‹ Hégésippe Moreau et son DiogèneChapitre 3 sur 9 · I . Les cinq années qui s'écoulèrent entre · texte numérisé non relu

I . Les cinq années qui s'écoulèrent entre

le retour du poète à Paris, en novembre 1835,

et la fin de sa carrière, furent une série non

fourni neuf numéros in-4'', à l'époque où M. Gisquet n'en connaissait que quatre.

interrompue d'épreuves, de maladies et de misère. Isolé dans la capitale, si sa plume lui procurait de temps à autre quelques ressources, elles étaient bien insuffisantes. Au Charivari, par exemple, on lui payait lo francs chacune de ses poésies ou de ses chansons. Il tenta sans succès de s'attacher à un journal, d'écrire pour le théâtre, de concourir pour le prix de poésie à l'Académie française; en même temps il essayait de divers emplois, sans pouvoir se fixer. En 1 831, il avait déjà été maître d'étude pendant six mois dans la pension Labé ; en 1835, il se fit répétiteur à l'institution Chapuis, faubourg Saint-Martin, et y resta jusqu'à la fin de décembre 1836. Changeant souvent de demeure, quelquefois même il n'en n'avait pas, et était recueilli par un ami. En 1837, son camarade Loison lui offrit de partager sa chambre : « Me voilà à l'abri, écrit-il alors, Loison n'est pas seule-

On surveilla pendant quelques mois encore la conduite, les démarches, les relations du conspirateur qui chantait la Voul^ie et la Fermière :

« Amour à la fermière 1 elle est

Si gentille et si douce I C'est l'o seau des bois qui se plaît

Loin du bruit, sou; la mousse Vieux vagabond qui tend la main

Enfant pauvre et sans mère, Puissiez-vous trouver en chemin

La ferme et la fermière. »

« Il est chez un nommé Vaché, écrit encore le préfet de police, et je saurai promptement s'il publie de

ment mon ami, il est mon intendant et mon trésorier! »

En 1858, Moreau venait d'être admis en qualité de correcteur à l'imprimerie Béthunc et Pion, quand une phthisiî pulmonaire l'obligea d'entrer à la Charité, où il devait s'éteindre six semaines plus tard.

nouveaux écrits ; ce Vaché, commis marchand, rue des Marais, n°47, est son compatriote. » C'était en effet le frère de Madame Guérard, la Fermière. La surveillance devenait bien superflue. Le 7 janvier 1834, Moreau écrit à Mademoiselle Lebeau (alors mariée à M. Jeunet et mère de famille) : « Dites-moi ce que je dois faire de mes abonnés de Provins ; s'ils s'adressent à vous, par hasard, dites-leur que je suis malade , vous ne mentirez qu'à moitié. »

Le poète se bornait à insérer une chanson anodine dans le Charivari, une nouvelle ou un conte comme le Gui de Chêne dans la Psyché, une boutade ou une romance dans la

Revue poétique. Le Dt'ogène a\ait vécu.

Quelques-unes des pièces de cette petite collection, aujourd'hui presque introuvable, ont été reprises par l'auteur et réimprimées dans le choix de ses œuvres publié en 1838, l'année même de sa mort, sous le titre de Myosotis, petits contes et petits vers, charmant écrin qui eut depuis une quinzaine d'éditions successives et qui suffit, à lui seul , pour sauver de l'oubli le nom d'Hégésippe Moreau.

BIBLIOGRAPHIE

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