DE
poisson, est un symbole de l’eau, de l'obscurité, de la disparition du dernier mois. Le dernier mois, sous le signe des Poissons, marque la fin del'hiver. Le triangle ou A qui accompagne le signe du Bélier, est no= la porte qui ouvre et ferme (ch. IV).
C'est le chemin que suit le soleil, qui, se levant à l’orient, s’élève jusqu’à midi, le point le plus haut, et revient, se couche à l’occident (1). Le cercle, formé de trois points .*. comme le triangle et le D lamed, qui vaut trente et correspond au nombre trois, marque la course de cet astre; +94 est la verge, le caducée de Mercure ou le fouet que porte Apollon, et +55 signifie instruire, accoutumer ou former, comme le fait le soleil, qui accomplit dans le cours de vingt-quatre heures le tour ou le cercle du monde, l'éclaire, l’instruit, le nourrit.
Le soleil, qui monte et descend Gby, bya fait, travaille, agit; Pallas, qui tient le fuseau, est à la fois guerrière et ouvrière; elle est sortie du cerveau de Jupiter ainsi que l’idée, la pensée qui dirige l'œuvre (chap. V).
Le j est chez les Persans, dans les éphémérides, le caractère de la planète de Saturne représentant Je jour et la nuit, comme 5 qui est Dieu ou la vérité, et bn l’idole ou l'obscurité (chap. I et IT), comme le cercle ou le ciel tantôt clair et tantôt obscur.
Le Bélier est le nœud, la chaîne, la bélière qui entoure, unit les diverses parties du monde (chap. VII). Le serpent, qui roule en contour, désigne le ciel et le temps qui tourne de même sans bruit sur lui-même. Le cercle, qui dès le principe représente le soleil, signifie aussi Dieu, le ciel, l'éternité et l’année.
Le soleil comme le phénix renaît de la nuit, de l'obscurité ; 4h il monte, s'élève (chap. IT). Le Bélier lui ouvre le passage sur le cercle du zodiaque, et Gradivus est un surnom de Mars ou du soleil sous le Bélier ; c'est à cette époque que vient la pâque ou le passage par l’Agneau au règne de la lumière ou le triomphe du dieu lumière, du Bélier sur le prince des ténèbres (chap. XII). C'est en mars que les premières pousses percent la terre et symbolisent l'enfantement, Dans ce signe, le belliqueux Arès ou Mars apparaît pour vaincre et se rendre maître de la terre, qui, sous le nom de Vénus, se pare de toutes les fleurs qui sortent de son Sein (chap. XI) : le soleil rend une nouvelle vie à une création nouvelle en faisant sortir la terre du sein des eaux; la boue qui la couvrait, la retenait enchaînée par la glace, disparaît, et elle rejette le verrat, le porc fangeux, comme Vénus, entourée de fleurs, sort de l’écume de la mer. Cette nouvelle aurore, ce nouveau printemps, promet les moissons, les fruits, nourriture de l’année (chap. XIV). Le nouveau soleil est donc le sauveur, le libérateur, et les fêtes du feu et des lumières ont lieu au retour du printemps (chap. XV).
La flamme éthérée est le principe des êtres et l'âme du monde. Tout dort dans le chaos :une étincelle brille, el la nature s’anime, le feu pénètre tous les corps et leur imprime la forme, la couleur, le mouvement. La flamme est le symbole de la vie qu'on lui attribue; le feu naît, s’alimente de lui-même, il remplit le monde de torrents de vie et de clarté, il crée, colore, échauffe, et comme le temps, dévore ses propres créations. l
Le passage des ténèbrés à la lumière est l'emblème de la fin de l’ancien temps, de l'ancienne année, l'exaltation d’un nouveau soleil. En Égypte, la fin de l’année était figurée par le Capricorne ou le bouc terminé par une queue de poisson, et le nouveau soleil est Agaus, l'agneau enfant sortant du calice d’une fleur (Chap. IX). Cette fiction existe dans les mots soleil naissant, soleil couchant, mourant. Adonis, qui meurt et ressuscile chaque année, était, ainsi que Brahma et Bacchus, le symbole de l'univers détruit et renouvelé dont on pleure la mort et dont on célèbre ensuite la renaissance (chap. XVI). Les paiens nommaient épiphanies ou manifestafions ces retours périodiques des dieux. L'agneau représente le soleil naissant, et on le figurait aussi par la tête d’un enfant, encore sans cheveux, sortant du calice d’un lotus : agnus jeune
(1) Pendant les six mois d’hiver, le Bélier se couche sur le côté gauche, et à l’équinoxe du printemps il recommence à se reposer sur le droit, de même que dans ce temps le soleil parcourt l'hémisphère droit, quand il a fini sa course à gauche; c’est pour cela que les Libyens, qui prennent Ammon pour le soleil couchant, donnent à ce dieu des cornes de bélier, en quoi consiste toute la force de ce quadrupède, comme celle du soleil est toute dans ses rayons. Voyages de Pythagore, t. IF, p. 114.
An agneau, agna épi, agnatio naissance, croissance; agnites, agnita, surnom d’Esculape qui rend au monde la santé, la vie.
La brebis, l'agneau, est le symbole de la douceur, du dévouement; l'agneau attaché à la croix est le symbole des peines, des difficultés de la vie ; dans le zodiaque on le voit conduit au sacrifice. Les Incas sacrifiaient au soleil un agneau noir, qu’ils tournaient du côté de lorient.
äps l'agneau qui croit, s'élève dans la pureté de l'innocence, agna la tendre pousse, la jeune plante, &yvos l’arbuste, symbolise by l'enfant qui tette. Horus est le veau Way, le petit allaité par sa mère Isis, à laquelle on donne souvent une tête de génisse. Eleutho ou Ilithya est celle qui vient, sans le secours de laquelle nul ne vient à la lumière : +93, +4: enfanter, féconder, comme nul aller, se rapporte au verbe 6by, y arriver, entrer, introduire (chap. XII), ñ9y croître, by enfant, oùy jeune homme, n00y jeune fille, etc.
Le soleil, par son entrée, son élévation dans les six premiers mois, fait monter la séve, et rend une nouvelle vie à la végétation; 19 la feuille (chap. XVII) est le symbole du produit de l'élévation de la séve ainsi que Dhw, Dbx, 9x ombrage; 60 rameau, verdeur, alimenté par nbw, 4 la rosée. La chèvre qui donne le lait est prise pour le flot de la mer, et Neptune qui monte un bouc ou une chèvre forme l’attribut ruvdaudrwo le dominateur des vagues, auxquelles on donne le nom de chèvres, de moutons. nd le bélier frappant du pied la terre fait jaillir la source appelée pÿ la fontaine du soleil (chap. XVIT). Les cabalistes du moyen âge faisaient du bélier un symbole de l’équinoxe du printemps, .et le représentaient entouré de fleurs.
Le Bélier céleste est le réparateur qui efface les péchés du monde; c’est dans le Bélier que le soleil a son exaltation, il y retourne après la grande révolution des astres ; le dieu nouveau se montre à lorient, ressuscite, reprend sa force à l’équinoxe du printemps et entre dans une nouvelle nature par sa toute-puissänce, De même dans l'Inde, Agni, le dieu du feu, reçoit le nom de Pacava, pacificateur (chap. IX). Mais le Bélier qui termine l’année au douzième signe zodiacal est le symbole de la destruction; aries bélier, machine de guerre qui sert à renverser les murs (1). À Lycopolis, on rend les mêmes honneurs au soleil et au loup, par la raison que cet animal saisit et dévore tout comme le soleil (chap. XIII). Le bélier, le cercle, le principe de la force universelle, était appelé Ammon par les Égyptiens en tant qu'il manifestait au dehors le germe caché dans son sein et sa force inconnue par la production et la génération des êtres. Le cercle était chez eux le symbole du dieu source de toute production : Aries Ægyptiis fontes aquarum non promittebat modo, verum tamen aliquo modo aperiebat. Le cercle où le point est le symbole de Dieu issu du temps sans limite, du sein mystérieux de Kronos; Jupiter ou Ammon soleil forme la transition à un nouvel ordre de choses, au règne du temps limité; il est le régulateur de l’année et des saisons; il se lève au printemps avec le lumineux Bélier, et il révèle sa puissance tantôt par les éclairs et les torrents de pluie, tantôt par un ciel pur et serein; il féconde le sein de la terre et prodigue ses trésors aux mortels. L'action du soleil s'étend à tout, au ciel, sur la terre, et dans le sein des mers; les animaux, les végétaux, les minéraux, reçoivent de lui la forme, la couleur et le mouvement ; il donne l’un de ses plus beaux noms au plus riche des métaux (2). Premier roi de l’orient, monarque et seigneur de l’univers, il dispense ses bienfaits à tous également; voya-
(1) Dans le principe, l’année de Romylus n’avait que dix mois et commençait par le mois de mars; d’où vient que le dernier mois s'appelait décembre. Plus tard Numa ajouta deux nouveaux mois, janvier et février. Januarius, consacré à Janus, fut alors considéré comme le premier des douze, et on plaça l’année entière sous son influence, elle s’ouvrait par l'inauguration des consuls faite avec solennité dans 16 temple de Janus devant la statue du dieu ornée de lauriers nouvellement cueillis. Les douze chapelles de Janus peuvent prouver qu’il dirigeait les douze mois, c’est par lui qu’on devait arriver aux douze grands dieux. Janus présidait à la naissance et au commencement de la vie, ainsi que Ganéça et Mercure; il présidait au calcul de l’année composée de dix mois placés sous l'influence principale du soleil, et de deux mois sous l’influence de la lune. Ces deux derniers mois sont le Verseau et les Poissons qui président au déluge, pendant lequel la terre est inerte et le soleil encore muet, lié, impuissant, Cette dernière époque est, dans l'Inde, la fin du dernier kalpa occasionné par lé sommeil de Brahma, et c’est alors que les Védas ou la lumière sont noyés dans l'Océan.
(2) 18 lumière, aurum or.
De geur présent partout, il n’est pas de lieux où son regard de feu ne pénètre. Le soleil a donné à l'homme la première idée de la Divinité, il est le symbole, l'image, la ressemblance du Dieu tout-puissant; douze rayons ou constellations composent son diadème, et ces douze constellations ont donné naissance aux douze grands dieux de la mythologie (1).
Voici l’ordre des mois de l’année et leur correspondance avec les signes du zodiaque :
4e mois, du 21 mars au 20 avril, sous les signes du Bélier et du Taureau.
2 mois, du 20 avril au 21 mai, sous les signes du Taureau et des Gémeaux.
3° mois, du 21 mai au 21 juin, sous les Gémeaux et le Cancer.
he mois, du 21 juin au 21 juillet, sous le Cancer et le Lion.
5° mois, du 21 juillet au 21 août, sous le Lion et la Vierge.
6° mois, du 21 août au 21 septembre, sous la Vierge et la Balance.
7° mois, du 21 septembre au 21 octobre, sous la Balance et le Scorpion.
8 mois, du 21 octobre au 21 novembre, sous le Scorpion et le Sagittaire,
9° mois, du 21 novembre au 21 décembre, sous le Sagittaire et le Capricorne. 10° mois, du 21 décembre au 21 janvier, sous le Capricorne et le Verseau. 11° mois, du 21 janvier au 21 février, sous le Verseau et les Poissons, 12° mois, du 21 février au 21 mars, sous les Poissons et Le Bélier.
Manilius décrit ainsi l’ordre des signes du zodiaque :
Ut sit idem mundi primum, quod continet arcem, In cujus caudam contentum dirigit arcum
Aurato princeps Aries in vellere fulgens, Mistus Equo, volucrem missurus jamque sagittam ; Respicit admirans adversum surgere Taurum, Tum venit angusto Capricornus sidere flexus; Submisso vultu Geminos, et fronte vocantem, Post hunc inflexam defundit Aquarius urnam Quos sequitur Cancer, Cancrum Leo, Virgo Leonem, Piscibus assuetas avide subeuntibus undas,
Æquato tum Libra die cum tempore noctis, Quos Aries tangit claudentes ultima signa.
Attrahit ardenti fulgentem Scorpion astro,
Dans l'Inde, les vichnouvites ont pour marque distinctive le cercle et la ligne droite; on leur trace sur le nez une ligne blanche qui va jusqu’au front, ils sont marqués de même aux tempes, à l'endroit où les bras se joignent aux épaules, et portent sur la poitrine un cercle d'environ huit centimètres de diamètre: ils considèrent cette marque comme un si puissant préservatif, qu’ils croient que tant qu’ils la portent, le démon ni Yama, le dieu qui juge les morts aux enfers, n’oseraient les toucher.
Le cercle est le symbole du zodiaque partagé par douze signes auxquels correspondent les douze grands dieux de la fable; mais les diverses cosmogonies du monde primitif reconnurent en outre trois autres divisions, l’une par trois types de la Divinité une en trois personnes, une autre par sept, nombre des planètes et des jours de la semaine, et enfin la division par dix, des nombres simpies, base du calcul en Chine, dans l'Inde et à Rome. Cette dernière division est celle des avatars de Vichnou ou des diverses transformations qu'il prend pour créer et sauver le monde. Ces avatars se rapportent aux signes du zodiaque, dont le nombre primitif était absolument le même, puisque la Balance et les Poissons n’en faisaient point partie,
(1) Soûrya, le dieu soleil, le roi des astres, anime les douze signes du zodiaque, et chaque jour à son lever semble de nouveau créer le monde. Il vivifie les âmes comme les éléments, il éclaire les esprits comme il verdit les campagnes. Soûrya està Krichna, à Rama, à la Trimourti, ce que le dieu Helios, Sol ou Phébus, est à Apollon, à Hercule, à Bacchus, à Jupiter.
Les douze Adityas, c'est-à-dire les douze soleils, sont comme autant de personnifications de Soûrya dans sa marche à travers les douze signes du zodiaque. Guigniaut, t. I, p. 250, 256.
MNT
PREMIER AVATAR, — Dans le premier avatar, Vichnou s’incarna sous la forme d’un poisson pour sauver du déluge le roi Satyavrata et sa femme. Sous celte forme, Vichnou les protégea et servit de gouvernail au vaisseau qu’il leur avait envoyé. Il plongea ensuite dans la mer pour aller combattre un géant qui avait dérobé les Védas et les avait avalés. Après l'avoir tué, il lui ouvrit le ventre pour en retirer les Védas, et rendit ainsi la lumière au monde, plongé dans l'obscurité par la perte des livres sacrés.
DEUXIÈME AVATAR. — Dans le second avatar, Vichnou, sous la forme d’un sanglier, symbole de force comme le taureau, combattit un géant qui avait plongé la terre dans l'Océan ; après l'avoir vaincu, il souleva la‘terre sur ses défenses, la replaca sur la superficie des mers comme elle était auparavant, et y éleva plusieurs montagnes pour la tenir en équilibre (1).
TROISIÈME AVATAR, — Les légendes indiennes racontent que Vichnou apparut sous la forme d’une tortue pour soutenir le mont Mérou à la surface de la mer de lait pendant que les Souras et les Asouras, se servant du serpent Vaçouki comme d’une corde, faisaient tourner celte montagne dans la mer pour en faire sorlir, par ce barattement, l’amrita (ambroisie) ou breuvage d'immortalité. Par les efforts des dieux et des
démons, la montagne était sur le point de s’enfoncer dans la mer, lorsque Vichnou se métamorphosa en tortue (2), et Ja soutint sur son dos.
QUATRIÈME AVATAR. — Dans le quatrième avatar, Vichnou prend la forme d’un lion pour combattre le géant Hiranya, qui avait reçu le privilége de ne pouvoir être tué ni pendant le jour ni pendant la nuit, ni au dedans ni au dehors de sa maison. Pour y parvenir, Vichnou saisit le moment du crépuscule, où, quoiqu'il ne fasse plus jour, il n’est pas encore nuit, et paraissant tout à coup devant le géant qui était sur le seuil de sa porte, le tua après une longue résistance (3).
CINQUIÈME AVATAR. — Un prince nommé Mavali opprimait les hommes par sa tyrannie; Vichnou, touché des plaintes qu’on lui adressait de toutes parts contre ce tyran, prit la forme d’un brahmane si petit, qu’il
(4) Les brahmanes nommaient le sanglier dont il s’agit varaha, kidi et songara, mots qui désignent un sanglier des montagnes et des bois. Les étymologistes trouvent peut-être quelque analogie entre le mot varaha et notre mot verrat. Le cochon, Ja truie, est le symbole de la reproduction, et remplace ici le signe des Gémeaux ou la germination, la reproduction. Quand la terre se couvre de verdure au printemps, elle prend la forme de l'ourse couverte de poils ; la femme enceinte perd la grâce de ses formes, comme Callisto chassée par Dianc du nombre de ses nymphes, et qui prend place au ciel sous le nom de Petite-Ourse.
Le deuxièmé avatar et le troisième sont quelquefois mis à la place l'un de l'autre; nous avons suivi l’ordre dans lequel ils se trouvent placés dans les Recherches asiatiques, publiées par M. Langlès, t. I, p. 175.
(2) Selon les Indiens, les trois et les vingt et un mondes sont portés par la tortue, symbole de la force et du pouvoir conservateur, laquelle repose elle-même sur le grand serpent, emblème de l'éternité, qui les embrasse tous deux dans son cercle. Ces mondes ferment trois grandes régions subdivisées chacune en sept sphères, zones ou contrées, que l'on suppose rangées en spirales ou en cercles concentriques; la région supérieure, composée des sept swargus où lokas, est le domicile des planètes et la résidence des dieux; la région intermédiaire est la terre bhoumi, et la région inférieure les enfers ou les sept patalas. La Tortue comme le Cancer est la porte d’où les dieux descendent du ciel et par laquelle ils y remontent. La Tortue remplace le Cancer dans quelques zodiaques. |
(3) En juillet, sous le signé du Lion, lorsque dans cette constellation le soleil est encore à sa plus grande hauteur, il est comme Mercure sur le seuil du temple ou du ciel supérieur, il en garde l'entrée, la porte; il n’y a plus alors de nuit, mais un crépuscule de trois à quatre heures. Dans Ja gravure représentant cet avatar, Vichnou ou l’homme-lion porte les seuils ou linteaux de Ja porte. Le dieu est figuré avec quatre bras qui déchirent les entrailles du tyran vaincu.
pouvait passer pour un nain, et alla trouver Mavali, à qui il demanda trois pieds de terre pour y bâtir une cabane. Le prince lui ayant accordé ce don, prit un peu d’eau dans sa bouche et se disposa à la rejeter dans la main du brahmane, selon la manière alors en usage de ratifier les engagements; mais l'étoile du point. du jour, qui était le principal conseiller du roi, soupçonnant quelque supercherie dans la demande du brahmane, trouva moyen d'entrer dans le gosier du prince et de le boucher tellement que l’eau ne pouvait plus en sortir. Le roi, qui se sentit presque étouffé, se fit enfoncer un stylet de fer dans le gosier pour en ouvrir le passa ge. L'étoile fat contrainte de déloger après avoir eu un œil crevé, et le roi répandit l’eau dans’ la main du brahmane, qui devint tout à coup si grand qu'un de ses pieds occupait toute l’étendue de l’univers: il posa l’autre sur la tête du roi Mavali, qu'il précipita dans l’abîme (1).
SIXIÈME AVATAR. — Dans le sixième avatar, Vichnou prend la forme humaine et descend sur terre sous le nom de Rama pour la délivrer des mauvais génies qui l’infestaient, et surtout du terrible Ravana, roi de l’île de Lanka ou Ceylan. Aidé de tribus sauvages que la légende représente comme des singes, il arrive à Ceylan sur un pont de rochers bâti par les singes sous les ordres de leur chef Hanouman, combat Ravana et lui donne la mort. L'histoire de Rama paraît être l’origine du mythe de Bacchus, qui fit la conquête de l'Inde avec une armée de satyres commandés par Pan (2).
SEPTIÈME AVATAR. — Vichnou, toujours attentif à protéger les hommes, prit une seconde fois la forme humaine sous le nom de Rama ; armé d’un soc de charrue, il combattit un géant à mille bras qui désolait la terre par ses violences, lui coupa ses mille bras et lui donna la mort, il entassa ensuite ses os les uns sur les autres et en forma une montagne appelée Baldous (3).
HUITIÈME AVATAR. — Dans le huitième avatar, Vichnou prend encore la forme humaine sous le nom de Krichna, pour châtier et mettre à mort Kansa et Sisoupala, ennemis des dieux. Kansa ayant appris par la chiromancie que sa sœur Dévaki, mariée à un brahmane, mettrait au monde un fils qui lui ravirait le trône et la vie, ordonna de tuer tous ses neveux dès qu'ils seraient nés; et pour s'assurer de l'exécution de ses ordres, il fit enfermer étroitement sa sœur sous garde sûre. Déjà six de ses enfants avaient été victimes de Ja cruauté du tyran. Le septième paraissait destiné au même sort; mais cet enfant était Vichnou lui-même, qui avait pris cette forme pour punir le monarque. Il parla dès le moment de sa naissance, et s’échappa de la prison avec son père et sa mère sans que les gardes s’en aperçussent. Krichna était de couleur noire, comme l'indique son nom, et sa tête était ceinte d’une auréole, aussi bien que celle de sa mère. Krichna Opéra des miracles sans nombre. Pour le faire péri, Kansa envoya souvent des géants et des armées entières, mais le dieu extermina tout ce qui osa lui opposer quelque résistance; il tua enfin Kansa lui-même, et Sisoupala eut bientôt le même sort. Krichna continua ensuite à parcourir la terre, prodiguant les miracles, récompensant les bons et châtiant les méchants.
Krichna paraît être le même qu’Apollon : il garde les vaches de Nanda, roi ou chef des pasteurs d’Ayodhya, auprès du fleuve Yamouna, comme Apollon garde les troupeaux d'Admète auprès du fleuve Amphryse: il tue le serpent Kalinga, comme Apollon tue le serpent Python; il tient à La main la flûte du berger, et Apollon
(1) Le nombre cinq représente l'étoile, le sort, la destinée. Le sort de chaque individu était lié à une étoile, selon les anciennes croyances. L'étoile, comme le ciel, est l'air, le symbole des sens, et l'étoile du point du jour représente l'âme conseillère qui est le mobile des actions de l’homme.
(2) La figure qui surmonte le dessin de Picart représentant ce sixième avatar porte le nom d’Hanouman ou Simia le singe. Le singe ou cynocéphale était chez les Égyptiens le symbole des deux équinoxes, de même que la Balance qui forme le sixième signe zodiacal ; avant que ce signe figurât dans le zodiaque, il était remplacé par le crochet ou le vay, qui est le nombre six.
(3) Le septième signe zodiacal, le Scorpion, est figuré par la septième lettre hébraïque, le x zaïn, le trait, Osiris est tué par Typhon dans ce septième mois, et le nombre sept symbolise la fin, le terme.
227, 15ÿ la lyre grecque. En mémoire du triomphe de Krichna sur le serpent Kalinga, les Indiens célèbrent des fêtes qu’on peut comparer aux jeux Pythiens institués chez les Grecs en l'honneur d’Apollon (1).
Les Hindous adorent Krichna avec une dévotion enthousiaste à peu près exclusive, et soutiennent dans leur doctrine que cet avatar est dictinct des autres, qui n’avaient qu’un ensa ou portion de la divinité de Vichnou, tandis que Krichna était Vichnou lui-même sous une forme humaine,
NEUVIÈME AVATAR. — Dans cette dernière incarnation, Vichnou prit encore la forme humaine sous le nom de Bouddha pour instruire les nations de l'Asie et leur enseigner la sagesse. Considéré comme un pur esprit, il n’a ni père ni mère; il est invisible, et ne se manifeste aux hommes que par une faveur spéciale; l'esprit suprême Bouddha, incarnation de la Divinité, est Brahma, Vichnou et Mahéca, il est le seigneur de l'univers, le possesseur de toutes choses.
On assimile Bouddha au ‘Thoth des Égyptiens, à l'Hermès des Grecs, au Mercure des Latins, au Woden des nations gothiques, et à Boudha la planète de Mercure; Bouddha comme Mercure est le dieu de la sagesse, de l'intelligence, et SX signifie être instruit, sage, savoir (2).
DIXIÈME AVATAR. — La dixième incarnation de Vichnou n’ayant pas encore eu lieu, est une prophétie perpétuelle. Le dieu paraîtra monté sur un cheval blanc, armé d’un cimeterre resplendissant à l’égal d’une comète, pour détruire les pécheurs obstinés, et rendre les Indiens à la pureté primitive. Ge cheval ne se soutiendra que sur trois pieds; lorsqu'il posera le quatrième sur la terre, elle s’enfoncera dans l’abîme, et c’est ainsi que le monde sera anéanti (3).