‹ HélénaChapitre 19 sur 80 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

dite, bien mieux, l'eût représentée réalisée et triomphante ?

L'opinion de Sainte-Beuve se trouve encore confirmée

4 par les quelques allusions historiques que l'on peut relever

dans le texte d'Héléna. Il est question au chant i*"", vers 92,

du fameux hymne de Rhigas, \zj-i, r^al^Eç, TÎJv 'E).).ï^vs)v :

De Riga, massacré, rhjmne s'est entendu'.

Vigny en eùt-il parlé s'il ne l'avait lu en 1819 ou 1820 soit dans les œuvres de Byron, qui le premier fit connaître le texte de ce chant guerrier aux lecteurs européens, soit dans la traduction de Byron par Pichot, soit dans le Conservateur littéraire qui le reproduisit, d'après cette dernière, dans sa xvi^ livraison (juin 1820) ? — Au chant II, Héléna raconte, en transportant la scène d'Epire en Attique, la mort héroïque des femmes souliotes, qui, plutôt que de tomber aux mains des musulmans, se jetèrent du haut des rochers dans les tlots de l'Achéloùs :

Vous avez évité ces horribles trépas, Vous, sœurs de mon destin, plus heureuses compagnes. Votre pudeur tremblante a fui sur les montagnes ; Appelant de leurs mains et plaignant Héléna, Leur troupe poursuivie arrive à Colona ; Puis sur le cap vengeur, 1 une à l'autre enlacée. Chanta dune voix ferme, exempte de sanglots, Et leur hj^mne de mort, sur le mont commencée, S'acheva dans les flots -.

Le fait remonte à 1803, au temps de la guerre d'exter-

1. Je ferai remarquer que tandis que les écrivains français de la Restauration usent de la graphie Rhirjas ou Riijas, Vigny conserve au nom du fameux révolutionnaire la forme Ri(ja, sous laquelle Bj-ron l'avait inséré dans son œuvre. Il va sans dire que la même orthographe est adoptée par Pichot et par le Conservateur littéraire.

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