CHAPITRE XI
Dh VALLÉE, TROt.
sous le signe du Bélier, le soleil devient le belliqueux Arès ou Mars qui porte le glaive, la lance, et reprend les combats, de même que le fer perce de nouveau la terre. Le premier mois de l’année est compris
(1) Dans la description du Bélier céleste ou du trône de l’Agneau qui ouvrait l’année chez les Perses, le Bélier est couronné comme une divinité de premier ordre et comme le serait Osiris lui-même.
entre mars et avril: aprilis vient de aperire ouvrir. Le glaive et la lance ont trait à la terre dont le sein s'ouvre aux influences célestes : ÿ9n ouvrir, trouer ; on vallée, 40n transpercer, pbn fendre, etc.
En mars et avril la charrue fend la terre, la pénètre et la déchire pour que le Soleil ou Mars vienne la féconder; dès que le dieu apparaît, elle devient Vénus et se pare de toutes les fleurs qui sortent de son sein. C’est de cette alliance de Mars et de Vénus que résulte la vie sans cesse renouvelée et l'harmonie de l’univers. C’est de Arès que se sont formés les mots aro,arare labourer, de même que sn chald. creuser 274,n9n hoyau, sarcloir. Le nom de Cérès elle-même est probablement venu de wn labourer, et signifierait la laboureuse tn. Cérès fut surnommée, Aleas, Aloïis et Alæa, de alo, alere nourrir, et &x est l’aire où l’on bat le grain, &ë le sillon, &\üx les fêtes rurales qui en tiraient leur nom.
Au temps de la vendange, les cuves reçoivent les raisins détachés de la vigne; aAoAù en copte est le raisin, mob3y, nbby les grappes de raisin, 190 la vendange, et ÿby grappiller, vendanger. Le raisin dont les cuves sont remplies est pressé, brisé, et Gb signifie briser, Le latin malleus, Bret. ma? maillet, marteau, brise, et la meule, le moulin, mala (Bret.) moud, écrase le blé pour le réduire en farine, 460. p°n de même yo en grec uoddoow, ualaxitw, a donné le latin mulceo, molesco. Les deux frères Molionides avec quatre bras et un seul corps sont la personnification des deux meules d’un moulin. Le mythe des Aloïdes n’est qu’une variante de celui des Molionides ; et les Molinides deviennent filles de Mars, qui broie ses ennemis comme le blé sous la meule. Mamal le pressoir a identifié les Mimallones avec les Léna.
Le soleil perce le sein de la nuit pour rendre la lumière au monde; de même le Bélier bbn ouvre l’année, ainsi +9: l'enfant ouvre le sein de sa mère en naissant, et la plante, le rejeton perce la terre. Lorsque se lève le Bélier, le soleil sort de non la caverne où Latone mit au jour Apollon et Diane : le soleil reste ainsi caché dans le sein de Latone pendant quatre mois, comme Mithra dans une grotte. Ces idées de l’absence et de la disparition du soleil et de la lune ont fait construire des grottes mon sous les temples d’Apollon et de Diane, et c’est du fond de ces antres obscurs que l’on rendait les oracles.
pp l'œil est aussi la source qui sauve l’armée de Bacchus souffrant de la soif; l’œil est encore le Nil dont la source s'appelait fiole, vase; le vase qui verse de l’eau, placé à la main d’Isis, symbolise l’affluence des eaux du Nil, et le Nil lui-même est bn le fleuve, le torrent, Gns, ns, sn couler; bn la vallée où le fleuve épand ses eaux (1).
Dh la possession, l'héritage, vient aussi de l’idée de couler ; les enfants se suivent comme les ondes du fleuve. Dans l'Inde Fe la famille coule comme wa le fleuve: ATETT est le lotus, et ART, ATEN le jonc,
le roseau qui pousse dans les eaux.
L’eau coule, jaillit du ciel ainsi que la lumière. Apollon, le dieu de l'harmonie, sort de bb Ja nuit ou de Latone. Les corps célestes se meuvent dans la nuit ou le vide par une danse harmonique autour de Krichna ; le soleil, que l’on représente, ainsi que Pan, avec Lib la flûte. Le vide de la tête, de l'esprit, est un des effets de la nuit qui produit obn, oùn le songe; et 40n la taupe qui creuse, fouit, est un symbole de bn le temps qui mine, creuse, et agit comme la fortune aveugle. « Le monde, dit Isaïe, rejettera ses taupes,» el par cette expression symbolique, le prophète veut exprimer que l'homme renonce à on le monde et abandonne oûn le songe, les vanités. Les Égyptiens représentent l'homme aveugle par une taupe : On signifie la taupe, le monde, la durée de la vie.
(1) o0bn3 sont aussi des trous. Les ravins sont des chemins creux cavés par la chute des eaux, ainsi que ayu le fossé qui est creusé comme Lyby le creuset, n0pn le canal, o'0yv, biywn sont des chemins creux, et Dix l'enfer, byrw le renard qui creuse. (Gin équivaut à Liyw cavitas, locus cavus et subterraneus : Sn — by cavus fuit, on fait aussi dériver ce mot de YNt demander : l'enfer qui demande sans cesse de nouvelles victimes : orcus rapax el insatiabilis.) UT le renard, le chacal, dérivé de Le coupure, destruction, est devenu Gén en grec ; on rattache au mot #iA la coupure, le latin lupus, vulpes, le nom de ravisseur, de voleur. EITUX rapt, rapine. À. Pictet, les itRe t. I, p. 481.
64 on Je ouvrir, trouer, percer, être percé.
boa trouer, boAbEÀ, beaAbea creuser, blesser, tuer, AI, boblen percer, able alène.
Rens labourer, &et charrue, et dent, Ben econper, xado ; vieux lang. haule, haulie
port de mer.
Don biessé, percé, tué, 5h mort,
2GA200a immoler, J< percer,
trouer, x\dw, xo)eüw, fer, He aiguillon de la queue du SCOTpion.
66 na couler, bn vallée, AIL. watten couler, vallis; 26AAOT torrent, cours d’eau, b&AAOT vallée.
050, 06h halliers, buissons, trous, fentes; GA3 confluent des eaux, Nil; TT tube, vaisseau, artère; Hind. LL, SL canal, ruisseau; Ar, JL boire.
67 Don clos flûte, AÏL bal8 cou, gorge, goulot d’une bouteille; Sa cavité, creux, ATAATT fossé creusé à la racine d’un arbre.
bby creuset, n0pn canal, mboyn
vases, TT, trou, caverne, fosse.
69 Op, Uby grappiller, vendanger, OA vendanger, 2CO(UAEG arracher; mbby action de vendanger, n00y grappes de raisin, AAOA1 raisin, IA2AAOAI vigne. FAT faucille, TX moisson, de (5 à
couper.
65 Le nom de la fourmi 1093 est formé de bn qui signifie cou habite l’intérieur, les trous, les cavernes, la fourmi est l’
LME
65 jnn, bts Gin couper, circoncire, bp frange, bord d’une toile.
nibnb, non fosses, antres.
ele ceux qui sont brisés, les humbles, 000pN plébéiens.
TT femme, puis femme prostituée,
70n hébr. et syr., SMS creuser, fouir.
vin NS transpercer, passer; à0n passage 78.
non couper, sons couteau.
40n &LK être faible, maigre ; 130n pauvre.
w0n être faible.
von ôter, arracher, dépouiller.
bno Je ôter l'écorce, FN ra- EN
tisser, tondre.
68 by plonger, enfoncer, submerger, ox profondeur de la mer, gouffre, abîme.
On être creux; GNT A Aû enfer.
boy être creux: bou creux de la main, fossé, bywr cercueil, bière, byywn chemin creux, D'oyw sentiers, Qÿ\® renard (celui qui creuse), Pers. (Jx4 schakal, FTTTT canis aureus.
nbp3 LA FOURMI.
Los couper, CIrconcire. (à maigrir, languir,
1903 À; fourmi.
phr couper de l’ongle.
bn3 sevrer, bop se flétrir, mourir (se dit des plantes).
son taupe.
on, oùn songe, idée creuse, rs VIII, songer.
per, circoncire. Fille de la terre, dont elle emblème de la mort. Les Égyptiens lui attribuaient
la connaissance, l'intelligence, à cause de la prévoyance avec laquelle elle amassé les provisions dont eile remplit Nb» ses greniers (t).
La fourmi était en Égypte le symbole de l'initiation ou de l’initié qui parvient à là connaissance des mystères que les prêtres cachent au vulgaire. Les Myrmidons ou les fourmis changées en hommes désignent les profanes qui acquièrent la connaissance des mystères et arrivent à la sagesse par l'initiation, c’ est-àdire que les circoncis ou les fourmis deviennent de véritables hommes. L’initié ou le circoncis est représenté par la fourmi parce que cet insecte coupe ou circoncit la sommité des épis pour en extraire le grain (2).
Les mots couper, séparer ou amincir, subtiliser, cacher, fourmi, sont le symbole de l’idée de connaître ; un char attelé de deux fourmis présente sur quelques monuments l'image du triomphe du savoir. Salo-
mon, dans les Proverbes, xxx, 25, fait l’éloge de la sagesse des fourmis : « Les fourmis, dit-il, peuple sans force, préparent en élé leur nourriture, »