‹ HebbelChapitre 383 sur 425 · Cf. supra, 459, 460 et notes et · texte numérisé non relu

Cf. supra, 459, 460 et notes et

3. Cf. outre la citation que nous venons de faire (supra, n. 1 de p. 823), outre le sonnet an einen l'reund (supra, 521) et les deux allusions déjà faites (supra, 615et 664) la série suivante : Bw., IV, 72; VI, 124 et note, 125; VI, 397, 406; W., XI, 408 et encore Kuh, Il, 484, Frankl, 46 et Bartels, 117.

; “ Cf. Kuh, UM, 205, 208 et suiv.; T., 4707, 5209; N. Hebbeldok., T1 et supra,

5. Cf. Bw., V, 195 et VI, 89; les lettres de Hebhel à Uechtritz du 3 novembre 1854 et du 12 mars 1857. Cf., d'autre part, le jugement de Bamberg déjà cité (supra, 430 et n. 2) et sa conclusion (ibid., l’article de l’Al/gemeine deutsche Biographie, p.187) : « Seiner Lyrik fehlt es deshalb doch nicht an den zartesten Einzelheïten, aber sie haben meist einen organischen Bezug zu dem Gefübl oder dem Gedankengange, dem das Gedicht seine Entstehung verdankt. » Rapprocher de ce jugement celui de Kühne (Bamberg, I, 433). Pour les autres appréciations de Bamberg et la correspondance que Hebbel eut avec lui concernant son lyrisme, cf. Bw., IV, 33-34; VI, 218; Bamberg, I, 332; cf. sur les épigrammes les jugements de Robert Prutz et Adolf Pichler (Bamberg, If, 381-382, 109); enfin, pour Bamberg, cf. encore, II, 609-610 et suiv.

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es.

épique; vous voulez aussi, en traitant ce sujet, résoudre un problème, un problème qui ne soit pas encore résolu, auquel, si possible, personne encore n'ait songé... Vous ne concevez pas la poésie comme une tâche aisée et vous ne vous la rendez pas facile.

Bien moins facile que vous ne le pourriez, étant donnée votre force,

et les difficultés que vous accumulez vous-même paraïtront, doivent paraître au.lecteur évidemment plus grandes encore’. » Un autre critique, Braun von Braunthal, reprend, le 28 avril 4861, le même

réquisitoire, mais sur un ton singulièrement plus âpre : « Vous vous

trouvez, j'en suis absolument convaincu, sur une mauvaise voie : elle conduit à la folie. Si vous ne vous en détournez pas bientôt, vous êtes perdu. Le genre d’introspection auquel vous vous livrez presque sans interruption dégénère nettement en onanisme intellectuel qui, comme la masturbation, aboutit nécessairement au crétinisme. » Et Braunthal dédie à Hebbel ce quatrain précédemment adressé à Gutzkow et qui lui parait convenir peut-être

davantage encore à Hebbel :

Hast zum Dichter Alles, Alles, Alles, was der Dichter braucht,

Bis auf ein ganz kleines Etwas, das kein Gott dir eingehaucht,

Und das mehr .werth ist als Alles, was des Denkers Geist erschafft, . Und das ähnlich ist, sebr ähnlich — erster Liebe Zauberkraft.

« 1] vous manque surtout, commente-t-il, le principe de l'amour. Tout ce que la nature a pu vous donner de force pour aimer, vous

le gaspillez à votre propre adresse. De là vient que toutes vos

poésies nous laissent froids; c’est qu’il leur manque à toutes le petit « quelque chose ? ».

Si violents que soient les termes de ce réquisitoire (on les trouverait du reste chez Hebbel lui-même), il faut bien reconnaitre qu'ils contiennent une part de vérité, et c’est en vain, nous le répétons, que l'accusé proteste contre l’épithète de « Grübler » que le « consensus omnium » lui délivre *. L’injustice est dans la généralisation ‘qui tend à condamner sans réserves l'œuvre entière de Hebbel à cause de ce travers, essentiel il est vrai, mais contre lequel il ne cessa de réagir et qui ne définit point la totalité de sa personnalité et de son art5. En mème temps qu'un aveu suflisant à nos yeux, une déclaration du poète nous paräît fournir le correctif nécessaire. Elle se trouve dans la lettre du 2 août 1862 où Hebbel affirme à Strodtmann qu’en le comparant à un sphinx, le critique s'est servi d'une métaphore excellente et plus profonde qu'il ne le

4. Cf. la lettre de Hebbel à Kuno Fischer du 25 novembre 1858, publiée par Falkenheim en conclusion de l’article Xuno fischers Prühzeil (Preussische Jahrbücher, Berlin, CXXXIII, 2, 3) et la réponse de Kuno Fischer à Hebbel (Bamberg, II, 376-377).

2, Bamberg, LU, 374-375, of. Zinkernagel, 109 et suiv., et surtout N. Hebbel-

dok., 149 et W., X, 326-327.

3. Cf. T., 859 (Munich, 3 août 1837) : « Es giebt eine geistige Onanie, der sich in unseren Zeiten Viele ergeben ».

4. Cf. le jugement de Klaus Groth (Bamberg, II, 453) et la réponse de Hebbel, Bw., VI, 63 et note; supra, 382 et n. 3, j

5. Cf. en particulier, supra, 244-248 et notes, et 508 la pièce an einen Freund.

soupçonne peut-être. Voici cette formule, plus modérée et plus équitable : « Friedrich Hebbel serait-il un sphinx, que mainte de ses œuvres traite une énigme philosophique ou psychologique? Quoi qu'il en soit, le terme qui la résout est le même que pour l'énigme de l'antique Sphinx de Thèbes : l'Homme’. »

Là est, en effet, la véritable clef du problème : il ne saurait s'agir de nier l'évidence et de contester que Hebbel soit un « Grübler », mais d'interpréter ce vocable et de l’assouplir jusqu’à lui faire définir les contours réels de la personnalité du poète, au lieu de déformer, par l'opération inverse, la réalité vivante et de la façonner au moule rigide des simplifications abstraites et des généralisations absolues. Cette mise au point est la seule qui permette de réduire en quelque sorte à l’unité toutes les données de l'analyse critique et de satisfaire aux lois de ce code « organiciste » dont Hebbel est le premier à se réclamer.

Tous-ses contemporains ? s'accordent à voir en lui un « Grübler » mais tous sont loin de formuler cette sentence avec la même force et de lui assigner là même portée. Grillparzer estime que la réflexion est le tout de Hebbel, qu'il faut saluer en lui un penseur éminent, mais qu'il n’est poète à aucun degré’. Schopenhauer affirme au contraire que la poésie de Hebbel prouve son excellente : constitution précisément par Île fait qu'elle ne sort point anéantie de la lutte avec une réflexion aussi raffinée, mais en cest quitte pour « quelques bleus# ». Treitschke insiste surtout sur le caractère méditatif, introspectif de l'inspiration hebbélienne *. Mommsen voit, par contre, dans la puissante sensualité du poète sa force essentielle et la source de ses grandioses créations. « Malheureusement, ajoute l'historien, il ne lui était pas donné comme à nos plus purs poètes de dominer l’animalité de la nature humaine et de la transfigurer en l'idéalisant f. » Et voici que Klaus Groth loue par-dessus tout le sérieux du rêveur solitaire et ses qualités héroïques de sincérité, de vérité, de simplicité, de fidélité 7. On voit tout de suite que l’écueil commun à toutes ces appréciations est de trop simplifier et que, si la personnalité du poète apparaît diminuée, à

1. Bw., VIT, 216-217 et note. — 2. Cf. bibliographie, l’article de Max Nentwich et surtout Wütschke. — 3. Cf. Kub, IT, 484 et Winterfeld, 549-550.

4. Kuh, I, 425. Rappelons-nous le jugement de Feuchtersleben, comparant Hebbel au riche de l'Évangile que ses richesses mêmes conduisaient à la perte parce qu’il en abusait (supra, 647 et W., XII, 54).

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