‹ HebbelChapitre 79 sur 425 · L. VII, 99, Modeblätter, 1833, n · texte numérisé non relu

L. VII, 99, Modeblätter, 1833, n

f -128 HEBBEL (1813-1835).

Da grünt der Hain, wie nie zuvor, da heben Die Blumen sich wie nimmér, schôn und mild, Da scheint sich in eir zauberisch Gefild

Der Himmel mit der Erde zu verweben 1. —

Quels progrès réalisés de ce côté depuis die Nacht?! Mais voici l'interprétation symbolique :

So stralt Dein Geiïst auf eine ferne Zeit,

Die längst die nächtliche Vergessenheit , Mit ihrer stillen Lethe übergossen,

Und eines Æimmelreichs bedarf sie nicht — Sie hat in Dernem ewigen Gedicht Das zweite schôn’re Leben schon genossen?.

Un critique ‘ rapproche ce sonnet de ceux de Heine à A W. Schlegel, et conteste de ce côté la ressemblance avec Uhland. Les deux affirmations s'appuient uniquement sur la position des rimes et la présence chez Hebbel de rimes masculines, mais, outre que la rime masculine paraît une seule fois en trois sonnets, dans un seul tercet du Sonettenkranz, le critique indique lui-même qu on la rencontre, exceptionnellement il est vrai, chez Uhland également *, et pour ce qui est de la position des rimes, la même se trouve dans deux de ses sonnets °.

Outre le sonnet an eine Dame” présenté plus haut, nous en possédons quatre autres de Wesselburen que Hebbel ne reprit dans aucun de ses recueils ultérieurs. Pour les examiner ensemble, nous dérogerons à l’ordre strictement chronologique. C'est d'abord le sonnet : an einen Jünglingf. Citons-le intégralement, afin d’en laisser paraître toute l’unité malgré la diversité des métaphores”;

Du trittst so froh, so mutig in das Leben, So unbekümmert, ohne Furcht hinaus,

Aïs solltest du in éines Freundes Haus,

Zu einem heitern Gastmahl dich begeben 10;

Doch grausam wird das Schicksal sich erheben Und deiner Hofinung goldnen Blütenstrauss Enthlättern und die Fäden : Schmerz und Graus In deines Busens bunten Teppich weben.

Denn ach! das Leben gleicht der Sphinx. Wohl schôün Und lieblich in der Ferne anzuseh’n, Allein sein Rätsel kannst du nicht versteh’n 11,

1. Fischer, 82, dit à propos de ce sonnet: « das Kriterium dafür, ob ein Gedicht auf einen bestimmten Anlass zurückgebt, liegt in seiner Anschaulichkeit und Lebenswahrheït. Die Phantasie verändert die Dinge, zeigt alle in einem Zauberspiegel; die Erinnerung an etwas Selbsterlebtes ist klar, bestimmt und trotzdem farbig. »

2. VIT, 26: cf. supra, 42. — 3. Cf. Menschenschicksal (VII, 97 et T., 344 et 748). — 4. Müller, 2. — 5. In Varnhagens Stammbuch et Todesgefühl. — 6. Die zwo Jungfrauer et der Blumenstrauss.— 7. supra, 103. — 8. VI, 81; Modeblätter, 1832, n° 50.

9. Cf. Vischer, 75: Manchmal verwendet Hebbel eine geringe Anzahl von Bildern, die sich durch besondere Kraft auszeichnen und wie ein paar farbige Akzente dem ganzen Gedicht einen bedeutsamen Ton verleihen.

10, CF, T., 4891. — 11. Fischer, 106 relève avec raison l’enjambement malheureux qui dépare le sonnet,

ES À ee

Und in des Zweifels Molochsarme legt Es dich hinein, und eine Hôlle schlägt Um dich herum, bis man ins Grab dich trägt1.

C’est, en 1833, was mich quält? de même inspiration pessimiste ? : le bonheur est insaisissable; |

Sind wir nicht Flammen, welche rastlos brennen, Und Alles, Alles, was sie auch umwinden, Versehren nur, und nie umarmen kônnen ?

La même année fut composé le Widmungsgedicht® destiné à

Wiebken Elvers, l’une des amies de Hebbel à Wesselburen, la première envers laquelle il se montra galant, car nous l'avons vu faire sa cour à la petite Emilie Voss en lui tirant les cheveux. Autant sa passion pour cette dernière fut concentrée et sérieuse, autant sa tendresse pour Wiebken fut heureuse et enjouée : il était son cavalier servant en toute occasion, l’'accompagnait au bal et à la promenade, finit par ne plus pouvoir se passer d'elle, si bien que les camarades de Hebbel en vinrent à les considérer comme fiancés. Mais il n'y avait là qu’une amourette sans conséquence qui, comme une fleur, s’épanouit un instant et passa vite et dont le souvenir fut comme le dernier parfum. Ce que Wiebken fut pour Hebbel, il le lui dit en quelques vers personnels au-dessous du sonnet qu'il lui dédie :

Ein Rosenstrauch im Sonnenscheine,

Der, wenn er auch nicht immer Rosen trägt,

Sie doch im tiefsten Busen hegt, |

Diess wird dann immerdar dein Leben sein!

Dir wünsch’ ich alles Glück, mir aber nur das Eine :

« Gedenke mein! »

Le sonnet lui-même est de contenu beaucoup plus lourd, et les deux quatrains nous apportent déjà, en même temps que de jolies combinaisons d’allitérations et d’assonances, un véritable résumé de panthéisme naturiste :

Was rings im ungeheuren Zauberkreise

Der schaffenden Natur als Blume blühet,

Als süsser Duft durch blaue Lüfte ziehet,

Als goldne Frucht erglänzl am grünen Reise :

Das ist zu ihrem ewiglichen Preise

In Einer Sonne Segenstral erglühet

Und wenn im Winter diese Eine fliehet, :

Steht schmucklos die Natur nach Gräber-Weise 7,

Les deux tercets développent maintenant toute une éthique : de même que le soleil est au centre du monde matériel, de même, au

1. Müller, 2 : « b ce d ist stumpf und die Reimstellung der Terzetteist c c c d d d. Diese Stellung findet man nicht bei Uhland, wohl aber einmal bei Heine in dem Sonett : an meine Mutter B. Heine, Elsters Ausgabe, I, 57. » 9, VII, 98; Modeblätter, n° 32; cf. T., 3295 (11 janvier 1845). — 3. Cf. supra,

86 : Dichterloos. — 4. NII, 107; 2 novembre 1833 (Anmerkungen, 413). Erstdruck: Hermann Krumm, Hebbels Sämtliche Werke, XX, 116.

5. Cf. supra, 23; cf. Kuh, I, 89 et 90 et Bornstein, I, 371. — 6. Cf. supra, 14. — 7. Cf. die drei grossen Tage (VIE, 62, 1'° strophe) cf. supra, 89.

NEBBEL,

centre du monde moral il y a [la déclaration est bien caractéristique de Hebbel].. le sentiment de notre propre valeur : So giebt es auch in einer Menschenbrust

Nur Eine Sonne, welcher Glück und Lust, Als wie auf einen Zauberschlag, entblithen :

« Das Selbstgefühl! » — Das Wort ist engbegränzt

Und nennt doch Alles, was das Leben kränzt. — L'unité métaphorique n’est, du reste, ici pas moins remarquable que la structure logique !. \

C’est enfin, en 1835, le sonnet Frage an die Seele? dont le titre déjà indique le caractère problématique, et le problème que Hebbel aborde ici est un de ceux qui l’intéressèrent le plus ° et qu'il ne cessa de poursuivre. Deux ‘ des nombreux aphorismes qu’il y consacre dans son journal nous paraissent montrer à nu le subsiratum philosophique que les symboles de la poésie parent et voilent à la fois. Mais le contenu de ce sonnet a déjà été commenté abondamment 5 et interprété avec raison comme la première ébauche qu'un poème ultérieur © reprendra et portera à un plus haut degré de perfection. Quant à la forme, nous aurons à la considérer plus loin, en traitant de la métrique du jeune Hebbel,

Il ne nous reste plus à passer en revue que quelques poésies diverses ou épigrammatiques composées en 1833, 1834 ou au début de 1835 avant le départ pour Hambourg. Nous le ferons année par année.

Examinons d’abord la redliche Warnung eines ehr- und achtbaren Bürgermannes an einen jungen Poeten'. C’est la critique de la Poésie du point de vue terre à terre et bourgeois. En quatre strophes de huit vers, dont la première est surtout remarquable par ses nombreuses allitérations*?, les poètes sont raillés pour leur manque de sens pratique :

Sie reiten nun Ihr Steckenpferd, Sobald Sie Verse leimen, —

Recht gern! Vergässen Sie nur nicht, Sich auf die Welt zu reimen!

1. Il nous semble que Scheunert a forcé l’interprétation en la poussant trop loin dans le sens mystique; cf. Scheunert, D. 7. H., 17, 78, 181.

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