LE BÉLIER ET LE TAUREAU OÙ LE MOIS D'AVRIL
Le Bélier Y termine l’année ; il a parmi ses constellations celle du Triangle ou de la porte n°93 qui ferme et ouvre l’année, ainsi que Janus le nom du Temps ou le Ganésa indien ; YŸ le Bélier et © le Taureau sont les signes du mois d'avril, du 20 mars au 20 avril; ils ouvrent l’année et sont le symbole de la lumière et du jour qui perce la nuit et ramène la chaleur, la vie(1). C’est alors que Persée, un pied appuyé sur le Taureau céleste de la sphère, délivre Andromède ou la terre du monstre qui la tenait captive. Le Soleil sous le nom de Persée, monté sur le cheval Pégase, coupe la tête de Méduse et sépare le printemps de l'hiver (chap. XXVIT).
Le Taureau sous le nom d’Apis a toujours conservé la prééminence, ainsi que le Bélier (chap. XXIV). Le soleil abandonne alors les signes inférieurs, l'hémisphère obscur, pour briller dans le signe du Taureau qui ouvre l’année.
Phtah (dont le nom correspond aux mots Rna, nnà ouverture), la source, l'essence du soleil, le grand, l'éternel arbitre de toutes choses, voulant réaliser la création conçue dans Neith son intelligence suprême, fait sortir de sa bouche ou produit par sa parole un œuf ou le monde (chap. XXII).
Le Bélier, Jupiter, est le cercle, l’année, et le Taureau, où Bacchus, le Soleil qui brise l’œuf renfermant le monde et s'élève dans les constellations supérieures (2). Le Taureau au galop marque la marche rapide
f1) Le chaos était figuré par l'œuf, qui était consacré dans les mystères de Bacchus comme le type ou l’image de ce qui produit et contient toutes choses. Le monde matériel sortait de l'enveloppe du chaos. L’œuf du chaos est représenté sur une médaille de Syracuse dont le revers porte l'empreinte d’un bœuf venant de heurter si violemment l'œuf qu'il l'a rompu. Rolle, Bacchus, t. I, p. 141.
(2) y qu'on prononce ain, marque le temps fixe, déterminé, le temps qui finit, qui termine, après lequel il n’y a rien : PN rien. Dans le zodiaque d’Esné, le soleil s ads ou ne d’être éclipsé est placé sur le signe du Taureau et sur celui du Bélier dont la position annonce assez la fin et le commencement de l’année. Le Bélier qui finit l’année est tourné vers le temps à venir, l’année nouvelle. Le repos dans lequel il se trouve désigne évidemment la fin, Le taureau au galop marque la nouvelle marche du soleil. Entre ces deux signes est lesserpent ailé, empruntant le nom, la tête et les ailes de l’épervier ; il est le symbole de la lumière sidérale, celui de l’origine de la nature: il marque l’époque ancienne, Je point de départ, le point où les choses sont ramenées à leurs principes et se résolvent en elles-mêmes, recommencent à être, l’époque où la nature se renouvelle, reparaît en germe, etc. Lacour, Essai sur les hiéroglyphes égyptiens, p. 152, 153.
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de cet astre, qui détruit la glace de l'hiver. Tous les ans à l'équinoxe du printemps, sous les signes du Bélier et du Taureau, Mithra, le héros solaire, est le médiateur, le réconciliateur qui lie les temps nouveaux aux temps anciens. Il porte l’épée d’or et le cercle de l’année: il a ainsi des rapports avec Persée, avec Hercule, puisque comme eux il porte ja lance, l’arc, la flèche, la massue. Le Soleil est l’auteur de l’ordre sans lequel le chaos ne serait plus un vain nom, il n'y aurait plus d’univers, tout serait néant, et Bacchus comme Apollon est le dieu qui préside à cette harmonie ; il était également adoré en qualité de conducteur des Muses (chap. XXIID).
Le Taureau qui enlève Europe et la porte au travers du Bosphore de Thrace, amène une nouvelle saison, le printemps, dont la fête principale est le passage ou pâque; cette nouvelle époque est celle de lanouvelle année (chap. XXXVIID.
La chaleur du soleil sous le signe du Taureau ouvre la terre, qui fait germer la graine qu’on lui confie ; le Soleil générateur est le père de toute production : la pousse, le rejet en recoit la force, et la sève suit l'ascension de cet astre. Le grain qui reçoit cette chaleur.est Képos Bacchus, fils de Jupiter, ou Kéon Proserpine, la jeune fille de Cérès, la pousse du printemps ou le printemps même. Priape, le dieu des jardins, était le symbole de la force génératrice de la nature; Apis est le Soleil créateur, et Bacchus était adoré à Lampsaque sous le nom de Priape, qui est en même temps père 2x et fils de la végétation, » fruit. Le bœuf est l'abondance, la fécondité, ce qui rappelle les sept vaches grasses du songe de Pharaon: Bacchus portait le nom de Phlœus, il faisait pousser, mürir le raisin, ainsi que le grain, les arbres et les plantes. Un grand nombre de surnoms donnés à Bacchus annoncçaient son caractère de dieu des champs, de l’agriculture, de la fertilité (chap. XXXVIT).
Pindare appelle Bacchus Dendritès, protecteur des arbres, source inépuisable des fruits qu'il mürit ainsi que les moissons. Bacchus est l’eau, le lait sortant du sein de la Vierge, ou le lait d’Isis nourrissant Horus, le monde (1). Le Taureau porte sur sa tête les Hyades et les Pléiades, nourrices de Jupiter (chapitre XXXIX).
jy le Bélier est y l'œil, la source qui abreuve Bacchus et son armée; le premier avatar de Vichnou est le poisson, symbole des eaux d’où ledieu retire les Védas ou la lumière qu’il rend au monde plongé dans les ténèbres par leur disparition. Les eaux, les mers absorbent, détruisent le monde comme le fait l'hiver, et donnent aussi la fertilité, l'abondance, quand, au printemps, elles sont adoucies par la chaleur du soleil.
Le souffle, l’air qui donne le chaud et le froid, apporte les odeurs; le nez ainsi que la bouche est l'organe de la respiration, et la respiration, la vie, est activée par une flamme intérieure qui tire sa force de l'air. Apollon comme Jupiter est le dieu de la vie, de la parole. L'orient ou la naissance du feu est le symbole du principe de la vie : à peine le soleil a-t-il marqué un point à lorient dans le ciel, qu’il est, existe (chap.X XXT).
Le Soleil qui paraît à lorient est le phénix ou #1ÿ l'oiseau, emblème de l'air : 41ÿ voler, A agiter. Kneph portait une plume sur la tête, et 4335 est l’aile de l'oiseau, la nageoire du poisson. L'air donne le sens général de légèreté, rapidité : comme le flot, il élève, précipite ; c’est à Neptune que la mythologie aîtribue l’origine de l’équitation, ce qui lui a fait donner le surnom de ‘“Ixrus, parce que le cheval indique à la fois la rapidité du vent et des flots de la mer. Le Taureau au galop et le Serpent, emblème de Bacchus, marquent aussi la rapidité des eaux (chap. XXXIIT).
n2, D est la beauté, ñy» l'éclat du soleil qui donne le jour, n5}ÿ fait épanouir, fleurir le bouton de rose, germer le bourgeon et y le feuillage. vüs est le feu, la lumière, et on donne au soleil qui apporte la lumière au monde les noms de Bacchus, d’Apollon (chap. XXXV).
(1) Bacchus est Horus le feu, Peau qui ruisselle comme la lumière, ou Agni qui tient dans ses mains le lotus et une flamme, le tchakra ou la roue de feu (Guigniaut, Religions de l'antiquité, pl XV, n° 88). La statue du Soleil dans le temple d'Héliopolis représentait un jeune homme sans barbe tenant dans la main droite un aspersoir, et dans la gauche, la
foudre et un faisceau d'épis.
2 Pre
an la face, décèle la colère par la rougeur, ainsi que le ciel en feu qui présage un vent violent. Le sang comme l’eau bouillante H#2N cuit, brûle; Bacchus inspirait une fureur divine, une ivresse brûlante; les Bacchantes recevaient le surnom de Clodones et de Mimallones (chap. XXXIV).
Le soleil ramène le soir, l'obscurité, la nuit; le bœuf Apis devait être noir avec des taches blanches, pour simuler le jour et la nuit. Le Taureau par ces couleurs se rapporte au soleil et à la lune; il est à la fois lumineux et ténébreux, pur et impur. Le Soleil p5ya brille le matin à l’orient, et p5ÿa s’obscurcit le soir à l'occident (chap. XXXVD).
mn l'être, l’existence, est représenté par & le serpent ou le cercle, emblème du Soleil, de Bacchus, et ce dernier dieu était adoré à Cyzique sous la forme du serpent comme sous celle du taureau. Phanès, le Bacchus orphique, prenait aussi l'aspect du serpent (chap. XXXIH). D’après la doctrine égyptienne, Phanès était la même divinité qu'Osiriset Dionysos; Phanès estle synonyme de l'éternité, il était chez les anciens le Pan, le grand tout. Il préside à l'harmonie du monde, il est la manifestation visible de Dieu; il marque la naissance, la présence du Soleil nouveau roi (chap. XXIX). Bacchus le taureau est pris aussi pour M2, 717 le contour, l’année et le temps, et c’est ainsi que le serpent engendre le taureau. ;5x représente le temps, la roue du temps, dont chaque point devient alternativement le haut et le bas, comme les taches du taureau Apis qui est alternativement blanc et noir. Pan estle même que Protée aux mille formes, le devin à la forme changeante. Sérapis, Mercure et Pan ne sont qu’un seul et même dieu dont la forme est le cercle, et ce cercle ou l'univers a successivement la moitié de sa surface dans la lumière et dans l'obscurité; il représente la divinité par sa continuité, et l'humanité par son changement, son instabilité (chap. XXX).
En copte, o, w signifie l’être, la vie. Le serpent en forme de cercle () est le symbole de l’éter-
nité: il est encore le symbole de la vie et de la mort, et aussi celui de la résurrection, puisque chaque année il se dépouille de sa vieillesse par le changement de peau, etest ainsi une parfaite image du rajeunissement du monde; il figure le nœud quilie les années, n’en forme qu’une chaîne ; il enlace de ses replis le temps, l'arbre de vie dont les fruits donnent la science du bien et du mal; il est l'emblème d’Esculape, puisqu'il donne le poison qui tue et le remède qui guérit (1). Sérapis préside à la médecine, et le nom de l’aspic äort est celui du bouclier, figuré en Chine par la croix (2) (chap. XXXII).
Le cerele ou le serpent engendre le taureau ou le mois, et la réunion des mois ou des constellations forme l’année, figurée par le serpent. Le taureau est égorgé par Arès ou Mars : au terme de la grande année, un nouveau taureau succède à l’ancien, de même qu’un nouveau mois, une nouvelle année, succède à une année écoulée.
Dans les cosmogonies orphiques, le premier dieu qui se révèle, Hercule Kronos ou le Temps, sort de ses ténébreuses profondeurs sous la figure d’un grand dragon avec une face divine; il a des têtes de bélier, de taureau, de lion et de serpent, correspondant, on le voit, aux signes que parcourt le Soleil dans la carrière du zodiaque, et où se révèle successivement la divinité dans le cours du temps. Elle apparaît d’abord dans le signe du Bélier : voilà pourquoi le premier dieu est Ammon ou Jupiter comme père, puis Bacchus dans le signe du Taureau comme fils ; tous les deux, le père et le fils se révèlent ensuite dans les autres signes ou dans les constellations voisines les plus importantes. De là Jupiter et Bacchus avec l’at-
(1) Les Israélites mordus au désert par les serpents étaient guéris en regardant le serpent d’airain que Moïse avait élevé sur la croix,
(2) Sérapis, que l’on prenait pour Jupiter, était pris aussi pour Pluton et pour Esculape, et en tous ces sens, le serpent pouvait lui servir d’attribut, Chez les Perses, l'image de Mithra était entourée d’un serpent de la tête aux pieds, et les tours que fait ce serpent sur le corps de Mithra laissent quatre espaces vides, pour marquer les saisons et les douze signes du zodiaque, trois sur chacune. Mithra était la même divinité pour les Perses que Sérapis pour les Égyptiens, le dieu suprême qui règle les saisons et dont le soleil est un des principaux agents. On croit, dit Tacite, que Sérapis est Esculape que quelques-uns prennent pour Osiris; on dit aussi qu'il est Jupiter; d’autres le prennent pour Pluton.