‹ Hector Berlioz; la vie et le combat, les œuvresChapitre 11 sur 35 · FESTIVAL-BERLIOZ A L^HIPPODROME I · texte numérisé non relu

FESTIVAL-BERLIOZ A L^HIPPODROME I

justice dont Berlioz a été victime à la fin de TExposition universelle, en 1878. La Commission musicale, désireuse d'associer le nom du plus grand compositeur français moderne à la cérémonie des récompenses, avait voté qu'on exécuterait au Palais de l'Industrie cette Apothéose dont ridée très-simple et les grandes lignes symphoniques convenaient parfaitement à cet énorme local : Berlioz l'avait composée pour être entendue en plein air ; on pouvait bien la jouer au Palais de l'Industrie. Une fois ce vote émis, les membres de la Commission eurent le tort de n'en pas surveiller la, réalisation, et je ne sais quel architecte ou quel ingénieur proscrivit Berlioz sans autre forme de procès et décida qu'on exécuterait simplement les morceaux éternellement rabâchés dans ces sortes de cérémonies : pas redoublés de musique militaire et chœurs d'orphéons.

Par une pensée délicate, qu'on avait déjà eue au festival de 1870, deux des musiciens que Berlioz admirait le plus lui ont été associés pour cette soirée : Spontini avec son ouverture de la Vestale, Gluck avec le célèbre chœur d'Armide ; enfin, M. Reyer, se mettant modestement sous le patro-

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nage de son incomparable modèle, a fait exécuter d'abord son ouverture de Sigurdj rangée parmi les œuvres classiques pour orchestre bien avant une représentation qui semble fuir d'année en année, puis un long fragment vocal du même opéra. Ce n'est pas le poétique finale du second acte, entendu et applaudi plus d'une fois au Conservatoire et au Cirque d'hiver; c'est un tableau de couleur toute dififérente, une scène de fête où le peuple accourt au devant de Brunehild, la fiancée promise au roi Gunther. M. Reyer a traité cette scène importante de la façon la plus brillante; ses appels de laboureurs, de chasseurs, de paysannes au lever du jour sont d'une fraîcheur charmante; puis la proclamation du héraut annonçant la venue de la reine amène un chœur de fête tout à fait dans le style de Weber et une belle marche triomphale, pendant laquelle le peuple entier ofiFre ses vœux et ses cadeaux de bienvenue à la future souveraine amenée par Sigurd. Et voilà le troisième fragment de cet opéra qu^on exécute avec un succès marqué en dehors du théâtre: tout Touvrage y passera-t-il donc avant quUl ne se rencontre un directeur assez

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