‹ Hector Berlioz et Robert SchumannChapitre 3 sur 3 · OUVERTURES DES FRANCS- JUGES, OP · texte numérisé non relu

OUVERTURES DES FRANCS- JUGES, OP

Le choix des sujets que Berlioz adopte pour les traduire en musique, indique déjà qu'on a affaire à un homme de génie. Ainsi il s'est inspiré du Faust de Gœthe, des poésies de Moore ; du Roi Lear, de la Tempête de Shakespeare ; de Sanhuiapale, de Cliild-Havold de Byron. J'ignore si l'ouverture des Francs-Juges est une ouverture de concert, ou si elle sert d'introduction à un drame. Toutefois le titre en désigne suffisamment le thème et le caractère. Le lecteur se souviendra sans doute — cela a été dit précédemment dans un aperçu biographique — qu'elle date d'un moment critique de son existence. Elle en porte, du reste, Tempreinte. A la vérité, l'arrangement n'est qu'un squelette, et le compositeur serait en droit d'intenter une action contre celui qui l'a perpétré ; ajoutons cependant qu'il n'y a point de musique instrumentale plus difficile à réduire que celle de Berlioz. En tant qu'il est possible à l'imagination de compléter l'orchestre, cette ouverture mérite qu'un allemand la fasse connaître, ne fût-ce que pour rapprocher les extrêmes que présente l'école française, l'école d'Auber et celle d'où procède Berlioz. Autant celle-là a la plume légère, autant celle-ci est étrangement polyphonique. Les malins tomberont en pâmoison en voyant semblables harmonies et crieront au sansculottisme.

Il va de soi qu'il ne peut être question de comparer l'ouverture des Francs-Juges à celle du Figaro de Mozart.

Mais, et j'en suis fermement convaincu, certains théoriciens méthodiques (jnt fait plus de tort à Part que ces audacieux qui escaladent le ciel, et je crois que la protection accordée à la médiocrité a causé plus de mal que les encouragements donnés aux esprits les plus

extravagants. J'aime à croire que nos descendants reconnaîtront que je ne me sers d'aucune circonlocution, et que j'ai toujours au contraire, affirmé hautement qu'il y avait, chez ce Français, une étincelle de génie.

Berlioz a grand tort de publier si peu de ses compositions, ou de ne savoir se décider à faire un voyage en Allemagne. Quoiqu'on le confonde parfois encore avec de Bériot, malgré le peu d'anologie qui existe entre eux, il est néanmoins connu, et Paganini n'est pas son seul admirateur, ni le plus maladroit. C'est la Nene Zeitschrift fur Musik qui, la première et à plusieurs reprises, a signalé Berlioz à l'attention du public et Leipzig est la première ville allemande où l'on ait fait entendre une de ses compositions : l'ouverture des Fr ancs- Juges ^ une œuvre de sa jeunesse, avec tous ses défauts et toutes ses audaces.

Cette ouverture a été exécutée ensuite à Weimar, à Brème, et, si je ne me trompe, à Berlin. A Vienne, on se rit de Berlioz. Il est vrai que Vienne, où vivait Beethoven, est la ville où l'on parle le moins de Beethoven et où on exécute le plus rarement ses œuvres. On y redoute tout ce qui est neuf, tout ce qui sort de l'ornière de la routine, et on n'y veut point de révolution dans la musique.

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Schunann, Robert Ale:cande:

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