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INTRODUCTION. XIII

Hebbel? Quoi qu'il en soit de ce dernier point, il n’est guère contestable que le critique français est, du fait de sa nationalité, moins disposé qu'un Germain à « sympathiser » avec une nature de cette sorte. L’Allemand est assez prompt à taxer de frivolité notre plus grande mobilité d'esprit et de « Oberflächlichkeit » cette légèreté de touche que nous apprécions tant. De même, nous sommes parfois injustes pour la « Gründhichkeiït » germanique et enclins à n'y voir que lourdeur et pédantisme. Hebbel lui-même attire notre attention sur ce fait essentiel, et y insiste !.

Le critique français, en présence de Hebbel, est done tenu de s'imposer un effort double, afin d'arriver à cette sympathie que le poète lui réclame et sans laquelle il ne saurait y avoir, en effet, véritable compréhension. Nous ne nous refuserons pas à ce double effort. C'est à Gœthe que, comme Hebbel nous conseille de le faire, nous demanderons les directions. persuadé que le désir de découvrir avant tout les qualités ne nous rendra point aveugle pour les défauts ?. Je n’ai qu'un seul parti pris, celui de rendre justice à un de ces grands poètes qui, selon l'expression de Herder, sont « les véritables créateurs du peuple, eux qui créent pour lui ravissement, instruction, occupation, religion, langue fn.

Il me reste à remercier MM. les bibliothécaires de la Sorbonne et de la Kônigliche Bibliothek à Berlin et à exprimer à MM. Charles Andler et Henri Lichtenberger, professeurs à la Sorbonne, ma profonde reconnaissance.

1. Cf. sa lettre du 22 mars 1860 à la princesse Marie Hohenlohe, née Wittgenstein. Il lui écrit à propos de son idylle : le Tailleur de pierres : « Gegen Ihr Original hätte ich nun freilich sebr viel einzuwenden, soviel ungefähr, als die Deutsche Anschauung der Welt und der Dinge überhaupt gegen die Franzôsische einzuwenden hat. Doch das würde schriftlich zu weit führen. Die Naturschilderungen sind ganz allerliebst, die philosophischen Betrachtungen dagegen dürften für den Steinhauer zu hoch und für M. de Lamartine zu niedrig seyn. Doch der Franzose fragt eben nicht, und das ist der Punct, in dem die beiden Nationen auseinandergehen, nach dem Woher und Wohin; er reisst die Blätter ab, wo sie häüngen uad extemporiert seinen Garten, indem er sie in den Sand steckt, während der Deutsche die Büsche mit allen ihren Wurzeln ausgräbt und darum auch weit später, mitunter allerdings zu spät, ferlig wird ». On remarquera que Hebbel ne se fait pas la plus mauvaise part; nous tâcherons d’être plus généreux que lui.

2. Cf. T., 136, 264, 1372, 2516, 3662 et ce passage de la préface de Dichlung und Wahrheit : « Dieses scheint die Hauptaufgabe der Biographie zu sein, den Menschen in seinen Zeitverhältnissen darzustellen, und zu zeigen, inwiefern ihm das Ganze widerstrebt, inwiefern es ihn begünstigt, wie er sich eine Welt- und Menschenansicht daraus gebildet, und wie er sie, wenn er Dichter, Künstler, Schriftsteller ist, wieder nach aussen abspiegelt ».

3. Herder : Ueber die Wirkung der Dichthunst auf die Sitten der Vülker, 1778.

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