‹ HebbelChapitre 43 sur 425 · Fischer · texte numérisé non relu

Fischer

2, Cf. T., 126 (Hambourg, 24 octobre 1835), « Aufgabe aller Kunst ist Darstellung des Lebens, d.h, Veranschaulichung des Unendlichen an der singulären Erscheinung. Dies erzielt sie durch Ergreifung der für eine Individualität oder einen Zustand derselben bedeutenden Momente. »

esthétique, selon laquelle l’art a pour mission, tout en représentant un phénomène isolé, de symboliser l'infini? Cela ne peut être supputé!, »

.Ge passage capital retrace très nettement les grandes lignes directrices de l’évolution lyrique de Hebbel, jusqu'au moment où nous sommes parvenu. Mais nous y entendons aussi, de la bouche même du poète, la meilleure définition qui se puisse donner de ses imitations schillériennes et l'appréciation exacte de l'importance qu'il convient d'ajouter à l'intervention libératrice d'Uhland. ;

Ce ne fut point une révolution soudaine, mais l’aboutissement d’une évolution jusqu'ici latente et répondant à des dispositions évidemment profondes de la nature de Hebbel. Il nous parle luimême d’ « une très longue et très sombre voie », et nous confesse qu'il a atteint le but avant de le reconnaître?. Il ne se contenta point, le but une fois reconnu, de composer des pastiches dans le genre du fragment de romance communiqué à Hedde et ül fit paraître dans le Bote des pièces où l’imitation est plus discrète et personnelle. C’est en 1829 que À. C. Cosmar avait publié à Berlin l’'Odeum dont le premier volüme contenait d'Uhland uniquement le poème des Süngers Fluch. À la suite de cette lecture, Hebbel dut se procurer les poésies d'Uhland, car il ne se peut point qu'il ait tiré de cet unique échantillon toutes les conclusions que nous venons de reproduire. Pendant des années, écrira-t-il plus tard au maître, je n'ai connu d’autres jours de fête que ceux que me procurèrent vos poésies dont je parvins « à avoir un recueil ? » et, un peu plus tard, il lui avoue « qu’elles prirent aussitôt possession de toute son âme ‘ ».

Le fragment de romance est du 21 avril. Le même jour, coïncidence curieuse, Hebbel fait paraître dans le Bote une pièce an Laura; über ihren Blick bei dem Anhôüren leichtsinniger Redensarten qui semble un dernier adieu à Schiller, comme s’il voulait prendre congé de lui, en pratique comme en théorie, à l'instant où il prend conscience de son nouveau maître. Le titre déjà nous rappelle les pièces d'inspiration schillérienne, célébrant l'héroïne du même nom. Dès la première strophe, nous rencontrons le motif de l'innocence :

Wär mir deine Unschuld nicht besiegelt..…

seulement il ne s’agit plus, cette fois, d’une abstraction, mais d’une

1. T. du 5 janvier 1836, I, 136; cf. Oskar Walzel (Deutsche Rundschau, mars 1913, p. 439 et suiv.). :

2, T., 136. — 3. Bw., I, 69 (4 juillet 1836). Cf. W., XII, 392. — 4. Bw., I, 218 (24 novembre 1837). -

5. VII, 50; Bornstein, I, 350 : « In den Winter 1830 auf 1831 fällt Hebbels Bekanntschaft mit Uhland. Dies Gedicht muss früher, spätestens Herbst 1830 entstanden sein. »

6. Die Nacht, Sehnsucht an L., Laura; cf. supra, 42, 45, 47; cf. Bornstein, ibid. : « Mit Schillers Phantasie an Laura teilt es nur das Versmass: die Durchführung gemabnt wieder an Hôlty, etwa an ein Mädchen, das am lronleichnamsfest ein Marienbild trug, resp. an die Pastorenlyrik. »

NERBEL, ô

qualité personnelle et les deux premiers vers ont de la simplicité” et de l’aisance :

Wie die Sonne sich im Meere spiegelt, Spiegelt sich dein Herz in diesem Blick.

Comme dans la romance que nous venons d'étudier, c’est la mort qui confère à l'amour l’auréole suprème ‘, et comme dans toutes les poésies précédentes, c’est la vertu qui est pour une jeune fille le bien suprême. Nous retrouvons l’antithèse de l’ange et du démon :

Also mag ein junger Engel glauben, Dass der Teufel nimmer môglich ist2,.

Comme dans les pièces Ær und ich et die Weihnachisgabe, la mort

est ici considérée comme un éveil bienheureux à une vie plus haute |

après un sommeil déjà dispensateur de félicité ?; l'existence d’icibas, au contraire, est sombre, froide et chaotique; le poète en parle comme d’un « nächtlichem Gewimmel‘ » dont c'est un bonheur d'être délivré; heureusement l'amitié et l’amour nous aident à attendre sur terre l'échéance ardemment désirée. Les

cinquième et sixième strophes résument cet eudémonisme mys- .

tique : - Müg, wie dies Vergissmeinnicht, dein Leben, Holdes Mädchen, sanft und selig blüh’n, Von der Liebe Rosenroth umgeben, Von der Freundschaft weichem Myrthengrün ;

Bis dereinst nach ewiger Beglückung Deines Herzens Blutstrom rascher springt,

Und der Thautropf5 wirbelnder Entzückung Diesem Frostnachtleben dich entschwingt.

Rien ne manque à ce panorama schillérien. Les fleurs, surtout, le jonchent à profusion. Dans la Romanse de la Meerfräulein, Hebbel s'était contenté d’un brin de romarin ‘; ici fleurit tout un parterre :

Unter grüner Myrthe, rothen Rosen Blüht dort ein Vergissmeinnicht so zart, Von den Schwesterblumen vor dem Tosen Wilder Winde mütterlich bewahrt1.

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