‹ Hebreu PrimitifChapitre 19 sur 69 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

bas rour, AT LE TEMPS (1).

« La totalité d’une chose dont la forme propre est entière s'appelle ce qu'il y a de plus grand, un tout et « Ja dernière partie d’une chose; celle qui n’est ni un tout ni un agrégat et qui existe toujours doit être « reconnue comme un atome; c’est la réunion des atomes qui forme le tout; c’est ainsi que le temps, que « l'on se représente comme infiniment petit et comme infiniment grand, est la réunion des années, des « siècles, qui forme l'éternité. Le temps est en effet subtil comme un atome, car il a la propriété de l'atome « (de ce qui existe), et il est le plus grand des corps, parce qu'il embrasse la totalité de ce qui est (2). » De même, Dieu contient toutes choses, les fixe, les affermit, les étreint et en fait un tout indissoluble, parce

(1) Saturne est adoré sous le nom de Kala (Bacchus, par Rolle, t. IL, p. 75). — Les calendes marquaient les premiers jours du mois et établirent le calendrier. 0n le temps, le monde, l'univers, le tout, était pour les anciens Pan le dieu de la nature, ou Saturne comme dieu du temps, ou plutôt le Temps lui-même personnifié. On représentait Saturne ou le Temps avec une faux dans une main et dans l’autre un serpent mordant sa queue, symbole des cycles et des révolutions perpétuelles des âges.

(2) Bhagavala Pourana, IT, x1, 1 à 6.

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qu'il est comme la source d’où procède l'univers, parce qu’il attire tout à lui comme à un centre puissant, et qu'ainsi, par sa force invincible, il maintient tous les êtres réunis en lui-même. Dans l'Inde, c’est l’invisible Bhagavat qui remplit tout ce qui est visible et pénètre partout ; et en hébreu 53 est le tout, la totalité, ainsi que chaque ou la division du tout; en sanscrit FT est le temps ou le siècle, l'éternité, et la minute, la seconde, la partie la plus minime de son cours (1).

L'univers ainsi que le temps divisé en parties ne forme qu’un temps, une unité; les divers êtres qui sont dans la nature sont compris dans un seul être de qui ils émanent; cet être était pour les anciens l’âme de tous les mondes (2) qu’il remplit de son étendue; il contient tout, il participe à toutes choses: il fut pour les Indiens la tortue qui rassemble tous ses membres sous une même écaille (3). 5 est le vase, le navire ou Me l'urne, la voute céleste qui h12, bb5 rassemble, réunit, lie toutes choses en une seule, et forme mire HE le tout, l’univers.

Une belle cornaeline du musée de Florence représente Saturne à demi pu, assis sur la proue d’un vaisseau; cette pierre rappelle les services que Saturne rendit aux habitants du Latium; le vaisseau (493) qui l’y porta ainsi que les ailes marque la rapidité du temps.

Le temps Te est lent ou enchaîné, et rapide, fuyant comme l’air, le vent; il est el doux, serein, tranquille, R&ATU bon, juste, heureux, ou au contraire comme mbb5n l’obscurité, il amène, il cause AT la discorde, le combat, RS la guerre, le combat des éléments. Une ancienne tradition établissait Kronos roi des îles des bienheureux : ceux qui ont vécu exempts d’injustice se sont frayé la route vers le palais de Kronos (4). Le temps est aussi obscur, nuageux. Dans une peinture du tombeau des Nasons, Kronos est assis sur un trône, son manteau lui sert de voile, il porte la main gauche vers ce voile, geste ordinaire aux images de Saturne. +52 le voile est un attribut distinctif de Saturne ; il exprime le caractère de ce dieu, que les poëtes ont nommé Ankylométès (celui qui roule dans sa tête des projets astucieux), ou plutôt il indique que le temps est obscur et couvert d’un voile impénétrable. A Rome, les statues de Saturne

(1) La moindre des fractions du temps devient un tout complet dans lequel toutes choses se modifient; depuis la mort d’un insecte jusqu’à la naissance d’un monde, chaque minute est en soi une petite éternité. La marche du temps estirré- : sistible, rien dans le monde n’a jamais pu lui résister : Kala est le souverain de toutes choses, qui arrive pour nous tous. L'homme devant lequel il se présente est à l'instant privé de cette vie qui lui est chère, que sera-ce donc de ses richesses et des autres biens de ce monde ? (Bhagavata Pourana, I, x, 18, 19). Dans les cosmogonies orphiques, le premier dieu qui se révèle, Hercule, Chronos, ou le Temps, sort de ses ténébreuses profondeurs sous la figure d’un grand dragon avec une face divine. Il a des têtes de bélier, de taureau, de lion et de serpent correspondant aux signes que parcourt le Soleil dans la carrière du Zodiaque, et où se révèle successivement la Divinité dans le cours du temps. Elle apparaît dans le signe du Bélier, voilà pourquoi le premier dieu est Ammon ou Jupiter comme père ; puis dans le signe du Taureau il est Bacchus comme fils, Tous deux, le père et le fils, se relèvent ensuite dans les autres signes ou dans les constellations voisines les plus importantes. De là, Jupiter et Bacchus avec l’attribut du lion, de là le dieu du temps et de l’année se métamorphosant en une multitude de figures sidériques, comme nous l’apprend l’histoire de la naissance et de la mort de Bacchus. Guigniaut, Religions de l'antiquité, t. IE, n° partie, 599.

(2) Dieu dans la langue de tous les peuples est tout. Dieu est seul, car il ne peut y avoir qu’un tout, et l'unité multipliée par elle-même devient la totalité des nombres. Dieu aussi en se multipliant par lui-même devient tout. Tout est donc encore Dieu. Dieu est pour l'univers ce que l’unité est pour les nombres. L'unité est tout dans les nombres; les nombres émanent tous de l’unité, et l'unité est le seul nombre, le nombre entier, parfait, insécable, qui renferme la totalité. Dieu est aussi le seul être, l'être entier, parfait. (Voyages de Pythagore, t. V, p. 298.) |

(3) En rabbinique la tortue se nomme »ty3, qui vient du grec yéhvc.

(4) Le temps donne au printemps en mai, en juin, la beauté des roses, des fleurs, celle de la jeunesse, puis en juillet, il donne la force, mbh2n, A92n la perfection, ñ93 il accomplit, Le mot 465 parfait, répond au grec xxAds beau. Le temps donne la beauté, la perfection, le bonheur, de même qu’il vieillit, amène les rides ou jv02 , 9 la consomplion, la mort. Callisto la très-belle, la grande Ourse, est le Chariot, le pôle qui forme le temps. #ÿ l’ourse ou ny le temps donne le mouvement ou la naissance, la jeunesse et l’âge mûr, la mort, PUY 1l maigrit, flétrit, et PAÿ vicillit, arrache, etc.

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