Cf. supra, Wesselburen
5. Cf. VI, 358 : Situation des Dichters, NI, 359, Dichterloos, NI, 359, Trost für deutsche Autoren; cf. T., 5089 (15 mars 1853) et Bw., V, 301, ligne 30 (12 avril 1856). — 6. VIT, 58; Bote, 8 septembre 1831. — 7. Cf. Scheunert, D. j. H., 181: die Mutterliebe. — 8. On peut même y ajouter der Kranz, NII, 46. — 9. C£. supra, 44, — 10. Cf. supra, 49. — 11. Cf. Bornstein, I, 355. Le même critique signale de plus au vers 6 de l’original une incorrection de Hebbel.
12. VII, 59; il s’en trouve une autre du même titre dans Hebbel (cf. VI, 390),
Bornstein (1, 355) signale, outre l’influence de der Ring d'Uhland « wohl auch Thorildens Ringlied aus Normäünnischer Brauch ».
PREMÈRES POÉSIES. 87
dans le fragment die Dithmarschen'. Mais qu’il y a loin de la concision puissante du modèle à ces macabres évolutions narrées avec placidité! Un instant seulement l’effet tragique est intensifié par la répétition saisissante et presque littérale d'une strophe?. Il y a là
un procédé comparable à celui de l’annomination et Hebbel en use ici de la façon la plus heureuse ?. Mais des procédés et des détails ne sauraient pallier le caractère peu poétique de l'ensemble et le
: manque d'’illusion. Des esprits sembleraient devoir la nourrir et
non la détruire. Or voici qu'au moment le plus pathétique’, le cavalier spectral déclare de sa bouche blême :
Ich danke dir die Rede sehr, Nun kann ich sagen mein Begehr, Doch zitt're nicht — ich bin ein Geist,.…
Nous voilà tout à fait rassurés, d'autant plus que nous ne tremblions guère.
Les critiques ont unanimement rappelé Heine à propos du rythme de la pièce die Mutter 5, mais son développement par comparaison est strictement analogue à celui des pièces que nous venons de passer en revue. Scheunert fait remarquer avec raison que c’est la seule pièce de cette époque où l'amour ñe nous-$oit pas présenté
sous son aspect bienfaisant”, mais il ajoute, non moins judicieusement, que l’auteur l’appelle une Brennnessel, qu'il oppose à la « Rose der Liebe » et qu'il ne s’agit pas, dans la pièce, de l'amour même, mais seulement du vague et impérieux désir d'aimer :
Das ist in meinem Herzen Die Sehnsucht der Liebe wild, Die mehr erzeugt der Schmerzen Wie Dornen das Gefild. "
Ces vers rappellent évidemment Heine, mais souvenons-nous, en même temps, que Hebbel lui-même déclarera « inimitable » la grâce en apparence si négligée du Buch der Lieder”?. |
En somme, dans ces poésies de 1831, l'inspiration est nouvelle ‘autant que la forme. Ce n’est plus la lassitude, le découragement, le mal de vivre qu’elles traduisent, mais la résignation, la volonté ou la confiance : à l'instar du doge de Venise, le poète ne veut jamais plus porter d’habit de deuil; il sait que la perle naît d’une blessure et que de douloureuses prémisses sont la condition de toute beauté, de toute grandeur et de la vie même; il sait que les
| 1. (1840), W., V. 75 et 76. — 2. La cinquième strophe et la huitième sont presque identiques. — 3. Cf. supra, 45 : Nous trouvons ici également l’allitération et la « figura etymologica » :
Ein Reiter reitet hinab an’s Meer, Der hofft bei der Wellen und Winde Wuth... (v. 2 et 3).
4, Notons aux vers 39 et 40 les expressions « Grau’n » et « Beben » que nous retrouverons fréquemment dans les poésies lyriques de Hebbel.
5. Müller, 3: Fischer, 42; Bornstein, I, 355. — 6. VII, 61; fin 1831. — 7, Op. cit., 93 : « erhebende Kraft der Liebe ».
8. Bw., 1, 16 à Hedde le 4 janvier 1832; la pièce lui est présentée comme « erst ganz neulich aus dem Ermel geschüttelt ». — 9, W., X, 415.
poètes sont exposés à souffrir de leurs propres doutes et de l'ingratitude de leurs contemporains ; mais il leur reste, en dépit de tout, l'espérance, trésor suprême. Nous avons déjà cité au chapitre : Wesselburen un mauvais quatrain! qui exprime ce vrai courage; c’est l’état d'âme que traduit encore la pièce Selbstvertrauen * où. nous retrouvons, plus virile et plus concentrée, l’exhortation de der Quell* : c
Kannst du nicht steh’n auf dich selbst, und bedarfst du der Hilfe von aussen, Wabrlich, so bist du ein Mann, wie ein Arm ohne Hand.
Sich deine Mutter, die Erde; ernährt sie sich nicht durch sich selber ?
Stärkt sie ihr eigener Dunst nicht als Regen und Thau#?
Le poète se donne à lui-même du courage; on sent que cette énergie dithmarse se trempe à mesure que persiste l’adversité :
Auf und keltre dir denn in den rosigen Stunden des Glückes Mit unermüdendem Fleiss festes Vertrau’n auf dich selbst.
Nous sommes ici au centre même de l'âme de Hebbelÿ et déjà assez loin de Schiller. La « Sehnsucht » dont il vient d’être question dans la précédente pièce était surtout motif d'imitation littéraire. L'ancienne « Sehnsucht » © à la Schiller a été parodiée par l’auteur? et, à l'instar de Gœthe donnant comme correctif à son Werther le Triumph der Empfindsamkeit, Hebbel raille maintenant l’exaltation emphatique pour une bien-aimée impersonnelle et les métaphores extravagantes autant qu'incohérentes . On peut donc rapprocher cette parodie, où il prend conscience de la nécessité d’être désormais autonome en poésie, de ses déclarations d'autonomie morale.
Ce bel élan d'indépendance ne l'amène tout d'abord qu’à changer de maîtres, mais sous leur égide nous l'avons vu commencer à forüfier sa pensée et à amender la forme de ses poésies : on y trouve déjà plus de concision et d'objectivité, moins de guirlandes et de rhétorique ampoulée. Il vise maintenant à l’éloquence sobre, se dégage de plus en plus consciemment des exagérations de toutes sortes et va s'appliquer un moment à une psychologie très simple,
1 CG. supra; 2h; cf: Bw., 1, 9 à Hedde, 22 juillet 1831, — 2. VIT, 59, Bote, 15 septembre 1831. — 3. Cf. supra, 53. 4
4. Cf. Fischer, 69 : « eine etwas hescheidenere Rolle spielt eine Anzahl Bilder die der anorganischen Natur aus der näheren Umgebung des Menschen entnonmimen sind und sich für Gedanken eignen, die nicht grade auf dem hôüchsten
Kothurn einherschreiten.... Auffallend ist, dass « Regen » stets etwas Gutes bedeutet. ebenso wie « Tau » cf. dernier vers :
Stûrkender Regen des Muths, kühliger Thau der Geduld.
5. On peut rapprocher les aphorismes en prose (W., IX, 3) et en vers (VII 39 et 40, cf. supra, 61) mais il est parfaitement inutile de rappeler ei l'influence religieuse de Paul Gerhardt; cf. D. 7. H., 2, n. 1.
7. Cf. Anmerkungen, 403 et Bornstein I, 341 : « Werner setzt diese Selbstironisierung noch auf 1829 an, Eine so weit gehende: innere Freiheit dem eigenen Produkt gegenüber traue ich dem Hebbel von 1829 noch keineswegs zu; wohl aber stimmt dergleichen trefflich zu der satirisch-polemischen Grundstimmung des Jahres 1831, des Hebbel der Zlocken, Einfülle und ersten Invectiven im Boten. » è