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peut ajouter, en les rassemblant, les éléments du plaidoyer que constituent ses répliques aux objections de ses nombreux adversaires. Tantôt c’est uniquement son recueil de poésies lyriques qui est mis à mal. Ainsi dans un article de Paul Heyse paru dès 1850 dans le Deutsches Kunstblutt, et reproduit en 1910 dans le supplément critique de la bibliographie de Wütschke!. Tantôt c’est la personnalité tout entière du poète qui est prise à parti. Ainsi dans les articles de Julian Schmidt auxquels nous avons fait allusion déjà et où Hebbel est traité de « Nabuchodonosor de la littérature »
et accusé de mégalomanie, voire de folie?. Nous savons comment le
poète répondit à ces aitaques et qu'il n’attacha que trop d'importance à cette polémique, non seulement stérile, mais préjudiciable à ses véritables intérêts®. Il était porté à s’exagérer la valeur de semblables querelles et, somme toute, assez médiocre tacticien. Nous nous en sommes rendu compte eu étudiant ses démêlés avec Laube‘. Nous pourrions le constater encore en examinant ses rapports avec les journalistes et les critiques qui le combattirent. Hebbel n'eut pas toujours le bon esprit de noter une fois pour toutes l’hostilité d’un périodique comme le Ærankfurter Conversationsblatt ou de se contenter de décocher à un adversaire comme Adolf Stahr quelques épigrammes*. Ou bien il feint d'ignorer complètement la gent méprisable des faiseurs de comptes rendus et se l’aliène par une intransigeance hautainef, ou bien il se plaint d’une sorte de conjuration universelle et déclare qu'il ne veut plus écrire pour des ingrats'. Rien n'illustrerait mieux sa maladresse à circonvenir des juges prévenus contre lui que l'historique de ses relations avec
1. CE Werner, Einleitung, p. xxxv; Bw., VI, 88 la lettre de Hebbel à Kuh du 16 novembre 1857 et Bw., VIII, 63-64 le fragment de lettre à Kuh reproduit dans la Biographie (II, 488 et suiv.) : « Du lieber Gott, die dreissig Gedichte, um deretwillen der ganze Band seinen unläugharen Werth behauptet, sind für Heyse nicht hinreichend, mich gegen eine unwürdige Gesamt- Beschuldigung zu decken. Den Schild Gœthes habe ich allerdings zu meiner Deckung nicht, aber seinen eigenen hätte ich schon in meiner Jugend nicht brauchen kôünnen ». L'éditeur crilique suppose (Bw., VIIT, 63, note) que cette lettre est une continuation de la lettre tragmentaire de Hebbel à Kuh du 13 décembre 1857 (Bw., VI, 96, ligne 22 et suiv.), le complément de cette lettre a été retrouvé (N. Hebbeldok., 114-115) et le passage ci-dessus ne s’y trouve pas. E1 revanche, l’auteur y fait de la réclame pour ses poésies. CE. encore la lettre de Hebbel à Gutzkow du 13 février 1858 (Bw., VI, 111-112) et la réponse de Gutzkow du 17 (Bamberg, I, 167 et suiv ). Jusqu’en 1910 nous ne connaissions l’article que par les allusions de Hebbel. A cette date il fut reproduit par H. Wütschke dans : #r. Hebbel in der zeitgenüssischen Kritik, Berlin-Zehlendorf, Behr, 1910, p. 218: cf. l’article d’'O. Walzel. Deutsche Rundschau, mars 1913, p. 436-437.
2. CE Grenzbolen, 1847, n° 2; 1850, n° 4 et supra, 431. — 3. C£. W., XI, 387-409, 470-473 : Abfertigung eines ästhetischen Kannegiessers; supra, 71h, l'épigeamme : Moderne Analyse des Agamemnon:; Kuh, IF, 205-213; Frankl, 93-25: Bartels, 93-94; R. M. Werner, 299; supra, 499 et n. 1 et surtout T., 4299 et 4670. CE. encore T., 3584, 3959, 4027, 4031, 6209; W, V, 322; Bw., IV, 57: VW, "110-111, 235, 239, 263, 279; VIT, 69, 268, 278 et note; N. Hebbeldok., 161-162; Bamberg, II, 146-147.
k. CF. supra, 610-611 et Kulke, 7-11. — 5. Cf. T , 3938, 5278; Bvwv., IV, 209, 293; et supra, 779 les épigrammes (VII, 233 : Adolf Siahr).
CE Bvw., IV, 145-146, 157-158, 179, 280: V: 12-13, 22. et note; VI, 197. — 7. CE. Bw., IN, 86 et VI, 105.
l'Allgemeine Zeitung, le seul organe qu’il se crût forcé de ménager et qu'il finit, après de multiples concessions et des déceptions répétées, par accuser d’être la feuille à tout faire des Jeunes-Allemands et de mettre sa puissance aveuglément au service d’une clique”.
Nous estimons que Hebbel a suffisamment répondu lui-même au reproche de vanité que certains de ses détracteurs ne lui épargnèrent point. Il est possible qu’il se soit laissé entraîner à tel ou tel mouvement d'orgueil qui ait pu nous paraître à nous-même présomptueux?. 11 est certain qu'il sut se reprendre et qu'il se reprit définitivement. Nous ne nous arrêterons pas non plus à l'accusation d'immoralité qu'il ne pouvait manquer lui aussi de subir, comme, avant lui, Gœthe et Heine‘. Plus fondées sont les obfjections que même deux des plus zélés partisans du poète firent à son inspiration et à sa technique, en reprenant, l’un sa prédilection pour les sujets étrangés jusqu’à la bizarrerie, l’autre la concision exagérée de son style’. Mais ces deux points nous paraissent se rattacher à la question essentielle que soulève l'étude du lyrisme de Hebbel.
Cette question, nous l'avons déjà abordée à propos du recueil de 1842, mais en indiquant alors qu’elle ne saurait être traitée dans toute son ampleur que par rapport à l’ensemble des productions lyriques du poète. Amis et adversaires ne se firent pas faute de la débattre pendant ses dernières années et souvent pour tomber d'accord en reconnaissant en Hebbel un « Grübler », un chercheur et un déchiffreur d’énigmes. En réponse à une lettre de l’auteur de Mutter und Kind, datée du 25 novembre 1858, Kuno Fischer, à qui il avait adressé et présenté lui-même son épopée, lui envoie, le 29 décembre, cette caractéristique générale : « Vos poèmes sont toujours en même temps des problèmes. Vous ne voulez pas seulement représenter un sujet, qu'il soit lyrique, dramatique ou
1. Cf. T., 3883, 3888, 3896, 4000, 4115, 4123, 4129, 4992; Bw., IV, 1, 1416, 174, 182-183, 264-266, 278, 284 et suiv.; V, 6, 17, VI, 71-72, 102-103, 106, 180, 185; VIT, 180, 209; VIII, 67, 113: Bambere, I, 414, 416: N. Hebbeldok., 120 et HAPrAs 175-776 les épigrammes : auf das Nibelungenlied, Einsprache aus Müncher.