ET COMPOSITION DES MOTS IDENTIQUES DANS LES LANGUES
Les lettres hébraïques sont les chiffres ou signes du zodiaque (1), dont on a formé les mots de la langue hébraïque elle-même; les consonnes sont les lettres, les chiffres qui s’assemblent aux voyelles pour former les mots, ainsi que les constellations s’assemblent autour du soleil, image de la Divinité, et composent la réunion des astres auxquels il préside. Les constellations du zodiaque formèrent les douze grands dieux de l'antiquité grecque et romaine correspondant aux douze stations du soleil, et ces constellations furent distinguées par les lettres den à n:attributs ou énergies d’une même divinité, elles sont pour ainsi dire les perles qui ont formé le chapelet du zodiaque, et les voyelles correspondant aux sept planètes qui entourent le soleil sont les voix qui donnent le son ou la couleur aux consonnes; elles forment le verbe, la parole, et le verbe est la Divinité même. Les prêtres d’Abydos récitaient l'hymne mystique des sept voyelles ou le nom de Jehovah qui en est la réunion. C’est par la parole, par le verbe ou le Fils de Dieu, que toute création a été-faite, puisque la voix ou la voyelle donne la vie aux consonnes, de même que le soleil donne la couleur aux corps, à la matière; et les consonnes ou lettres radicales animées par les voyelles forment les racines qui composent la langue primitive et monosyllabique, de même que les koua renferment le système de la langue chinoise.
(4) Il est probable que le calcul précéda l’écriture et qu’il fut son précurseur naturel; le calcul chinois est le même que
celni des autres nations, il est composé de dix chiffres jusqu’à + le nombre dix, qui forme ainsi + onze, douze, etc.,
"et + vingt, 5e trente, etc., 1 cinquante, + mille. Les lettres hébraïques furent aussi des chiffres transformés en
lettres ou signes phonétiques, et leurs types célestes formant une collection de génies symboliques, successivement attachés aux divisions de la sphère, durent, selon leur rang, se charger d’une valeur numérique. Une série de dix lettres servit aussi de type à l’arithmétique dénaire des Arabes. La première lettre hébraïque, K aleph, a été formée de la croix des deux diamètres du cercle, du cercle même ou de la ligne droite ; elle marque l'unité d’où dérivent le nombre dix et le nombre mille, en y ajoutant un zéro ou un point. La croix a également formé letau n, et l’on en retrouve encore la forme en éthiopien
dans la lettre correspondante f*.
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Le code religieux des Hébreux, tout composé de noms divins suivant leurs docteurs, se forma en même temps que la langue écrite ou l'écriture sacrée; les lettres furent des images commémoratives de Dieu, exprimant ses noms, et toute doctrine était renfermée dans la connaissance de ses attributs. De même les clefs chinoises et les hiéroglyphes égyptiens d'Horapollon sont les symboles de la Divinité : dans ces clefs, dérivant du culte des animaux, les Égyptiens voyaient un exposé de la philosophie symbolique, et par les lettres, signes de Dieu, qui étaient les mêmes que ses noms, ils comprenaient Ja nature de toute chose; les hiéroglyphes sacrés, qui n'étaient d’abord que les images du ciel planétaire, devinrent celles des astres divinisés : le bélier, le bœuf, l'ours, prenaient rang dans la pompe sainte des fêtes d’Isis pour figurer la marche des constellations.
Le cercle marque le contour du zodiaque, dont les diverses constellations symbolisent la course du soleil dans les différents mois de l’année. Le Bélier porte le cercle sur ses cornes dans les représentations zodiacales, et ce cercle indique la naissance du soleil, qui commence son cours sous la forme d’un jeune homme auquel on donne le nom d’Horus ou Apollon; en sanscrit «7: représente Indra ou le soleil ; et b est la pointe, le fouet, nn l’aiguillon qui hâte la marche du Taureau, premier signe du zodiaque : le Bélier et le Taureau forment le premier mois, l'ouverture de l’année. Le cercle ou & l'œuf donne naissance au monde (1), et c'est dans le signe du Bélier que le triangle, représenté par le 5, le nombre 30 ou le nombre 3, apparaît pour apporter l’ordre à l'univers (2). non qui veut dire trois et trente (3), marque le principe et la fin de l’année, comme r\n la fin et reer4 l'initiation, ou le commencement d’une vie nouvelle, le retour à la lumière ; ainsi l'agneau ñ9 est exalté au principe de la nouvelle année, et devenu bouc à la fin de cette année, il est conduit au sacrifice pour l’expiation de tous les maux (L).
Le zodiaque représente le cours de l’année, dont il détermine les saisons. Dans les premiers temps de la république romaine, comme encore aujourd’hui dans le cycle ecclésiastique, l’année s’ouvrait sous les signes du Bélier et du Taureau, du 21 mars au 21 avril, et seterminait sous les signes des Poissons et du Bélier, du 21 février au 21 mars. Dans le signe du Bélier, l'œuf de Phtha n’est pointencore rompu, Horus ou le
(1) « L’œuf était porté en cérémonie dans les pompes isiaques; selon les Égyptiens, l'œuf sortit de la bouche de Kneph, « la lumière première, le dieu suprême, ainsi que le verbe, la raison ou la parole visible que le Démiurge proféra lorsqu’il « voulut créer l'univers. Cet œuf était son fils, son verbe, la parole lumineuse qui éclaire le monde: c’est de cet œuf que & sortit Phtha, le père, l’aïeul de tous les dieux. L’œuf à aussi donné naissance à Osiris et à Isis. Chez les Persans modernes, € qui tiennent cet usage des anciens Perses, on se donne au jour de l’an des œufs peints et dorés, parce que l’œuf marque « le commencement des choses. En Russie, dans plusieurs pays de l’Europe et chez les Juifs, on se donne des œufs au « temps de Pâques; ils sont le symbole de la création et de la résurrection. C’est sans doute dans ce dernier sens que € les Maniliens plaçaient un œuf dans les tombeaux: les Grecs nommaient l'Amour Oogénès ou né d’un œuf; les dames « romaines portaient l'œuf dans les processions de Cérès. » Gougenot des Mousseaux, Dieu et les dieux, p. 468.
(2) Le triangle équilatéral est formé dans le cercle, qui divisé en quatre parties @ forme Æ , ancienne figure du tau, et en trois parties @ forme A ou le daleth +; et le T et le D se substituent l’un à l’autre dans la formation des mots. «Le temps se produit sous la forme du cercle ou de l’année, et l’année est un serpent qui se déroule dans la carrière du zodiaque et prend successivement la tête du bélier, celle du taureau, celle du lion, etc. Le dieu serpent, Kneph ou l'Eternel, se révèle à Thèbes dans le dieu de la lumière et du Bélier, Amoun : le Taureau aussi préside au commencement du temps; les années, les lunes, sont appelées des taureaux, et à Memphis, dans le temple de Phtha, le dieu créateur, le bœuf Apis est adoré comme représentant de l'Éternel. Le mystérieux serpent est encore Kneph-Phtha ou Phanès, le temps qui crée et détruit à la fois, considéré dans le soleil, son grand agent, à l'époque de’son exaltation et de sa plus grande activité dans le signe du Lion, » Guigniaut, Religions de l'antiquité, Ie part. I, p. 509.
(3) En hébreu wow trois, tb trente; en chaldéen non trois, pnon trente. (4) Dans le Bagavadam, liv. V, il est parlé d’une ancienne fête de l’agneau solaire. A l'approche du premier des astres au signe du Bélier, les brahmanes étouffent le jeuue quadrupède en s’écriant en forme d’invocation : Soleil! soleil! sois
le sauveur du monde et de l’année ! puis on dépèce la victime en douze parts, autant qu'il y a de mois. Voyages de Pythagore, t, IIT,:p. 210. ;
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soleil est encore muet, la tortue qui porte le monde encore endormie, la séve de la plante sans chaleur ni mouvement, Saturne, le temps, est lié, mais le Taureau vient percer l’œuf de Phtha, et donner le jour au soleil, de même que Vichnou, à son premier avatar, plonge dans les eaux pour en retirer les Védas ou la lumière, que Persée vient délivrer Andromède ou la terre et lui rendre la clarté, la chaleur, la source d’une nouvelle vie. C’est à cette époque qu’Apollon, chassé du ciel et devenu berger comme Krichna, reprend sa course, s'élève à l'est ou lorient, et rend la lumière au monde. Comme Bacchus, comme Hercule, il passe dans les diverses constellations du zodiaque, il grandit, s'élève radieux au point le plus haut du ciel, puis redescend à l’ouest, où il perd ses rayons lumineux, et passe l’hiver lié, caché, comme Saturne, jusqu’au moment de sa résurrection.
L'œuf avant d’être brisé est l'emblème du chaos, de l’hiver, où tous les éléments sont au repos, silencieux; dès qu'il est rompu par le Taureau, la vie en sort, le cercle est coupé par deux diamètres : l'espace est indiqué par la ligne droite horizontale, et la droite verticale marque le haut et le bas; la réunion de ces deux lignes est la croisure, la croix que forment ces deux diamètres, ou b3 la roue du temps, le mouvement qui prend-naissance dès que le Bélier et le Taureau ouvrent l’année. Une roue sans cesse en mouvement
exprime les révolutions successives du temps; la roue (ch. VI) est le tableau de la marche du soleil, de cet astre qui tous les ans se renouvelle ou 45h brille, #by s'élève et by se couche, s’en va (1) (chap. XHD). Le dieu indien Vichnou porte le tchakra, espèce de roue enflammée, symbole de la force vivante qui pénètre et meut l'univers. Soleil! on t’a comparé à une roue, à un axe mis en mouvement par une main invisible, plus puissante encore que toi, tu es le brillant pivot de la sphère du monde. Les Perses croyaient que la création de toutes choses avait eu lieu au départ des sphères, à l’arrivée du Taureau; comme l’année, le passage était censé dater du jour même de la création. nn le taureau est aussi n la première lettre, le nombre un (2), avril, le premier mois qui ouvre l’année sous les signes du Bélier et du Taureau; br le bélier est le premier signe ou bn le seuil, le frontispice, le linteau de la porte ;il est pour les Égyptiens le symbole de la prééminence, de la force, de la puissance, dont ses cornes sont l'emblème, et il représente Ammon, le père, le chef, le créateur, que les Égyptiens et les Libyens honoraient comme le dieu Soleil et à qui ils donnaient une tête et des cornes de bélier, parce que la force du soleil réside dans ses rayons, comme celle du bélier dans ses cornes (chap. X).
Le soleil est l'œil du monde qui illumine l’univers, comme Ægni le dieu du feu (chap. XV), lumière inextinguible (3), le plus bel ornement des cieux; chacun de ses rayons forme une chaîne d’or dont la force attractive oblige les planètes à ne point s’écarter de la route qu’il leur a tracée autour de son disque éclatant; le soleil est la brillante unité ou l’alpha et l'oméga de toutes choses, il est Dhs ou Dh: le cercle, qui est un point et le principe, la fin de toute chose (chap. VII).
Le zodiaque représente le ciel, dans lequel le cours du soleil, les alternatives du temps, sont décrits par des figures symboliques : l'humidité, l'hiver, par le Verseau, la chaleur de l’été par le Lion, la route oblique (lu soleil par le Cancer, sa descente par le Capricorne, l'égalité des jours, l’'équinoxe par la Balance, etc. Le Bélier et le Taureau marquent'la naissance, la jeunesse du nouveau soleil ; le Lion en désigne la force, l’âge viril; le Scorpion marque l'automne, la chute des fruits, la fin, la mort; le Capricorne, le bouc à queue de
(1) Le Bélier, comme Ammon, parcourt tous les signes du zodiaque, boy s'incline, baisse, se couche sur le côté gauche, ainsi qu’il est représenté dans les zodiaques rectangulaires du grand et du petit temple d’Esné et sur la sphère arabe.
(2) Chaque signe ou constellation du zodiaque fut retracé avec les mêmes caractères hiéroglyphiques, c’est-à-dire avec les mêmes lettres, les mêmes animaux. On employa le cycle de douze heures pour représenter les douze divisions de l’année, et chez les Persans ces douze divisions ne sont autre chose que des lettres, puisque, selon Chardin, ils faisaient répondre encore une lettre à chacun des douze mois, en assignant l’alif ou la première lettre au Taureau, signe du premier mois, où se trouve l’équinoxe dans le cycle de douze heures.
(3) Le Bélier est au levant le chef des signes de la lumière et le point de départ de l’année; on l’appela l'agneau solaire, la lumière des ténèbres, la lumière des nations. Le génie du soleil reçoit les formes de l’Agneau dans son triomphe sur la durée des nuits, et cette époque de l’équinoxe était célébrée par des hilaries et de grands jubilés (chap. XV),