Auteur inconnu de la fin du xn° siècle
T6 HEBBEL (1813-1835).
pouvons mieux faire que de citer intégralement les spirituels trochées satiriques de Rosas Schünheil!. È
Rosas Schôünheit, glaubst du, werde schwinden ?
Freund, ich sage nein,
Denn, was schwinden soll, muss doch vorher wolf sein ? Und wer kann an Rosa Schônbeit finden ?
On avait si bien raison de dire que cette épigramme était du plus pur Lessing? qu'il peut fort bien en avoir fourni le patron*. En tout cas les deux dernières qu'il nous reste à examiner : an Scribax et der grosse Stax ont été directement inspirées par lui* et ne sont aucunement indignes de leur grand modèle.
En somme, si certaines de ces épigrammes de jeunesse n'expriment parfois que des lieux communs et parfois aussi décochent des pointes qui s’émoussent en même temps que s'effacent les circonstances qui les ont provoquées, il n’en faut pas moins noter le progrès de maturité d'esprit qu’elles révèlent et certaines d’entre elles contraignent à la fois notre réflexion et notre émotion. Nous voyons combien, même en poésie, Hebbel reste profondément et jalousement logicien, sans abdiquer son ombrageuse et originale sensibilité, et quelle importance il attache aux qualités de raison, de bon sens et de mesure, tout en conservant son opiniâtreté et son audace. Sans doute, sa technique est loin encore de la perfection. Nous aurons à le démontrer plus loin, en particulier pour ce qui concerne la métrique. Nous constatons cependant qu'il s'amende également au point de vue de la forme, se met à élaguer, à choisir et à polir ses métaphores : le poème n’est plus pour lui une succession de développements coordonnés au gré de la fantaisie ou tout simplement au petit bonheur; on y sent une application très grande à obtenir l'impression d'ensemble et d'unité organiques, et c'est dans ce sens que va se perfectionner ce lyrisme.
Les Æinfälle valurent à Hebbel d’immédiates et vives attaques dans la presse locale”. Elles ne purent que contribuer à répandre le nom du jeune poète et servir sa réputation dans son pays natal. Hebbel en fit le cas qu'il fallait. C’est ce que va nous prouver
1. Pour le jeu de mots, cf. supra, p. 72, n. 9. — 2. Patzak, 3 et 62. — 3. Cf. Fischer, 38 :
Auf die Galathee (Lessing) Die gute Galathee! Man sagt, sie schwärz’ ihr Haar, Da doch ihr Haar schon schwarz, als sie es kaufte, war.
4. Cf. Lessings Sinngedichte, n° 8, Thrax und Stax et n° 79, der kranke Star, Patzak, 3.
5. Un certain magister P. C. Dethlefsen ouvrit le feu dans le numéro du 1* septembre 1831 du Bote (cf. Bornstein, [, 354) sous le titre : Sprüchw. Salom. Cap. 18, V. 13. Bornstein communique la dernière strophe. Nous possédons la réplique de Hebbel du 3 septembre (W., IX, 11-13), cf. aussi W., IX, 7-11. Heinrich Johannsen recommenca les hostilités le 22 avec son Æpistel an Frau A. in W. gerichtet; un anonyme les poursuivit le 6 octobre par un Rückblick auf die letzten Reisen des Boten et « Veredicens » les clôtura par son Expecta paulisper, cf. Anmerkungen, 409 et Kuh, [, 96 et 97.
PREMIÈRES POÉSIES. Fi
une poésie! publiée pour la première fois le 25 décembre 1908 et que nous reproduisons intégralement bien qu'elle n’ait guère de valeur littéraire, mais à titre de document biographique et polémique : :
Du glaubst, mein Freund, die Zunft der Narren und dèr Thoren, Mit Hôrnern und mit langen Ohren,
Sey ganz und gar nicht zu gebrauchen ?
O doch! zum Barometer kann sie taugen
Für deine Seele, die des Messens werth :
Je schneller das Quecksilber ihrer Lippen
Nach unten in die Tiefe fällt,
Je mehr hast dù umschifft die Klippen
Der Zeit, je hôher dich gestellt,
Je herrlicher dein Herz verklärt.
Doch wehe Dir, wenn das Quecksilber steigt
Und Dir zu Gunsten auf ein trefflich Wetter zeigt : Denn Du bist dann fürwahr
(0 hüte Dich !) ein kalter Januar.
Ces vers représentent un Stammbuchblatt dédié à Gehlsen, l'ami d'enfance dont il a déjà été question ?.
Nous avons, pour les rattacher à leur milieu logique, anticipé de quelques mois et revenons maintenant à l'année 1831, pour considérer le pro memoria ? adressé à Hedde le 30 mars. Nous retrouvons dans cette curieuse improvisation la technique déjà signalée dans les Flocken et les Einfälle, où l'intention satirique est rendue par la métaphore elle-même. Le début est, à ce point de vue, typique :
Befñehl dem Hasen, der den Jäger sieht
Und seine Hunde, freien Willens ihm
Zu nahen sich — er wirdes thun — befñehl Dem schônen Rebhuhn, ausgespanntem Netz Des Vogelstellers den Besuch zu machen,
Es wird gehorchen, spreche zu dem kranken Von Furcht und tiefer Reu’ gepeitschten Sünder, Dem Teufel, der die Zühn’ ihm zeigt, ohn° Zittern Die Hand zu geben — freudig wird er, Dir
Zu Liebe, dem Gebot nachfolgen, aber, Fürst, Dess Majestät ohn’ End’ und Anfang ist,
Nur mir befehle nicht, was Du gethan.
4. Vossische Zeitung, n° 605, feuilleton; la pièce a été reproduite dans l’édition du centenaire par Bornstein, 1, 128, qui y voit un « Nachklang Lessingscher Epigramme » (rbid,, 358); elle sé trouve dans la lettre à Gehlsen du 21 avril 1832. à.
2. Cf. supra, p. 27. Le jeune poète ajoute dans la lettre inédite publiée en même temps que la précédente pièce : « Dies ist meine Meinung über die Meinung der Welt ». Voici la curieuse fin de cette même lettre : Du magst Dir mich denken, wie Du willst : als einen Poeten, der auf mürben Stelzen geht (cf. supra, p. 27), als einen Schweinigel, als p. p., aber vergessen musst Du mich nicht, das rathe ich Dir! Dein Freund
Wesselburen, den 21, April 1832. CG. F. Hebbel.
Denke an Hedwig, an das Liebhabertheater, an die Saufgesellschaît, an die Bälle, an Doris p. p., so wirst Du auch an mich denken, cf. supra, la fin du chapitre : Wesselburen, cf. aussi Kub, 1, 97 et suiv., eb T., 65 : « Gehlsen, der sich besaufen muss, weil er ein Buch über Mässigkeit gelesen hatte ». Cf. édition du centenaire par Bornstein, n. p. 358 pour les détails biographiques.