Vers 5 : Nur her, Aufwärterin, schenke mir ein
Vers 15 : Doch aller guten Ding’, spricht man, sind drei. l Ïé \
Vers 20 : Doch nun, liebe Kameraden der Brüderschaft.
If f: \ Vers 21 : Die ihr zu üben jetzt wünscht, die brausende Kraft. CE. encore y. 20 et 40 (4 temps faibles).
Nous trouvons souvent 3 brèves qui se succèdent : 5 fois au début du vers (7, 21, 30, 33 et 108), 10 fois au milieu (15, 36 [en contient 2], 46, 49, 79, 81, 122, 141, 148).
7. Cf. encore les vers 18, 105. À propos des vers 130, 132 et 134, Fischer (101) remarque : « Hier sicht es so aus, als ob das dreimal drôhnend einfallende Wort « Ordnung » selber in dem kecken Versgewirr Ordnung schaffen wolle ».
8. Sur les principes de l'accentuation allemande et les effets de la loi de l'accent en allemand, voir Henri Lichtenberger : Histoire de la langue allemande, Paris, 1895, p. 255-275. Sur les relations du Wort- und Satzaccent et du Versaccent, cf. Minor : NAd. Metrik, 64-157 et suiv.
et par tâtonnements, sous l’influence aussi des admirations éclectiques que nous avons analysées, l’autodidacte élabore des rythmes de plus en plus réguliers et s'impose même, de temps à autre, un schème difficile. La preuve que, de bonne heure, sa virtuosité fut grande nous est fournie par les stances de 1829 intitulées an die Unterdräckten et à propos desquelles nous avons déjà loué l'emploi judicieux du procédé de la « schwebende Betonung » et la souplesse du mouvement dipodique ?.
Le jeune Hebbel a une prédilection marquée pour le vers populaire et, par conséquent, pour les dipodies. Son choix insunctif, irraisonné, va aux rythmes qui lui permettent de varier le nombre des syllabes au temps faible et qui, par la subordination des temps forts secondaires aux temps forts principaux?, se prêtent à l’expression de toutes les intentions logiques. Le Hebbel de Wesselburen est loin de concevoir la beauté ennemie du mouvement qui déplace les lignes. Ses préoccupations sont alors, nous l'avons montré, toutes mystiques, L’esthétique n’est pour lui qu'au second plan. L'art n'a pas encore, à ses yeux, sa fin et sa loi en lui-même et, de fait, les premiers essais ne sont guère que sentences moralisantes, aveux d'inquiétudes métaphysiques, fragments de controverses éthiques et aphorismes de polémique. Il n'est pas indifférent de noter que ce ne sont point des raisons d'art qui motivent les préférences métriques du jeune Hebbel. Il s’abandonne à son penchant naturel et se sent plus à l'aise dans les formes qui lui
. imposent le moins d’entraves et le moins d'obstacles. D'autre part, on peut se demander si la régularité solennelle du rythme monopodique n’eût pas ajouté de façon déplaïsante à la solennité déjà très : grande et parfois emphatique des professions de foi juvéniles. A cet égard, il nous paraît excellent que l'instinct rythmique ait fait diversion aux suggestions de linspiration de Salis-Seewis, de Matthisson et de Schiller*. Nous nous félicitons que le jeune Hebbel ne leur ait emprunté leurs motifs qu'en s'assimilant en même temps leurs rythmes les plus heureux. Les considérations et les conseils de Ærinnerung et de Glaub’ und Vertrauen nous semblent moins déplaisants, présentés dans les mêmes mètres souples qui font passer plus facilement le lourd bagage philosophique du lyrisme schillérien *, et la chanson de cavalier du Ringreiterfest nous paraît une curieuse imitation de la célèbre chanson des cavaliers de Wallenstein*. N'oublions pas, du reste, que l'influence des élégiaques et de Schiller ne fut point la seule que le jeune Hebbel subit lors de ! 1. Cf. VIT, 12 et supra, 40-41; cf. Fischer, G0 : « Als deutsche Stanzen, die ja auch mänolichen Versschluss haben dürfen, sind die Verse untadelig ».
Le critique ajoute : « Das allererste Gedicht Heébbels zum Licht (NII, 3) ist
ähnlich gebaut wie an die Unterdrückten, nur fehlt eines der vorderen Reim-
paare, sodass die Strophe nur aus 6 Versen mit der Reimstellung ababee besteht ». Nous savons aujourd'hui que la pièce zum Licht n'est pas de Hebbel
(cf. supra, 39). — Sur le procédé de la schwebende Betcnucg, cf. Minor : NAd, Metrik, 117 et suiv.
2. Cf. Minor : NAd, Metrik, 168-176, 183 et suiv. — 3. Cf. supra, 40, 64, 78 et Fischer, 36 et 60.
L. Cf. NIT, 12, 38 ét supra, 61-62 etinotes, —5. Cf. VIT, 6 et supra, 37,
ses premiers essais de versification et que nous l'avons vu s’inspirer, en même temps, de Bürger, du Volkslied, de Hoffmann, d'Uhland, de Heïne et de Gœthe. Il serait, d'autre part, plus qu'imprudent de classer ces influences littéraires de la même façon, lorsqu'on en étudie d’abord les motifs d'inspiration, puis les qualités musicales. Au point de vue des motifs d'inspiration, nous avons distingué les « sentimentaux » : Klopstock, Salis, Matthisson, Hôlty et Schiller, et les « naïfs » : le Volkslied, Bürger, Hoffmann, Uhland, Heine et Gœthe. Au point de vue de la métrique, rappelons que c’est Klopstock, qui, avec Herder, prit l'initiative de protester et de réagir contre l’étroit et tyrannique système d'Opitz et qu'à eux surtout revient le mérite d’avoir affranchi la versification germanique moderne et donné les premiers exemples de rythmes hibres!. À cet égard, donc, Klopstock et son école agissent sur Hebbel tout à fait dans le même sens que Bürger, le Volkslied, Heine et Gœthe. Uhland, au contraire, bien qu'il ait initié Hebbel à l'inspiration naïve et exercé, à cet égard, sur son premier développement une influence primordiale, a toutefois une prédilection véritablement exclusive pour les mètres réguliers et le rythme - monopodique. Hélty, celui des disciples de Klopstock qui agit le plus fortement sur le jeune Hebbel, lui a fourni surtout les modèles de ses schèmes les plus savants et l’a entraîné à limitation des mètres antiques. Il faut, enfin, ne pas négliger Paul Gerhardt, le cantique religieux et le lyrisme pastoral local qui, nous nous sommes efforcé de l’établir, marquèrent très nettement de leur empreinte les poésies de Hebbel composées au pays dithmarse.
On ne saurait mieux se rendre compte de ce mélange d'influences qu’en étudiant l’ensemble des romances de Wesselburen. Nous avons montré qu'on peut suivre l’évolution de ce genre, depuis l’effusion encore essentiellement lyrique, mais développée autour d'un motif épique, jusqu’à la ballade plus proprement narrative. Le jeune Hebbel, après s'être adonné aux spéculations et aux rèveries mystiques et vagues, apprend, en savourant les chefs-d'œuvre d'Uhland et du Volkslied, que le monde extérieur existe et que la nature et l’histoire peuvent ouvrir à la poésie un champ moins aride et non moins vaste que l’inirospection : la pièce der Quell est déjà une ébauche de romance. L'influence de Schiller et du lyrisme pastoral s’y fait encore très nettement sentir, mais Hebbel emprunte à Matthisson un motif de description de paysage et on y sent passer déjà le souffle frais du Volkslied ?.
Nous adopterons, pour l'étude de la versification des romances proprement dites, la classification de Fischer, qui nous paraît très judicieuse *. Il distingue quatre groupes principaux. Le premier, le plus proche de l'habituel lyrisme spéculatif du jeune Hebbel