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XXII INTRODUCTION

mination entreprise par Ali-Pacha contre les Souliotes ; mais il n'a été connu chez nous qu'en 1820, lorsque Pouqueville en eut fait mention au tome II de son Voyage dans la Grèce ^ . C'est là que Viennet, la même année, alla le chercher pour en orner son poème de Parga, et Népomucène Lemercier pour l'insérer dans sa tragédie des Martyrs de Soidi, qui ne parut qu'en 1825 -. Le même Pouqueville, au tome V de son ouvrage (1821), en donne une seconde version, un peu différente de la première, où il ne paraît pas trop aventureux de retrouver la source des vers d'Alfred de Vigny : « Ali, forcé de lever le blocus de Parga, ordonne à ses troupes de se porter vers Zalongos, afin d'égorger les Souliotes qui venaient de s'y établir. Résistance intrépide de Kitzo Bochari et de Kontzonicas. Courage héroïque de soixante femmes menacées d'être réduites en esclavage par les Turcs. Elles lancent leurs enfants en guise de pierres sur les assaillants du haut des rochers où elles se trouvaient, puis, entonnant leur hymne funèbre et se donnant la main l'une à l'autre, elles se précipitent au fond de l'abîme, où les cadavres amoncelés

1. Après la prise de Souli, les habitants, raconte Pouqueville, essayèrent de s'enfuir sous la conduite de Kitzo Bochari. Cernés par les troupes d'Ali, ceux qui pouvaient combattre furent massacrés. « Mais que deviennent les femmes et les enfants témoins de ce carnage ? Privés de leurs défenseurs, prives de leurs pères et de leurs époux, leurs larmes ni leur désespoir n'attendriront pas leurs bourreaux. Un seul cri se fait entendre : Mourons ! et par un mouvement spontané plus de deux cents femmes, prenant leurs enfants entre leui's bras, se précipitent et disparaissent dans les ondes rapides de l'Achéloûs qui les engloutit ! » (Pouqueville, Voyage dans la Grèce, t. II, Paris, 1820, p. 204.)

2. Lemercier le déclare expressément dans les Considérations placées en tête de ses Chants héroïques des montagnards et matelots grecs, traduits en vers français, Paris, 1824.

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