‹ HebbelChapitre 95 sur 425 · Bw., I · texte numérisé non relu

Bw., I

6. Même lettre : « Stunde später, Eben hab’ ich ein Gedicht gemacht. Das heisst einmal wieder aufatmen. »

fermentent encore pêle-mêle, comme s'ils n'étaient pas du tout contenus par une forme individuelle; l’un combat l’autre et le domine, ou bien est dominé, tantôt vainqueur, tantôt vaincu, mais la loi manque!! »

Ce nouveau dégagement a « soulagé l'âme, au lieu de l’oppresser davantage ? ». Au cours du second séjour à Hambourg, des accalmies profondes semblent se produire : «que penser de ma vocation poétique? je ne le sais; mais mon regard pénètre de plus en plus la nature des hommes et des choses et il me devient de jour en jour plus facile de conserver et de mettre en forme les matériaux acquis. J'ai souvent l'impression d'extraire en un tour de main le trésor le plus profond, tant à mon intuition l'essentiel se dégage de toutes ses enveloppes ?. »

Mais ce n’était là qu’un beau jet lumineux de plus dans le ciel sombre de cette existence tourmentée. Et vers la fin de la période qui nous occupe, le volcan n’est point encore apaisé. Il manque toujours à notre poète l'harmonie intérieure et ce qu'il appelle luimême la « mesure # ».

C’est que, dans l'intervalle, tous les contrastes de sa nature se sont parallèlement développés et, on peut le dire, nettement accentués. L’année 1839 s'était achevée dans un sentiment de réel optimisme, de satisfaction et de progrès 5. Aux premiers mois de 1840, reparaigsent ses dispositions agonales : il se fait le champion de l’égoïsme conscient, marque partout des antagonismes entre l'individu et le monde, prend le « moi » comme base de son éthique aussi bien que de son esthétique et ne voit dans l'amour qu'une forme supérieure du combatf. Il’ne faudrait cependant pas voir dans ses déclarations la belle assurance d’un triomphateur sûr de lui. Nous pouvons suivre, en même temps, au fil de son journal, les accès de découragement et de fatalisme *. Un moment, il semble les dominer définitivement, lorsqu'il abdique l’introspection vaine et affirme la nécessité libératrice d’agir et de créer. Mais ne nous y trompons point, ce n’est qu'un vain élan : n’avoue-t-il pas, à la même époque, qu'autour de lui et en lui c’est le chaos? ne songe-t-il pas, après son premier succès, à « sortir du monde d'une manière éclatante ? »? Il évoque le bonheur unique du poète, mais confesse qu'il est susceptible, ambitieux, impatient, que sa nature est bien difficile, qu'il a soif de cette grande conciliation mystérieuse pressentie derrière tous les dualismes apparents ".

Une nouvelle année commence; il fait son bilan de l’ancienne :

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