VII, 53; 22 juillet 1831, à Hedde. Bw., I, 9 et
7. Le rapprochement est de Fischer (19); cf. Ev. Johannis, 16, 21 : « Ein Weib, wenn sie gebieret, so hat sie Traurigkeit, denn ihre Stunde ist kommen. Wenn sie aber das Kind geboren hat, denket sie nicht mehr an die Angst, um der Freude willen, dass der Mensch zur Welt geboren ist. » Nous pouvons indiquer encore: An die Unterdrückten, Kains Klage, Erhaben; cf. supra, 40, 45, 75; Bornstein enfin (I, 354) admet la direction d’Uhland et laisse entre voir comme possible l'influence de Heine. ;
Dichterloos ! n’est qu'une autre variation sur le même thème et une reprise des mêmes métaphores. Toutefois ce n'est pas de l’homme en général qu'il s’agit, mais du poète”. De même que le plongeur ramène du fond de la mer, au prix de mille dangers, la perle pour laquelle on lui offre ensuite un prix misérable, le poète est bien mal loti :
Aus dem Meer der Zeit Fischt er die Perlen der Ewigkeit;
Doch verschlingt ihn der-Zweifel, der grausame nicht, So zermalmt ihn des Undänks Atlasgewicht®.
Cette conception douloureuse, mais vaillante, de la destinée du poète, prêtre de l'idéal, victime du réel, s'explique par les circonstances qui virent naître toutes ces pièces ‘ et le fond même du caractère de Hebbel qui ne se modifia guère dans la suite *.
Quel est enfin le sujet de la pièce Mein Glück°? On console un enfant qui vient de perdre sa mère en lui disant que la morte va revenir; ainsi l'espérance nous reste quand le bonheur a fui. Il est curieux de remarquer le parallélisme de ces trois dernières poésies qui toutes $ ne sont que la reprise de la cinquième strophe du ZLied que nous avons étudié plus haut”, et le rythme identique de mein Vorsatz, die Perle, et mein Glück. Les vers ïambiques, réguliers, à trois temps forts, s'adaptent parfaitement à ces poésies de courte haleine, mais, alors que dans Zaura ïls apparaissaient sous l'influence du « Volkslied ! », pour ces dernières pièces Hebbel en a trouvé le modèle chez Uhland et chez Heine'!. Dans tous les exemples que nous venons de citer, le lien reste factice, il est vrai, entre le motif extérieur et le mouvement du Gemäth, mais c’estque nous n’étudions en ce moment que les plus médiocres des poésies . de jeunesse de Hebbel. Nous verrons, en examinant celles qu'il a reprises dans ses recueils, que sous ce rapport il a abouti d’abord à une sorle de panthéisme sentimental et anthropocentrique comme le maître souabe.
Le 3 novembre 1831 paraît dans le Boie une ballade de revenants, intitulée der Ring'?, qui ne rappelle pas seulement par le titre celle d'Uhland et dont les motifs dramatiques furent repris plus tard
. 1. VIL 58. Bote, 1° septembre 1831. — 2. Cf. Scheunert, D. j. H., 136 et
suiv. : Aufgabe des Dichters. — 3. Müller (3) a rapproché le dernier vers de celui de Heine (Heimkehr) :
Ich unglücksel’ger Atlas! eine Welt, Die ganze Welt der Schmerzen muss ich tragen. (Elster, I, 107). Cf. Bornstein, I, 354 et Bw., I, 10-14, lettre à Hedde du 7 octobre 1831.