‹ Hégésippe Moreau et son DiogèneChapitre 5 sur 9 · I. C'est, croyons-nous, son ami Antoine-Robert · texte numérisé non relu

I. C'est, croyons-nous, son ami Antoine-Robert

connaissait sa détresse, s'entendit avec l'éditeur Desessarts en 1837, et détermina le poète à réunir un certain nombre de pièces qu'il avait semées çà et là, de façon à composer un volume dont le titre devait être : Confessions poétiques. Ce titre fut changé. On mit pour condition à l'impression, aux frais de Desessarts, de retrancher du manuscrit tout ce qui touchait à la politique; d'autres pièces, fort innocentes, durent être supprimées sous prétexte de morale. L'auteur opposa bien quelque résistance, car c'était dépouiller Toeuvre d'une partie de son parfum et il s'en rendait compte :

Loison, sorti du séminaire en 1829 et devenu professeur, né à Bombon (Seine-et-Marne), mort dansce village le 15 juillet 1876.

Loison, qui a cultivé aussi les lettres, a été précepteur du fils de George Sand, de MM. de BurggrafF, de La Villestreux et d'Osmond.

« Ce livre est mauvais, écrit-il alors, très mauvais, mal fait, très mal fait : sa publication ne peut que me nuire et, si elle a lieu, ce n'est pas ma faute. »

Mais on lui donnait loo francs de droits d'auteur, plus 80 exemplaires non brochés...

Le volume fut imprimé chez Béthune, au commencement de l'année 1838 et annoncé par \e Journal de l'Imprimerie et de la Librairie dans le numéro du 10 mars.

La publication ne nuit point à la réputation de Moreau ; au contraire, la presse parisienne accueillit le livre avec faveur, et l'auteur se montra sensible aux applaudissements de critiques littéraires qui, sauf Berthaud, lui étaient inconnus.

Ce fut comme un rayon de gloire qui se levait pour lui, — au moment où il

entrait à l'hôpital de la Charité pour n'en plus sortir !

De 1830 à 1838, Hégésippe Moreau avait composé d'autres poésies, de petites nouvelles et des contes en prose, insérés dans Psyché, le Petit Courrier des dames, le Jourual des demoiselles, le Charivari, la Revue poétique, etc. Nous l'avons dit, la plupart de ces articles ne sont pas signés, et il est difficile de les retrouver dans les journaux auxquels il collaborait d'autant plus irrégulièrement qu'on le payait fort mal. C'est de là cependant qu'ont été extraits les contes charmants intitulés le Gui de chêne (i), la Souris blanche (2), les Petits Souliers (3)» Tbé-

r. Imprimé d'abord au mois d'août 1836, sous le titre de Macaria ou les HéracUdes, dans le Journal des demoiselles.

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