‹ HebbelChapitre 80 sur 425 · VII, 121; Bote, 8 janvier · texte numérisé non relu

VII, 121; Bote, 8 janvier

. 3. T., 1039. — 4. T., 2076 (13 août 1840) : « Wenn wir einschlafen, erwacht in uns der Gott»; T., 3641 (30 juin 1846) : « der Traum ist ganz entschieden

für den Geist, was der Schlaf für den Leib ».

5. Cf. Scheunert, D. 7. H., 59 et suiv.; Traum und Schlaf, 70, 84 et 85, 213. — 6. Offenbarung, VI, 205. À

7. VIT, 83; Modeblätter, 1833, n° 4; cf. Bornstein (I, 366) : « Wohl noch 1832 entstanden ».

8. On n'y compte pas moins de onze fois la lettre w. L’allitération en w est la plus fréquente dans les premières poésies. Nous l’avons déjà rencontrée dans die Nacht (VII, 26, derniers vers); der Quell (VII, 16, début); der Ring (VIL, 59, v. 2 et 3). G ‘

La deuxième partie est un petit chef-d'œuvre de malice :

Es gab schon manchen Ehrenmann, Der auch Gedichte machte, Dess ungeachtet aber doch Was Blankes vor sich brachte; Sie aber geh’n so oft zu Tisch Bei allen Pieriden, Dass Ihrer Erdentafel kaum Zum Brot das Salz beschieden!

Le jeune Hebbel met ici très habilement en scène ses camarades « philistins », tels que Barbeck et Gehlsen, dont nous avons déjà fait la connaissance!. Cette jolie petite revanche poétique vaut bien leur sceptique et prosaïque pondération. La dernière strophe est une apologie ironique de la société, de ses dogmes sacrés, comme la trinité « Weib und Kind und Erwerb » et de ses institutions vénérables, comme l'assistance publique.

Et quand le « bourgeois » a conclu triomphalement :

Und, Herr, für Ihresgleichen giebt

k Es keine Armenkassen! :

le poète réplique par sa Antwort auf das Vorige?. Le sous-titre’ nous renseigne déjà suffisamment sur son opinion et pourrait être considéré comme le « programme » de la carrière de Hebbel. Mais, la forme le soutient dignement et le contraste des métaphores et des rythmes lexprime avec énergie :

Feuer und Wasser — Wer kann sie verbinden ?

Eins wird das and’re Gewiss überwinden #,

Nous savons quelle haute idée le jeune Hebbel se fait déjà de la poésie : le seul art qu'il méprise est celui des poétereaux frivoles qui se repaissent d'actualités et visent uniquement à la gloriole d'être l’homme du jour’; mais l’art véritable, l’art sérieux et sincère, il le met au-dessus de toutes les contingences et il dédaignera les plates satisfactions de l’amour-propre et de l'intérêtf tant que brûlera en lui le feu sacré :

Hehre Begeistrung! Lodere! Lodere!

Dumpfiges Leben! Fodere, fodere!

Nimmer den Tribut von mir — Ich gehôüre ihr!

Ce retour victorieux du rythme trochaïque éliminant le rythme adverse achève de marquer l’écrasement du bourgeois :

1. C£. supra, 26 et suiv. — 2. VII, 84. — 3. Worin ein unvernünftiger Junger Poet die wohlgemeinte Warnung sichtlich mit Füssen tritt.

4. Cf. l’antithèse du » Meergeist » et du « Feuergeist » dans le Zied der Geister (VII, 63).

5. Cf., outre les Flocken et les ÆEinfälle, les Anekdoten de Wesselburen (1833, n° 1); W., IX, 14, et l’épigramme Tütel und Tittel (VIT, 96); Modeblätter, 1833, n° 18, Bornstein, I, 366.

6. Cf. Scheunert, D. j. H., 134 : der Dichter. Feindliche Stellung zum gewôhnlichen Leben.

Hebbel professe donc, à cette époque, et il le professera longtemps, un souverain mépris pour les institutions bourgeoises, et il n'épargne guère le mariage et la famille : « les poètes, fait-il dire à son bourgeois, peuvent, tant qu'il leur plaira, mourir de faim. »

Doch haben Sie erst Weib und Kind — Wie wird es dann getrieben ?

C'est en réponse à ce point particulier que le poète exerce sa verve satirique dans une autre pièce de la même année : Melancholie einer Stunde'. Le thème est, comme dans le sonnet was mich quält?, l'opposition douloureuse de la Réalité à l’Idéal, de la Vie au Rêve. Or l’Idéal, le Rêve, c’est ici l'Amour”,

Was Du Dir je ersehntest und erträumtest Von Himmelswonnen und von Erdenlust — Womit die dunkle Zukunft Du umsäumtest — | Als Mädchen sinkt’s Dir an die Brust!

et la Réalité, la Vie, c’est le mariage ‘ qui peut devenir une profanation de l’Amour :

Doch, anders kann das Ding sich fügen —

Was Dich als holde Braut entzückt,

Wird Weib, will Putz und Kinder, sie zu wiegen — Das ist’s, was durch Dich selbst, Dich selbst entrückt.

Da wird Dein Herz sein eig’ner Totengräber — Nicht Liebe, nur — ein Weib ist Dein.

Dans l'amour libre, il nous reste, même en cas de déception, toujours une consolation idéale et réchauffante à :

So war’s das Müädchen nur, die Liebe nicht, die trog 6.

1. VIE, 98; Bote, 15 août 1833. — 2. Cf. supra, 168. — 3. Cf. Scheunert D. j. H., 87. Gôttlichkeit der Liebe. Enge Beziehung zum Ideal. à

4. Cf. supra, 67. — 5. V. 16: « So steigst Du doch nicht kalt hinab » ; cf. Scheunert, D. j. H., 62; Terminologisches. Begriff der Kälte, ete. — 6. Une antithèse analogue dans Grillparzer, die Ahnfrau (1817), acte II, Bertha :

Schmetterlinge, bunte Gaukler, Die die keusche Rose küssen, Aber nicht, weil sie die Rose, Weil sie eine Blume ist.

On trouverait du reste dans les drames de Grillparzer d’autres motifs familiers au jeune Hebbel, cf. par exemple pour le même motif des fleurs des Mecres und der Liebe Wellen (1831), acte Il : Naukleros : « ... bunte Blumen, so Ros’ als Nelke, Tulpe, Veilchen, Lilie — ein Gänseblümchen auch wohl ab und zu »; acte V : Hero: « Und Rosen sollen, und weisse Lilien, von Tau befeuchtet aufsprossen, wo er liegt »; cf. en outre dans Sapho (1817) acte V, scène y réunis en un seul vers, le motif des fleurs et celui de l’amour et de l’amitié ! « die Freundschaft und die Liebe schenken Blumen », et toute la scène des roses. Cf. pour le motif de la malédiction paternelle (cf. supra, 112 et n. 5) les imprécations d’Aïetes dans das goldene Vliess (1821; die Arsonauten, acte UT) également dans Zibussa, acte V, le motif des fleurs. Zibussa (die Blumen betrachtend) : « und diese Rosen, Nelken, etc. » La conception de cette pièce remonte en 1819, mais on sait qu’elle ne fut représentée pour la première fois qu'en 1874 après la mort du poète, qui, de son vivant, voulait la détruire. Pour les autres, rien ne nous prouve que Hebbel les ait connues déjà, mais rien ne nous prouve non plus le contraire, et il resterait, dans tous les cas une curieuse coïncidence de goût. /

Et ce sentiment nous réchaufferait même par delà la mort, même 4 # Q . 7 . .

en enfer'; mais une fois mariés, lasciate ogni speranza :

So môgte Gott Dir einen Himmel bieten, Du — hast nicht Lust, ihn anzuseh'n!

Nous revenons ici tout à fait à l’ancienne inspiration et à l’ancienne manière. Nous retrouvons, avec le nom de l'héroïne schillérienne entre toutes : Laura?, les antithèses de jadis : « Ewigkeit und Vergangenheit »*, « Hôlle und Himmel* » et jusqu'aux expressions ÿ de la pièce Liebe de 1830; les métaphoresf y sont employées de la même façon, c'est-à-dire’en vignettes, destinées à illustrer les idées au fur et à mesure qu'elles se présentent et sans s’accorder entre elles. En d’autres termes, le souci d'unité et d'harmonie esthétique cède de nouveau le pas aux exigences des développements moraux, l’idée prime ici la forme.

Il en va également pour la pièce ein LebewohlT, qui présente tous les mêmes caractères et reprend l’antithèse du rêve et de la réalité: La première strophe déjà rappelle tout à fait la première de la pièce précédente : , 1

Wie denkst Du mein ?

Wie eines holden Traumes,

Der schônen Blüt’ des blütenreichen Baumes Der Phantasie gedenk’ ich Dein 8!

Scheunert° rappelle à propos de cette pièce le mot de Gutzkow comparant malicieusement les vers de Hebbel à des bonbons qu'il faut sucer lentement!°, et commente le trio : ein Lebewohl, Melancholie einer Stunde et was mich quält par cet aphorisme du journal: « Sinrlichkeit ist Symbolik unstillbarer geistiger Bedürfnisse!! ». En réalité, et dans le sens où l’on a pu appliquer le terme à Gœæthe, Hebbel était, lui aussi, « un possédé’? » : il l'était, à la fois, en tant que sensuel et en tant que cérébral, et l’on peut dire que le passage en question du journal fournit la clef de bien des problèmes de son lyrisme, en nous montrant le rapport vrai des deux termes de cette équation déconcertante : l'étrange alliance en lui du tempérament passionné et de la « Grübelei » impénitente.

La première strophe vient donc de nous dire qu'il a aimé une jeune fille, et il l’a aimée réellement, mais c’est qu'en réalité il

1. &° strophe. —2. V. 5. — 3. 2° strophe. — 4. V. 13 et 27, — 5. Cf. y. 9: « Glückseliger.. », Liebe (NII, 37, v. 22) et Scheunert, D. j. H., 88 n. 2. 6. Elles ne sont pas toujours très heureuses : aa mauvais vers déjà cité : Das ists, was durch Dich selbst, Dich selbst entrückt..… nous pouyons ajouter celte réminiscence biblique (Lucas, XV, 16), plutôt malencontreuse :

Das Leben wird zur vorgeworfnen Träber — Dein Stolz befiehlt — Du schluckst sie ein.

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