CHAPITRE XXIII
ñà LA BOUCHE.
Apollon, le dieu qui rendait des oracles et qui prédisait l'avenir, était surnommé Fatidius, et Cybèle portait le nom de Fatua, parce que l’on croyait que les enfants nouveau-nés ne faisaient entendre un son que lorsqu'ils touchaient la terre, consacrée à cette déesse. On donne aussi le nom de Fatua à Fauna, fille de Picus, sœur et épouse de Faunus, qui rendait des oracles aux femmes. Les Faunes prédisaient également l'avenir et servaient d’oracle (1). #5, nnna est l'ouverture de la bouche, et nn dont la racine est ñ3 la bouche, la parole, signifie persuader. K5Y3, 0 chald. est la bouche, et la parole qui en sort, c’est aussi l'ouverture, la porte, d’où HN chald. la fenêlre, qui marque le jour, la lumière qui pénètre par l'ouverture (2). Apollon, Mercure sont les dieux du jour, de la lumière et de la parole, del’éloquence, US Le 8
parler, n’est qu’une individualisation de AT, briller, luire, ou AT briller, apparaître. odw qui signifie N briller, veut dire aussi parler, qéw fari, d’où fatus, fatum. à, A0, A signifient crier, parler, vocare, *: EN NN
aa l'oiseau parleur, TX la parole, le discours, et AT l'enfant, le petit, le veau qui poussent des cris inarticulés. FF, At, signifient aussi dire, parler et voir, considérer (livre I, chap. 1).
Bacchus, l’un des dieux faditiques. présidait ainsi qu'Apollon à l’oracle de Delphes; l’épithète de uavrx lui était souvent donnée, et il recevait aussi celle de mehxduevos, comme chanteur et conducteur des Muses; on immolait une pie dans les sacrifices offerts à Bacchus.
Près de Mantua, dans un bois sacré, Mamers ou Mars avait un oracle dont le prophète était un oiseau inspiré par le dieu, un pic, un pivert, picus, pica. Cet oiseau, perché sur une colonne de bois, prédisait l’avenir aux aborigènes et avait aussi, de même que la louve, contribué à nourrir les fils de Mars, Romulus et Rémus. Cet oiseau prophétique fut transformé en roi, et le roi divin Picus rappelle Jupiter Picus de la Crète; il passa pour un fils de Saturne marié à Canens ou la prophétesse, et métamorphosé par Circé en pivert, mais toujours prédisant l'avenir. nnpà est parleur, bavard comme pica la pie, picus le pivert; (rxôc ?) mixpos signifie dur, cruel, amer, et cette épithète est souvent donnée aux prophètes et aux prophéties de malheur. rxpé au figuré signifie bilieux, rxpl amertume, aigreur. En italien, picchio le pivert est aussi le choc, le coup de bec piquant, pica la pie, et picca la pique, la dispute; au figuré, piquer une personne, c’est la tourmenter par un langage amer.
Ce qui domine dans ce symbole et ce mythe, c’est l’idée de la prophétie; elle s’attache au pivert comme à l’abeille et à la chèvre, interprètes de la volonté divine. Mars-Jupiter s’unit dans l'abeille avec Bacchus Brisæus et avec Aristée en qualité deZeus-Dionysiuset Zeus-Aristæus; il s’unit dans la chèvre et le bouc avec
(1) Le roi Numa, aidé de la nymphe Égérie, parvint à saisir les deux devins Martius Picus et son fils Faunus et les força à lui dévoiler l'avenir. Guigniaut, Religions de l'antiquité, t, I, °° partie, p. 503.
(2) Apollon ou Phœbus donne le jour ou l’ouverture, et la fermeture ou la nuit : njpà ainsi que Anà ouvrir, voir, Pa produire, p3 paraître, 7pà visiter; il n’y a rien dans le monde qu’il n’éclaire, qu’il n’élève et ne fortifie de sa chaleur; puis ppà il ferme, obscurcit, couvre, à sort, et jUjà se jette dans le vide,
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Bacchus et Mercure à la fois, dans le pivert avec Arès ou Mars. Ce dernier est le Jupiter-Picus de la mythologie italique et crétoise, le premier prêtre et le premier roi, le patriarche et le prophète doux et sévère de la Crète et de l'Italie. Nul autre exemple n’est plus propre à démontrer que les anciennes religions débutent en général par des symboles qui se traduisent en formules d’où naissent d’autres symboles plus dévelop-
pés, sur le tour desquels le langage exerce souvent une influence décisive.
116 512 bouche, déclaration, édit.
ri souffler 144.
nyà crier, odw parler, ëxw dire, opérer, agir; 1yà chald. proclamation. Russ. poto chanter, & appeler.
Nÿ2 chald. et so syr. bêler.
ñÿ2 demander, prier ; 192, °ÿ3 cri, demande, fodw crier, foi cri, clameur.
118 nn étendre 169.
079 chald. bouche, discours, L Sa 9 syr.; aa 22] être éloquent.
ON3) NON chald. lat, fama, réputation.
nnà persuader, etlw.
nn (avec A3) ouvrir la bouche, parler, expliquer ; Les A9 déclarer; ñnà déclaration.
à énoncer, parler; Ua parleur, MS S babillard, érudit, 4f& lecture.
résonner , Er vociférer ,
se TA prier, supplier.
117 ON) NON chald. fenêtre du
toit; NUMDIDN pierres transparentes que les anciensemployaient comme vitres ; ND°à public,
ñp5 comme An, nn ouvrir [les yeux.
ñpà clairvoyant, intelligent, sage.
po chald. horizon.
ouvrir les yeux (en parlant d’un petit chat), fleurir (plante), s’ou-
vrir (rose).
3 schœnanthum (auu fleur.
pà produire (x croître.