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En examinant ce tableau, on voit que la proportion de sucre réducteur initial est assez faible et à peu près la même pendant les mois de mai, juin et juillet, en moyenne 0 gr.,644. Cette proportion diminue de moitié environ dans les essais effectués en août, septembre et octobre : la moyenne est de 0 gr.,315. Les variations que subissent les sucres réducteurs sont donc faibles, et, comme dans la racine de Gentiane, les quantités les plus fortes se rencontrent au début de la végétation, alors que la plante utilise ses réserves pour opérer sa croissance.
La rotation initiale gauche de tous les essais n'est pas très
élevée si on la compare à celle des essais de Gentiane, et, comme dans ces derniers, on constate que cette rotation gauche diminue progressivement depuis la fin du mois de mai jusqu'en octobre.
La cause de cette diminution est la même dans les deux cas, c'est l'augmentation progressive de la proportion d'hydrates de carbone dextrogyres, dont la déviation droite arrive finalement à compenser presque exactement la déviation gauche produite par les principes glucosidiques. En effet, pendant les mois de mai et de juin, la moyenne du recul produit par l’invertine est de 1°41’, et elle.s'élève pendant les mois d'août, septembre et octobre à 3° 24’, soit sensiblement le double : 101’ et 204’.
L'indice que l'on obtient, sous l’action de l’invertine, n’est pas constant ; il est plus faible quand le recul est le plus faible: en mai et juin, il est en moyenne de 641, et de juillet à octobre de 728.
Le Ményanthe est une plante à végétation assez rapide : les fleurs apparaissent au commencement du mois de mai, alors que les feuilles ne sont pas développées, et les fruits arrivent à maturité dans le courant du mois de juin. Dès le mois de juillet, le rameau floral, desséché, a disparu. A partir de cette époque, le Trèfle d'eau recommence à faire des réserves pour le printemps suivant, ce dont on s'aperçoit par l'augmentation de la proportion d’hydrates de carbone qu'il renferme. L'indice s'élève également à cette époque, et l'on doit penser qu'à partir de ce moment, le Ményanthe élabore un hydrate de carbone encore inconnu qui fournit un indice élevé sous l'action de l'invertine. Ce sucre serait consommé le premier par la plante à la reprise de la végétation.
Les proportions d'hydrate de carbone que le Ményanthe renferme varient de 0 gr ,950 au mois de juin à 2gr.,761 au mois d'octobre, soit environ du simple au triple.
Sous l'action de l'émulsine, le retour de la déviation vers la droite est assez constant, le chiffre le plus fort étant de 1° 57, le plus faible de 1°26° et la moyenne de 1°35. Remarquons qu'avec la racine de Gentiane, on a obtenu des chiffres beaucoup plus élevés, variant de 11°17° à 12° 41°
Les indices sont tous plus élevés que l'indice théorique de la méliatine, qui est de 238. Le chiffre qui s’en rapproche le plus est 262 et celui qui s’en éloigne le plus 303. C’est dans les deux premiers essais, au mois de mai, que le retour est le plus élevé, 1° 40° et 1° 57° et que les indices sont les meilleurs, 262 et 265 ; à partir de cette époque, les indices oscillent entre 303 et 274.
La proportion la plus forte de méliatine se trouve à la fin du mois de mai, où elle atteint 0 gr.,891 pour 100, et la plus faible au mois d'octobre, où elle atteint 0 gr.,655. La moyenne des sept essais est de 0 gr.,727. On peut dire que le Trèfle d’eau renferme le plus de glucoside au moment de la floraison, c’està-dire à la reprise de la végétation.
En résumé, la composition du Ményanthe subit au cours de la végétation d’une année des modifications importantes, mais qui sont cependant moindres que celles que l’on a constatées avec la racine de Gentiane.
Comme pour cette dernière, ce sont les hydrates de carbone, hydrolysables par l'invertine qui subissent Île plus de variations, puisque leurs proportions varient de Ogr.,950 au début de la végétation à 2 gr.,761 à la fin, au mois d'octobre.
Le Trèfle d'eau renferme, pendant toute l’année, moins de 1 gramme pour 100 de méliatine, et c’est au mois de mai qu'il en renferme le plus, près de Ügr ,9 pour 100, à l'inverse des hydrates de carbone, qui, on vient de voir, existent en plus fortes proportions à la fin de la végétation.