht die Poesie nicht, wie die Andern, er hat sie. » (cf. T., 4893.) = 4. Bw., V, 97-98. — 5. N. Hebbeldok., 71-72.
6. Cf. surtout, N. Hebbeldok., 72-79, la lettre à Weber du 15 février 1853 et supra, 028. — 7. Bw., V, 120 (28 juillet 1553).
8. N. Hebbeldok., 83-89 : un post-scriptum ajoute : « Einzeln dürften die Gedichte... erst nach Absatz der Auflage von Weber abgegeben werden: doch … bei den Gedichten der Rest nur noch gering ».
JDA;
10, Cf. supra, 620 et chronologiquement, T., 5219, 5310, 1. Hebbeldok., 99; au bilan de fin d’année, rien (T., 5353). — 11. Bw., V, 196.
670 Ë HEBBEL (1848-1863),
pièces de réflexion ne manquent pas; je pourrais par exemple
DA ane , AC PME multiplier les épigrammes d'une centaine. » Le 19 mars 1855, il avoue penser plus sérieusement que jamais à une édition d'ensemble de ses poésies et rembourserait voloutiers les dix frédérics d’or du premier recueil, tiré à 2500 exemplaires (huit éditions de Geibel!)?. Le drame accapare du reste maintenant toute son activité; tout au plus compose-t-il de temps à autre une poésie, mais ces pièces récentes seraient propres bien plutôt à combler çà et là une lacune des deux recueils antérieurs qu’à constituer un nouveau volume. Le 12 novembre 1856, Hebbel n’a à sa disposition, en fait de poésies inédites, que « deux de ses meilleures épigrammes », il les envoie à Karl Holtei tout en se réservant ces deux précieux moëllons pour l'édification de son recueil d'ensemble et en se défendant d’être un écrivain de carrière *. Cette année-là, les difficultés s'aplanissent du côté de Campe et le 22 novembre, Hebbel peut écrire : « J'ai passé les quinze derniers jours à revoiret à remanier mes poésies, tant celles des deux recueils que les manuscrits, afin d'être prêt à l'éventualité d'une édition d'ensemble qui n’est du moins pas une impossibilité absolue ». 11 lui a semblé, ce faisant, rédiger encore une fois son testament”, mais il n'anullement perdu sa peine et a, dans tous les cas, maintenant la conscience bien plus tranquille. Pour ne pas tailler trop impitoyablement dans sa propre chair, il s’est fait donner par Tendler les poésies d'Emanuel Geibel et a pu ainsi par comparaison se permettre mainte grâce; mais il a vite écarté le conseiller d'indulgence afin de ne point en arriver à une amnistie générale. Cette flèche décochée, il reprend aïnsi le ton sérieux : « Je suis débarrassé d’un lourd fardeau et, side fréquentes expériences montrent qu'il ne faut pas toujours se fier aux corrections d'œuvres poétiques, je puis du moins envisager les miennes avec quelque confiance, du fait que je n'ai remanié que les endroits qui dès la naissance de la pièce ne me donnaient pas satisfaction. Car voici ce qui est, à mes yeux, la limite : pour ce qui est du contenu, des sentiments et des pensées, quelque médiocres qu'ils puissent paraître, considérés du haut d’une étape vitale supérieure, il faut se garder de corriger, de chicaner et de reprendre, mais l'expression peut être polie et affinée ‘. »