‹ Hecherches Sur Les Hydrates De Carrone Et Ler Glucosides Des GentianeesChapitre 14 sur 54 · PE LU · texte numérisé non relu

PE LU

tion de 5°48' avec formation de Ogr.,816 de sucre réducteur, soit un indice de 140, plus faible que l'indice que l’on a trouvé dans les racines, mais encore assez différent de celui de la gentiopicrine, 111. Après cet essai, on avait uniquement l'indication de la présence dans les tiges foliées d'une assez forte proportion de principe glucosidique hydrolysable par l’'émulsine, sans qu’il fût possible de dire si ce principe était le même que celui qui existe dans les racines.

Dans l'essai des tiges foliées cueillies le 14 août, on va voir que l'on a obtenu des indices forts différents des précédents, et se rapprochant assez étroitement de ceux que nous a donnés l'essai des racines.

Sous l’action de l’invertine, on a observé un recul de la déviation de 2°17° et un indice de 706 : sucre réducteur formé 1 gr.,624.

Sous l’action de l’émulsine, le retour de la déviation est notablement plus fort que dans le premier essai: 8°31’ au lieu de 5°48 ; il s’est formé 1 gr.,906 de sucre cPOREEERE ce qui donne un indice de 224.

Comparons encore de plus près les résultats obtenus sous l’action de ce ferment au cours des deux essais :

Dans le premier, on a constaté, après 2 jours d’hydrolyse, un retour de 4°7’ avec un indice de 142 {sucre réducteur formé : 0 gr.,588) ; du 3° jour à la fin de l’hydrolyse, l'indice est resté sensiblement le même, 135, pour un retour de la déviation de 1°41°.

Dans le second, l'indice que l'on calcule, après 2 jours, est de 132 pour un retour de 4°43’, mais, du 3 au 24e jour, c'est-àdire jusqu'à l'arrêt de l'hydrolyse, l'indice a plus que doublé: pour un retour de 3°48’, il est devenu de 337.

Le premier essai ayant été fait sur des tiges foliées arrivées à la fin de leur végétation, et ayant subi déjà, sans doute, l’action de la gelée, il est possible que certains principes peu stables aient été détruits, c'est pourquoi l’on doit regarder l'essai fait sur des organes cueillis en pleine végétation, le 14 août, comme donnant plus exactement la composition de ces organes.

En conséquence, on a essayé l'extraction des principes

FA UET

immédiats sur des tiges foliées qui avaient été récoltées, au Lautaret, en même temps que celles qui ont été utilisées pour le deuxième essai.

3.000 grammes de tiges foliées ont été traitées par l'alcool bouillant, à Paris, trois jours après leur récolte. On a préparé de la sorte un extrait alcoolique pesant, à l’état sec, 293 grammes. On a cherché à en extraire la gentiopicrine.

La méthode que l'on a utilisée pour l'extraction de ce glucoside des racines des Gentianes n’est pas applicable aux feuilles ou aux tiges foliées, La composition de ces derniers organes est plus complexe que celle des racines ; en traitant directement l'extrait alcoolique par l’éther acétique hydraté et bouillant, on dissout, dans ce véhicule, en même temps que le glucoside cherché, une assez forte proportion de matières étrangères, notamment des tanins, dont la présence empêche, par la suite, la cristallisation de la gentiopicrine.

Le procédé suivant qui consiste, somme toute, à opérer l'extraction à l'éther acétique sur un extrait convenablement purifié m'a toujours donné de bon résultats.

L'extrait alcoolique dont il vient d’être question a été traité à deux reprises par 1.000 cm* d'alcool à 95° bouillant, en ayant soin après chaque traitement de laisser le liquide pendant au moins 24 heures sur l'extrait non dissous avant de le décanter. On a réuni les liqueurs alcooliques, on a distillé l’alcool au bain-marie, puis on a évaporé le résidu sirupeux, à sec, sous pression réduite. L’extrait pesait 138 grammes. On l’a repris par l’eau distillée de façon à faire une solution à 5 pour 100; on a filtré pour séparer les substances résineuses entraiînées par l'alcool et on a déféqué complètement par l'acétate basique de plomb. On a séparé à la trompe le précipité formé et on a éliminé l'excès de plomb par l'hydrogène sulluré ; on a fiitré et on a distillé le liquide limpide et à peu près incolore, sous pression réduite, sans dépasser + 40°,de façon à éviter l’action hydrolysante de l'acide acétique qu’on arrive ainsi à éliminer totalement.

Finalement, on a obtenu un extrait sec, jaune pâle. pesant 100 grammes, que l’on a traité, à trois reprises, par 500 cm d'éther acétique à l’ébullition. Par refroidissement, il s’est fait

une abondante cristallisation de gentiopicrine. On a séparé les cristaux ; on a réuni les éthers acétiques et on les a concentrés à 500 cm? ; une nouvelle quantité de gentiopicrine a cristallisé. On a obtenu 9 grammes de gentiopicrine pour les 3.000 grammes de tiges foliées. Après une nouvelle cristallisation dans l’éther acétique, le produit possédait un pouvoir rotatoire de — 196°,6 : c'était donc bien de la gentiopicrine.

On a ainsi retrouvé, dans les tiges foliées de Gentiana lutea L., le même glucoside que dans les racines. Bien que le rendement ne soit ici que de 3 grammes pour 1 kilogramme de matière première, on pourrait avantageusement retirer la gentiopicrine des tiges foliées de Gentiana lutea L. au lieu de s'adresser aux racines, les tiges foliées de Gentiane n'ayant à l'heure actuelle aucune valeur commerciale.

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