LE CHŒUR
Une vierge
O vent, âme de Téther,
Qui conduis, au son des lyres,
Les navires Sur les vagues de la mer,
Triste et plaintif alcyon, Comme un aigle tu m'emportes
Loin des portes Et des remparts d'Ilion.
Verrai-je, aux bords dllissus Dont Ton vante les cascades,
Des naïades Ceindre leur front de lotus?
Ou, sur récume d'argent D'un cap, les sirènes glauques
Et les rauques Tritons chantant et nageant?
Une veuve
Dois-je habiter sous le ciel Toujours pur de la Sicile
Ou dans l'île De Salamine au doux miel?
Dans la maritime Aulis, Dans Ithaque la rocheuse,
Dans l'heureuse Ville où roucoule Cypris?
Une vierge
Je préfère à Cypre encor L'âpre Délos où Latone
Environne De ses bras le palmier d'or,
Et là je célébrerais Le long voile diaphane
De Diane Et son carquois plein de traits.
Une veuve
Pour moi, si je puis choisir Entre ces villes lointaines,
Vers Athènes Se dirige mon désir.
Dans cette illustre cité Minerve a fait ses demeures
Et les Heures Sont d'une égale beauté.
Là j'irais, au clair matin, Cueillir de mes mains captives
Les olives Ou les grappes de raisin.
Et les rossignols, le soir.
Sous le lierre et Thyacinthe,
De leur plainte Charmeraient mon désespoir.
IIÉCUBE
Je ne puis demeurer plus longtemps dans ce doute.
à Amphise:
Retourne dans le camp; dis à Pyrrhus.*. Ecoute:
Non! personne. Il devrait être ici. Le soleil Décline; tout le ciel est teint d'un sang vermeil. Dieux! détournez de moi ce sinistre présage!
Ah! cette fois, j'entends des pas.